Pages

lundi 21 septembre 2009

CÉCILE LADJALI : Ordalie

Rentrée littéraire 2009

"Alors que l'Autriche et l'Allemagne étaient deux champs de ruines en ces années zéro, la grande bibliothèque à Vienne avait été épargnée par les bombardements. Il était donc facile de continuer à étudier même au milieu des gravats et Ilse y devinait un signe. - Nous devons aller de l'avant, avec cette langue qui pèse si lourd, avec ces souvenirs que l'on peine à regarder en face. Oui, aller de l'avant."
Ce roman se déroule durant la guerre froide entre 1948 et 1960. C'est l'histoire d'amour racontée par Zak, le cousin de Ilse. Ilse, la fille d’un ancien nazi et Lenz juif, poète, rescapé, tous les deux fous d'écriture jusqu'à se perdre. Tous les deux traversent l'Europe (Vienne,Paris, Berlin, Rome), Ils forment un couple illégitime puisque Lenz est marié à Blanche. " Ilse et Lenz formaient les deux volets d'un diptyque impossible. De feu et d'eau. À présent leurs ombres jugent ma vie. Moi, le témoin. Obscur. Minable. Pervers. Je les ai observés. Je les ai suivis dans leurs voyages. Je les ai enviés. Je les ai suivis dans leurs voyages. Je les ai enviés, haïs aussi. Je ne les ai pas toujours compris." Lenz qui vit à Paris depuis le 13 juillet 1948.
Zak, orphelin est recueilli chez son oncle et sa tante, après la seconde guerre mondiale. Il est comme envouté par sa cousine. Il est photographe, adore photographier ou filmé sa cousine. Il possède un labo photo chez son oncle Dolph (mais j'ai remarqué une chose, une ineptie comme quoi Cécile Ladjali ne connaît pas la photographie argentique). Elle parle de développement, mais le terme exact est tirage , tout comme comme on ne met pas le négatif dans des bacs mais dans l'agrandisseur. "je restais des heures dans la lumière rouge à développer les clichés pris à Niendorf. Au moment où je sortis les négatifs des bac"
C'est le papier photographique que l'on trempe dans les bains chimiques. J'ai trouvé cela étrange surtout quand un des personnages principale Zak est photographe de métier,étrange aussi de la part de Cécile Ladjali pour l'inexactitude, j'ai trouvé cela très bizarre. Quand l'image se révèle à la lumière rouge, c'est un instant magique de voir l'image sortir, de cette sensation elle n'en parle pas. Je trouve que c'est dommage, cela aurait été intéressant. Tout comme du métier de Blanche la photogravure, idem c'est occulté. Encore une fois je trouve cela bien dommage, car c'est deux activités artistiques proches tout comme Zak et Blanche( Gisèle Lestrange) sont dans l'ombre de deux monstres de feu et d'eau c'est à dire Ilse et Lenz. - Je marche dans l'ombre d'une ombre, disait-elle (Blanche) souvent sur un ton guilleret. Rester dans l'ombre d'une ombre était une chose qui lui convenait."
Ilse s'est Ingeborg Bachmann, le feu d'ailleurs elle meurt à cause d'une cigarette mal éteinte dans son lit à Rome. C'est aussi un être lumineux empreint de folie. " Dans l'enceinte du Steinhof, elle voulut côtoyer la folie et tenter d'en revenir, même si pour elle l'entreprise comportait des dangers objectifs. Les âmes qu'elle croisa au pavillon Herman lui parurent , en fait, assez semblables à la sienne ."
Lenz s'est Paul Célan le grand poète juif, revenu des camps, lui c'est l'eau suicide sous le pont Mirabeau.
Blanche n'est pas du tout jalouse d'Ilse car n'est pas faite pour le bonheur et de fonder une famille avoir un enfant.La grande passion amoureuse entre ses deux êtres l'un étant l'eau et l'autre le feu se termine à la construction du mur.

