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mercredi 16 janvier 2008

ÉRIC FOTTORINO - Baisers de Cinéma



coeur_022
Rentrée littéraire 2007

Nous restons dans les livres qui rendent hommage au 7ème art (après Bergman ici). C'est un livre qui parle des films suivant :
- Ma nuit chez Maud, Les Quatres Cents Coups, Jules et Jim, l'enfant sauvage, l'Aventura, la Notte, l'Éclipse, Un homme et une femme, Lola, La Boulangère de Monceau, Mes petites amoureuses, Cléo de 5 à 7, l'Homme qui aimait les femmes, Vacances romaines, La Chambre verte, la Nuit américaine
je les ai tous vu, et comme Gilles Hector j'ai été souvent au Trois Luxembourg, c'est un cinéma que je connais.
Dans ce livre Eric Fottorino rend hommage aux hommes de l'ombre : c'est à dire les directeurs de la photographie. Ils éclairent, ils subliment les visages des acteurs Jean Hector est passé de photographe de plateau à ce merveilleux métier qui est de sublimer les visages des actrices.
C'est un métier que je connais bien car mon père fut directeur de la photographie, il a commencé sa carrière comme assistant de Nestor Almendros (photo jointe) sur "L'enfant Sauvage" de François Truffault. C'est amusant car il est question justement de ce film dans le roman d'Eric Fottorino. Ensuite, mon père a fait son petit bonhomme de chemin pour la télévision (émissions, fictions, reportages) et peu pour le cinéma.
Après cette parenthèse revenons au livre, Gilles Hector est le narrateur amoureux des films de la Nouvelle Vagues car il pense que sa mère est une actrice, sa mère qu'il n'a pas connu. Donc ce livre a pour thème l'identité qui fut la mère de Gilles Hector et ce père Jean Hector c'est homme mystérieux.
"Je ne sais rien de mes origines . Je suis né à Paris de mère inconnue et mon père photographiait les héroïnes. Peu avant sa mort, il me confia que je devais mon existence à un baiser de cinéma" Pour ma part je trouve cette phrase très belle qui résume l'idée du livre. Ce baiser de cinéma a dû être très sensuel. Dans ce roman, le passé et le présent se mélange. Il est beaucoup question de mystère dans ce roman , Mayliss cette jeune femme dont Jean Hector est très amoureux et aussi énigmatique, et le parfum très fleuri, qu'il l'enveloppe est le jardin bagatelle. Il est question aussi du livre dans le livre : "j'essayais d'écrire un livre sur mon père". J'aime beaucoup ce passage quand il parle de ce film peu connu (malheureusement) Mes petites amoureuses de Jean Eustache et le directeur de la photographie de ce film est Nestor Almendros justement. Il aimait travaillé avec des éclairages naturels. "D'après ses notes, mon père avait fini par convaincre Jean Eustache de ne pas éclairer de permanence le visage des héros. Il suffisait de les montrer distinctement une poignée de secondes pendant que l'allumette se consumait pour qu'ils retournent à la pénombre sans que le fil du récit soit perdu. Le manque de lumière sur ce couple clandestin ajoutait à la poésie et au mystère de leur présence. L'allumette soufflée , Caven était toujours là " C'est vrais quand on voit le film c'est un magnifique passage. Autre passage intéressant, c'est celui du studio de la Victorine, il est juste concernant le cinéma et l'envers du décor ou derrière le miroir. Puis, il souligne une époque glorieuse du cinéma, donc c'est un passage émouvant.
"- En ce temps-là, les chefs opérateurs mettaient des plombes à régler leurs éclairages. Les vedettes n'avaient pas envie de poireauter pour savoir si la lumière tomberait pile sur elles ."
On peut rapprocher le style de ce livre son ambiance son atmosphère à Modiano c'est pour le côté littéraire et cinématographiquement à François Truffaut. J'aime beaucoup la volonté d'Éric Fottorino d'avoir laissé une place au lecteur, je m'explique le lecteur est libre de faire sa propre opinion. La fin par exemple est très ouverte, c'est pour cela aussi qu'une fois le livre fermé cet histoire nous envoute.
Personnellement je trouve le style de l'auteur assez classique il n'y a rien d'original. Mais par contre la construction est magnifique, tous les personnages sont terriblement attachants et juste. C'est un livre qui fait son travail, c'est un livre qui reste une fois le livre refermé, on l'apprécie plus après que pendant la lecture c'est mon avis. J'ai trouvé la fin magnifique elle nous scotche nous lecteur, elle est inattendu et en même temps magnifiquement amenée.
Je mettrai un petit bémol à ce livre : Chefs des lumières cela n'existe pas en ce qui concerne la fonction de Jean Hector. On dit soit Chef opérateur ou Directeur de la Photographie.
Le chef des lumières s'est plutôt le chef électro, il travail main dans la main avec le chef opérateur. Mais bon, les métiers du cinéma sont peu connu voir pas du tout du grand public, donc en soit cela n'est pas vraiment dérangeant, il se peut aussi que Eric Fottorino est choisi cette appellation car cela sonne plus poétique et puis nous sommes dans un roman, une fiction.

Pour moi la musique qui a accompagné ce livre, c'est celle du Mépris de Godard signé par Georges Delerue c'est une musique sublime et légendaire qui donne des frissons (il n'est pas question de ce film mais, la mère de Gilles Hector aurait pu être Brigitte Bardot ?? et pour quoi pas ?)

9 commentaires:

Karine a dit…

Deux commentaires très positifs en une seule semaine... pas le choix de re-souligner!!! Le titre du livre me plaît beaucoup au départ!

Lilly a dit…

Je guettais ton commentaire... Je suis contente de voir que les connaisseuses apprécient ;o) Je reste toutefois frustrée par cette fin. Et contrairement à toi, j'ai trouvé ce livre très bien écrit. Beaucoup de passages sont très poétiques sans jamais paraître artificiels ou clichés.

Stéphane a dit…

Bon il faut absolument que je le remonte dans les premières places de ma PAL!

Lily a dit…

Ahhhh, je savais qu'il te plairait :))

sylire a dit…

C'est vrai que ce livre avait tout pour te plaire. Il a plu aussi à des personnes de mon comité de lecture !

florinette a dit…

Je le lirais certainement puisqu'il figure dans ma PAL, mais j'attends un peu avant de me lancer dans cette histoire, car j'ai un peu peur de rester sur ma faim !

Malice a dit…

@ Karine oui, je t'invite à le lire !!!!! C'est un livre très beau !
@Lilly : pour parler du style d'un écrivain c'est je pense subjectif et cela dépend de la personne, de sa personnalité .
@ Stéphane : oui ce livre peut remonter dans ta PAL.
@Lily et Sylire: oui avez bien vu le fait que ce livre parle de cinéma comme dans le livre d'Anne Wiazemski, cela me plait.
@ Florinnette j'attens ton avis sur ce livre ! lit le vite ! C'est merveilleux une fin ouverte elle nourrit bien le lecteur.

Praline a dit…

Il est dans ma biblio. Mais c'est papa qui le lit, ce sera pour plus tard !

pom' a dit…

on doit me préter très prochainement"Caresse de rouge", je n'ai encore rien lu de cet auteur , ce sera pour moi une decouverte. l'a-tu lu?