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jeudi 8 septembre 2011

HERVÉ BAZIN : Vipère au poing

Après plusieurs déceptions, des livres qui me tombent littéralement des mains. J'ai regardé du côté du blog de mon amie Anne Sophie : La Lettrine. Et j'ai suivi à la lettre ces suggestions comme bien souvent. J'ai ressorti de ma bibliothèque Vipère au poing. J'ai étudié au collège ce roman d'Hervé Bazin, et c'est dans mon édition de collégienne que j'ai relu ce roman. Et quel roman !


De ce roman j'en gardais un souvenir très diffus.
" Elle avait de jolis yeux, vous savez, cette vipère, non pas des yeux de saphir comme les vipères de bracelets, je le répète, mais des yeux de topaze brûlée, piqués noir au centre et tout pétillants d'une lumière que je saurais plus tard s'appeler la haine et que je retrouverais dans les prunelles de Folcoche, je veux dire de ma mère, avec en moins, l'envie de jouer (et, encore, cette restriction n'est-elle pas très sûre !)"


Ce roman se déroule à la Belle Angerie, la demeure familiale des Rezeau. Les deux aînés ont été confiés à leur grand mère quand les parents étaient en Chine où leur père était nommé professeur de Droit international. Ils sont choyés et connaissent une existence heureuse et agréable.
Quand, la grand-mère décède les parents de Jean et Frédie reviennent, la vie devient tout autre. Les enfants ne vont pas à l'école c'est un abbé qui leur donne l'instruction et qui vit avec eux. Les aînés font la connaissance de Marcel, le benjamin né en Chine. Jean Rezeau dit Brasse-Bouillon, c'est l'enfant du milieu,
il n'a pas la vie facile, il haït sa mère comme ses frères il la nomme Folcoche( Folle Cochonne), une femme odieuse. Les enfants connaissent la vie dure, un emploi du temps spartiate débute à 5h30 du matin sans oublier évidement l'instruction religieuse. Les enfants ne vont pas au collège un abbé le fait l'école à domicile. Ils seront sept
à se succéder au poste de précepteur des enfants Rezeau et aumônier de la famille. Les enfants les surnommentBI, BII, BIII... jusqu'à BVII. Elle leur rend la vie insupportable. Brasse Bouillon entre en rébellion avec sa mère. Le grand paradoxe, c'est celui qui ressemble le plus à sa mère. Il met en place un rapport de force avec un certain plaisir. Le père est plutôt bon avec ses enfants mais il ne sait pas s'opposer à sa femme, il est lâche. Alors il préfère se consacrer à ses recherches sur les différentes espèces de mouches ou dans ses explorations généalogiques. La seule passion que chérit Folcoche c'est sa collection de timbre, plus que ses enfants.
La vie est étouffante à la Belle-Angerie, ils vont connaître deux moment de répit un quand la mère tombe malade et doit-être hospitalisé pendant plusieurs mois. Les enfants sont heureux et pensent que leur mère est mourante. Une autre fois une bouffé de respiration a lieu quant les aînés vont partir avec leur père voir de la famille. Pendant leur absence Marcel révèle à sa mère une cachette dans la chambre de ses frères où ils cachent des victuailles. À leur retour, Freddi va être sévèrement puni il sera fouetté par un nouvel abbé. La tension monte en crescendo entre la mère et ses enfants. Ils grandissent et il désirent par dessus tout de la tuer carrément. Jean connaîtra à son tour le fouet.

Voir ici
Le grand thème de ce roman est l'enfance difficile, l'éducation l'enferment. Une discipline rigide, strict en mettant surtout le point sur la religion.
Je me rappelais que vaguement de ce roman, je trouve admirablement bien construit et j'ai remarqué la richesse du vocabulaire. Je serai curieuse de savoir comme cet ouvrage est perçut par des collégiens d'aujourd'hui. L'ambiance, l'écriture me fait penser à l'univers de Mauriac me semble t-il, mais oui, il y a longtemps j'avais lu Noeud de Vipère.
En un mot c'est un roman qui n'a pas vieillit, très agréable à lire vraiment excellent !

6 commentaires:

Sonia Sentic a dit…

je l'ai étudié au collège, et comme j'aime les classiques, je vais le relire. Je sais que je ne serai pas déçue, c'est un grand livre !

Midola a dit…

C'est amusant, je ne me souvenais pas vraiment de l'histoire mais je sais que j'avais dévoré ce roman et en gardais un excellent souvenir. Peut-être que qu'un jour je ferai comme toi et le relirai...

maggie a dit…

Les collégiens aiment bien le film mais après lire c'est autre chose ! En tout cas, j'ai eu le même ressenti : j'ai été étonnée par la richesse de vocabulaire dont je n'avais plus souvenir lors de ma première lecture.

Sara a dit…

Tu as raison, c'est assez proche de l'ambiance mauriacienne. J'aime beaucoup ce livre lu il y a très longtemps. Un classique à redécouvrir.

Lou a dit…

Je réalise en te lisant que je n'ai qu'un souvenir vague de ce roman, raison de plus pour le relire !

Malice a dit…

@ Sonia : Oui je pense que c'est une bonne idée voir excellente de relire Hervé Bazin !
@ Midola & @ Sara & Lou : Oui, voir la réponse que je donne à Sonia !
@ Maggie : ta réponse ne m'étonne pas un seul instant !