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samedi 14 avril 2012

PHILIPPE FOREST : SARINAGARA

monde de rosée
c'est un monde de rosée 
et pourtant pourtant
Kobayashi Issa

L'énigme du mot sarinagara est l'objet du roman qui unit trois histoires :
* Kobayashi Issa (1763-1827), le dernier des grands maîtres de l'art du haïku.. " À cela, il y avait toutes sortes de rasons dont j'avais parlé dans mes livres, qui tenaient à a mort de notre fille et à l'entreprise sans espoir à laquelle je m'étais moi-même voué de rester infailliblement fidèle à une expérience dont j'aurais dû savoir depuis le début qu'elle ne pouvait conduire à rien de sensé. "Il meut à l'âge de soixante quatre ans. "Qu'est-ce qu'une vie ?" " Que sait-on, au fond, d'une vie ? "
Sarinagara veut dire en japonais "cependant" c'est le dernier mot d'un des plus célèbres poèmes de la littérature japonaise de Kobayashi Issa .
* Natsume Sôseki (1867-1916), l'inventeur du roman japonais moderne. "Qu'y a-t-il dans un nom ?" Sôseski naît dans un monde de changement à Edo qui devient Tokyô." Sôseki est le contemporain d'une grande révolution culturelle dont nous ne savons rien et qui rêve de renommer le monde." Il est un passionné de littérature britannique qu'il enseigne. Il séjourne en Angleterre, il en profite pour parcourir l'Europe. Il est contemporain de Proust. 

* Yamata Yosuke (1917-1966), qui fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki.

Ces trois vies rêvées forment la matière d'un quatrième roman qui interroge à son tour la manière dont un individu peut parfois espérer survivre à l'épreuve de la vérité la plus déchirante. Le fil conducteur du roman est très personnel, c'est celui de la mort d'un enfant. La mort au Japon symbolise l'espoir, l'ouverture : cependant rien n'est définitif la vie continue.  Philippe Forest entraîne avec lui le lecteur de Paris à Kyôto puis de Tôkyô à Kôbe, lui faisant traverser le temps de l'existence et celui de l'Histoire.

Un roman ? Pas réellement, en tout cas un ouvrage original d'une grande poésie, d'un grand apaisement sur le temps et l'oubli, la perte de soi survit grâce à la littérature. L'écriture est fluide et agréable à lire . Un ouvrage passionnant où le lecteur apprend beaucoup sur le Japon et avant tout sur l'écriture, il donne envie de découvrir ou redécouvrir la littérature japonaise et de lire Sôseki entre autre. Ce livre est une très belle découverte, très agréable surtout, je m'y attendais pas du tout ! Dans un vieil article consacré à cet ouvrage voilà ce que je lis : "Il est des livres dont on ose à peine rendre compte de peur d'abîmer l'extrême délicatesse qu'ils mettent à dissoudre la gravité de leurs enjeux dans une apesanteur poétique."

4 commentaires:

Lou a dit…

C'est toujours un plaisir que de venir s'évader par ici, c'est un coin bien personnel où je fais toujours de jolies découvertes, comme sur tes derniers billets...
bon week-end !

Wictoria a dit…

La couverture est très belle en effet :) et l'intérieur prometteur

Mango a dit…

Un livre qui donne envie de lire d'autres livres, voilà qui me plaît!

Malice a dit…

@ Lou : Merci pour ton charmant commentaire bien agréable ;-)
@ Wic : L'intérieur est remarquable plus proche de l'essai que du roman, mais j'ai été sous le charme !
@ Mango : Oh ! Oui comme c'est très agréable de lire un livre qui débouche sur d'autres livres !