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samedi 10 avril 2010

LEWIS CARROLL : DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR

Traduit par Jacques Papy (édition Folio)
C'est la suite d'Alice au pays des merveille, nous sommes dans le monde réelle et irréelle, dans l'envers du décor. Le jeux de cartes est au centre d' "Alice au pays des merveilles" et là c'est les échecs. Donc nous retrouvons ici, le roi, la reine et le valet.
Alice est avec ses chats Kitty (noire) et Dinah (la blanche), blanc et noir couleurs des pions du jeu d'échecs. Et, elle est curieuse de savoir ce qu'il y a derrière le miroir du salon. Tout est pareil mais c'est à l'envers
" Tiens, tu vois, les livres ressemblent pas mal à nos livres, mais les mots sont à l'envers ; je le sais bien parce que j'ai tenu une fois un de nos livres devant le miroir, et, quand on fait ça , ils tiennent aussi un livre dans l'autre pièce. "
Le monde du miroir se présente comme un monde inversé. Ainsi Alice, pour atteindre le jardin, doit-elle d'abord s'en éloigner, de même qu'il lui faut, dans cet univers étrange, courir très vite pour rester sur place.
Elle va rencontrer un monde complètement absurde. Le plus absurde des poèmes c'est le fameux Jabberwocky, qui intéressera beaucoup Antonin Artaud.
Elle rencontre des fleurs étranges qui parlent bien sûr nous sommes chez Lewis Carroll, dans un jardin anglais bien évidement.Le rapport avec le jardin, les fleurs qui parlent cela fait penser à Andersen. Et change complètement notre regard envers les fleurs. Elle fait la rencontre de deux jumeaux étranges Bonnet Blanc et Blanc Bonnet plus connu sous leur nom anglais : Tweedledum et Tweedledee personnages de comptines anglaises.
Alice se pose un tas de questions et plus particulièrement celle de l'identité, thème présent déjà dans " Alice" mais là l'auteur le développe avec la suite " Qui es- tu ? " demanda le Faon (Quelle voix douce il avait !) "Je voudrais bien le savoir !" pensa la pauvre Alice. La quête de l'identité qui sommes nous réellement ? Tout le roman tourne autour du réelle de sentir ce que l'on vit, toutes les questions qui tournent autour de l'existence. Questions que tout enfant se pose dans son enfance, ce ressenti très fort pourquoi on est là, ce que l'on ressent, comment se fait t-il que l'on existe ! C'est très important pour Alice d'ailleurs cela la met dans des états pas possible, ce fut pareil pour moi. Cette quête d'identité est très complexe présente dans "Alice" et à nouveau ici." - Mais si, je suis réelle ! " affirma Alice en se mettant à pleurer. " Tu ne te rendras pas plus réelle en pleurant, fit observer Blanc Bonnet. D'ailleurs, il n'y a pas de quoi pleurer. - Si ne n'étais pas réelle", dit Alice (en riant à travers ses larmes, tellement tout cela lui semblait ridicule), "je serais incapable de pleurer." Alice est une enfant, elle a sept ans l'âge de raison " J'ai sept ans. Réellement, j'ai sept ans et demi". Le demi tellement important pour les enfants, il rajoute toujours un petit quelque chose en plus. Un peu plus tard quand Alice rencontre le Gros Coco, il lui demande à nouveau son âge. Là elle dit : " Sept ans et six moi"
pour Gros Coco (Humpty Dumpty © illustration adorable trouvé sur la page wikipédia )

" C'est un âge bien incommode. Vois tu, si tu m'avais demandé conseil à moi je t'aurais dit " Arrête-toi à sept ans .." Mais à présent, il est trop tard.Il est fortement question d'âge, de grandir aussi dans cette suite. J'aime dans " De l'autre côté du miroir " la fraîcheur, dans le ton, la naïveté d'Alice, l'innocence. J'ai le sentiment, je ne sais si il est exact quand Carroll évoque l'innocence au sens de pureté qui a mon sens n'existe plus de nos jours, même si l'innocence existe chez l'enfant mais elle a plus la même couleur, elle est comme défraichit je trouve.C'est remplit de mots valises, ex : slictueux signifie "souple, actif, onctueux". Vois-tu, c'est comme une valise : il y a trois sens empaquetés en un seul mot., de jeux de mots, de les comptines, et plus particulièrement les Nusery Rhythmes : les comptines anglaises un tantinet loufoque et cruelle, la langue est joueuse . Lewis Carroll était un grand styliste etc ... c'est délicieux et savoureux à souhait ! On peut remarquer que Lewis Carroll était un mathématicien, leçon de mathématique avec la reine :"- Elle ne sait pas faire une Addition dit la Reine Rouge. Sais -tu faire une Soustraction, déclara la Reine Blanche. Sais-tu faire une Division ? Divise un pain par un couteau ... qu'est ce que tu obtiens ?" Dans " De l'autre côté du miroir" Alice est dans un rêve. C'est un livre qui repose sur le langage.


