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lundi 5 janvier 2009

VALENTINE GOBY : l'antilope blanche


Ce livre est mon coup de cœur de la fin 2008

Il m'a beaucoup marquée, il m'a plue car c'est le récit d'une femme exceptionnelle en Afrique noire au Cameroun "Le Cameroun n'est pas l'Algérie. Il n'est pas le Maroc ni l'Indochine. Même pas le Sénégal. Il est un bout de terre confisqué à l'Allemagne, un butin de guerre provisoire." Ce roman est le journal intime de Charlotte Marthe, dans les années cinquante, une française. En 1949, Elle s'expatrie au Cameroun à Douala. Elle se trouve confrontée à la communauté coloniale . Elle est la directrice du collège moderne de jeunes filles de new-bell à Douala. Elle nomme le groupe "les antilopes". Son but est de former ces jeunes filles dont elle veut faire l'élite de la société camerounaise, pour que ces femmes soient l'avenir de leur pays. Charlotte entreprenant une tâche pas facile avec beaucoup de courage et de ténacité. Elle me fait penser aux beaux portraits de femmes que l'on retrouve dans la littérature africaine, ces femmes fortes qui trouvent toujours les bonnes astuces pour régler les problèmes d'intendance du quotidien.
C'est un magnifique portrait de femme, car Charlotte représente ces femmes qui dans l'ombre, comme des petites fourmis, ont forgées un destin, une identité, tournée vers le bien des autres. Elle incarne une page oubliée de l'Histoire.

"Avec les sixièmes, nous avons écrit La Marche des Antilopes. M. Prieuré a composé une mélodie à quatre voix. Nous sommes les élèves De New-Bell Douala Que la foi nous soutienne Nous ne faillirons pas Et si par malheur nous perdons Nous recommencerons C'est la marche des Antilopes Qui vont tout droit vers leurs destin Elles sautent, lancent et galopent Avec beaucoup d'entrain ! (et hop)"
Ce que j'ai aimé aussi c'est le clin d'œil qu'elle fait à son ami écrivain camerounais Eugène Ebodé avec son premier roman la Transmission (collection Continent Noir chez Gallimard) (livre lu avant la création de mon blog). En ce qui concerne le passage de la dot p93 "- Mais la dot, madame ! Déjà reçue ! Nous allons devoir tout rembourser. Les buffles, le parfum , les bijoux ! Au prix qu'il a payé, le mari ne voudra pas d'une fille sans BEPC. Quel déshonneur pour un père, quel malheur ..."

Je trouve que c'est le livre le plus abouti selon moi de Valentine Goby, un livre originale et fort.

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