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samedi 26 février 2011

COMTESSE DE SÉGUR : La fortune de Gaspard


Il me semble que je n'ai jamais lu ce roman de la Comtesse de Ségur. Voir la page Wikipédia, bon complément à ce livre.

L'histoire de ce roman se passe en Normandie, Gaspard est un enfant studieux, doué, ambitieux . Pour lui l'école s'est très important alors que pour son frère Lucas elle a peu d'importance. Il désire uniquement consacrer son temps à la ferme de son père. Gaspard a tout le temps le nez dans les livres au lieu d'aider à la ferme. Son rêve est de s'élever sur son milieu par son intelligence et par son ambition. Le père Thomas,ne comprend pas son fils, le maltraite pour l'obliger à l'aider dans ses travaux. Selon lui Lucas "a du courage et du cœur pour ce qui est du vrai travail ", alors que son frère "n'est qu'une poule mouillée". Gaspard rêve de quitter la ferme et de faire fortune dans l’industrie. Il méprise le milieux paysan dont il est issu. Gaspard entre dans la fabrique de monsieur Féréor. Personnage froid et calculateur, il n’hésite pas à dénoncer ses collègues ou à se prévaloir de leurs bonnes idées auprès de monsieur Féréor. " Quant à la maison, ça ne me fait pas grand-chose. Luca est toujours dans les champs ; ma mère est occupée à sa ferme ; mon père dit tantôt oui, tantôt non ; un jour il vous contrarie, vous dit des injures, vous bat ; le lendemain, sans savoir pourquoi, il vous laisse faire ce qui l'a mis en colère la vieille . " Il est parfois troublé par de vagues remords, mais sa seule ambition est de devenir l’homme de confiance de son employeur. Celui-ci cependant reconnaît en Gaspard le jeune homme qu’il a été, tandis que Gaspard éprouve pour lui une reconnaissance toute filiale. Un passage qui m'amuse beaucoup c'est quand Gaspard retrouve chaque soir M. Féror dans un "berceau de houx" , pour leur rendez-vous secret. Alors que Gaspard a réalisé toutes ses ambitions, il se sent toujours insatisfait. Le rival de monsieur Féréor, l’industriel Frölichen, menace de ruiner le père adoptif de Gaspard si le jeune homme n’épouse pas sa fille, Mina. Gaspard accepte ce mariage de convenance pour sauver les établissements Féréor, et découvre avec surprise une jeune fille charmante dont il s’éprend rapidement. Mina apporte à monsieur Féréor et à Gaspard ce qui leur manquait et que leur fortune ne pouvait leur apporter : la joie de vivre, la piété et la charité. La présence de Mina va métamorphoser Gaspard et Féréor.

La comtesse présente de ce roman un tableau d'un réalisme saisissant de la mainmise matérielle et morale de l'industrie naissante sur la jeunesse rurale. C'est une des raisons pour laquelle j'ai été comme subjugué par ce roman que je trouve par sa thématique d'une grande richesse et un très beau tableau d'une époque, celle de la campagne en France au début du XIXième siècle. Il est à relever l'importance de l'instruction tient sa place.
Michel Tournier (dans les vertes lectures) dit ceci qui est tout à fait exact, qui colle parfaitement à mon ressenti :"La comtesse de Ségur n'échappe à la règle et nous lui devons l'un des romans les plus noirs de notre histoire littéraire. Qu'il ait paru dans la Bibliothèque Rose est un paradoxe particulièrement savoureux, mais il en convient de préciser qu'il est tout de même tenu quelque peu à l'écart, et au total presque inconnu dans une œuvre d'une popularité éclatante. Dix ans avant les Rougon-Macquart de Zola, Sophie Rostopchine nous offre avec La Fortune de Garspard (1865) un tableau d'un réalisme saisissant de la mainmise matérielle et morale de l'industrie naissante-en l'occurrence de la sidérugie- sur la jeunesse rurale."
Il est amusant pour moi de me dire qu'en lisant "la fortune de Gaspard", de retrouver mon ressenti de mes lectures quand j'étais enfant. Ce que j'aimais trouver dans un mes lectures que je nommerai tristesse vieillotte.
Ce ressenti a été aussi présent et le même quand j'ai lu "le petit chose"d'Alphonse Daudet.

Voir ici une belle page hommage adressé à ce roman de la Comtesse de Ségur

2 commentaires:

Joelle a dit…

Je sais que je l'ai déjà lu étant jeune mais forcément, il y a plein de choses à côté desquelles je suis passée :) C'est une relecture très tentante vu ton billet !

Malice a dit…

J'ai apprécié ce roman car c'est une photographie de l'époque vu par une femme étrangère assez juste d'une grande richesse.
Mais c'est tout de même très marqué par le côté bon sentiment, la charité chrétienne qui peut être agaçant parfois. La force (la description des personnages) que dégage le roman l'emporte et c'est passionnant de relire la comtesse de Ségur. En tout cas pour moi oui ;-)