C'est avec Lewis Carroll que l'on découvre qu'est ce que le non-sens ?
Mais il est certain que les deux romans autour d'" Alice" sont très complexes dû surement par la grande modernité qui dégage de l'écriture de Carroll. Tellement complexe que je me rends compte que je n'arrive pas le présenter correctement ou alors car le sentiment de me répéter. L'on retient l'univers de Carroll uniquement pour le langage et non pour la psychanalyse freudienne autour du rêve. Lacan s'est penché sur le cas Alice. Alors que le rêve et l'univers déformant de nos rêves tiennent une place prépondérante dans les deux Alice. Certain y voit un cauchemar, moi j'y vois un rêve merveilleux foisonnant et palpitant qui peut -être complètement réel et vertigineux à la fois.
En rédigeant ce billet je pense à mon amie Céline qui comme moi aime par dessus tout l'univers de Lewis Carroll, peut-être autant que moi !

Pour moi l'autre côté du miroir, c'est ce qu'il y a de caché, de secret. C'est les coulisses d'un spectacle, l'envers du décor. Aussi, de l'autre côté du miroir, la traversée du miroir me fait penser à Cocteau, un admirateur de Lewis Carroll.



7 commentaires:

Maribel a dit…

J'ai lu les deux livres il n'y a pas longtemps et pourtant je ne m'en rappelle plus très bien dèjà. Je crois que je vais essayer de les relire avant la sortie du dvd, question de pouvoir comparer livre et film.

Dominique a dit…

Lu toujours par bribes j'ai acheté l'édition d'Alice qui vient de sortir avec des illustrations très attirantes
Ton billet donne envie de se précipiter dessus

Holly Golightly a dit…

Enfin quelqu'un qui parle d'Alice et de Lewis Carroll et non pas de l'immondice de Burton ! Cela me remonte le moral, tu n'imagines pas à quel point ! Merci beaucoup !

Malice a dit…

@ Maribel : Oui,il est exact que dans les deux livres d'Alice, il nous reste en mémoire les grandes lignes mais pas forcément les détails et toute la subtilité de l'écriture de Lewis Carroll. Elle est pour ma part étonnant voir fascinante !
@ Dominique : Et bien, j'en suis ravie ! Il est certain que les libraires, j'ai remarqué, voient un certain filon avec la sortie du film de Tim Burton de sortir des éditions d'Alice anciennes ou de rééditer des ouvrages je pense au livre des éditions du Cahier de L'herne autour de Lewis Carroll par exemple.

Malice a dit…

@ Holly G : Ton commentaire me fait sourire :-) T'en mieux si je te remonte le moral. De l'autre côté du miroir je l'avais lu fin 2009 et à vrais dire je n'avais pas très envie d'en parler sur mon blog ou alors comment en parler. Bref voilà, l'occasion s'y prête, je ne sais si j'en parle bien, mais en tout cas son univers raisonne fort en moi !. En tout cas d'autres billets sur Lewis Carroll sont en route. C'est un univers tellement riche qui me fascine.
J'ai acheté il y a peu : L'univers de Lewis Carroll de Jean Gattegno.
Le film de Tim Burton m'indiffère, et le peu que je sais de ce film ne peut pas coller avec l'univers de Carroll. C'est mathématique comme deux et deux font quatre.

Karine:) a dit…

Je l'ai lu tout de sutie après Alice et j'ai eu du mal un peu... mais j'adore la naïveté d'Alice! Et les personnages! Humpty Dumpty s'appelle vraiment Gros Coco en français??

Malice a dit…

Oui Karine, c'est cela Gros Coco s'est Humpty Dumpty ! Tu as tout compris c'est le choix étonnant tu traducteur français :)))