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vendredi 23 avril 2010

L'ENFANT SAUVAGE : François Truffaut



L'émotion qui se dégage avant tout de l'histoire de Victor s'est que c'est le réel, c'est une histoire vrais. Durant l'été 1797, un enfant sauvage a été retrouvé dans l'Aveyron.

Victor, l'enfant sauvage
Une paysanne cueille des champignons dans la forêt, elle est surprise par des bruits étranges et elle voit une espèce de bête mi animal, mi homme. Elle alerte les chasseurs qui fouillent la forêt, ils l'attrapent comme une bête, le transmet à la gendarmerie.
Les journaux parlent de lui, le docteur Jean Itard s'intéresse de près à cet enfant. On envoie l'enfant à Paris. On va le soigner dans un institut pour enfants sourds-muets, c'est là où le docteur Itard travail. Cet enfant est associé à une curiosité, car il ne parle pas, il a un comportement bestial qui fait peur aux gens.
Le docteur Itard va s'occuper de lui et il va l'éduquer avec l'aide de Madame Guérin.

L'Enfant Sauvage - le film de François Truffaut (1970)

Cette histoire, je la connais depuis mon plus jeune âge. Elle me bouleverse car elle est remplit d'émotions.). J'allais sur mes un ans,  sur ce tournage du film de François Truffaut '"L'enfant Sauvage" puisque mon père ( Philippe Théaudière) était cadreur. Comme je l'ai déjà exprimé ici, j'aime infiniment François Truffaut (dont je connais pratiquement la totalité de ses films et depuis mon plus jeune âge). Mon admiration pour ce réalisateur est dû en particulier à l'attention qu'il prête à l'enfance, un thème qui me tient à cœur.
C'est un film sur l'enfance bien sûr mais aussi ce film pose la question fondamentale : Qu'est ce que l'éducation ?, entre autre car je pense que ce film l'histoire de cet enfant pose de multiple questions, par exemple qu'est ce la justice ou l'injustice ?
Quand l'enfant se trouve à Paris à l'institut pour les enfants sourds et muets. L'enfant est mesuré et à sa taille on devine son âge douze ans environs. Il devient une curiosité qui attire le tout Paris, exhibition, comme si c'était un petit animal de foire que l'on vient voir. Pour le professeur Pinel (interprété par le grand Jean Dasté) est spécialiste des maladies mentales pour lui cet enfant est idiot, c'est un fou. Le docteur Itar, lui pense que non . L'enfant a vécu au moins huit ans dans la forêt. Il a été abandonné parce qu'il était anormal à la naissance c'est à dire sourd muet ou alors comme le suppose le docteur Itard c'est peut-être un enfant illégitime, encombrant. Une fois que l'enfant est chez le docteur Itard, aidé par sa gouvernante madame Guérin, l'enfant fait tout pour la première fois. L'enfant sauvage va devenir un enfant civilisé, choyé, recevoir une éducation. Le docteur Itard note tout pour lui c'est un cas particulier inhabituel, il observe ses comportements face à des méthodes éducatives qu'il met en place.
Il tâtonne, il essaye de comprendre cet enfant qui ne connaît que la nature et la sauvagerie. L'enfant est très sensible à la nature, il aime boire de l'eau en regardant le dehors, il aime sentir le vent, le soleil. L'enfant est sensible au son O et donc le docteur et madame Guérin décide de l'appeler Victor. Il a prénom, il possède une identité maintenant.


Tout en étant éduqué, il aime parfois retourner à l'état sauvage.


Retrouver le plaisir tactile : l'eau de pluie, la fraîcheur de la nuit, toucher la terre, sentir l'air, le soleil etc ...
J'aime la complicité chaleureuse qui se dégage entre le maître et élève, elle est simple, c'est beau. L'enfant, Victor est très attaché à son maître, il ne veut pas être abandonné. Le Docteur Itar a de l'espoir dans l'éducation qu'il entreprend, il doute parfois dans les exercices qu'il met en place pour que l'enfant soit civilisé.
Pour la réalisation de ce film, François Truffaut s'est inspiré du rapport du docteur Itard publié au début du XIXe siècle. La musique de Vilvaldi apporte dans ce film une touche de légèreté. C'est un film émouvant, magnifiquement filmé, superbe !
Jean-Pierre Cargol le jeune acteur qui joue le rôle de Victor est touchant de sincérité. Et son jeux d'acteur est en harmonie avec la grandeur douceur sensible de Truffaut.
Voir ici un billet très intéressant concernant l'anthropologie et l'enfant sauvage.
Ici page intéressante concernant l'autisme




Il y a quelques années je suis allée à l'Institut des Sourds Muets ( Injs ) lors des journées du Patrimoine, j'ai visité le jardin et la bibliothèque que l'on voit dans le film. Une place à l'intérieur de l'institue a été baptisé François Truffaut, en hommage. Car, je trouve que le passage à l'Institut des Sourds Muets est presque un documentaire sur les enfants sourds et muets du XIXe siècle.



© Alice Théaudière (l'Abbé Sicard (1793-1794) )

6 commentaires:

Béné a dit…

j'ai vu le film quand j'étais à l'école et j'avais beaucoup aimé!

Kenza a dit…

Je garde des souvenirs très émouvants de ce film que j'avais beaucoup aimé.
Très belle soirée et bon week-end

Vanessa a dit…

Mince alors, tu me rappelles de sacrés souvenirs. De l'enfant sauvage, de celui-ci en tout cas, Victor. J'ai lu ce livre je n'avais pas 18 ans, il est resté gravé dans ma peau, dans mes sens, dans ma tête. Je sais que j'ai passé mon concours pour être éducatrice de jeunes enfants à cause de lui. J'avais oublié cette partie de ma vie (tiens j'en ferais un billet, pas de ma vie mais des réflexions ;) ).
Je l'ai relu plus tard dans mes cours universitaires, anthropologie, sociologie et... pédagogie (et dire que je ne comprenais rien à ce dernier). A cette seconde lecture, il m'avait à nouveau choquée, bousculée, excédée... je sens bien que j'ai depuis toujours une attirance pour ce côté naturel (ou culturel), pour ce que l'on détruit (ou construit) dans cette partie de vie, l'enfance, et aussi une attirance pour ce fil tendu entre la normalité et la folie.
J'avais eu une lecture aussi désenchantée de Pocahontas et de Tarzan.
J'ai eu un autre choc sur ce côté sauvage à la lecture de "L'attente du soir" de Tatiana ARFEL.

Vanessa a dit…

clin d'oeil sur mon blog littéraire et juste une info, j'ai lu le livre de MALSON.
Il faudrait que je le relise parce que oui, il doit y avoir des "traces" dans mon vécu du moment en terme d'éducation, de pédagogie et de volonté de respect.

Theoma a dit…

Le film de Truffaut est très bien mais la réalité y est malheureusement très édulcorée. De nombreuses expériences douloureuses voire sadique on été infligée à Victor par Itard...

Malice a dit…

@ Béné : Oui,les film de Truffaut son bien aimé au collège me semble t-il !
@ Kenza : Merci ;-)
@ Vanessa : Merci pour ton passionnant commentaire. Je suis intéressée par ce livre de MALSON.
Et le roman de Tatiana ARFEL : "L'attente du soir" je l'ai repéré l'année dernière et j'étais assez tentée, en effet je devrais le lire un jour.
@ Theoma : Le film de Truffaut et une interprétation sur l'histoire de l'enfant sauvage, toute personnelle. Édulcoré, non je ne pense pas, mais il faut remettre les faits l'instruction dans son contexte et dans son époque aussi en ce qui concerne expériences douloureuses voire sadique.