Pages

mercredi 5 novembre 2008

THOMAS HARDY : TESS D'URBERVILLE

© Alice Théaudière
Tess est un livre particulier, livre que j'ai lu il y a très longtemps. J'ai eu pendant très longtemps un gros coup de cœur pour ce chef d'œuvre de la littérature anglo-saxone. Pour plusieurs raisons, la première c'est que quand j'avais une dizaine d'année environs mon père (chef opérateur) est allé pour l'Ina en compagnie de Pierre-André Boutang, sur le tournage du film de Roman Polanski. Et bien sûr quand le film est sortie je voulais aller voir le film. Mes parents trouvant que j'étais beaucoup trop jeune pour voir ce film. Je l'ai vu beaucoup plus tard vers quinze ans disons en plein adolescence. j'ai adoré ce film, ce romantisme campagnard (je ne sais pas si on peut intitulé comme cela ). Mais il est question d'amour et de la campagne. Campagne que j'ai pu approcher de mes propres yeux car j'ai eu la chance de faire un séjour linguistique dans le Dorset (la campagne de Thomas Hardy) et je suis aussi allée à Stoneage. Et à peu près à la même époque j'ai lu le livre, qui ne m'avais absolument pas déçu ! J'ai lu aussi de Thomas Hardy : Le retour au pays natal et concernant Jude je ne me rappelle pas si j'ai lu le livre mais une chose est sûr c'est que j'ai vu le film. Donc quelques années plus tard, voir des décennies j'ai envie de relire ce roman.


Tess d'Urberville
Traduction Madeleine Rolland
Ce roman est une œuvre critique sociale ancrée dans la réalité historique qui est celle de l'époque victorienne.Tess est issue d'une famille paysanne une jeune fille innocente. Son père découvre par hasard qu'il est le dernier représentant d'une des plus anciennes lignées de chevaliers de Grande Bretagne, les d'Urbervilles, mais que la branche dont il est issu est déchue. Les parents de Tess envoient leur fille chez par les Stokes-d'Urbervilles, des nobles soient disant parent. Inconsciente et naïve connaissant rien des conventions sociales, elle est aussitôt remarquée par le fils de la maîtresse de maison, l'odieux Alec d'Urberville, un libertin sans morale personnage sombre . Tess se sent perdue , elle s'enfuit et retourne chez ses parents. Elle met au monde un enfant qui meurt rapidement après sa naissance. Notre jeune héroïne ira travailler dans une ferme pour traite les vaches, elle tombe amoureuse d'Angel Care qui à l'inverse d'Alec, a une personnalité lumineuse voir angélique.



C'est ensoleillée et fiévreux, les sentiments de Tess et d'Angel Clare se confondent dans le paysage du Wessew. Elle se marie avec lui, et à ce moment là le récit prend un tournant sombre, tourmenté. Mais Tess continue sa route dans le brouillard. Et puis suspense ....
Ce roman social de Thomas Hardy est un roman initiatique on suit le destin de Tess. Elle va devoir le prendre en main son destin et être confronté à la société puritaine anglaise. Les relations sexuelles en dehors du mariage étaient évidement excusables pour un homme, mais non pour une femme, malheureusement ! Tess est au cœur de l'opposition entre nature et culture, entre spontanéité païenne et éducation chrétienne. C'est un livre romanesque, la passion amoureuse, le récit est bien menée et le style est raffiné, c'est tout simplement magnifique. C'est une grande et belle histoire triste.Thomas Hardy est très proche de son héroïne Tess : femme enfant. Ce roman possède une dimension shakespearienne. Comme dans tous les grands livres de la littérature de l'époque victorienne nombreuses sont les références à Shakespeare mais aussi à la Bible. Car très jeune il va régulièrement à l'église donc il connaît pratiquement par coeur la Bible et le livre de prière en usage dans l'église anglicane.
Ce roman fut un tournant dans l'œuvre de Thomas Hardy. Pour ce roman il a étudié avec une grande minutie les traditions agricoles de son époque dans la campagne du sud de l' Angleterre. " Quelques robes étaient d'un blanc presque franc ; d'autres d'une pâleur bleuâtre ; d'autres encore (depuis longtemps, sans doute pliées dans les armoires et appartenant aux plus âgées) tiraient sur le livide et rappelaient le temps du roi Georges. En outre, toutes les femmes et toutes les jeunes filles tenaient dans la main droite une baguette, et dans la gauche, un bouquet de fleurs blanches." (p39) Ce passage est magnifique c'est un des leitmotif du roman magnifiquement filmé mit en valeur dans le film de Roman Polanski.
Deux extraits sublimes du film, un avec Alec et l'autre avec Angel :









Le film est chose rare aussi magnifique que le livre et les deux se complètent très bien. Il est dédié à sa femme décédée dans des conditions atroces Sharon Tate. Production Claude Berri - Musique Philippe Sarde- L'image superbe est signée par Ghislain Cloquet (Chef opérateur d' Au Hasard Balthazar), les passages suivant sont des vrais tableaux : la moisson, la laiterie, toute les scènes de la ferme sont magnifiques.
Ce film magnifique ma profondément marquée, et malgré les années je trouve toujours aussi splendide tout comme le livre de redécouvrir les deux est très plaisant CHEF D'ŒUVRE ! ENVOÛTANT ! . Lu par Emjy, elle a éprouvé aussi le même plaisir que moi film et roman.

