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mardi 26 septembre 2017

GERTRUDE STEIN : AUTOBIOGRAPHIE D'ALICE TOKLAS


 Traduction Bernard Faÿ

" Il y a six semaines environs Germain Stein m'a dit "On dirait que vous n'allez jamais vous décider à écrire cette autobiographie. Savez-vous ce que je vais faire ? Je vais l'écrire pour vous. Je vais l'écrire tout simplement comme Defoe écrivit l'autobiographie de Robinson Crusoé." C'est ce qu'elle a fait et que voici."
Toutes les deux sont américaines. Alice est originaire de la Californie San Francisco et Gertrude est originaire de Pensylvanie. Alice Toklas a très bien connu Gertrude Stein, elle a été sa confidente (c'est la narratrice) nous livre les mémoires de cette femme mécéne ami des artistes, mais aussi femme de lettres. 
Gertrude Stein naît  en 1874, au sein d’une famille juive aisée. Elle est la cadette. Lorsqu’elle a quatorze ans, son père est décédé  elle passe sous la tutelle de ses frères, Michael et Leo avec qui  elle a grandit à San Francisco. La famille Stein devient d'important collectionneur de l'art moderne et ils sont les mécénes de Matisse et Picasso surtout : deux grands artistes de l'époque.  
Michael l'ainé est marié avec Sarah, ils viendront s'installer à Paris : rue Madame, tout en étant pas loin de Leo et de Gertrude. Avant de venir à Paris, Sarah aimait les tableaux de Matisse elle en possédait trois. 
Vollard par Cézanne 
En 1903, Leo et la soeur louent un petit appartement au 27, rue de Fleurus (adresse destinée à devenir mythique) et fréquentent les cercles de peintres parisiens et notamment le milieu de l'avant-garde artistique. L’année suivante, Leo, qui manifeste un intérêt très vif pour Cézanne. Le marchand de tableau qui possédait des Cézanne était Vollard. "Les Stein demandèrent à voir des Cézanne. Vollard pris un air moins lugubre et devint fort poli. Comme ils le découvrir ensuite, Cézanne était la grande aventure de la vie de Vollard. "

Gertrude et Alice fréquentent le milieu artistique étaient amies des peintres et des écrivains entre autre de Picasso, Braque, Juan Gris, Marie Laurencin, Max Jacob, Le Douanier Rousseau.

"Matisse avait une
 grade virilité étonnante qui
 produisait toujours une impression délicieuse quand on ne l'avait pas vu depuis quelque temps. ""Gertrude Stein et son frère allaient souvent voir les Matisse et les Matisse venaient sans cesse voir les Stein." " Matisse et Picasso furent alors présentés l'un à l'autre par Gertrude Stein et ils devinrent amis, mais ils furent aussi ennemis. Maintenant ils ne sont plus ni amis ni ennemis. Alors ils étaient l'un et l'autre. Ils échangèrent des tableaux , comme on le faisait alors entre peintres. "

" Petit à petit les gens se mirent à venir rue de Fleurus pour voit Matisse et les Cézanne, Matisse amenait des gens et chacun amenait des gens, et il venait des gens tout le temps et ça finissait par être intolérable ; c'est aussi à ce moment-là que Gertrude Stein prit l'habitude d'écrire pendant la nuit . Avant onze heure du soir elle ne pouvait jamais être sûr que quelqu'un ne viendrait pas frapper à la porte de l'atelier"

" Dans l'atelier il y avait aussi un portrait de Gertrude Stein par Valloton, qui avait l'air d'un David mais n'était pas un David, il y avait un Maurice Denis, un petit Daumier beaucoup d'aquarelles de Cézanne ; en somme, il y avait de tout, il avait même un petit Delacroix et un Greco un peu plus grand". 

"Quand il peignait un portrait il faisait le haut, en descendant toujours. Gerrude Stein disait que ça donnait l'impression d'un rideau qui s'abaisse aussi doucement que se déplace un glacier suisse, ainsi Valloton enlevait graduellement le rideau et quand il arrivait au bas de la toile, il n'y avait plus de rideau, il y avait un portrait."



