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vendredi 16 avril 2010

De l'autre côté d'Alice


Photo jointe : La célèbre photo d'Alice Liddell en mendiante, robe en haillons daté de 1859 environ.

Pour Charles Lutwidgd Dodgson ou Lewis Carroll derrière le miroir, l'envers du décor figé pour l'éternité une personne tout cela explique sa passion dévorante pour la photographie.
Personnage à double facette le mathématicien et l' écrivain :
" Un de mes amis, qui se nomme Mr Lewis Carroll, me dit avoir l'invention de vous envoyer un live. C'est un de mes amis les plus chers. Je l'ai connu toute ma vie (nous avons le même âge) et je ne l'ai jamais quitté. Il était avec moi aux jardins, à moins d'un mètre de moi , tandis que je dessinais pour vous ces puzzles.
Je me demande si vous l'avez vu ?
Votre ami de quinze minutes,
Charles Lutwidge Dodgson
Et, il se trouve qu'à l'époque victorienne, on raffole de photographies d'enfants. Lewis Carroll découvre la photographie en 1855 grâce à l'un de ses oncles. Il commence comme photographe mondain. Cette passion pour la photographie s'arrête en 1880. Entre ces deux dates, 2 669 environ est le nombre de photos connues de Lewis Carroll, c'est assez vertigineux ! Il ira en Écosse pour photographier le poète Tennyson. Mais c'est surtout les enfants, et en particulier les jeunes filles qu'il photographie. Il a eut des vingtaines d'amies-enfants comme il aime les appeler." Je pense que mon âge idéal est douze ans : les enfants sont si minces entre sept et douze ans" dit il. Lewis Carroll n'était rien d'autre mais il dit aussi :" J'aime les enfants sauf les garçons". Lewis Carroll n'était en rien un satire mais uniquement un oncle gâteau tout simplement qui se trouvait bien dans le monde de l'enfance. Chez lui, les jeunes filles aimaient trouver des ours mécaniques, des poupées dansantes, des jouets et des jeux. Alice Liddell a dix ans quand elle rencontre Lewis Carroll qui lui en a trente, elle est la fille du doyen du collège où il enseigne. Après la parution du conte Alice au pays des merveilles la mère d'Alice lui interdit toute relation avec sa fille. Alors il se tourne alors vers d'autres fillettes.
Alice, quand elle était une femme de soixante dix ans dit la chose suivante : "Nous allions dans son appartement sous la conduite de notre gouvernante. Il racontait des contes de fées, et il aimait dessiner". Les jeunes filles sont souvent photographiées de trois quart, mais surtout pas de gros plan, il photographie ses personnages en pied. On ressent beaucoup d'innocence dans ses photographies. L'innocence prend tout son sens dans cette photo d'une autre Alice, Alice Constance Westmacott.

Un très grand photographe admirait Lewis Carroll c'est Brassaï, il dit : " Lewis Carroll a vingt-quatre ans, la photographie en a dix-sept. Le procédé au collodion n'a que cinq ans à peine." Pour Brassaï la photographie joue un rôle de soupape de sa vie sexuelle. Il le voit comme "un Barbe-Bleue des lolitas ?"

Il était surement pas un pédophile, car il a reçu une éducation très puritaine, il était bègue et gaucher. D'une façon extraordinaire son bégaiement disparaissait dès qu'il racontait des histoires aux enfants.
La correspondance est un système de séduction entre 1872 et 1881 :2315 lettres. Il leurs écrit beaucoup des lettres enjouées, câlines, pleines de jeux de mots, de plaisanteries et surtout de baisers. Mais selon moi cela reste très pudique et remplit d'innocence, et en rien de malsain. Il faut mieux voir une petite provocation de la part de Brassaï qui est un immense photographe.


Là aussi une autre Alice : " Alice Jane Donkin, "La Fuite"
Photo complètement surréaliste, tellement original pour l'époque car ce n'est pas une photo de studio.
Voir d'autre photo de Lewis Carroll ici, voir aussi ici encore un billet intéressant autour de la photo.

PS : En faite grâce au commentaire de Lou je me rend compte que j'aurai du citer mes sources cela serait mieux tout de même.
Le point de départ c'est :
* Lewis Carroll Folioplus Les Aventures d'Alice au pays des merveilles lectures d'image par Alain Jaubert.
*" De l'autre côté d'Alice" d'après les lettres aux petites fille de Lewis Carroll - Adaptation théâtrale Dominique Borg (actes Sud - Papiers)
Voilà, il y a de cela de nombreuses années, je lisais beaucoup de pièces de théâtre, et j'avais acheté ce petit livre date de 1988, je ne sais si l'on le trouve encore. Il est question de la passion pour la photographie que des nombreuses lettres qu'il envoyait aux petites filles.
* Puis l'émission Radio, Une vie une œuvre sur France Culture avec Jean-Jacques Lecercle (diffusion été 2008)

5 commentaires:

Lou a dit…

Je me l'offrirai à l'occasion car je suis moi aussi attirée par l'univers d'Alice. Il faut d'ailleurs que je parle du film, que j'ai bien aimé mais qui n'est pas non plus extraordinaire à mon avis. Par contre, concernant les rumeurs de pédophilie, je ne suis pas certaine que l'éducation puritaine ait vraiment un impact là-dessus. C'est ce qui est développé dans le livre ?

Malice a dit…

Lou : Merci pour ton commentaire Lou.
J'ai remanié mon billet qui est composé de plusieurs sources le petit livre dont je parle brièvement (mais je reviendrai vers ce petit ouvrage)
Date de 1988. Concernant la pédophilie c'est dans le cadre de l'émission sur France Culture que cela a été évoqué, mais ce n'est pas développé, on ne sait pas grand chose de ce côté. Et je ne compte pas en dire plus sur ce terrain mouvant !

claudialucia ma librairie a dit…

Lewis Caroll et James Matthew Barrie ont beaucoup de choses en commun dans leur oeuvre mais aussi dans leur vie en particulier leur amour des enfants (l'un des petites filles, l'autre des petits garçons) sans qu'on puisse les accuser de pédophilie. D'après mes lectures cela tient plutôt à leur refus de grandir ou leur impossibilité surtout pour Barrie, à l'univers féérique dans lequel ils aiment vivre tous deux, à cette enfance qu'ils ont su conserver en eux et qui les rend marginaux dans la société du XIXème siècle.. Autrement dit, ce ne sont pas des gens "sérieux", ils se sentent mieux avec les enfants. Tous deux ont adopté les enfants d'un autre famille faute de pouvoir en avoir eux-mêmes. (Barrie est même devenu le tuteur légal des cinq garçons à la mort de leur mère). Tous deux ont pris des photos des enfants qu'ils aiment et les ont placé au centre de leur création. Bien sûr il y a des différences qu'il faudrait étudier.
As-tu lu "le Petit oiseau blanc" de James Barrie? j'ai écrit un billet sur ce roman dont l'univers pourrait te plaire étant donné tes goûts.

Malice a dit…

Merci pour votre commentaire très juste et pertinent. Bien sûr je suis entièrement d'accord avec vous.
Concernant le Petit oiseau blanc j'aime beaucoup votre billet il est très pertinent. Bien sûr je connais bien ce roman de Barrie. La traductrice est une amie, je l'ai lu avec grand plaisir comme vous j'ai aimé la sensibilité, le climat qui se dégage de ce roman. Mais je pense le relire car ma première lecture ne fut que superficiel. Enfin je crois, et exact aussi concernant l'humour si particulier de Barrie

liliba a dit…

Passionnant !