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vendredi 31 décembre 2010

JAMES MATTHEW BARRIE : PETER PAN

Et les éditions Tourbillon ont édité pour les fin d'année un Peter Pan traduit par Sidonie Van Den Dries dans leur jolie collection "Histoires universelles".

Durant les fêtes de fin d'année Arte a eut la bonne idée de diffusé la pièce " Peter Pan ou le petit garçon qui haïssait les mères" Adaptation Andrew Birkin.  traduit par Céline-Albin Faivre mis en scène par Alexis Moati et présenté début 2010 au théâtre du Gymnase à Marseille. Écouter ici aussi la présentation de la pièce sur France Culture
Cette pièce donne un tout autre éclairage sur le célèbre conte de James Matthew Barrie " Peter Pan". À l'origine c'est une « Pièce pour enfants et pour ceux qui autrefois l’ont été, écrite par un auteur qui entend rester un enfant ». C’est ainsi que James Matthew Barrie présente lui-même. Peter Pan, conte qui oscille entre le réel et l' imaginaire.
« Je me suis enfui le jour de ma naissance », répond Peter Pan. « Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d'où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée. »
Peter Pan est pour moi un conte sur la maternité et la paternité, mais c'est mon regard d'adulte qui voit cela. Pour les enfants s'est un conte de fée avec des pirates, avec un clin d'œil à son grand ami Stevenson : " l'île au trésor. "

Qu'est ce une mère ? , qu'est ce un père ? C'est quoi une famille aimante, la fuir, la haïr ? Le besoin d'être aimé, ne pas être abandonné. Dès le début de la pièce il est question de la maternité, nombreuses sont les mères qui disent de leur enfant avec regret cela : "- Quel dommage ma chérie, que tu ne puisses pas rester toujours ainsi ! Madame Darling n'en dit pas davantage, mais c'était assez clair. La fillette savait désormais qu'elle était vouée à grandir. Il est rare qu'on l'ignore, passé deux ans. Deux, c'est le début de la fin."  Alors Wendy accepte de grandir contrairement à Peter Pan  Son modèle est sa mère Mrs Darling une personne douce et romantique. Wendy  est maternelle avec les enfants perdus, elle leurs fait la lecture, elle fait la ménage, une vrais petite fée du logis. Dans son désir de grandir elle va trahir Peter Pan, elle deviendra une femme à son tour et elle aura des enfants, une fille Janet. Elle est l'opposé de Peter.
L'image paternelle est assez effacée il est de même me semble t-il dans la vie de James Matthew Barrie son auteur ! Mr Darling n'est pas pas père très adroit il n'est même pas capable de faire un nœud de cravate. " Aussi incroyable que cela puisse paraître, cet homme, expert en valeurs boursières, était incapable de nouer une cravate." Il ne s'intéresse pas du tout à Peter Pan .
Pour moi dans Peter Pan, je trouve une résonance contemporaine, les enfants d'aujourd'hui sont souvent en manque d'affection, ils sont comme perdus déstabilisés avec des parents qui travaillent, qui divorcent manque de repères aussi, c'est un constat. Peter Pan de James Matthew Barrie n'est pas un roman pour moi, mais plutôt bien un conte, un conte de fée accompagné de pirates, il fait référence à d'autres contes : Cendrillon (très souvent cité et conte cher à Barrie) la petite Sirène, Andersen, le chat botté ... et même à Lewis Carroll car le Pays des Fées, du Jamais Jamais Jamais, le Pays imaginaire "Neverland" est un pays fantasmé, c'est le pays des merveilles aussi, c'est passer de l'autre côté du miroir.
À la tombé de la nuit, Mrs Darling donne un baiser à ses enfants comme toutes les véritables maman. Comme c'est doux une maman, qui borde et vient dire bonne nuit à ses enfants. Elle connait l'existence de Peter, il rentre dans l'imaginaire des enfants quand ils sont entrain de rêver. Le rêve tient une grande place dans la pièce, il permet d'accéder au Pays du Sommeil.
En somnolant, madame Darling fit un songe. Dans son rêve, le Pays Imaginaire s'était dangereusement Peter Pan."
Qui est Peter Pan ? Nous pouvons nous poser la question. Est ce un enfant ? Est ce un fantôme ? Est ce un petit enfant imaginaire ? Est ce un petit lutin espiègle ? "Peter Pan" pose des questions sur l'identité :
" - Comment tu t'appelle ? - Wendy Moïra Angela Darling, répondit-elle avec fierté. Et toi ? - Peter Pan " Wendy savait déjà qu'il se prénommait Peter, mais son patronyme lui parut bien court."L'on voit bien avec cet extrait que Wendy possède un aplomb incroyable, elle est étonnée, elle n'en revient pas que Peter Pan n'est pas de parent (il est l'enfant sans mère, surtout sans père également), de toit, pour elle s'est un mystère mais elle est instantanément sous son charme.
- J'ai entendu mes parents faire des projets pour moi quand je serai adulte, expliqua-t-il à voix basse. (il faut bien reconnaître quel horreur quand les parents projettent un avenir pour vous sans vous demander le moindre avis).
Il semblait fébrile . - Je ne veux jamais devenir un homme ! enchaîna-t- il avec fougue. Je veux rester un petit garçon pour toujours ! Je veux m'amuser ! C'est pour ça que je me suis sauvé à Kensington Garden, où j'ai vécu longtemps avec les fées." Peter Pan est pour moi un personnage irréel qui existe uniquement dans l'imaginaire dans nos rêves d'enfant. Wendy aime être la maman des enfants perdus, elle prend son rôle à cœur et pas à la légère. Pour Wendy, Peter Pan s'est le papa car il est une figure paternelle pour les enfants. Mais, lui ne veut pas en doser cette responsabilité. La maison sous terre, c'est le "home", si important pour Wendy, l'envie de le reconstituer au pays du Jamais-Jamais-Jamais.