Claribel Cone Gertrude Stein Etta Cone

Claribel et Etta Cone étaient des cousines de Gertrude Stein. Elles l'ont aidé Gertrude pour taper à la machine son roman Three Lives.  "Etta Cone trouvait les Picasso ahurissants et romanesques. Gertrude l'emmenait chez eux chaque fois que Picasso avait épuisé toutes ses ressources et tous ses amis, et Etta Cone ne faisait alors nulle difficulté pour lui acheter une centaine de francs de dessins"



" Matisse et Picasso furent alors présentés l'un à l'autre par Gertrude Steinet ils devinrent amis, mais il furent aussi ennemis. Maintenant il ne sont plus ni amis ni ennemis. Alors ils étaient l'un et l'autre. Ils échangèrent des tableaux comme on le faisait alors entre peintres. Chacun des deux choisissait la toile de l'autre qui en principe l'intéressait le plus. Matisse et Picasso choisirent et l'un et l'autre la toile de l'autre qui, sans aucun doute, était la plus faible de toute leur production. "
Matisse était très apprécié par Sarah la femme de Michael Stein et Gertrude avait beaucoup d'affection pour Picasso.
Un autre peintre espagnol entra dans la vie de Gertrude Stein Juan Gris. 
" Picasso dans ses premières toiles cubistes, mettait des lettres d'imprimerie, et Jan Gris le faisait aussi, pour établir une relation fixe entre la surface peinte et un élément stable ; la lettre d'imprimerie fournissait l'élément stable. "

" Ce fut alors que Juan Gris, un jeune homme gaucheet expansif, arriva de Madrid pour s'installer à Paris, et se mit à appeler Picasso "cher maître" au grand dépit de Picasso . "
Mildred Aldrich

Mildred Aldrich a longtemps vécu en France . Elle a fait connaître aux américain Maeterlinck.  Elle était très amie avec Gertrude. Elle s'intéresse à son oeuvre littéraire. Elle appréciait la peinture de Picasso et de Matisse
Mildred Aldrich était au début de la cinquantaine une femme forte et vigoureuse , avec un visage à la George Washington des cheveux blancs, des vêtements et des gant d'une fraîcheur admirable ; une personnalité frappante et très attirante"

" A cette époque aussi Picabia et Gertrude Stein se rencontrèrent. Je me rappelle un dîner chez les Picabia, qui fut très agréable, Gabrielle Picabia était pleine de vie et de gaité, Picabia était sombre et animé, et Marcel Duchamp ressemblait à un jeune croisé normand"


Roger Fry
Roger Fry est passé aussi rue Fleurus en compagnie de Clive Bell. "Roger Fry était toujours charmant, charmant comme invité, charmant comme hôte."
Quand Gertrude et Alice séjournaient à Londres, elles allaient voir Roger Fry entre autre.  Elles se réfugient ensuite à Palma de Majorque pendant les deux premières années du conflit. Gertrude, apprend à conduire afin de pouvoir acheminer des médicaments dans les hôpitaux du sud, l’usage de l’automobile s’allie à un incroyable sentiment de liberté. Elle et Alice rentrent à Paris après la guerre. La vie a changé à Paris, la rue de Fleurus se tourne du côté de la personnalité de Gertrude  et des écrivais. Sylvia Beach, une américaine fait la connaissance de Gertrude Stein. Hemingway a été un grand admirateur de Gertrude Stein. 
"Je me rappelle très bien l'impression que me fit Hemingway ce premier jour. C'était alors un jeune homme d'une beauté extraordinaire, il avait vingt trois ans."
Les deux américaines découvrent le Bugey en se rendant dans le Midi pour rejoindre Picasso. Elles multiplient les séjours à Belley, où elles louent une maison à Billignin, puis à Culoz à partir de 1943. Elles passent ainsi six mois par an dans le Bugey jusqu’à la mort de Gertrude Stein en 1946." Nous découvrîmes aussi que Lamartine avait été à l'école de Belley, et Gertrude Stein prétend que partout où Lamartine a séjourné on mange bien. "
Le livre de Gertrude Stein The making of American (Américains d'Amérique) imprimé par Darantière à Dijon.Une belle lecture d'une époque d'un milieu artistique, d'une grande richesse intellectuellement, c'est aussi l'histoire d'une belle amitié entre deux femmes. Dans la vie de Gertrude Stein la nourriture des lettres tenait une grande place aussi bien que la cuisine les bon petit plat préparé par Hélène mais aussi par Alice. "Hélène passait les samedis soir chez elle avec son mari, c'est à dire qu'elle était toujours prête à venir si nous avions besoin d'elle, mais souvent lui disions de ne pas se déranger. J'aime faire la cuisine, je suis une très bonne cuisinière improvisée, et de plus Gertrude Stein aimait de temps en temps me voir faire des plats américains. Un dimanche soir, j'étais absorbée par la préparation d'un de ces plats, et quand ce fut fini, j'appelai Gertrude Stein et lui dis de quitter l'atelier et de venir dîner."

   Dans ce texte de souvenir, l'on retrouve l'esprit de Paris est une fête mais aussi un lien avec Passage de l'Odéon de Laure Murat

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