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dimanche 22 juillet 2007

CYNTHIA OZICK : Le Châle

Elle naît à New-York en 1928. Elle est poète, romancière, nouvelliste, essayiste et traductrice de texte yiddish, américaine d'origine russe, fille d'émigrés juifs.

Au Musée d'Histoire et d'Art du Judaïsme à Paris, dans le cadre de Lire en Fête, j'ai assisté à un bout de ce colloque. Agnès Desarthe faisait un portrait de Cynthia Ozick avec beaucoup d'enthousiasme ce fut à la fois brouillon et plein de vie (d'ailleurs elle a traduit le dernier Les Papiers de Puttermesser (livre qui n'avait jamais été traduit en Français) sorti dans l'indifférence au printemps 2007 (je ne l'ai pas lu)). Dans cet exposé elle parlait d'une de ses nouvelles (elle a écrit beaucoup de nouvelles) "Le traducteur introuvable ou le Yiddish en Amérique", dans cette nouvelle, Cynthia Ozick se moque des écrivains Juifs américains (Issac B Singer en tête prix Nobel, mais des autres aussi ...)
Quand je suis sortie du MHAJ je n'avais qu'une envie c'est de me ruer sur la lecture de cette auteure.
J'ai lu le châle bouleversant, et elle a écrit un très beau livre que j'ai beaucoup aimé "Le monde vacillant"
J'ai lu aussi la Galaxie Cannibale, un livre assez complexe sur l'éducation. Enfin, grâce à cet exposé d'Agnès Desarthe j'ai fait une très belle rencontre littéraire. C'est grâce à elle que j'ai fait connaissance de Grace Paley. Les livres de Cynthia Ozick sont des livres qui demande du temps qui demande à être décortiquer tellement il y a de profondeur dans ces textes. C'est un auteur à lire, à découvrir et à relire.



Le premier livre de Cynthia Ozick que j'ai lu et comme je viens de me l'offrir en poche. Je viens de le relire pour mon blog. Donc, voici mon billet : Le thème de la Shoah est présent dans le "Châle" un court roman d'une grande intensité dans l'émotion concernant les camps de concentration.
Bouleversant !!! Texte sublime de sincérité d'authenticité.
Rosa Lubin est la mère de Magda. Ce bébé est enveloppé dans un châle. Vêtement doux, chaud qui rassure Magda. Avec Stella sa nièce elles sont toutes les trois dans un camp de concentration, l'horreur est là au rendez-vous ainsi que la faim , la peur et le froid. Rosa a beaucoup de mal à nourrir son enfant. Stella souffre, elle a froid "le cœur de Stella était froid" et elle prendra le châle ... "C'était un châle magique, capable de nourrir un enfançon trois jours et trois nuits. Madga ne mourut pas, elle resta en vie, encore que très silencieuse. Une odeur spéciale, de cannelle et d'amandes, montait de sa bouche."
La deuxième partie, Rosa a cinquante-neuf ans. Cette deuxième partie est très riche car il nous renseigne sur qui est Rosa. Comment survivre quand on a connu l'horreur et la perte de son enfant. Car, elle est emporté d'une folie. Grâce, à Stella elle vit à Miami mais pauvrement. Elle fait la connaissance d'un juif de soixante et onze ans, Persky, polonais comme elle, à la laverie. Et revient en leitmotiv " Votre varsovie n'est pas ma varsovie". Nostalgie de la Varsovie de son enfance, comme on peut le remarquer cette nostalgie est très présente dans la littérature juive américaine. Évocation des exilés polonais de Varsovie et la langue juive le yiddish. Rosa a beaucoup de haine envers Stella "l'Ange de la Mort" revient souvent dans le récit.
Stella bien des années après lui renvoi le châle. Elle est d'une grande cruauté envers sa tante.
Rosa retrouvera ce châle vêtement précieux, ce lien maternel qui la liait à Magda. Son enfant renaît vit en elle grâce à ce simple vêtement.
"Rosa savait ce qu'il y avait dans ce paquet. Elle avait demandé à Stella de l'envoyer ; Stella ne faisait pas facilement ce que Rosa demandait."

Petit livre court mais très grand pour sa qualité. Un coup de cœur un chef-d'œuvre un livre magnifique !!! et à lire car remplit d'humanité !!!!

lu par Nath, Sylvie, DDA dans le Biblioblog et Bellsahi

4 commentaires:

Anne a dit…

Cela fait longtemps de j'ai ce titre dans la tête...Merci pour ce post: je vais m'offrir ce poche.

Katell Bouali a dit…

je le note et comme une fois par mois je m'offre un poche...

Nanne a dit…

Alice, je viens de lire ton billet sur Cynthia Ozick que j'ai découvert il y a très peu de temps et sur son 1er roman, "Le châle". Je trouve cette auteure très intéressante. Son écriture me paraît riche et profonde, avec plusieurs niveaux de compréhension. J'ai dans ma liste, outre "Le châle", "Le monde vacillant" et "Le Messie de Stockholm". Je dois avouer que j'ai très peur de commencer la lecture du "Châle", mais je vais prendre mon courage à deux mains pour le lire et en parler, car toutes les personnes qui l'ont lu, ont eu de très bonnes critiques. Tu as eu de la chance de la rencontrer lors d'un colloque sur la littérature juive. Merci pour ce billet.

nath a dit…

Merci pour cet avis très positif ... J'ai lu ce livre, il y a quelques semaines et je l'ai trouvé très fort et très beau. J'ai mis mon avis en ligne via mon blog ! Bises