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mercredi 25 novembre 2009

GÉRARD GAROUSTE : L'INTRANQUILLE




Avec Judith Perrignon
Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou

C'est en écoutant parler Gérard Garouste sur France Culture dans l'émission de Colette Felous que j'ai eu envie de lire son livre : "L'intranquille".
Cette émission ma convaincu, et elle m'a captivée et vraiment donnée envie d'acheter ce livre de voir de plus près de quoi il s'agit.
Bien sûr je connaissait le nom du peintre Gérard Garouste j'avais admiré Les Saintes Ellipses, initialement conçue dans le cadre du Festival d’Automne 2003, et présentée dans la chapelle Saint-Louis de la Salpétrière à Paris.

Mais je ne connaissais absolument rien en ce qui concerne sa vie. À la fois hallucinante dans tous les sens du terme et dès sa petite enfance.
Son père, un véritable ogre, antisémite, un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Une mère soumise, des secrets de famille à peine croyable tout droit sortis de contes ou d'un temps très ancien. Son père l'envoie dans des pensions chic religieuse, sa grande passion à son fils c'est seulement et uniquement le dessin. Cette passion va lui sauver la vie parce que marchand de meuble comme son père, ah ! non il le sent pas du tout." Au magasin, j'avais un double. Un autre mi, qui me regardait vendre en rigolant et se disait jamais je ne serai directeur de ce magasin. Ainsi, je jouais le vendeur mais je je l'étais pas vraiment. Quand quelqu'un entrait, je l'invitais à se promener, à regarder, je le laissais passer devant moi dans les allées, et une fois dans son dos je singeais une absurde ballerine, je levais les bras au-dessus de la tête, je me mettais sur la pointe des pieds, je tournais sur moi-même, je dansais ! Non je n'étais pas un vendeur !" Il a besoin d'évasion, parce que c'est l'enfer en ce qui concerne ses rapports avec son père. Quand, il était petit, il allait pour les vacances voir son oncle et sa tante en Bourgogne là il se plaisait, il se sentait bien. " Mon vrai refuge fut la Bourgogne où j'allais passer les vacances scolaires. Casso et sa femme Èléo vivaient là, à Soussey-sur-Brionne, un tout petit village de 190 habitants, niché entre deux plateaux dits la Montage et le mont Saint-Jean."Il se marie avec Elisabeth (une patience infinie ainsi qu'un dévouement à son mari tout à fait remarquable), elle est juive, il se mettra à apprendre l'hébreu, il va s'approprier la culture juive, et la famille de sa femme qu'il l'adoptera.Il va apprendre l'hébreu " Depuis tout petit, je rêvais d'en pousser la porte pour voir . Au fil du temps, j'ai installé dans ma vie des penseurs du judaïsme, j'ai lu les livres de Marc-Alain Ouaknin , puis de Philippe Haddad, tous deux rabbins et philosophes à la barbe grise, j'ai suivi leurs séminaires, discuté longuement avec eux comme on reste après la classe." Un très beau passage chargé d'émotions. p96 Cette langue l'aide à mieux comprendre la bible à la déchiffré et cela me fascine et je suis parfaitement admirative dans la mesure où je suis en pleine accord avec la vision qu'il a de la bible, du texte sacré, aller à la recherche du vrais, de la vérité.
L'importance du cercle, l'image du cercle tient une grande importance dans son œuvre. Illustre cette phrase de Roland Barthes : " C'est parce que le langage est fermé sur lui-même que l'écrivain peut créer."
Ce récit, ce témoignage sur cet homme, cet artiste de génie est tout à fait remarquable de justesse d' authenticité incroyable, à tel point que le lecteur en est comme abasourdi. Gérard Garouste est un peintre de renommé international d'une grande générosité voir son association la Source (c'est lui qui en a eut l'idée),J'aime la force que dégage ce tableau : Passage

(Autoportrait), 2005 "Gérard Garouste pose la question de l’interprétation des textes de la Bible par l’Église et de leur pervertissement par les pouvoirs totalitaires."Il parle de ce tableaux p169/170 dans la livre et là voir la vidéo

6 commentaires:

Mango a dit…

Je l'ai justement choisi à la bibliothèque ce matin, suite aussi comme toi à une émission de radio! Je vois que tu as aimé son livre! Quelle vie il a eu!

In Cold Blog a dit…

C'est un témoignage vraiment émouvant que celui-ci... et un parcours pour le moins atypique. Ce livre, que m'avait signalé un de mes collègues, a été une belle découverte pour moi qui ne connaissais pas du tout l'artiste.

Aifelle a dit…

Le billet d'In Cold Blog m'avait donné envie de le lire. Et puis j'ai entendu aussi l'émission de Colette Fellous, passionnante. Il est à la bibliothèque, je le prends dès que je trouve un creux ..

Malice a dit…

@ Mango : Avec beaucoup de retard je réponds aux commentaires, vu ton très beau billet oui un livre que l'on n' oublie pas ;)
@ICB: Je pense que cet ouvrage, enfin j'ose l'espérer puisse le faire connaitre à un plus grand public ;-)
@ Aifelle : Oui l'émission avec Colette Fellous était vraiment attachante et donnait une envie réelle de se procurer au plus vite cet ouvrage ;-)

le banc moussu a dit…

Un livre arquant écrit par un homme troublé. La force de ses couleurs est un ravissement à chaque exposition.

Vanessa V a dit…

Oh je n'avais pas vu que tu l'avais lu. Oui un magnifique témoignage sur aussi les failles humaines.