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mardi 1 juin 2010

Brève histoire de pêche à la mouche de Paulus Hochgatterer

Traduit par Françoise Kenk

Tout d'abord, la couverture du livre peut-être trompeuse. Avant même de commencer sa lecture, le lecteur peut croire qu'il s'agit d'un livre américain qui évoque la pêche à la mouche, la nature et les grands espaces. Ce qui n'est pas tout à fait faux puisque l'auteur en ouverture du livre offre au lecteur une citation d'un livre de Column McCann : Le Chant des coyotes. Mais quand l'auteur est autrichien et plus particulièrement viennois, la deuxième citation avec celle de Column Mc Cann est celle de Goethe " Je voudrais être un poisson". Voilà, le ton est donné d'entrée ce court roman est la cohabitation de deux mondes celui de la pêche, la nature et le monde de la pensée, la réflexion sur le monde et sur la personnalité de l'être humain.
L'histoire que Paul Hoghgatterer, autrichien, veut nous raconter est la suivante. C'est celle de trois hommes "psy", le narrateur, Julian et l'Irlandais, ils partent un 11 septembre 2001 à la pêche, le roman se déroule sur cette journée. Sur leur chemin ils s'arrêtent et les trois hommes séduisent une jeune serveuse et ils l'emmène avec eux à la pêche. Rêve, fantasme sur cette fille " Elle porte une jupe courte en cuir brut et, sous un chemisier blanc à moitié transparent, soutien-gorge de sport brillant." rapprochement avec le film " Au milieu coule une rivière" avec Robert Redford et Bratt Pitt. Ils pêchent entre hommes car leurs femmes ne sont pas fana, mordu de pêche. " Surtout, nous racontons que nos femmes, ou compagnes, et enfants ne viennent pratiquement jamais à la pêche avec nous, quant à savoir si c'est dommage ou non, nous ne nous étendons pas sur la question." Ils évoquent leur métier de psychanalyste dans un service hospitalier, la réalité, la jalousie, la rivalité, il est question de pouvoir, problème d'égo. Il est question bien sûr de poissons : du saumon, de l'ombre , des truites, du sandre, du brochet, du chevesne ...Comment l'on cuisine les poissons, surtout pas de citron avec l'ombre .L' Irlandais lui il n'aime pas que l'on tue le poisson, il aime la pêche juste pour le geste, tout simplement.
Description d'un monde liquide, le texte est fuyant, l'auteur joue avec le vocabulaire spécifique à la pêche.
Il est question d'une pêche aux idées, aux fantasmes érotiques. Le rythme est lent, il correspond au bruit de l'eau, de la rivière.
Je suis mitigée par ce livre séduite par son côté américain goût pour la nature, par contre le côté psychanalytique me séduit moins à mon goût ! C'est un court roman assez virile il faut bien le reconnaître, les personnages féminins sont dans l'ombre (l'ombre comme le poisson) à l'arrière plan dans leurs têtes.
Mais comme le dit très justement Julian
" Ce serait intéressant de se demander s'il n'y aurait pas du romantisme dans la pêche à la mouche."

4 commentaires:

cathulu a dit…

J'ai bien aimé (j'en parlerai bientôt) mais effectivement la place des femmes est vraiment particulière...

Nanou a dit…

Cette lecture a été comme une parenthèse, pour moi, au cours d'une semaine bien chargée.
Une petite bouffée d'oxygène et du rêve grâce à ces "mouches" aux noms si imagés !

maggie a dit…

Ce livre a l'air plutôt original ! Titre à noter !

Malice a dit…

@ Cathulu et bien je lirai ton billet avec plaisir ;-)
@Nanou : c'est certain que le côté grand espace la pêche avec les fameuses mouches n'est pas déplaisant !
@ Maggie : Oui c'est un livre original qui sort des lectures habituelles, aucun doute de ce côté !