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dimanche 7 novembre 2010

B.S JOHNSON : R.A.S Infirmière -Chef

son sous-titre : Une comédie gériatrique
Traduit par Françoise Marel
C'est le cinquième roman de B.S. Johnson, il est dans sa forme et par son sujet hors norme, il date du début des années soixante dix, mais c'est un texte qui n'a pas pris une ride. Il vient trois ans après Les Malchanceux. Où, il était question justement de la mort, et ses questionnements. Comme l'est d'ailleurs assez tout son œuvre littéraire et les livres que j'ai lu de lui on ne peut pas dire que ce sont des livres avec une structure classique !
Oh ! Les plaisirs de la vie sont grands,
A quatre-vingts comme à cent ans Avec entrain restons toujours
Et acclamons ce nouveau jour

Abandonnons avenir, passé

L'important c'est notre liberté

Oh ! Les plaisirs de la vie sont grand
A quatre-vingts comme à cent ans
Voici comment est structuré R.A.S Infirmière-chef, il est constitué de neuf chapitres. Huit vieillards de 74 ans à 94 ans, sont regroupés avec d'une infirmière-chef. " Vous pénétrerez l'esprit de nos huit vieux amis, et vous pénétrerez aussi mon propre esprit. Oui, vous verrez notre Soirée à travers neuf esprits différents !" Monologue intérieur pour chaque personnage, ils revivent chacun leur vie. Chacun d'entre eux mange, chante, travaille, joue, fait un peu d'exercice, et pour finir assiste au numéro de divertissement proposé par l'Infirmière-Chef en personne. Chaque nouveau personnage est plus infirme que le précédent, si bien que les monologues se font de plus en plus fragmentés, partiel et incohérents à mesure que l'ouvrage avance.

L'infirmière-Chef est une femme louche, pas très nette, pas très catholique. Elle est tout simplement bien sadique avec sa baguette. Il plane un univers étrange. En arrière plan cela grince, l' humour noir voir féroce est au rendez-vous !Le texte met en scène la vieillesse et l'irrésistible décomposition des corps, la fin de vie le préoccupe beaucoup, la durée de vie s'allonge. "Je suis prisonnière en moi-même. C'est épouvantable. Chaque geste est un supplice."
La typographie ce roman est remarquable, elle est écrit comme une partition de musique. Les blancs sont des silences et des trous ce mémoire, c'est très bien rendus. J'ai trouvé que tous ces monologues sonnaient terriblement juste. C'est là que l'on voit que B.S Johnson a écrit pour le théâtre, j'avais déjà ressenti la même chose en lisant Alberto Angelo. À chaque fois que je lis cet auteur c'est une expérience hors norme de lecture, il sait nous questionner sur nous même sur notre entourage, sur la vie.

Livre lu par Anne Sophie et elle est aussi enchanté que moi, car oui c'est un livre coup de poing , et bien sur MAGISTRAL !

4 commentaires:

Cryssilda a dit…

Ca me fait penser qu'il faut absolument que je note cet auteur pour ne pas oublier de m'en procurer! J'avais été très intriguée après la rencontre avec Jonathan Coe.

Kenza a dit…

Ton billet me donne envie de lire ce livre, je note. Je suis débordée et tellement de livre en attente...
Bisous et très belle semaine

Malice a dit…

@ Cryssilda : Oui, tu peux noté cet auteur hors norme ;-)
@ Kenza idem que Cryssilda !

Lou a dit…

Je n'arrive toujours pas à me laisser vraiment tenter par Johnson, même si la maison d'édition m'a fait une excellente impression. J'ai hâte de retrouver ma biographie dans mes nombreuses caisses, et je pense que je laisserai la curiosité me faire découvrir Johnson ensuite.