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mardi 29 décembre 2009

VENUS KHOURY-GHATA : La Maison aux orties


J'avais lu auparavant La maison maison aux bords des larmes. Et ce roman en est la suite en quelque sorte.

C'est un chant d'amour aux êtres aimés, ils revivent sous sa plume. Durant la canicule d'août, à Paris la narratrice évoque ses morts. Elle le rend hommage à sa mère analphabète, qui n'a jamais trouvé le temps pour arracher les orties qui entoure sa maison. Elle évoque aussi les souvenirs douloureux entre son père et son frère. Son père était militaire et n'admettait pas que son fils écrive de la poésie. Vénus donc, elle évoque le passé bien sûr, le chagrin de la perte de sa mère, dont elle se sent orpheline, comme sa petite fille qui vient de perdre son père. " Mie, une orpheline de cinq ans. Moi, orpheline à cinquante ans. Elle est en deuil de son père et elle le sait pas. Je suis en deuil de ma mère et je suis inconsolable."
L'importance de la terre, du territoire, de la maison. Mais les vivants, elle ne les oublie pas il y a M, l'amant, le peintre fou passionné, il y a le voisin, l'ami des chats, ses amis poètes sont là pour lui donner de la force et du courage. Mais la narratrice, c'est à dire l'auteur ne sait plus très bien quel sens donner à sa vie avec ses morts, sa langue est l'arabe, sa terre natal s'est le Liban, et elle vit en France, à Paris. Elle aime ce pays d'accueil cette langue si belle est plein de retenu pour elle, cette langue est à l'opposé de la langue arabe, langue d'émotion.
" Folle, je deviens de plus en plus folle et fais exprès d'enfreindre les lois. J'évite de traverser dans les clous et gambade entre les voitures, libre comme les chèvres de mon village. Fâchée avec la langue française depuis que tu n'es plus là. Je m'adresse aux autres en arabe, ma vraie langue. La boulangère, une Normande pure souche, fait des yeux gros comme des soucoupes."
Un roman d'une très grande sensibilité à fleur de peau, accompagné d'une écriture sublime. "La plume dans une main, une cuillère dans l'autre, je touille un potage et corrige un texte en même temps, désherbe une plate-bande tout en cherchant la jute d'un poème" C'est aussi un livre qui rend hommage à la poésie et aux poètes.
Mais, car il y a un mais, je trouve que ce roman manque de cohérence mon avis, mon ressenti est très similaire à Dédale du Biblioblog. Malgré tout Vénus Khoury-Ghata est à découvrir pour la force son talent dans l'écriture.
À noter qu'elle évoque aussi la famille de son deuxième mari Jean Ghata, le père de sa fille Mie dans ce livre Yasmine Ghata dans la vie réelle. Sa fille rend hommage à la famille de son père dans son premier roman : La nuit des calligraphes. Il est amusant de constater qu'il y a comme un lien entre le livre de la fille et celui de la mère.

3 commentaires:

Katell a dit…

C'est qu'il me tente depuis un moment ce roman! Je le souligne donc malgré le "mais".

Anjelica a dit…

Je passe par chez toi pour venir te souhaiter un beau réveillon de fin d'année et pour te donner RDV en 2010 :)

Malice a dit…

@ Katell : Le mais est très léger car c'est en quelque sorte la suite de la Maison des larmes. C'est une commande de ses lecteurs. Tu devrais aimer Vénus Khoury-Ghata est l'amie des chats ;-)
@ Merci Anjelica à toi aussi RDV en 2010 :)