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mardi 3 mars 2009

MAEVE BRENNAN : La visiteuse


Traduit par Florence Lévy-Paoloni

Anastasia, vingt-deux ans, arrive à Dublin pour retrouver sa grand-mère paternelle." L'Irlande est mon domicile, je m'arrête à la gare de Dublin"Ses parents sont décédés, elle décide de renouer avec ce qui lui reste comme famille. Le père d'Anastasia s'est senti abandonné et la grand-mère ne l'accepte pas, c'est un immense chagrin pour elle, voir un drame. La mère d'Anastasia, Mary a pris la solution de la fuite à Paris car elle ne supportait plus son maris et sa belle-mère. Elle ne trouvait pas sa place dans ce foyer pesant et lourd, puis une grande différence d'âge entre elle et son mari.Anastasia veut se réconcilier avec sa grand-mère et essayer d'avoir sa place dans cette maison. Pas facile, donc elle fait tout pour être charmante, pour Noël elle offre des cadeau à sa grand- mère, à Katharine et à Melle Norah Kilbride, trois femmes importantes pour elle.Elle se sent terriblement seule, ses parents lui manquent terriblement, l'ambiance et glaciale voir sauvage. Elle se rend compte de l'importance que son père avait aux yeux de sa mère, sa mémoire est là vivante même sous la forme d'un fantôme.
"La froideur de sa grand-mère la rendait profondément honteuse et elle lutta pour l'oublier. Je ne suis qu'une visiteuse, ici, se dit-elle avec colère et désespoir et elle sombra dans un sommeil apeuré, empli de rêve."
Très beau passage magnifique, émouvant entre Melle Norah Kilbride, femme seule aussi et Anastassia. Cette femme a perdu sa mère aussi, donc cela les rapproches en quelque sorte. ""Vous savez, dit-elle d'une voix différente, j'ai l'impression que ça ne doit pas être facile avec votre grand-mère. J'espère que ça ne vous rend pas malheureuse. Ça passera, quand elle se sera de nouveau habituée à votre présence. Elle a eu le cœur brisé quand il est mort, vous savez. Elle est très amère et très seul.""
Ce court roman est un huit clos, les confidences entre femmes, les rapports entre mère/fils, rapport incestueux. Le poids de la religion catholique tient une place importante et lourde dans cette famille irlandaise. C'est un récit discret et bouleversant. Après avoir fermé ce livre, il reste comme un arrière goût amer, une boule dans la gorge. Il reste plus qu'une envie de lire d'autre textes nouvelles, romans de cette auteure.
Merci à lily pour le prêt, lou a lu aussi ce court roman ainsi qu'Yvon.
Un livre terriblement touchant.
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