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jeudi 18 octobre 2007

CHARLES JULIET : Lambeaux

Un récit sur la mère de l'écrivain et sur sa mère adoptive.
Un livre magnifique poignant, splendide d'émotion à couper le souffle.
Un très bel hommage que nous offre Charles Juliet à ses femmes.
A la femme qui lui a donné la vie qui est morte dans des conditions effroyable et inacceptable.Et à celle qui a su l'élever comme ci il était son propre fils, lui transmettre tout son amour. Ces deux femmes étaient de condition modeste.
"Un jour, il te vient le désir d'entreprendre un récit où tu parlerais de tes deux mères

l'esseulée et la vaillante
l'étouffée et la valeureuse
La jetée-dans-la-fosse et la toute donnée."
L'écriture de Charles Juliet est poignante
Dans la 1er partie il nous parle de sa mère qui a beaucoup souffert de la solitude, de son destin avec beaucoup de pudeur. L'auteur cherche a comprendre le mal qui a rongé sa mère son geste de vouloir en finir.
" Pourquoi es-tu née ici ? Dans cette famille ? Quand vas-tu mourir , Pourquoi le père n'est-il jamais capable d'un mot gentil ? Le destin te permettra -t-il de toujours veiller sur tes jeunes sœurs ? Que te réservent les années qui viennent ? Quel caractère aura l'homme qui deviendra ton époux ? Parlera-t-il aussi peu que le père ?Si Dieu existe pourquoi permet-il qu'il y ait la solitude, la maladie, la mort ?"Sa mère rêvait de s'instruire de théâtre, de danser de frivoliter , elle ne connaîtra jamais tout cela.
La place importante du Tu dans la 1er évoque sa mère maternelle. Dans la deuxième partie le Tu c'est Charles Juliet lui même l'auteur. Après avoir évoqué le destin de sa mère c'est de son destin à lui dont il est question.Il évoque son entrée à l'école d'enfants de troupe d'Aix en Provence, de cette période il en a écrit un roman "l'année de l'eveil" lu et adapté au cinéma. Période dur de sa vie, il a du beaucoup travailler, souffrance.
Et décalage entre sa vie à l'école, la discipline et la ferme, les vaches, le calme.
"Au long des grandes vacances, tu es redevenu un civil, tu as oublié sans avoir à t'y contraindre les gueulantes des sous-officiers, les revues de casernement, la crainte permanente d'être puni..., et le jour de la rentrée, revêtant ton uniforme , il te faut le soir même te glisser dans la peau d'un personnage dont tu tétais désaccoutumé"
Voilà je viens de le finir depuis quelques jours, je me rencontre seulement avec un peu de recul la l'immense vague d'émotion que dégage ce livre.

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