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mardi 31 juillet 2012

MARIO VARGAS LLOSA : Le Paradis - Un peu plus loin


Traduit par Albert Bensoussan
avec la collaboration d'Anne Marie Casès

"Tandis qu'elle regagnait son auberge par les tortueuses ruelles pavées du vieil Auxerre, elle vit, sur une placette avec quatre peupliers aux toutes jeunes feuilles très blanches, un groupe de fillettes qui jouaient en composant des figures que leur course faisait et défaisait. Elle s'arrêta pour les observer. Elles jouaient au Paradis, ce jeu auquel, selon ta mère, tu avais joué dans les jardins de Vaugirard avec tes petites camarades du quartier, sous le regard amusé de don Mariano." Le Paradis - Un peu plus loin est les destins entrecroisés de Flora Tristan et de Paul Gauguin . Flora Tristan est une féministe , une passionaria qui va de ville en ville prêcher la Révolution aux ouvriers. Flora Tristan est née à Paris en 1803. Son père, un officier péruvien au service du Roi d'Espagne est mort quand elle avait quatre ans et demi, le 4 juin 1807 et sa mère une bourgeoise parisienne. Flora Tristan se marie à l'âge de seize avec un graveur lithographe André Chazal le 3 février 1821. " André Chazal ! Quel pauvre diable t'avait réservé le hasard, ou peut-être Dieu, pour lui faire don de ta virginité Florita !"Un homme grand, un peu voûté, au cheveux jaune paille, front très large, regard canaille et nez proéminent en permanente auscultation des odeurs alentour." Il était plus âgé qu'elle. Il était un homme violent. Il est le père de ses enfants Ernest et Aline. Elle fait tout pour le quitté elle prend la fuite au risque et péril de sa vie. Elle va devoir se battre et c'est pas simple en ce début du XIXième siècle. " - Une femme qui abandonne son foyer tombe plus bas qu'une prostituée, l'avait récriminée sa mère, épouvantée. C'est un délit, condamné par la loi. Si André te dénonce, la police te recherchera tu ira en prison comme une criminelle. Tu ne peux faire une folie pareille." Militante féministe, pré-syndicaliste et femme de lettre dont l'idéal est l'union internationale de tous les opprimés (chômeurs, ouvriers, femmes) en vue d'infléchir les bourgeois et de leur offrir des conditions de vie meilleures. Elle va de ville en ville prêcher la Révolution aux ouvriers.


Paul Gauguin né à Paris comme sa grand -mère Flora Tristan en 1848. En 1892, il est surnommé Koké le maori, il vit avec Teha'amana à Tahiti. Son épouse légitime se nomme Mette, elle est danoise ils se sont mariés en novembre 1873. Il nomme sa femme La Viking, c'est une femme frigide typiquement nordique. Il eut avec elle cinq enfants.
"Une lettre de Mette porta un coup final à ce sinistre épisode. Une lettre sèche, froide, écrite voici deux mois et demi : leur fille Aline, peu après son vingtième anniversaire, était morte ce mois de janvier, des suites d'une pneumonie contractée à cause du froid qu'elle avait pris à la sortie d'un bal, à Copenhague."


Manao Tupapau

© Pape moe
"Le second Jour, il avait appelé Teha'amana, l'avait déshabillée et fait étendre sur le matelas, dans la position où il l'avait découverte quand elle l'avait pris pour un tupapau.""Son corps ne reproduisait pas non plus cette tension, cet arc tendu du dos qui faisait saillir ses fesses avec une luxure telle que Koké n'en avait jamais vu."
" C'est ainsi qu'il l'appellerait. Il se mit à le peindre dès le lendemain, très tôt, après avoir bu son habituelle tasse de thè."
© Aline Chazal-Gaugin
la mère de Paul Gaugin
" Tu était sûr que ton Portrait d'Aline Gaugin montrait tout cela et faisait affleurer à la surface la tragédie prolongée que fut la vie de ta mère. " Un soir à Tahiti il voit un corbeau, oiseau de mauvaise augure. Il va annoncer la mort de sa petite fille qui vient pratiquement tout juste de naître.
"Tu pensais à la petite fille morte au sinistre volatile- c'était un corbeau tu en était sûr, en dépit des indigènes et des colons affirmant qu'il n'y avait pas de corbeaux à Tahiti."


©Stéphane Mallarmé
et le corbeau



Il découvre le poème d'Edgar Alla Poe " Le corbeau" traduit par son ami Stéphane Mallarmé. " Et l'impression de cette lecture t'avait incité à faire un portrait de Mallarmé, en hommage à celui qui avait été capable de rendre si habilement, en français, ce chef-d'œuvre."
©Nevermore
Pour ce tableau intitulé Nevermore il peint Pau'ura la femme de son enfant mort. Ce tableaux fait écho avec celui que l'on peut voir plus haut Manao Tupapau. Avec Pau'ura il aura a nouveau un enfant nommé Emile.
Cet immense tableau Paul Gaugin la peint à un moment de sa vie où il était en plein questionnement. "Était-ce cela le Paradis, réinventé par un peintre sauvage installé dans l'île de Tahiti ? Telle avait été ta vague intention initiale."Un tableaux immense très étrange.
Avec Paul Gaugin l'on remonte dans le temps pour le plus grand bonheur du lecteur. L'on apprend qu'avant de devenir peintre il fut un employé à la Bourse, marin , aventurier et enfin peintre à la recherche de l'inspiration et dans une sorte de quête éperdue du bon sauvage qui le mènera à Tahiti puis aux Marquises .
Un roman passionnant concernant l'histoire de ces deux vies celles de Flora Tristan et de Paul Gaugin deux êtres qui rêvent d'utopies, d'un monde meilleur. Mais j'a trouvé un peu décevant concernant l'écriture lourde, le style pas convaincant aussi, répétitif.
Les chapitres concernant Flora Tristan mon ennuyé, le côté misérabilisme triste et sans vie beaucoup de noirceur. Alors qu'à l'inverse les chapitres concernant Paul Gaugin sont plus colorés, plus intéressant et plein de vie et de souffle de liberté, coloré. C'est aussi un livre d'une grande richesse concernant le destin de deux personnalités riches de vie, les grandes utopies politiques et artistique d'une époque tournée vers la modernité. Une lecture ne suffit pas pour tout saisir la vie de Flora Tristan et Paul Gaugin. Il y a de forte chance pour que je sois passée à côté de certains faits. Malgré tout c'est un livre a découvrir et l'auteur Mario Vargas Llosa est tout de même un prix Nobel !

3 commentaires:

Margotte a dit…

Il y a un dossier sur lui dans le dernier Mag littéraire...

Malice a dit…

Merci du conseil j'irai voir !

maggie a dit…

Dès que j'ai le temps, je le lirai même si tu ne semble pas particulièrement emballée par l'écriture...