Pages

lundi 27 avril 2009

ARTHUR SCHNITZLER : Mademoiselle Else


Quand j'ai mis en ligne mon billet sur Vingt-quatre heures de la vie d'une femme j'ai fait un rapprochement entre Zweig et Schnitzler. De façon, très subjective et personnelle tous les deux sont viennois cela est sûr et contemporain. Ce ressenti est rendu selon moi par leur écriture leur style je ne serais dire exactement en plus de Zweig je ne connais que ving-quatre heures. Mais, m'intéressant de près à Schnitzler il fut un temps je savais plus ou moins inconsciemment chez rivage il existait une correspondance entre les deux hommes qui doit être fort intéressante. Extrait de la présentation de l'éditeur à propos de cette correspondance :
"La correspondance est interrompue par la mort de Schnitzler, le 21 octobre 1931. Zweig reprend alors la rédaction de son journal abandonnée depuis plusieurs années : "La mort des êtres me touche peu quand elle n'a pas de conséquence tragique pour la famille et quand leur œuvre est achevée - celui-ci était, comme dit Job, "las et rassasié de la vie". Pourtant des souvenirs s'y rattachaient, de la gratitude et puis de la vénération pour un homme qui savait si admirablement garder la mesure - bien plus que moi, mais peut-être aussi parce qu'il ne livrait pas beaucoup de lui-même, qu'il n'osait pas beaucoup se montrer et qu'il se concentrait davantage sur lui-même et en lui-même. Mais quelle noble figure ! Je sais que depuis le début il avait une affection certaine pour moi - il était déjà trop âgé pour une amitié active, mais il m'a donné tout ce qu'alors il pouvait et voulait donner aux plus jeunes que lui."

coeur_022 Mademoiselle Else
traduit par Dominique Auclères

Je vous livre des notes prisent il y a un certain temps quand j'ai découvert ce petit roman.
Je l'ai lu plusieurs fois, c'est un livre qui ma complètement transporté un livre assez dur qui ma bouleversé. Un livre splendide, poignant d'une grande sensibilité, un livre époustouflant une merveille très fort. Un petit chef d'œuvre où l'amour côtoie la folie, la mort, la destinée de l'homme. Ce roman, longue nouvelle a été publié en 1924.
De quoi il est question : Else a dix huit, dix neuf ans, son père est avocat escroc, menacé par la prison. Elle doit trouver cinquante mille florins pour sauver sa famille de la ruine. Else est une jeune fille magnifique, ingénue, légère, elle aime le champagne, elle est amoureuse de Fred avec qui elle désir faire sa vie . Elle aime la musique joue du piano et lit "Notre cœur de Maupassant (livre que j'ai acheté, car il était cité dans ce roman, et je l'ai lu bien des années après c'est à dire l'année dernière). Elle déteste von Dorsday elle le connait depuis ses douze, treize ans. Elle habite Vienne, elle passe ses vacances à San Martino dans un palace italien avec sa tante, son cousin Paul et son frère plus âgée Rudi. Un vieux monsieur, libidineux, von Dorsday (un vieux marchand d'art se propose de les lui fournir l'argent en échange de quoi il veut "voir" la jeune fille.
" Salaud, je suis nue, que veux-tu de plus ? J'ai des frissons le long de ma peau, j'ai honte, c'est abject, ils diront que c'est un suicide, c'est vous qui m'avez tuée, vous, vous, vous tous ..." Ce roman est un court texte, un long monologue ( souvent adapté au théâtre tout comme vingt-quatre heures de la vie d'une femme) sur l'hypocrisie de la société.
Pour le personnage d'Else écho avec sa fille Lili
(née un 13 septembre (comme moi) 1909) et suicide en 1928 à Venise)

Lili Cappellini, fille d'Arthur et Olga Schnitzler, s'est suicidée le 26 juillet 1928 à Venise, à l'âge de dix-neuf ans. Elle s'est enfermée dans la salle de bain et se tue d'une balle de révolver dans le cœur.
Elle était en voyage à Venise avec sa mère Olga. Elle fait connaissance de d'Arnoldo Cappellini, fascite notoire qui la séduira. Il est issu d'une très bonne famille, c'est un ancien officier de la garde, il se trouve dans une situation financière douteuse. Ils se marient à Vienne le 30 juin 1927. Son destin est semblable de toute pièce à celui d'Else : c'est assez hallucinant que le personnage de fiction rejoint une personne de la vie réelle. Pourquoi se suicide est ce qu' elle sait identifiée à Mademoiselle Else, héroïne de la nouvelle du même nom et dont le destin ressemble de façon inquiétante au sien ? étrange et troublant !

Arthur Schnitzler
: Né à Vienne rue du Prater son père médecin juif. Il est proche de Freud. En 1900, Vienne est la capitale de la névrose, Freude et Schnitzler vont vouer leur vie à étudier de près cette société en proie aux pulsions du sexe et de la mort. Ils se passionnent pour l'hystérie et l'hypnose. Avant d'être écrivain Schnitzler sera médecin.
Les nazis bruleront ses romans et interdiront se pièces de théâtre. Il ose parler librement des femmes de la sensualité, c'est un écrivain de l'âme humaine : le suicide, la folie sont les thèmes majeurs de son œuvre. Les billards, les cartes, la roulette, le tennis, les jeux de société, les devinettes, les improvisations au piano ont fait partie du monde de Schnitzler durant toute sa vie.

D'Arthur Schnitzler j'ai lu son théâtre surtout : Liebelei , terre étrangère, je crois que j'ai lu aussi son roman Vienne au crépuscule mais je me souviens plus et je compte le relire

5 commentaires:

Lou a dit…

J'avais envie de reprendre un autre livre du même auteur abandonné dans ma pauvre PAL, je pense que "Mlle Else" viendra ensuite. Superbe écriture en tout cas !

Au passage je viens mercredi soir au dîner. On va enfin se revoir :)

Karine :) a dit…

merci pour ce billet!!! Je m'étais justement dit que je chercherais quelque chose de cet auteur, vu qu'il te rappelait Zweig!! J'avais noté un titre de l'auteur dans ma liste (celui-ci, je pense, vu chez Brize) et j'ai encore plus le goût de m'y plonger!

Malice a dit…

@ Lou Schnitzler oui c'est aussi bien que Carlos Fuentes ou Jane Austen :)))))
@ Karine :) : De rien, je le rapproche de Zweig mais c'est très subjectif !!! en même temps, je ne suis pas une spécialiste en littérature viennoise ;-)

Lilly a dit…

Je suis très tentée, d'autant plus que je dois lire "Vingt-quatre heures..." cette année et que je voudrais lire un peu autre chose que des anglophones et des francophones !

Vero a dit…

Zweig et Schnitzler, c'est toujours un petit bonheur assuré (en tout ca, pour moi). Ma première rencontre avec Schnitzler: un recueil de nouvelles, "La pénombre des âmes" qui m'avait profondément marquée.
"Mademoiselle Else", c'est pour très très bientôt ;-)
Quant à la correspondance (Zweig considérait Schnitzler comme un maître), je l'ai aussi depuis plusieurs années dans ma bibliothèque, sans l'avoir encore lue je l'avoue. Mais j'ai une fâcheuse tendance à acquérir les correspondances des auteurs que j'aime alors là, deux d'un coup, c'était trop tentant!
Je la prête volontiers si cela t'intéresse. Il suffit de m'envoyer un petit mail.