Capitaine Crochet s'est la mère de Barrie : Margaret Ogilvy. Mais qui est véritablement le capitaine Crochet ? Dans certaine traduction, il est présenté comme étant Jack Crochet mais ici dans la traduction de Sidonie Van Den Dries c'est James Crochet. James s'est le prénom de l'auteur donc Crochet ou Hook c'est Barrie aussi.
Le personnage auquel je m'identifie n'est pas Peter Pan mais Wendy. J'ai une terrible tendresse pour Wendy. Elle est triste car elle a perdu l'enfance,  elle s'est envolée. Elle doit accepter de grandir. Il est amusant de souligner que quand l'on est enfant l'on a envie de devenir grand, fierté lorsque l'enfant fête son anniversaire. Et quand l'on grandit et que l'on s'approche de l'âge adulte l'on a envie de redevenir ou de rester enfant, en un mot ne pas perdre l'enfant qui est en nous. Pour certain lecteur, le conte de James Matthew Barrie est morbide. J'ai du mal à comprendre, car effectivement il est question de la mort, de la fin. La mort est vue comme une belle aventure. Mais, les enfants n'ont pas peur de la mort. Il suffit d'avoir joué aux cow-boy et aux indiens dans son enfance pour être mort, mais cela n'est pas morbide c'est un jeux. Tout comme quand Wendy est prisonnière par le capitaine cela me rappelle un souvenir d'enfance, mon frère et mon cousin voulant me faire une torture indienne ! Quand les enfants jouent dans une cour de récréation il suffit de les observer comme quoi c'est violent, et les enfants se font mal mais s'en le faire exprès bien souvent.

Avec le conte de James Matthew Barrie "Peter Pan" nos souvenirs d'enfance remontent à la surface.
Il est amusant de constater que les livres de James Matthew Barrie s'emboîte les uns dans les autres. Il a écrit plusieurs fois d'ailleurs "Peter Pan". Tout d'abord il y a " le petit oiseau blanc", là nous assistons à la naissance de Peter dans les jardins de Kensington. Les chapitres dédiés à la naissance de Peter ont été illustré par Arthur Rackham. Dans son roman sur sa mère Margaret Ogilvy, la question Qu'est ce qu'une mère ? Qu'elle place à t-elle dans le cœur d'un enfant est présente là. Mais dans toute son œuvre comme l'on peut le voir si vous allez vous rendre ici.
C'est ma deuxième lecture de Peter Pan. Mais première lecture fut plus accès sur la perte de l'enfance, l'innocence, la deuxième lecture est plus accès sur la maternité. Comme l'on dit deux sans trois, ma future de Peter Pan sera autre, j'en suis certaine de ne pas avoir fait le tour de ce célèbre conte.

© Agnès Mellon

1 commentaire:

claudialucia ma librairie a dit…

J'aime beaucoup toutes les questions que tu poses sur cette oeuvre si riche. C'est vrai aussi que l'on n'a jamais la même lecture quand on relit une grande oeuvre car tous les aspects ne peuvent nous apparaître en une seule fois.