Pages

mardi 20 octobre 2015

JUDITH PERRIGNON : Victor Hugo vient de mourir

« La nouvelle court les rues, les pas de porte et les métiers, on entend l’autre dire qu’il est mort le poète. Vient alors cette étrange collision des mots et de la vie, qui produit du silence puis des gestes ralentis au travail. L’homme qui leur a tendu un miroir n’est plus là. Tout s’amplifie, tout s’accélère. On dirait qu’en mourant, qu’en glissant vers l’abîme, il creuse un grand trou et y aspire son temps, sa ville… »
La mort de Victor Hugo, le 22 mai 1885  puis les funérailles d’État qui s’annoncent déclenchent une véritable bataille. Paris est pris de fièvre. Judith Perrignon nous fait le récit de ces folles journées. Elle passe du huis clos dans la chambre  au dehors avec la foule, de l’individu au collectif, de l’intime à l’idéologie etc...
Elle raconte les huit jours qui se sont écoulés de la mort  à son transfert au Panthéon, le  lundi 1er juin. 
Edouard Lockroy
Au moment de sa mort, sa famille est réduite à une peau de chagrin. Son présent ses chers  petits enfants Jeanne et Georges les enfants de son fils Charles Hugo décédé. Alice Hugo, la veuve de Charles qui s'est remarié avec Edouard Lockroy. "À ceux-là, dans la petite chambre, s'ajoutent les médecins. ils étaient deux au départ, le docteur Allix, vieil ami, soigneur de la famille jusqu'en exil qui ne quitte pas le chevet du malade, et Germain Sée de l'Académie. Ils sont trois maintenant , le renommé Alfred Vulpian, barbu émérite des hôpitaux et de la faculté, les a rejoints."De ses enfants, il reste bien Adèle " Elle vit à Saint Mandé au 106 de la Grand-Rue, dans une maison de folles tenue par la fille d'un célèbre aliéniste." Deux amis chers à Victor Hugo, Vacquerie et Meurice sont présents eux aussi. 
Auguste Vacquerie
Ainsi que  des hommes liés au pouvoir en place,Gragnon,  le préfet de police de Paris, ou encore Féger, le  brigadier qui surveille la maison du poète. Maxime Lisbonne et Lissagaray ont participé à la Commune et ont donc un lien particulier avec Victor Hugo
Maxime Lisbonne
Maxime Lisbonne a été un acteur avant d'être un révolutionnaire, il a joué dans Ruy Blas. Il a pris la direction des Bouffes du Nord et monté Lucrèce Borgia et puis Hernani. Lisbonne, l’ancien communard refuse de pleurer le poète. 
Lissagaray
 Louise Michel a été l'amie de Victor Hugo . Elle a appris la mort de Victor Hugo à la prison Saint Lazare. Et pour elle se fut un choc, car il est mort peut de temps après sa mère. "
 Elle avait l'âge d'Adèle, une quête d'absolu qui transpirait dans ses lettres, mais qui l'emmenait sur des sentiers de colère qu'il connaissait et avait lui-même tracés.Elle se souvient de leurs rencontres, la première avec sa mère, juste avant qu'il ne s'exile, elle était si timide."



 " Le jour vient de se lever quand apparaît le corbillard devant la maison. On y glisse le cercueil du poète, on le couvre des couronnes de fleurs et le convoi s'ébranle. Il roule, escorté par la police municipale, les gardiens de la paix de l'arrondissement sous les ordres de deux brigadiers, dont Féger le plus cérémonieux que jamais, car sa femme, son fils, sa nièce sont sur l'avenue postés quelque part parmi les cinq mille autres qui se massent , silencieux, chapeaux bas, sur les trottoirs. Le cercueil attire tous les regards."

Judith Perrignon s'est attaquée à la mort d'un grand poète, un  géant dans l'histoire de la littérature française. De son vivant, il est rentré dans la légende, ses 80 ans ont été fêté avec faste et la foule était aussi au rendez-vous.  J'ai trouvé ce roman historique passionnant car l'on y apprend une foule de chose, sur une page de l'histoire de France que je connais très mal.  Pour vraiment apprécié ce roman, j' ai trouvé selon moi un manque d'émotion et de souffle romanesque. C'est vraiment dommage, l'écriture est belle pourtant, mais cela se traîne. J'ai été assez déçu par ma lecture que je ne regrette pas cela dit !

5 commentaires:

Dominique a dit…

Comme toi je me suis copieusement ennuyée alors que le sujet était magnifique, je n'ai pas fait de billet du coup mais quel dommage que ce livre raté

In Cold Blog a dit…

Aïe, ta conclusion et le commentaire de Dominique me font l'effet d'une douche froide. C'est étonnant ce manque d'émotion que tu soulignes car dans les précédents livres de J. Perrignon, je n'ai pas relevé ce "défaut", bien au contraire, tant dans les récits que dans son roman. Je vais tout de même lire celui-ci et voir de quoi il retourne pour me faire mon opinion.

Malice a dit…

@ Oui entièrement d'accord avec toi Dominique, mais c'est tout de même curieux toutes ses bons échos dans les média !
@ Oui ICB, tu peux faire ton opinion, en faite pour qu'il y ait un intérêt pour le lecteur, il faudrait qu'il y ait un personnage de fiction pour nous faire entrer dans l'histoire. Je pense c'est pour cette raison que j'ai bien aimé les deux petits livres jeunesses.

maggie a dit…

J'adore Hugo et j'aurai certainement été attirée par ce roman... Mais à la lecture de ton billet, je vais éviter !

Malice a dit…

Oui j'ai trouvé pour ma part ce roman très décevant !