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jeudi 28 novembre 2013

LEONOR DE RECONDO : PIETRA VIVA

Rentrée Littéraire 2013


"Ne regardez pas mon visage, il est laid. Regardez plutôt mes mains ! Elles sont si puissantes qu’elles façonnent la réalité, qu’elles donnent vie à la pierre. Dans le sillon creusé par mon ciseau, les veines du marbre se gorgent de sang." Michelangelo a trente ans et déjà une renommé, en ce printemps 1505,  il quitte Rome, il est bouleversé par la mort du jeune moine d'Andrea Andréa, tu es la beauté à l'état pur. La perfection des traits, l'harmonie des muscles et des os." Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé.  Lors de ses soirées solitaires à l'auberge,  il ne cesse d'interroger le mystère de la mort du moine Andrea. Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, va se prendre d'amitié pour Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l'affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo.  Car il a perdu sa mère quand il avait six ans. Il a été orphelin de mère et de mémoire. J'ai trouvé cette amitié très belle, touchante voir attendrissante. Dialogue tout en subtilité entre Michele, enfant de six ans et Michelangelo :
"- Quelques jours après la mort de maman, je me suis retrouvé seul avec papa dans la maison. Il était assis près de la cheminée, la tête entre ses mains. Je croyais qu'il s'était endormi. Je me suis approché et je lui ai tapoté l'épaule. Quand il m'a regardé, j'ai vu qu'en fait il pleurait. Il s'est alors mis à genoux et a éclaté en sanglots dans mes bras. Comme un enfant. Tu vois, l'enfant, c'est lui maintenant ! Tu comprends ?
- Je comprends bien.
- Comment te dire exactement ? C'était comme si j'enlevais ma petite veste en peau de moutons pour ne plus jamais la remettre. Tu comprends ?
- Je comprends bien.
- Tu dis que tu détestes les enfants, mais moi je n'en suis plus un !
". Michelangelo est un personnage bourru peu sympathique dans un premier abord, mais j'ai été sensible à la complicité qu'il entretenait avec le petit Michele et Cavallino
. "Cavallino, je ne t'ai pas entendu arriver !- Eh oui, mes sabots sont de plus en plus silencieux. Veux-tu que je te dise pourquoi ?
- Bien volontiers.
- Il y a peu de temps, j'ai compris que tout ce qui ne touchait pas la terre était déjà dans le ciel et, depuis, mes sabots ont acquis la légèreté des plumes. Pose ta main sur l'herbe."
La paume de Michelangelo vient caresser l'herbe mouillée.
"Tu vois, le dessus de ta main touche le sol, mais le dessus est dans les airs. Maintenant que je sais cela, je regarde mes amis très différemment. Hier, je suis allé voir ma belle jument blanche dans le pré. Je lui ai dit que ses cils fouettaient les nuages, que bientôt ses oreilles frôleraient la lune. Et pour la première fois, j'ai vu de l'amour dans ses yeux. C'était comme si j'avais découvert un secret et qu'il fallait que je traverse cette épreuve pour qu'elle m'accorde enfin sa tendresse.
- Cavallino, même les chiens comme moi sont enveloppés par le ciel ?
- Bien entendu ! Je viens de te l'expliquer. Le ciel commence là où le sol s'arrête"

Le sujet de ce roman est très intéressant, original, les thèmes traités sont riches : la beauté des corps, la transmission, le travail sur la mémoire, la boîte à souvenir. L'image de la boîte du coffre revient souvent dans la littérature.  La lecture de ce roman m'a paru dans un premier temps difficile et distant. En reprenant ma lecture, j'ai été sous le charme de ce roman de Léonor de Recondo, les chapitres sont courts, la lecture est fluide et très intéressante. Au final, ce fut une lecture très agréable enrichissante, je recommande ce joli roman de la rentrée littéraire 2013 une belle découverte !! 

5 commentaires:

In Cold Blog a dit…

Une très belle et très lumineuse découverte en ce qui me concerne.

Dominique a dit…

le club des fans est réuni, un livre qui m'a réjoui, quelques lecteurs ont moins aimé, trop long et un peu ennuyeux pour certains, je ne me suis pas ennuyée une seconde et j'ai trouvé le roman vibrant de grâce
merci pour le lien

Lou a dit…

J'ai lu des avis très positifs. Je ne suis pas sûre de le lire dans l'immédiat mais j'envisage de l'offrir à Noël. Je poursuis tranquillement mes découvertes de la rentrée littéraire...

Philisine Cave a dit…

Des avis mitigés : je sais que je lirai ce roman (j'aime beaucoup la maison qui l'édite)

Malice a dit…

@ ICB oui j'ai apprécié cette écriture subtile, la richesse de ce roman !
@ Dominique : Oui il y a des lecteurs sous le charme concernant ce roman et d'autres moins. Pourquoi aimons nous un roman ? Pourquoi un roman nous touche et nous parle ? De ce roman j'ai surtout été sensible à la complicité entre Michel Ange et l'enfant.
@ Lou : Oui c'est un joli roman que l'on peut offrir à Noël.
@ Philisine Cave : Des avis mitigés, cela se comprend car j'ai eu du mal à rentrer dans ce roman, y a trouver mes marques pour l'apprécier. C'est selon moi un roman qui demande un petit effort de lecture pour l'apprécié pleinement.