VICTORIA MAS : LE BAL DES FOLLES


Un excellent premier roman !!! Il met à nu la condition féminine au XIXe siècle. "Geneviève sent Louise nerveuse. L'adolescente marche tête baissée, les bras tendus le long du corps, le souffle rapide. Les filles du service sont toujours anxieuses de rencontrer Charcot en personne – d'autant plus lorsqu'elles sont désignées pour participer à une séance. C'est une responsabilité qui les dépasse, une mise en lumière qui les trouble, un intérêt si peu familier pour ces femmes que la vie n'a jamais mises en avant qu'elles en perdent presque pied – à nouveau."Au XIXe siècle, à la Salpétrière, des femmes sont enfermées pour diverses raison d'hystérie ou de la folie. C'est le lieu où l’on enferme pèle-mêle toutes celles sur lesquelles on souhaite exercer un contrôle social. A sa tête, une sommité : le professeur Charcot, maître de l’hypnose .Geneviève voue toute sa vie à son métier, au bien-être des malade. Puis, un jour arrive  Eugénie, fille de bourgeois qui communique avec les esprits.  A peine arrivée qu' Eugénie évoque la soeur de Geneviève., Blandine.   Parmi les internées il y a Louise qui a été abusée par son oncle, Thérèse qui a envoyé son compagnon violent se balader dans la Seine.
Elles sont toutes très humaines blessées à l'âme, soignées par Charcot qui leur applique des séances d'hypnose pour les apaiser.
Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves , sorcière , gitane... Pour les pensionnaires, les préparatifs sont synonymes d'une grande excitation, mais l'événement ne va pas se dérouler comme prévu pour tout le monde. 


19 mars 1887, Le Petit Parisien raconte un événement particulier, survenu à l’hôpital de la Salpêtrière : « Très avenantes sous leur petit bonnet de tulle blanc, les infirmières affairées distribuent aux danseuses les verres de sirop et les petits gâteaux. Au milieu, on voit un fourmillement multicolore de quadrilles et de valses […]. Et tout ce monde joyeux, le rose aux joues et l’éclair de plaisir dans les yeux ; c’est la folie, pourtant ! »

Une lecture intense et passionnante. Victoria Mas évoque Jane April qui a été pensionnaire à la Salpêtrière






1 commentaire:

  1. J'ai été moins enthousiaste que la plupart. Ceci dit, le traitement des femmes à l'époque... arghhh!

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