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jeudi 1 avril 2010

ALAIN-FOURNIER : LE GRAND MEAULNES




L'été dernier, j'ai lu la correspondance entre Alain-Fournier et Jacques Rivière. J'ai lu ce livre il y a très longtemps enfant et c'est une lecture forte et émouvante qui m'a marquée. Donc, la première fois que j'ai lu le Grand Meaulnes s'est dans ce vieux livre de poche.
Et, là relecture dans une édition accompagnée d'un dossier complet autour de l'œuvre en Garnier Flamarion.


Pour moi ce livre donc est rattaché à mon enfance, comme la plus part des lecteurs qui ont lu ce livre dans leur jeunesse le souvenir est lumineux voir diffus. Cette vision est trompeuse car le roman est assez sombre, un monde qui s'en va, la fin d'une époque, d'un paradis à la fois perdu et à venir. L'école tient une grande place dans ce roman, on peut la considérer comme un personnage à part entière tout comme le château. L'histoire se déroule à Saint Agathe, le narrateur, François Seurel a quinze ans,son père est instituteur et sa mère Millie s'occupe des plus petits. Il habite la maison d'école
Augustin Meaulnes que tout le monde appelle Meaulnes est pensionnaire chez les Seurel. François a une immense admiration pour lui et le considère comme son grand frère. Il est en pension pour pouvoir suivre le cour supérieur
C'est un roman populaire sur l'enfance rurale, l'instituteur M Seurel est proche du monde paysan. Le grand Meaulne est un roman romanesque, Alain-Fournier avait une grande admiration pour le roman anglo-saxon, en particulier le roman d'aventure. Alain Fournier a lu Daniel Defoe, l'île au trésor. C'est un roman qui se rattache à l'enfance, le paradis perdu, les adultes sont absents en tout cas peu présent, ils sont comme des ombres, mais aussi à l'adolescence l'âge critique, l'âge charnière dans la vie pour le passage à l'âge adulte. Un passage selon moi fait très justement écho à Peter Pan " Il s'agit d'une noce sans doute, se dit Augustin. Mais ce sont les enfants qui font la loi, ici ? ... Étrange domaine !" Il s'agit du domaine mystérieux . " Quelle idée de faire l'homme à dix-sept ans ! Rien ne me dégoûte davantage..." À la lecture de ce livre, je peux relever une impression qui est exact de nos jours, c'est l'émerveillement de la vie quand on est enfant. C'est lumineux, le regard de l'enfant est comme neuf sur la vie. " Au premier instant - j'étais si jeune encore ! - je considérai cette nouveauté comme une fête."
Frantz de Galais , le frère d'Yvonne ne veut pas quitté le monde de l'enfance, de ce faite il se trouve assez proche du célèbre Peter Pan de James Matthew Barrie. C'est aussi pour cela qu'il aime le jeu, le théâtre.
La vie est un théâtre remplit de désordre et de cruauté. Dans ce roman le vocabulaire est riche concernant les sensations froid, le dehors et le chaud la lumière, le feu, mais aussi concernant le paysage. La musique est présente le piano, le chant tout comme la danse. Dans cet univers lumineux le thème de la mort est là, il rode quelque part dans le roman ainsi que la fin d'un monde, d'un rêve et par conséquent du merveilleux " Ce n'est plus un Domaine avait-il dit. On a tout vendu, et les acquéreurs, des chasseurs, ont fait abattre les vieux bâtiments pour agrandir leurs terrains de chasse ; la cour d'honneur n'est plus maintenant qu'une lande de bruyère et d'ajoncs." Yvonne de Galais symbolise l'amour mystérieux, le bonheur perdu.

Le Grand Meaulnes est un livre merveilleux sur l'enfance, sa magie puis un jour tout cela disparait, l'enfant se trouve confronté à grandir et à voir la vie avec toute sa complexité. C'est tout simplement un roman poétique voilà tout simplement. Ce grand roman fait parti du mouvement Symboliste et toutes les références sont là : château, forêt rêveries mélancoliques, femme inaccessible et désincarnée, tous ses ingrédients on les retrouve aussi dans les contes de fées. Pas de trace de modernité dans ce roman qui se passe essentiellement à la campagne.
J'aime beaucoup ce roman, il est tellement délicat, c'est vraiment un très grand livre de la littérature française. J'aimerai en parler mieux, l'analyser dans les moindres recoins, tant l'écriture et la structure de ce roman sont d'une richesse et d'un émerveillement, d'une poésie.

Pour l'écriture de ce roman, Alain- Fournier s'est inspiré de la structure du roman anglais. Grâce à un séjour à Londres, durant l'hiver 1911, qu'il fait la connaissance de Peter Pan de James Matthew Barrie, mais il est aussi un grand admirateur de Claudel et je pense plus particulièrement à " Partage de midi", et de Maeterlink Pelléas et Mélisande.
Voir le dossier rédigé par Tiphaine Samoyault. Ici un billet concernant la sortie en poche Garnier Flammarion de ce roman.

6 commentaires:

Miss Alfie a dit…

Tout comme toi, c'est un livre que j'ai lu pendant ma jeunesse... Non pas que je sois vieille aujourd'hui, mais disons qu'il date de ma période adolescente ! En tout cas, souvent je me dis qu'il me faudrait relire ce livre...

Lukes a dit…

J'ai lu ce livre étant jeune moi aussi. Il faudrait que je le relise car j'avoue que je l'ai un peu oublié.

La plume et la page a dit…

Lu il y a quelques années. J'avais moi aussi bien aimé. Mais le film tiré du roman m'a déçu.

Joelle a dit…

Voilà encore un des nombreux classiques que je n'ai pas lus ! Et on ne l'a même pas étudié en classe non plus ... probablement qu'il n'y avait pas d'extrait de ce roman dans mes livres de français car c'était là que je piochais mes idées lecture à l'époque ... si l'extrait m'intéressait, je courais à la biblio emprunter le livre :)

La Nymphette a dit…

Bonjour Alice!
Pourtant passionnée par l'enfance, je ne me suis jamais plongée dans ce roman... Mais je l'ai récupéré, sentant la poussière et usé dans un vieux carton, chez mes parents...

liliba a dit…

lu quand j'avais une quinzaine d'années (il y a bien longtemps, ma bonne dame !), il faudra que je me replonge dans cette histoire magnifique !