Pages

mercredi 9 septembre 2009

ROBERT WALSER : L'institut Benjamenta


Traduit par Marthe Robert (spécialiste de Grimm) et elle est l'auteur d'une introduction sur l'auteur et son œuvre.

Robert Walser, écrivain suisse de langue allemande, fut admiré de son vivant par Franz Kafka, Robert Musil, Walter Benjamin et Thomas Mann. Il me semble que cette histoire est plus ou moins autobiographique de la vie de l'auteur Robert Walser.
""Pendant un certain temps, dit-il, on m'a considéré ici comme un fou et l'on disait tout haut quand je passais sous nos arcades : sa place est l'asile d'aliénés.""
" Souhaitant au fond de lui-même être reconnu, et non pas jugé, Robert Walser en vient à voir une atteinte intolérable dans tout jugement, qu'il exprime un conseil ou un avis bienveillant, voire une admiration sincère et spontanée."
Marthe Robert dans la préface de ce roman ou conte, souligne un rapprochement avec Kleist qui fut aussi un incompris.
C'est l'histoire de Jacob Von Gunte, issu d'une vieille famille, rentre dans un pensionnat le seul mot d'autre est d'obéir et l'ennui est là. Le but de cet institut est d'entrée dans la vie active. Mais c'est un immense paradoxe il manque des enseignants, alors la fille du directeur Mademoiselle Lise Benjamenta s'occupe de l'enseignement. Dans cet établissement règne la pauvreté, l'ambiance et strict voir austère. La référence aux contes tient une place très importante dans ce roman. Le directeur "M.Benjamenta est un colosse et nous autres élèves, nous sommes des nains à côté de ce géant toujours un peu grincheux." en particulier ceux de Grimm on pense aux nains de Blanche Neige là concernant le nettoyage de l'établissement " Ces jours-là, nous rappelons les gnomes des contes qui comme on le sait faisaient les gros travaux et tous les ouvrages pénibles en vertu d'une surnaturelle bonté de cœur. " mais Lise fait penser à Blanche-Neige qui est à la recherche de son prince charmant, peut-être, mais une chose est sûr c'est une fée possédant une baguette. La vie dehors, elle est colorée et féerique " Je sors souvent, et une fois dans la rue, j'ai l'impression de vivre un conte de fées."
" Les hommes, les hommes, rien que les hommes. Oui, je le ressens vivement : j'aime les hommes. Leurs folies et leurs soudains mouvement d'irritation me sont plus chers et plus précieux que les plus délicates merveilles de la nature"


Beaucoup de poésie dans ce roman, mais surtout de l'austérité et de l'absurde aussi. Roman étonnant pour son époque, publié en 1909 est d’un style limpide et vif. Au final, ce roman est déroutant, mon ressenti est le suivant : dès la lecture des premières pages, j'ai eu un aperçu de l'écriture de Robert Walser, est exigeante, forte et intéressante mais pas forcément facile d'accès surtout quand on ne connaît pas très bien, voir familière avec l'œuvre de Kafka !


Enregistrer un commentaire