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samedi 5 mars 2016

CRIA CUERVOS de CARLOS SAURA


"Cría cuervos y te sacaran los ojos" (Élève des corbeaux et ils te crèveront les yeux), dit le proverbe espagnol qui a inspiré son titre à Carlos Saura.
Ce film se déroule à Madrid pendant les dernières années du fascisme, Ana, une fillette de 9 ans, vit avec ses deux soeurs avec sa tante Paulina. Ana a perdu ses parents , elle est hypersensible. Elle a grandit dans le tendre souvenir de sa mère et la haine de son père.  La mort est très présente dans ce film. Tout d'abord des les premières images nous voyons Ana qui est témoins de la mort de son père. Elle est aussi témoins des souffrances de sa mère qu'elle a temps chérie. Magnifique passage, où sa mère lui joue au piano sa chanson préférée pour qu'Ana puisse dormir, très beau moment de complicité entre une mère et une fillette. 



Géraldine Chaplin interprète le rôle de la mère d'Ana mais aussi Ana adulte. A l'âge adulte Ana se remémore son passé, son enfance. Pour elle, l'enfance fut une époque longue qu'elle n'a pas aimé, pour elle ne fut pas une période heureuse et innocente. Les immenses yeux noirs d'Ana Torrent (la jeune actrice) sont plein de mélancolie et de gravité. Tout le film est vu à travers les yeux Ana. L'ambiance général de ce film est remplit   d'une angoisse que l'on ressent chez Ana concernant le temps qui passe. D'ailleurs Ana est une enfant insomniaque, elle se lève pour aller dans le frigo (où l'on voit au passage un intriguant plat de patte de poulet) pour un  morceau de salade pour son hamster adoré Roni (lui aussi va quitter Ana et mourir).  
Elle assiste aussi à une dispute entre son père et sa mère.  Ce père qui aimait les femmes, qui trompait sa mère adorée.
Ce film est marqué cela dit par une très belle séquence de légèreté, c'est celle où Ana et ses sœur miment les adultes. Elles s'amusent à se maquiller puis elles se mettent à danser sur la chanson de Jeannette : "Porque te vas ".
L'histoire de ce film est assez proche, voir assez similaire du très beau roman d'Ana Maria Mature : "Paradis inhabité". 
Dans ce film, Carlos Saura fait un très beau clin d'œil à Hitchcock : le verre de lait dans "Soupçons."




3 commentaires:

maggie a dit…

J'essayerai de le voir. As-tu aimé ?

Malice a dit…

Oh!!! Oui bien sûr, je n'ai pas mis de ressenti dans mon billet, il est vrais. Mais, j'a beaucoup aimé un très joli film sur l'enfance et ses angoisses !

Lou a dit…

C'est un souvenir émouvant pour moi, et pourtant je me rends compte que je n'ai jamais vu le film en entier ! Ma mère le montrait à ses élèves quand j'étais petite, je me souviens d'avoir vu des extraits plusieurs années de suite quand j'étais en maternelle ou en primaire pendant que ma mère préparait ses cours. Nous avions le vinyl à la maison et j'ai toujours adoré cette chanson, dont j'ai appris les paroles plus tard, comme beaucoup de collégiens. Tu me donnes aussi envie de lire "Paradis inhabité" que j'ai dans ma PAL !