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jeudi 17 septembre 2009

François Truffaut : Correspondance/Les 400 coups



Je dédie ce billet à Celine
un clin d'œil ;-)!

Ce livre m'a été offert pour mes vingt ans. Un gros livre magnifique, la photo de couverture magnifique en N&B, papier cartonné épais. Je me souviens comme si c'était hier le plaisir de tenir ce gros livre entre mes mains, un sourire béat se dessinait sur mes lèvres. La raison est que j'ai toujours et très jeune une immense admiratrice de Truffaut : l'homme, le cinéaste... Truffaut tient sa place donc tout naturellement dans mon blog de littérature pour la simple raison c'est qu'il fut entre autre un grand lecteur. Passion pour les mots, il écrivait beaucoup , ce gros bouquin contient cinq cents lettres . S' il n'y avait pas le cinéma il aurait été romancier. Ce livre je ne l'ai jamais vraiment lu en entier quelques lettres lus ici et là mais pas une vrais lecture non.
Truffaut mon réalisateur préféré, j'ai un amour immense pour ce metteur en scène il fait parti de ma vie. Je me sens proche de sa sensibilité à fleur de peau, un grand timide, je me souviens de son mouchoir qu'il tenait dans ces mains lors du grand échiquier de Jacques Chancel. Je pense qu'il est normal que parle de lui sur mon blog.
Il est né en 1932 le 6 février, sa mère, elle a peine vingt-ans, Janine de Monferrand et de père inconnu. Il sera mis dans un premier temps en nourrice, tout petit. Sa mère Janine épouse Roland Truffaut. Il donnera son nom a son beau-fils uniquement, enfant unique et non désiré. Dans son enfance , il sera élevé par sa grand-mère qui lui donnera le goût de la lecture. En 1942, il va vivre avec ses parents, c'est assez compliqué et pas simple comme l'on peut le voir dans les 400 Coups. Par exemple, Roland Truffaut ne lui a jamais dit qu'il était son fils adoptif. Les parents tous les deux passionnés d'alpiniste, tous les week-ends, ils laissent le pauvre François livré à lui même, heureusement pour lui qu'il connait une grande amitié avec Robert Lachenay. À partir de 1945, correspondance importante entre Truffaut et Lachenay. Au début de ce gros livre, les lettres de Truffaut adressées à son ami Lachenay, leur magnifique amitié me fait penser à celle d'Alain Fournier et Jacques Rivière, par un certain côté. Bien sûr, elle est différente puisqu'ils est question d'époque mais tout de même il y a l'amour des livres présents et du cinéma pour l'époque des années 50. 

"Cette passion épistolaire exceptionnellement précoce va se révéler durable chez François Truffaut et comportera toujours pour lui un enjeu vital. À partir de 1945, s'y développe son amitié pour Robert Lachenay, le "vieux", l'"old chap", l'"amiamiami" ou généralemnt le "cher Roberte à qui " Fancesco", " Phonssouat", "ton pote", "ton caupin", "la truffe", ou, le plus souvent "ton ami François, se confie."

C'est le réalisateur de l'enfance enfin c'est une thématique qui tient une place très importante dans sa filmographie : les Quatre cent coups - L'enfant sauvage - l'argent de poche.

Truffaut est du côté des enfants. Représentation de l'enfance pas d'évaluation de l'enfant. L'enfance est un âge malheureux pour Truffaut, il faut reconnaître vu la situation familiale et en plus sous l'occupation pour arranger le tout cela se comprend fort bien . De toute façon il est resté un éternel enfant, il ne fut jamais vraiment un adulte.