Le chapitre "Coquilles" m'a particulièrement amusé surtout quand on le lit après ce fameux 16 septembre 2009. " Alors pourquoi le choix d'une thèse en philosophie ?"" Philosopher aurait dû consister en une rencontre avec la vie. Or la réflexion échappait le plus souvent à l'évidence de l'eau, du soleil, et avançait ainsi vers la mort."
Autant j'ai beaucoup aimé les vies d'Emily Pearl autant je suis assez déçu par ce roman englué dans les références littéraires et historiques . Roman qui manque cruellement de souffle romanesque. Les personnages manquent d'épaisseur, le personnage de Lenz est pratiquement inexistant le personnage de Zak prend trop d'importance et il est parfois agaçant, envahissant.
Pour conclure selon moi ce livre est loin d'être inintéressant mais il est remplit de défauts. Distance et froideur, c'est le regard que Cécile Ladjali a pour ces personnages qu'elle idolâtre, manque d'où un manque de chair et d'âme. Le sentiment qu'elle est passée à côté de son roman. C'est dans l'ensemble une grosse déception ! Sentiment d'une lecture inachevée ou alors il aurait fallut que son livre soit plus long et mieux structuré, cela n'est qu'un avis ! Par contre j'ai très envie de découvrir l'œuvre Ingeborg Bachmann

11 commentaires:

Cécile Qd9 a dit…

De Célan je ne connais que la magnifique "Fugue de mort" que l'on peut (re)-lire ici :
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/celan/celanpaul.html
Pas assez pour avoir envie de lire ce livre d'autant plus que je ne suis pas très sensible aux auto)-biographies en général...

Antigone a dit…

Ce n'est pas le premier billet mitigé que je lis sur ce livre, que j'avais tout d'abord sélectionné dans mes intentions de lecture de rentrée. Le voici définitivement rayé !! Dommage, j'avais vraiment beaucoup aimé "Louis et la jeune fille" lu il y a un moment...

Wictoria a dit…

de la philo je ne connais rien d'autre que ce que nous avons connu ce mercredi 16 dernier, ma culture est donc nulle de ce côté là :)

Theoma a dit…

Trop de billets mitigés, je passe.

Leiloona a dit…

Stéphie en a fait un livre voyageur et je me suis inscrite. Je verrai bien si je partage ton avis. :)

Stephie a dit…

J'ai hâte de voir fleurir les avis sur ce livre. Merci pour le lien ;)

Karine:) a dit…

J'étais super tentée au départ, ayant beaucoup aimé Emily Pearl. Mais bon, plus les billets mitigés sortent, moins je suis certaine...

Malice a dit…

@ Cécile Qd9 : Merci pour le lien.
@ Antigone : Je pense que son premier et celui que tu cite sont très intéressants. Le hic selon moi c'est que les références sont nombreuses.
Pas de place pour le lecteur.
Sentiment d'être asphyxié,ce roman aurait été intéressant en plus développer, je pense.
@ Wictoria : Dans ce roman très peu de philosophie tel que l'on l'entend avec un P maj.Ingeborg Bachmann était avant tout poète.
@ Theoma : tu peux passer oui,si tu le sens pas ce roman.Pas d'obligation.
@ Leiloona : Oui, j'aimerai bien connaitre ton opinion !
@ Stephie : Moi aussi je serai curieuse de voir des opinions divers et variés sur ce roman.
Roman qui par ailleurs peut être lu ressenti sur plusieurs angle.
Historique, géographique, culturelle, référence littéraire etc ... de ce point de vu il y a matière. En un mot plusieurs niveau de lecture vu sa densité.
@ Karine :) : La qualité des Vie d'Emily Pearl est dans sa structure assez claire et le lecteur pouvait respirer et faire sa propre opinion. Là, je trouve que cela n'est pas le cas et je trouve bien dommage les références aux deux auteurs ne sont pas connus des francophones mais ce sont tout de même des monstres des lettres de la littérature européene Celan et Bachmann, trop d'admiration de la part de Cécile Ladjali!

Nanne a dit…

Le début avait très prometteur avec des thèmes qui avaient tout pour me plaire, et puis plouf ... Dommage ! J'étais tentée par ce roman biographique, surtout avec Paul Célan. J'attendrai de lire d'autres billets pour me décider définitivement.

Lapinoursinette a dit…

Comme toi, je n'ai pas aimé ce roman qui m'a même paru prétentieux par moments. Et j'ai vraiment détesté Zak, personnage antipathique et sado-masochiste!

maggie a dit…

J'ai envie de découvrir cet auteur, je pense commencer par Emily Pearl...