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dimanche 31 mars 2013

GENEVIEVE BRISAC : Moi, j'attends de voir passer un pingouin




" Un écrivain n'a pas grand chose à raconter sur sa vie et les biographies de poètes sont souvent immobiles. La vie d'un artiste, c'est écrire, fabriquer de la beauté et du sens des mots, des phrases, des sons assemblés, en laissant livre cours à l'inconscient." Ce livre n'est pas un roman (en tout cas pour moi).  Car, je ne vois pas d'histoire mais plutôt une suite de réflexions sur la place des animaux dans la société, sur l'appauvrissement de la langue française.  Cet ouvrage est un magnifique hommage à une grande femme  malheureusement très peu connu qui est Rosa Luxembourg. 
Les expressions toutes faites  font parties de l'air du temps.  Le mot "sympa"que l'on emploie pour un oui ou pour un non.
" Je pense à l'usage frénétique de l'expression c'est sympa.
Puis il y a le mot souci :"Souci. Mon moche souci. Le mot le plus envahissant de nos conversations. J'ai un souci, pas de souci, no souci (prononcer aille) . Souci a remplacé problème."
Par contre je n'aime pas les mots anglais ou les expressions anglaises qui se trouve ici et là dans cet ouvrage, comme " I had a dream", "never more""bodyshop" et bien d'autres cela m'agace et hérisse le poil !!!! Je trouve que cet étrange car d'un côté elle (Nouk, le double de l'auteur) est agacée par certaines expressions toutes faites et de l'autre elle parsème son texte d'anglicisme, je trouve cela étrange.
La figure de Rosa Luxembourg est présente dans cet ouvrage : " À la Noël 1917, la révolution russe bat son plein, et Rosa Luxembourg qui lui a consacré toute sa vie est en prison ; elle se tord mes mains impuissante, devant une scène aperçue à travers les barreaux. Un soldat ivre frappe un buffle." Rosa Luxembourg est émue devant cette scène, elle est en révolte pourquoi battre des buffles ? Elle était une femme courageuse et d'une grande sensibilité. Geneviève Brisac via cet scène veut souligner l'innocence des animaux. Elle est révolté par les personnes qui prennent un animal et le jette comme un vieux kleenex.
Elle évoque admirablement un de mes livres adorés " Flush" de Virginia Woolf.  "Flush est un cas rare d'alliance littéraire entre un chien et une femme." Mais il est question des aussi des chats, plus particulièrement de Philippe un chat aveugle.

Elle évoque la figure de Paul Gauguin, le peintre de la révolte par excellence. " Je suis et je resterai un sauvage. "
Paul Gauguin
Voir ici j'ai évoqué Paul Gauguin et sa grand mère Flora Tristan, dans "Le paradis - un peu plus loin de Mario Vargas Llosa. Je me suis retrouvée quand elle évoque les femmes qui tombent, le nez en l'air.  " - Je ne suis pas la seule, ai- je répliqué. Autour de moi, les femmes tombent énormément , je ne sais pas du tout pourquoi." Geneviève Brisac a pris l'image du pingouin, animal fragile, mal à l'aise sur terre mais s'accroche. Cet animal est le reflet de nos fragilités.

Moi, j'attends de voir passer un pingouin est pour moi avant tout une curiosité. Ces réflexions évoquées par Geneviève Brisac peuvent être aussi les nôtres. J'apprécie et me reconnais dans la sensibilité de la narratrice "Nouk" le double littéraire de Geneviève Brisac . Moi aussi je n'ai pas d'affinité particulière avec les chiens et les chats.  " Je n'ai jamais eu de chiens. Je ne comprends rien aux chiens. Plus : je trouve qu'ils sentent le chien mouillé (entièrement d'accord en ce qui me concerne le même ressenti)  et je n'en ai jamais rencontré de vraiment amicaux." J'ai trouvé que cet ouvrage est intéressant mais trop fourre tout, elle s'éparpille. 
En complément je vous invite à aller sur cette page concernant le cimetière d'Asnière (le cimetière des chiens il en est question dans cet ouvrage).  Avant d'être publié aux éditions Alma, ce texte à fait l'objet d'une lecture/feuilleton sur  France Culture

Un ouvrage qui rentre tout à fait dans le challenge d'Anis : Litterama.


4 commentaires:

Philisine Cave a dit…

Quand je vois le titre, je pense à la polémique concernant une chanson de Carla Bruni. J'ai lu récemment un livre de Geneviève Brisac et n'ai pas encore rédigé de billet dessus. Te lire me donne de l'énergie. Merci et belles fêtes pascales.

Anonyme a dit…

Merci pour votre commentaire sur "lectures aux quatre vents" et votre article très fouillé et intéressant. MIlie

liliba a dit…

Pas trop une lecture pour moi, je pense...

Anis a dit…

J'avoue que j'aime bien aussi ces livres conversation où on peut avoir l'impression de discuter avec l'auteur.