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samedi 17 avril 2010

REZVANI : L'Éclipse



Le moment est arrivée pour découvrir ce texte douloureux dédié à l'être aimée, chérie. Lula la femme de Serge Rezvani lui a donné un sens à sa vie, entre eux c'était l'amour fou sans concession à la Béate, la maison idyllique de la Garde Frenet. Puis badaboum en ce jour du 11 août 1999, c'est le jour de l'éclipse, c'est le point de départ, la perte de mémoire total pour Lula. Elle bascule dans la perte de la mémoire grave, sans qu'elle sent rend compte. " Tu vois, m'avait-elle dit, joyeuse, en sortant de chez le neuropsychiatre, j'étais sûr qu'il ne me trouverait rien et que je suis en parfaite santé ! Qui n'a pas de pertes de mémoire ? Je suis comme tout le monde".! Était-il possible qu'elle ne soit pas rendu compte à quel point les test avaient été déplorables ?" Elle sombre dans "la folie" la vrais, elle a des hallucination. La vie devient une grande douleur pour celui qui l'aime, elle devient cruelle, difficile, terriblement difficile à l'accepter, cette terrible maladie qui est Alzheimer comment voir l'avenir. Vivre dans l'instant présent et encore, l'avenir, le futur bien sûr n'existe pas. " Quel rôle terrible il me faut tenir avec une malade qui ignore sa maladie ... et surtout qui prétend avoir raison contre tout et tous !"" Cette vie ensemble ouverte, inattendue, une vie dont chaque instant provoquait notre émerveillement ! C'étaient nos années soixante ! " les Années Lula. Cette vie nouvelle à cause de la maladie déforme le regard de l'auteur, elle lui prend toute son attention, le dévore. Il essaye de comprendre l'être aimé. La maladie de sa femme lui rappelle le cancer de sa mère, sa souffrance. "un besoin fou de sortir de ce huis clos qui m'a ramené brutalement à celui assez semblable que j'avais connu enfant auprès de ma mère dévorée par le cancer...". La pauvre Danièle, Lula prend son mari pour sa mère. Elle redevient enfant. Le quotidien est dur à vivre, il devient violent très violent. L'envie de vivre est là sans espoir !
Très beau passage qui a retenu mon attention . Elle regarde La Ruée vers l'or de Charlie Chaplin "Aussitôt, le noir et blanc capte son regard. "Tien, je reconnais ", dit-elle. "Oh , je connais bien !- Tu crois ? dis-je, retenant mon souffle. Te souviens-tu du titre de ce film ?- Le titre non mais j'ai vu ça au moins quatre fois", dit-elle, accaparée par les premières images plus que par leur sens, je m'en rends vite compte."p166

J'aime beaucoup le style pudique de Rézvani. J'ai très envie de relire cet auteur.
Livre lu par Cathe, écouté son témoignage ici

Il est l'auteur de la célèbre chanson que chante Jeanne Morreau "J'ai la mémoire qui flanche" sous le pseudonyme de Cyrus Bassiak. En 1961, il participe au film de François Truffaut : Jules et Jim, en composant la chanson Le Tourbillon interprétée par Jeanne Moreau.

1 commentaire:

Mango a dit…

Quelle jolie chanson!