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mercredi 21 août 2013

PASCAL QUIGNARD : Tous les matin du monde

© Lubin Baugin
" Monsieur dit-il, j'ai confié ma vie à des planches de bois grises qui sont dans un mûrier ; aux sons des sept cordes d'une viole ; à mes deux filles. Mes amis sont les souvenirs. Ma cour, ce sont les saules qui sont là, l'eau qui court, les chevesnes, les goujons et les fleurs du sureau. Vous direz à sa majesté que son palais n'a rien à faire d'un sauvage qui fut présenté au foi son père il y a trente cinq ans de cela."
© Lubin Baugin

Monsieur de Sainte Colombe vit sur les rives de la Bièvre avec ses deux filles et le roman commence juste après la mort de sa femme en 1650.  Il devient un violiste réputé car il donne, accompagné de ses deux filles, des concerts dans sa région tant et si bien que le roi souhaite le voir. Mais cela lui déplait car Monsieur de Sainte Colombe  est un homme secret,  il ne cesse de pratiquer son instrument. 

" Il s'appelait Monsieur Marin Marais. Il était joufflu. Il était né le 31 mai 1656 et, à l'âge de six ans, avait été recruté à cause de sa voix pour appartenir à la maîtrise du roi dans la chantrerie de l'église qui est à la porte du château du Louvre. 


Il désir être l'élève de Saint Colombe. Madeleine, l'aînée des filles de Monsieur de Sainte Colombe tombe amoureuse de Marais. Mais, il se trouve  chassé par  son père.  Il entre au service du roi. Sainte Colombe ne sait exprimer ce qu'il ressent que par la musique. Il  a dédié sa vie à la musique, il vit dans l'austérité et le dénuement le plus complet. Il aime passer  des journées entières à jouer de la viole ou à parler  sa femme, bien que morte, elle est présente telle un fantôme . Un court roman qui fait référence à la peinture à celle de Lubin Baugin mais aussi à George La Tour peintre de prédilection de l'auteur.  L'écriture de Pascal Quignard est à l'image de Sainte Colombe très épurée,  magnifique, fluide,  musicale et ... légère oui.  Un véritable coup de cœur, pour ce petit roman qui est pour moi un véritable petit bijoux. J'ai lu Tous les matins du monde  en Folio+ le dossier qu'il l'accompagne et un très beau complément au livre de Quignard.
    
Film d'Alain Corneau est à la fois très fidèle au texte de Quignard, et à la fois très différent. 

Scénario : Pascal Quignard et Alain Corneau, d’après le roman de Pascal Quignard
Décors : Bernard Vezat
Costumes : Corinne Jorry
Montage : Marie-Josèphe Yoyotte
Musique : Marin Marais (Improvisation sur les folies d’Espagne, L’Arabesque, Le Badinage, La Rêveuse, La Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Paris) ; Sainte Colombe (Les Pleurs, Gavone du Tendre, Le Retour) ; Jean-Baptiste Lully (Marche pour la cérémonie des Turcs) ; François Couperin (Leçons de ténèbres : Troisième leçon) ; Jordi Savall (Prélude pour Monsieur Vauquelin, Une jeune fillette, Fantaisie en mi mineur), musique dirigée et interprétée par Jordi Savall
Avec Jean-Pierre Marielle (Sainte Colombe), Gérard Depardieu (Marin Marais âgé), Guillaume Depardieu (Marin Marais jeune), Anne Brochet (Madeleine), Caroline Sihol (Mme de Sainte Colombe), Carole Richert (Toinette), Michel Bouquet (Baugin), Yves Gasc (Caignet) 

 Le film s'ouvre  et se ferme sur la fin de la vie de  Marin Marais (interprété par Gérard Depardieu, il est le narrateur tout au long du film) violiste du XVIIe ‑ XVIIe siècles. Il se remémore ses souvenirs de jeunesse et en particulier son apprentissage de la viole de gambe auprès de son maître monsieur de Sainte Colombe (interprété par un Jean Pierre Marielle grandiose) et de ses deux filles, Madeleine et Toinette. La photo d'Yves d'Angelo est somptueuse j'adore ses gros plan sensuels entre Guillaume Depardieu ( Marin Marais jeune) Madeleine de Sainte Colombe (Anne Brochet).

2 commentaires:

Bonheur du Jour a dit…

C'est tellement beau, ce film !

Philisine Cave a dit…

J'ai vu le film avant de lire le livre et j'ai aimé les deux. C'est un roman cout très intéressant sur la relation filiale, sur la paternité et la transmission. Bises