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mercredi 26 mai 2010

PAUL AUSTER : Le Livre des illusions


Traduit par Christine Le Boeuf

" Je n'était pas cinéphile. J'avais commencé à enseigner la littérature quand je faisais mon doctorat, vers vingt-cinq ans, et depuis lors tout mon travail avait été en relation avec les livres, la langue, l'écrit."
David Zimmer,universitaire américain, se passionne pour la vie d'Hector Mann , au point de s'atteler à une bibliographie, car c'est grâce à lui qu'il reprend goût à la vie. Il vit seul avec le chagrin de la perte de ses deux fils et de sa femme. Hector Mann a été un acteur et réalisateur de films muets des années 20, au début de l'année 1927, il créer sa propre société de production Kaleidoscope Pictures. à partir de 1929 plus de nouvelles de lui.
En parallèle à l'intérêt que Zimmer porte à Hector Mann par l'intermédiaire d'un ami perdu de vu Alex Kronenberg, il s'intéresse à Chateaubriand. Un soir arrive un peu bizarrement, Alma , la fille de Charlie Grund le cameraman d'Hector Mann, elle est envoyée par sa femme, Frieda Spelling. Hector Mann est toujours vivant mais plus pour très longtemps. Et à partir de là Auster nous emporte dans l'univers de l'illusion et il ne faut laisser aucune trace de mémoire !
Un roman fort intéressant, je connais peu Paul Auster comme romancier/réalisateur mais il me semble que via ce livre il évoque sa propre perception du cinéma. " Il écrit des scénarios pour des films muets qui ne verront pas le jour mais qu'on retrouvera, plus tard, dans Le Livre des illusions." C'est un roman qui joue sur le réel et l'irréel, rêve et réalité, la vie est elle une fiction ? ou bien tout est tout illusion, l'ambiance est comme une évidence très visuelle. À la lecture de ce roman, j'ai pensée comme une évidence à Pedro Almodovar tout simplement parce qu'il est question de cinéma et de jalousie dans Étreintes brisées. Il faut dire que l'histoire d'Hector Mann qui change de nom qui se métamorphose en un autre, j'ai trouvé ce passage époustouflant, et haletant !
Première impression livre vertigineux dans sa maîtrise mais très complexe. C'est un livre qui amène des réflexions, des questionnements. Mon avis concernant ce livre est mitigé, je ne suis pas complètement séduite par ce livre parce que je le trouve trop opaque à mon goût il manque d'aération pour que la lectrice que je suis, par moment j'ai eu l'impression d'étouffer. J'ai trouvé la fin la projection du dernier film c'est à dire "la vie intérieur de Martin Frost" d'Hector Mann, c'est fiction qui déteint sur la réalité est un peu alambiquée. Puis, ne connaissant pas l'œuvre de Chateaubriant, j'ai trouvé que cela n'apportait rien au récit qu'est ce que cela venait faire là mais j'ai la réponse : "Chateaubriand ne se promenant évidemment pas là par hasard, lui qui ne voulait pas que son autobiographie paraisse de son vivant. "
Mais je pense que pour apprécier ce roman il faut mieux connaître l'univers de l'auteur (livres + films). C'est un livre assez complexe en faite qui aussi à cause de sa complexité il faut le relire, c'est un livre qui ne se lit pas en une seule fois à mon avis, pour l'apprécier.

Voir le très beau billet d'explication de Jacqueline Morne qui dit ceci :

" Cette richesse ne s'épuise pas en une seule lecture. Une fois le livre refermé on la sensation très aiguë de n'avoir pas fini de découvrir, d'avoir encore beaucoup à apprendre de la fréquentation de David ou Hector. C'est un signe qui ne trompe pas, c'est celui qui distingue un roman qui n'est qu'une simple distraction, d'une véritable œuvre" Ces propos rejoignent tout t' a fait la perception de ce livre.
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