Pages

mardi 20 avril 2010

La chasse au Snark de Lewis Carroll


Collection bilingue illustré et traduction de Jacques Roubaud (poète et membre de l'Oulipo, professeur de mathématique comme Charles Lutwidge Dodgson). En 1929, traduit par Aragon
en Folio - les illustrations sont d'Henry Holiday
La chasse au Snark paraît en 1876, onze ans après Alice au pays des merveilles et cinq après À travers le miroir.
L'univers de cette chasse au Snark est maritime, des matelot, un homme à la cloche, un cireur de souliers, un fabricant de bonnet, un boulanger, un avocat, et un castor tous ils partent à la chasse d'un animal fantastique un Snark (moitié requin, moitié escargot).
Extraits bilingues :
" For the Snark's a peculiar creature, Le Snark est une étrange créature
A thing, as the Bellman remarked, That frequently happens in tropical climes, When a vessel is, so to speak "snarked."
Chose qui comme l'Homme à la Cloche le fit remarquer

Arrive fréquemment dans un climat tropical

Quand le navire est pour ainsi dire "ensnarké"

Je trouve que la traduction est subtile de Jacques Roubaud :

« Toutefois, voyez-vous, les mots ne signifient pas seulement ce que nous avons l’intention d’exprimer quand nous les employons… Ainsi, toute signification satisfaisante que l’on peut trouver dans mon livre, je l’accepte avec joie comme étant la signification de celui-ci. La meilleure que l’on m’ait donnée est due à une dame … qui affirme que le poème est une allégorie représentant la recherche du bonheur. Je pense que cela tient admirablement à bien des égards – en particulier pour ce qui concerne les cabines de bains : quand les gens sont las de la vie et ne peuvent trouver le bonheur ni dans les villes ni dans les livres, alors ils se ruent vers les plages, afin de voir ce que les cabines de bains pourront faire pour eux ». Voilà, ce que dit Lewis Carroll à un ami américain à propos de la chasse au Snark

Ce long poème est remplit de nonsense et de mot-valise. C'est loufoque, c'est remplit de fantaisie j'adore
.


La Chasse au Snark
Un long poème, j'en possède deux versions :
* Une édité au édition Mille et une nuit traduit par Bernard Hœpffner- illustration d'Henry Holiday

*Une autre pour le théâtre adaptation par l'acteur Fabrice Ebehard. Il a joué dans ce poème mis en scène par Jean Daniel Laval, en 1997 à Paris. Et malheureusement je ne l'ai pas vu. Les illustrations sont de Gregory Lhomme.

Esprit de ce poème c'est le non sense, les mots valises la marque de fabrique de Lewis Carroll, teinté d'une touche d'humour. C'est tous ses jeux de mots qui amuseront les surréalistes et le mouvement de l'Oulipo
Qu’est-ce que le Snark? Il paraît que c’est un animal, mais on ne l’a jamais vu. Cette créature est un peu serpent (snake), un peu escargot (snail), un peu requin (shark), «le Snark est une singulière créature qui ne peut être attrapée d’une façon singulière» écrit Lewis Carroll

"La fin de mon discour (dit-il à ses marins) Viendra un jour, je ne l'ai qu'ébauché. Mais le Snark n'est pas loin, et il faut je le crains Sans plus attendre partir le chercher !"

Dans un article publié en 1887, Lewis Carroll raconte comment il a composé ce poème :
" Je me promenais sur une colline, seul par une belle
journée d'été (le 18 juillet 1874) quand tout à coup un vers me vint à l'esprit - un seul ver- " le Snark était un Boujum, voyez-vous"
C'est à Sandown sur l'île de Wight, qu'il rencontra Gertrude Chataway qui avait alors huit ans pendant l'été 1875. C'est à elle qui dédie se poème.

5 commentaires:

Praline a dit…

J'ai beaucoup aimé ce poème !

claudialucia ma librairie a dit…

J'aime Alice mais je en connais pas du tout cette chasse au snark. Merci de me le faire découvrir!

Karine:) a dit…

Je l'ai reçu de Folio, mais après avoir relu les deux tomes d'Alice, j'étais en overdose totale... j'attends donc un petit peu!

Malice a dit…

@ Praline oui, c'est déconcertant aussi. C'est un poème qui décoiffe j'ai trouvé ;-)
@ Claudia : De rien !
@ Karine : Oui je te comprends, l'univers de Lewis Carroll est tellement particulier, je te comprends ;-)

Tortoise a dit…

j'ai bien apprécié moi aussi ce partenariat BOB, ça vaut bien le détour quand on aime déjà Lewis Carroll!