Les 400 coups : 1959
la nouvelle vague a cinquante ans


Dans ce film on retrouve la jeunesse de son meilleur ami qui est resté jusqu'à la fin de sa vie Robert Lachenay : René dans le film. Il dit ceci à propos de leurs familles : "Pour lui, son père et sa mère étaient des parents un peu légers, les miens c'était le même genre bien qu'ils soient très diffèrent. On était vraiment seuls, tous les deux, pour se tenir lieu de famille et on s'épaulait dans notre solitude. C'est très dur d'être enfant, on est toujours traqué soit délaissé, à la maison par les parents, à l'école par les professeur qui à l'époque cognaient comme des sourds c'était la terreur. On s'était mis ensemble pour résister à ça. "Le quartier où ce déroule le film c'est : Montmartre, Madeleine, Pigale. C'est pas la joie chez lui et il est livré le plus souvent à lui même. Joie de l'école buissonnière avec René, délice de ce plongé dans la lecture entre autre de Balzac, évasion du quotidien, mais aussi intéressé par les sentiments amoureux, et par les femmes.
Il a une chambre exiguë contrairement à son ami René qui lui est grandement logé. Ces parents sont issus d'un milieu populaire, ils ont aucune affection pour Antoine.
Il vivra dans la rue. Il se sentira rejeté.

C'est un film contre les adultes, méfiance, danger, c'est un film qui montre l'innocence de l'enfance le vol de la machine à écrire n'est pas méchant en plus il la ramène. Ce qui sent suis est terrible voir proprement injuste, révoltant ! À travers ce film c'est le regard poignant de l'enfant que le spectateur voit . C'est un film très touchant qui touche aussi bien les enfants que les adultes. Car ils montrent comment ce construire si on n'est pas aimé si on grandit dans le mensonge. Un magnifique aussi plastiquement sur Paris, sur une époque le Paris des années 50.


Les 400 coups fait parti de la Nouvelle Vague et ce film est remplit de clins d'œil cinématographique "Paris nous appartient" de Jacques Rivette (qui est sur le point de réaliser son premier film), participations amicales : entre autre Jean Claude Brialy, Jeanne Morreau. On retrouve beaucoup d'élément biographique réel dans la vie de François Truffaut comme quoi son père n'est pas son vrais père "je lui ais donné mon nom", la mère qui avoue qu'elle la eut son fils avant le mariage. Tous ses films ont une dimension autobiographique. Les hommes sont jamais adulte dans son cinéma. Le cinéma a vraiment aidé Truffaut à vivre, voir survivre ainsi que l'amour des livres. Le monde de l'enfance fut évoqué aussi dans son court-métrage les Mistons.



Le scénario :Les Quatre Cents Coups est disponible en livre de Poche Folio Junior scénario de Marcel Moussy


Robert Lachenay a gardé (il a grandement bien fait) toutes les lettres de Truffaut, car il sentait bien que très jeune il deviendrait quelqu'un.
Correspondance cet ouvrage édité en 1988 - 5 CONTINENTS/HATIER : 1988
Pour la réalisation de ce billet je me suis inspirées de l'admirable travail de Serge Toubiana : édition tirage limité des 400 coups Mk2
Puis la très belle biographie réalisée avec Antoine de Baecque

5 commentaires:

Holly Golightly a dit…

Ma chère Alice (maintenant, quand je penserai à toi, je penserai au merveilleux sourire qui est le tien, woaouh, quel sourire !), sais-tu que je possède aussi ce livre ?
Et Truffaut est aussi important pour toi que pour moi. Merci du fond du cœur pour cette dédicace et pour ta présence ensoleillée et généreuse hier.

Theoma a dit…

Magnifique billet. Je note la référence jeunesse afin de l'offrir à ma fille. Merci !

Katell a dit…

J'ai lu les correspondances de Truffaut il y a bien longtemps. Du coup, je suis en train de me demander si j'ai toujours dans ma bibliothèque ce superbe pavé!
Merci pour ce superbe billet!

Malice a dit…

@ Holly : Ah ! mon légendaire sourire , tu l'avais remarqué :)))) Cela ne m'étonne pas que tu possède ce livre malicieuse Holly ! Je l'aime énormément ce pavé, la dédicace allait de soi ;-)
@ Théoma : Merci à toi pour ton commentaire.
@ Katell : Toi aussi tu connais les correspondances de Truffaut ce livre merveilleux.

Vanessa a dit…

Et dire que je n'ai vu que 2 films de lui, vite fait, mal fait... Mon compagnon est un fan, il a, je crois, l'intégralité de son oeuvre filmique (au moins ses films sur les femmes)... je vais de ce pas les (re)voir tous. Merci de m'avoir donner envie.