13 commentaires:

Isil a dit…

Ce roman est un bon souvenir même si je l'ai lu il y a très longtemps et que j'en ai oublié les détails. Le film est aussi très bon. J'ai un autre Hardy sur ma pal mais j'attends un moment propice pour le lire car c'est un auteur assez sombre.

Lilly a dit…

C'est un très beau billet ! "Tess" est sur ma PAL, tu me donnes envie de le lire (même si j'ai d'autres Hardy avant)

jumy a dit…

Comment ne pas noter après avoir lu une critique aussi enthousiaste....je sens que ce swap va agrandir ma LAL!!!!

levraoueg a dit…

Thomas Hardy est un des victoriens qui me font le plus envie. Mais je ne veux pas trop en savoir sur les histoires de ses romans. Alors j'ai lu ton billet en survolant les passages qui semblaient raconter pour ne lire que ton avis. Et ce n'était pas facile ! Mais malgré cette lecture acrobatique, j'ai cru comprendre que c'était bien... alors ça me conforte dans mon envie de le lire !

Anjelica a dit…

Je n'ai pas encore lu le livre mais j'avais adoré le film à sa sortie et je l'avais d'ailleurs vu plusieurs fois à l'époque.

C'est génial quand un film rend si bien hommage à un livre.

arlette a dit…

J'avais beaucoup aimé le livre et le film qui comme tu le soulignes si justement lui est fidèle .

Je t'ai nommée pour un Prix !

lily a dit…

Les chefs d'oeuvre sont ceux que l'on peut relire à des années d'intervalle avec toujours le même immense plaisir.
Ton billet est superbe, Alice !
Je n'ai pas lu le livre mais j'ai vu ce film jeune adolescente et j'avais été envoûtée. Je l'ai revu ensuite plusieurs fois..
Il faut absolument qu'un jour je trouve le temps de lire le roman...

Malice a dit…

@ isil : oui c'est assez sombre mais comme l'est en général la littérature victorienne me semble t-il ?
@ lilly - @Jummy : Merci !!!!
@ Levraoueg : Et bien oui ;-) mon ressenti va avec l'histoire.
@ Anjelica - @ Arlette : Oui c'est exact ! et c'est merveilleux.
@ Lily : Merci ton commentaire me touche ! Très envie de faire partager mon attachement à ce livre et à ce film. Oui je pense que c'est le meilleur livre de Thomas Hardy me semble t-il !Et puis je pense que c'est un classique à lire :))

Pimpi a dit…

J'ai vu le film il y a presque 10 ans et j'avais adoré. J'ai le roman dans mon Challenge ABC 2009. Cela fait plusieurs années qu'il me fait de l'oeil et je n'avais encore jamais eu l'occasion de le lire. Voilà, je me suis créé l'occasion !!

Betty a dit…

Très beau billet! Je n'ai pas vu le film mais j'ai lu le livre. C'est une très grande histoire , qui reste longtemps en mémoire comme celle des Hauts du Hurle-vent. Il y a eu en septembre une adaptation télé bbc assez réussie.

Joelle a dit…

J'avais adoré le film et je m'étais promis de lire le livre ... mais je ne l'ai toujours pas fait !

dourvac'h a dit…

Les romans de Thomas Hardy - dont "Jude l'obscur" - sont d'un classicisme flamboyant... Du beau STYLE !!! Je les mets au même rang que ceux de Henry James, écrits d'une façon inimitable et d'une finesse psychologique inégalée...

"Tess", le film de Roman Polanski est un chef d'oeuvre d'une force poétique - et romantique - assez extraordinaire (grâce aussi à la photo de Ghislain Cloquet et au jeu inoubliable du trio d'acteurs) - quasi aussi bouleversant que "Le Pianiste"... recréation de la survie dans le ghetto de Varsovie, d'après le récit-témoignage, si poignant, de W. Spilzmann...

Bises & Amitié ! Ton goût en Littérature est très affirmé... tu ne veux pas suivre forcément "l'actualité" et céder à certains vides (y compris stylistiques) de tant de mauvais "écrivants de l'air du temps"... Bé, j'aime bien comme ça, moi ! Vive le Romantisme, jamais mort...

Anonyme a dit…

Je viens de le terminer. C'est un vrai coup de coeur ! Ton billet reflète mon sentiment !
Praline