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dimanche 19 juin 2011

YANICK LAHENS : FAILLES

Ce récit est le témoignage :" Le 12 janvier 2010 à 16 heures 53 minutes, dans un crépuscule qui cherchait déjà ses couleurs de fin et de commencement , Port-au-Prince a été chevauché moins de quarante secondes par un de ces dieux dont on dit qu'ils se repaissent de chair et de sang. "
du tremblement de terre, témoignage du quotidien suite a une telle catastrophe.
C'est un hymne à ce pays où tout est à reconstruire. " Oui. Failles, un mot comme jamais entendu avant le 12 janvier 2010. Affaissée, pliée sous le poids des images, la pensée par instants m'a semblé s'enfoncer, ne plus pouvoir avancer." Failles au pluriels car elles sont nombreuses ceux sont celle de Yannick Lahens mais aussi du pays. " Failles fut le premier titre qui s'imposa à moi. Impossible d'entendre ce mot sans ressentir la pointe acérée d'un objet, là, dans la poitrine, à l'endroit du cœur. "Tout est a refaire en Haïti, le pays est remplit de failles géographique nord/sud. C'est un pays qui a besoin de repenser sa politique, son économie, de vivre ensemble. Ce récit commence par " Il était une fois une ville " Port au Prince. Yannick Lahens commence son récit comme si c'était un conte à la fois réel et irréel. Elle souligne l'importance de l'entraide:
" les Haïtiens ont été les premiers sauveteurs d'eux-mêmes, on ne l'a peut-être pas assez dit. Que de choses non dites ou pas assez ! Cette entraide toutes catégories sociales et toutes couleurs confondues." Elle déambule dans les rue de la ville détruite, la réalité se mélange avec son projet d'écriture en cour une histoire d'amour entre Guillaume et Nathalie. Ce récit est une réflexion sur l'écriture, besoin vitale d'écrire." Je n'écris pas pour guérir. J'écris pour tout miser à chaque page et conjurer la menace du silence ligne après ligne. En attendant le recommencer."A plusieurs reprise Yannick Lahens fait un rapprochement avec "Hiroshima mon amour" de Duras. Via ce récit Yannick Lahens nous démontre l'importance des mots pour reconstruire Haïti. " Lire, c'est ouvrir les portes du silence, y pénétrer à pas feutrés, le cœur battant, et miser gros sur l'inconnu."

L'écriture de Yannick Lahens est magnifique et poétique j'avais eu l'occasion de lire son très beau roman Dans la maison du père. Complément voir ici concernant Yanick Lahens

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