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dimanche 23 septembre 2012

AHARON APPELFELD : Floraison sauvage

Traduit par Valérie Zenatti

Voici un roman du grand Aharon Appelfeld aux couleurs automnales :"- Chaque année, c'est le même autommne. Ce n'est pas quelque chose à redouter. Il y avait déjà l'automne en bas, dans la plaine. Un automne s'en va, un autre vient."Gad  (vingt-deux ans) et Amalia (dix-sept ans) sont frère et soeur. Ils ont reçu un étrange héritage, très mystérieux : ils sont les gardiens d'un cimetière au sommet d'une montagne, un lieu de pèlerinage où sont enterrés des Juifs ayant résisté jusqu'au dernier souffle lors d'un pogrom. " Il y a six ans, lui et Amalia avaient reçu ce domaine en héritage de leur oncle Arié. " ""Mes enfants, je place entre vos mains cet héritage sacré. Vous devez en prendre soin  comme la prunelle de vos yeux." Nous sommes dans les Carpates, l'hiver s'annonce. Pour traverser ces mois sombres, Gad et Amalia prennent l'habitude de boire, le soir, quelques verres d'alcool. Ils vivent en vase clos, loin de tout.   L'évocation de leur enfance dans la plaine les réconforte et resserre de jour en jour le lien qui les unit. "- Je veux que nous soyons un, un seul corps sans séparation. Non plus toi et moi mais un seul moi, tu comprends ?"
L'un contre l'autre, hors du temps et des lois, ils laissent le trouble s'installer en eux, jusqu'à l'accomplissement de ce qui se révèle être une histoire d'amour. La complicité entre le frère et la sœur est bien présente. L'on retrouve dans ce roman d'Appelfed l'importance du rêve, du sommeil. " - Belle jeune fille, comment as-tu dormi ? - J'ai rêvé toute la nuit de notre maison à Jadov. - Comment était-elle ? - Comme nous l'avons laissée. -J' ai cessé de rêver, dit-il d'une voix tranchante, pour ne pas se laisser entraîner  sur ce terrain obscur. - J'aime les rêves, ils me remplisse d'espoir."Ce roman assez différent des autres livres lus de cet auteur. Les références bibliques (le jardin d'éden)  et au monde du judaïsme sont nombreuses.  

" Être juif n'est pas une honte mais un grand devoir et un honneur."

Aharon Appelfeld ne juge pas ses personnages, il décrit uniquement leur quotidien, leur mode vie très particulier isolé dans les montagnes. L'écriture comme toujours chez cet auteur est simple, feutré, le climat est lourd et violent, voir dur par moment. Encore un grand livre pas forcément facile d'accès. 
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