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lundi 4 janvier 2010

PASCAL QUIGNARD : Villa Amalia

C'est le premier livre de cet auteur que je lis. Juste à présent je ne connaissait pas très bien l'univers de cet auteur. Dès les premières pages nous rentrons dans le vif du sujet. Ambiance étrange, une femme nommée Ann Hidden veut refaire sa vie, recommencer tout à zéro. Elle décide de rompre avec son mari Thomas. Elle est musicienne, pianiste, elle compose de la musique contemporaine. Elle tombe sur un homme qu'elle a connu auparavant Georges Roehl, un ami d'enfance. Elle confie son secret, son choix de vie. Elle se trouve à aimer un lieu d'amour en Italie sur l'île d'Ischia. Le dépouillement, c'est qu'elle recherche Ann, le dépouillement est dans l'écriture de Pascal Quignard.
Cette femme est en mouvement perpétuellement et ce mouvement est bien traduit par la plume de Pascal Quignard. " Toute la nuit, debout, en chemise de nuit de coton, elle rangea, sépara les vêtements, remplit les derniers sacs remplit toutes les valises disponibles. Elle revint à son lit pour s'écrouler de fatigue s'endormir d'un coup. Il était cinq heures du matin. Tout était prêt."
Roman d'atmosphère, sensation aérienne, légèreté à la lecture. Je m'y attendais pas du tout, j'ai été bluffée, l'auteur m'a eu je dirai, par sa force étonnante, de l'écriture pour être aussi fluide, musicale très agréable. Puis arrivée vers la fin de la deuxième partie, mon point de vue rejoint celui d' Anne Sophie, un changement de direction (si je peux m'exprimer ainsi), vient déstabiliser le lecteur, c'est assez bizarre comme sensation. Changement de ton d'atmosphère, le récit me devient moi captivant, curieux même, mais avec le recul moins . Pascal Quignard adopte une écriture musicale, ce changement de regard, ne narrateur qui arrive à un moment dans le roman, est comme un contrepoint. Ann rencontre un couple avec un enfant. L'enfant, Magdalena (référence à Bach) s'attache à elle, il représente l'enfant qu'elle n'a pas . Et elle est un peu son miroir car sa mère est musicienne aussi, et absente, comme l'était à Ann son père.
Ann n'a pas de famille, elle a juste sa mère catholique bretonne , elle est très âgé.
Son petit frère, Nicolas est mort jeune, c'est le fantôme de la famille. Le père est parti fuite, c'est un musicien, d'origine juif roumaine. Ann fait comme son père elle fuit pour aller à la recherche du silence, solitude, pour pouvoir composer et donner le meilleur d'elle même dans sa musique. Pour elle comme pour son père s'est un besoin vital. Ce père justement elle le retrouve, et il a un immense admiration pour sa fille. Ils se retrouvent sur un point concernant la vie " Car la vie entre les femmes et les homme est un orage perpétuel. " " Parfois, de rares fois, de belles fois, la foudre tombe vraiment, tue vraiment. C'est l'amour."
Ann revient en France pour l'enterrement de sa mère et puis son ami George est très malade. Autre effet de miroir si je peux le voir ainsi, au début George a perdu sa mère, et vers la fin du livre c'est Ann qui perd sa mère à son tour. Cette mise en parenthèse, le silence recherché lui a été vital pour se ressourcer pour pouvoir créer. En tout cas je le vois comme cela.
C'est une lecture forte intéressante d'une grande richesse c'est assez rare, vraiment bien comme dit Anne Sophie, d'une grande richesse, d'une grande maîtrise dans l'écriture et dans sa structure qui ma séduite.

4 commentaires:

L'or des chambres a dit…

Celui là je l'ai sur ma PAL et j'ai très, très, envie de le lire.

beatrix a dit…

Je l'ai lu l'année dernière et il m'avait beaucoup plu mais je n'ai pas vu le film. Meilleurs vœux pour cette nouvelle année et je te souhaite de belles lecture mais tu commences bien. Bisous.

chiffonnette a dit…

J'avoue que Quignard me rebute! Je trouve son écriture au mmieux ennuyeuse!

Malice a dit…

@ L'or des chambres : Tant mieux :-)
@ Beatrix : Un grand merci !!!! j'ai trouvé la structure de ce livre très intéressant.
@ Chiffonnette : J'avoue que je connais très mal l'écriture de Quignard. Je comprends très bien que l'on n'adhère pas, c'est comme même très particulier !