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samedi 25 juin 2011

EMMANUEL RUBEN : HALTE À YALTA


Pour moi ce roman a été une belle surprise ! Parce que cette couverture bleue hideuse n'invite pas tellement à la lecture. Dans les commentaire sur Biblioblog, Alice-Ange fait un rapprochement avec le Canapé Rouge de Michèle Lesbre. Je trouve ce rapprochement assez pertinent et bien vu.
L'histoire se passe dans le Transsibérien qui mène à Yalta. La rencontre de deux hommes que tout opposent, une relation va naître entre eux, une relation semblable à celle entre un père et un fils. C'est un face à face masculin auquel assiste le lecteur.
Le narrateur a la quarantaine environs, il est fatigué par la vie. Il n'est ni Russe et ni Ukrainien. Il a appris le dessin. D'ailleurs le dessin, l'amour de l'art les unit.
Le Tatar est un personnage fascinant. Il est plus jeune que le narrateur. C'est un personnage fascinant. « Qui sait ce que serait devenu ce voyage sans lui ? Le jaune et le bleu, l’or et l’azur, le soufre et le lilas que je cherchais partout sur terre, c’était lui. »
De cette rencontre naît une amitié masculine surprenante, nourrie de la richesse de ces personnalités opposées. Atmosphère étrange qui se dégage et règne à bord de ce train d’autant que planent sur ce récit les ombres des grands auteurs russes (Gogol avec les Âmes mortes, le Nez Tchékhov avec la Steppe la Dame au petit chien, Pouchkine…) Le Tatar lui voue une admiration pour Gogol et le narrateur pour Tchekov. Ils évoquent aussi la mémoire d'un très grand pianiste Richter. La personnalité du Tatar fait penser à Michel Strogoff de Jules Verne. Ce premier roman un livre original, à l'écriture baroque. Il  nous emporte littéralement, Emmanuel Rubien réussit admirablement à faire partager son intérêt pour la langue russe (on trouvera quelques mots en cyrillique dans le texte).
Le bémol que je ferai concernant ce roman est le suivant. Il démarre bien j'ai été pour ma part embarqués, captivé par la lecture tout une partie du livre et vers le milieu j'ai ressenti une lassitude. J'ai décroché dans ma lecture je dois le dire. La raison est peut-être tout simplement parce que cela part dans tous les sens. Malgré tout ce premier roman reste une très bonne découverte.

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