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jeudi 10 mai 2012

LAURENT GREILSAMER : Le Prince foudroyé

" Être artiste, ce n'est pas compter, mais vivre comme l'arbre sans presser sa sève, attendre l'été vient mais il faut avoir de la patience, de la patience (...) . Personne ne doit m'apporter aide, conseil , stimulant. Tout doit se passer en moi. C'est avec le besoin intérieur, intime qu'il faut dessiner et ce n'est que comme cela que je ferai , si je puis, du bon dessin, de la bonne peinture."

Il a eut une enfance brisée. " Souvenirs d'enfance ... Trois monde se superposent. Celui du père, géant inflexible, et majestueux. L' éducation s'y règle martialement. Celui de la mère, chaleureux et aimant. On y apprend le goût de la liberté, du courage, du respect des autres. Celui des nia-nia. Un refuge de jupes amples où l'on peut se consoler en écoutant de vieilles légendes russes." Il a fuit avec sa famille la Russie, à cause de la révolution russe de 1917. Il est originaire d'une famille d'aristocrate. Le père de Nicolas de Staël était vice-gouverneur de la forteresse Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg jusqu'en 1917. La famille est contrainte, en 1919, à l’exil en Pologne après la révolution. Il devient très jeune orphelin recueilli en Belgique à Bruxelles par des parents les Fricero qu'il nomme papa, maman. Il apprend la peinture à l'Académie royale des beaux-arts de la ville de Bruxelles. 
En 1932/1933  il a une vingtaine d'année, il décide d'aller au Maroc comme l'on fait tant d'autres peintres avant lui Delacroix, Matisse, pour aller à la recherche de la lumière.
Jeannine Guillou sa première compagne 1941/1942
" Trop à voir. Trop à saisir. Au fusain, il croque des silhouettes de gamins, des mules accablées par la charge, toute la vie qui se télescope devant lui." 
Puis en 1937,  Nicolas De Staël rencontre Jeannine Guillou, elle a un petit garçon Antek . Peintre comme lui, elle décide alors de le suivre dans la suite de ce périple qui les ramène en France l'année suivante. Jusqu'à sa mort en 1946, ce compagnonnage conjugal et artistique nourrira leurs oeuvres respectives à un moment où le jeune Nicolas de Staël cherche précisément les voies de son art. En 1939, il s'engage dans la Légion Etrangère et arrive au début des années 1940, à Nice avec sa compagne, Jeanine.  ils ont  un enfant , une fille Anne. Le couple connaîtra la misère. Il rencontre là Jean Arp, Sonia et Robert Delaunay, Alberto Magnelli, et sous leur influence, peint ses premières toiles abstraites qu'il baptise "Compositions". Il est influencé par la peinture de Magnelli et de Domela.
Jeanne Bucher
" Comme Staël, Domela est en contact avec Jeanne Bucher. Depuis plusieurs mois, il envisage d'exposer chez elle avec Kandinsky. Manière de ne pas s'avouer vaincu face à l'occupant, d'effacer l'échec de la dernière exposition de Kandisky, suspendue en juillet 1942 sur l'ordre de la censure allemande." La Galerie Jeanne Bucher accepte en 1944 de l'exposer, en pleine occupation allemande, alors que les nazis qualifient l'abstraction d' "art dégénéré".
Il continue néanmoins de travailler avec acharnement assailli en permanence par le doute, tiraillé entre l'illumination et le désespoir. Il se tourne de plus en plus vers l'abstraction. Wassili Kandinsky, César Domela, Mondrian les grands de l'abstraction sont là, à Paris. n'a pas de mal à vendre ses toiles, lui par contre il cherche un style, sa touche qui définira sa peinture. Nicolas, par ses origines aristocrates russes, arrive à s'en sortir et à séduire aussi. En 1943 (sous l'occupation nazie), ils retourne à Paris rue Nollet. À Paris il fait connaissance d'une grande dame Russe Dina Vierny (la muse de Maillol dont la vie fut tout un roman). Pas facile d'être peintre sous la seconde Guerre Mondiale. Nicolas de Staël côtoie à Paris toutes les personnalités russes qui gravitent autour de la peinture. Antek le beaux fils de Nicolas de Staël, l'enfant poète ami de Braque. " Le livre de poèmes d'Antek s'appelle Souspente et sera signé du pseudonyme Antoine Tudal. L'édition de luxe avec une litho en couleur de Braque " Nicolas de Staël travaille sur de profondes couche d'apprêt ou d'enduit, dispose ses couleurs généreusement, ne respire que dans l'épaisseur de la matière. Sa femme Jeannine meurt de faim, elle a vécu la misère et la maladie. Il se marie à église avec Françoise Chapouton. De cette union va naître deux enfants Laurence et Jérôme ensuite : Gustave. Dès 1949 Pierre Lecuire va travailler à un livre Voir Nicolas de Staël dont le peintre annote les feuillets et précise sa pensée livre-poème qui paraîtra en 1953 avec deux gravures sur cuivre . Staël va rencontrer un marchand de tableaux américain : Theodore Schempp qui fait circuler son œuvre aux États-Unis, il y sera reconnu à l'âge de trente neuf ans. La peinture est son double, elle était son souffle, son sang.  Son dernier tableaux  a été peint on suppose rapidement, dans une obscurité total, paradoxe pour ce tableaux lumineux, et c'est un hommage à la musique lui qui était un très grand mélomane. À la fin de sa vie il se réfugie en Provence , il a été le grand ami de René Char.
" Il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et 
cent grammes de patience."

Cette biographie est très intéressante riche, elle permet d'avoir une ouverture sur Nicolas de Staël et les peintres de son époque. Un grand merci à Lily amoureuse de Nicolas de Staël pour la confiance qu'elle m'a donnée en me prêtant cette biographie pendant une très longue période.  J'ai lu deux ouvrages autour de Nicolas de Stael Rouge Majeur et l'Atelier Rouge.

1 commentaire:

sylire a dit…

J'ai lu aussi Rouge majeur et j'ai celui-ci dans ma PAL... C'est vrai que la vie de cet artiste est fascinante...