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jeudi 11 juin 2009

La vie littéraire à Paris dans l'entre-deux guerres : amitiée franco-anglo-saxone

* SHAKESPEARE AND COMPANY
Sylvia Beach - traduit de l'anglais par George Adam
édition du Mercure de France

Sylvia est une américaine francophile, ses parents lui ont transmis l'amour pour la France. C'est lors d'un voyage à Paris avec sa sœur Cyprian en 1917, qu'elle fit la connaissance d'Adrienne Monnier qui aimait l'Amérique. Elle tenait une librairie 7, rue de l'Odéon. Et, très rapidement le courant passe entre ses deux femmes, c'est la naissance d'une grande amitié.
" Je fus la seule Américaine, je crois, à découvrir la rue de l'Odéon à cette époque et à participer à la vie excitante de la librairie d'Adrienne" Sylvia rêve de possédé une librairie aussi. Son rêve sera exaucé.
"Shakespeare and Company "est un livre de souvenir, Sylvia Beach transmet son expérience merveilleuse à diriger cette librairie. Puis, elle évoque ses rencontres intenses,avec Gertrude Stein, James Joyce, Ernest Hemingway, Valéry Larbaud, Scott Fitzgerald. Ses écrivains fréquentes avec un grand bonheur la librairie de Sylvia Beach appelée Shakespeare and Company rue de l'Odéon.
Elle a été l'éditrice d'Ulysse de Joyce, et cette expérience ne fut pas de tout repos, car après avoir connu la pauvreté comme Ulysse connait un succès il aime dépensé son argent et il a des goût de luxe. Valérie Larbaud est le traducteur français et il s'entend à merveille avec Joyce.
Ernest Hemingway est un fervent lecteur et adore l'accueil chaleureux de Sylvia. Une très belle amitié s'installe entre eux.D'ailleurs il écrira un roman en hommage à Sylvia et Adrienne dans" Paris est une fête"
Ses souvenirs sont plein de vie et passionnant et de modestie. J'aime beaucoup toutes les étapes concernant Ulysse. Elle évoque des personnages étonnants qui sont des acteurs cette époque comme Nathalie Barney, Remy de Gourmont. Elle et Adrienne rencontrent Scott Fitzgerald un leurs grands copains . Grâce à lui, Sylvia fait la connaissance de King Vidor un des grands réalisateurs d'Hollywood et rentré dans la librairie le l'immense George Gershwin. Elle fait une grande exposition pour faire connaître au français le grand poète américain Walt Whitman. En 1930, Gertrude Stein et Alice B. Toklas se lancent aussi dans l'édition à leur propre adresse au 27 rue de Fleurus. Un beau témoignage sur cette époque foisonnante durant l'entre deux guerre où Sylvia Beach mêle les grands moments littéraires et les anecdotes personnelles.


*Passage de l'Odéon

( Sylvis Beach, Adrienne Monnier et la vie littéraire à Paris dans l'entre-deux-guerres)
Laure Murat - C'est un essai d'une grande richesse concernant le monde de l'édition et la vie culturelle durant l'entre -deux-guerres et je ne pense pas en avoir fait le tour.

Adrienne Monnier ouvre la Maison des amis des Livres 7 rue de l'Odéon. Elle a vingt-trois ans en 1915 en pleine guerre c'est une idée complètement folle. Tant pis cela lui fait pas peur, elle est passionnée de littérature contemporaine qu'elle veut faire connaître au plus grand nombre, sa librairie est aussi une bibliothèque de prêt. Elle a choisit la rive gauche, le quartier des étudiants pour être accessible à la jeunesse.
Elle est une femme originaire de Savoie. Et, c'est une femme connue pour avoir un bon coup de fourchette.
Elle fait un rapprochement entre la nourriture et la littérature je suis entièrement d'accord. La mauvaise littérature est immangeable alors que la grande est divine. Elle est une femme d'influence dans le milieu littéraire de son temps au près de Gallimard surtout . Sa librairie sera toute sa vie. Adrienne Monnier et Sylvia Beach, tous les deux lesbiennes travaillent l'un en face de l'autre. Sylvia Beach s'installera en 1921.
Durant l'entre-deux guerres, Sylvia Beach et Adrienne Monnier, deux femmes l'une américaine et l'autre française feront énormément pour Joyce et son célèbre Ulysse.
C'est un évènement exceptionnel. L'Adrienne s'occupera de la traduction française sept ans après sa sortie.
Durant la période entre 1911 et 1931, elles deviennent des symboles pour les amis du livre
Deux maisons d'édition jouent un grand rôle : le Mercure de France et la NRF. Grâce à Adrienne Monnier et Sylvia Beach , Gallimard possède Joyce et Hemingway.
Deux absents de tailles durant cette époque, deux géants ignorés, méprisés Proust et Céline. Mais pour ma part, je pense que cela n'est pas étonnant Proust était un mondain de la rive droite et Céline fut totalement méprisé à cause de ses idées politiques. Laure Murat nous dit concernant Adrienne Monnier "Elle chérissait Romains et Fargue (entre parenthèse deux écrivains qui sont méconnus à l'heure actuelle, injustement d'ailleurs peut-être) détestait les surréalistes (Ah ! bon, il représentait tout de même la modernité il me semble à l'époque), ignorait superbement Proust et Céline, dont la prose la laissait froide. (étonnant car avec le temps ces deux auteurs sont passés à la prospérité)". Le mérite d' Adrienne est la franchise, elle est une passeuse, elle a su tenir ce rôle avec diplomatie. Ces deux dames, Adrienne et Sylvia était de véritable dénicheuse de talent.
C'est un essai sur la vie littéraire de l'entre deux-guerres intéressant et dense. Il s'adresse avant tout pour les amoureux de l'histoire littéraire. La vie littéraire à cette époque était d'une très grande richesse. Puis de voir aussi que certains auteurs de cette époque sont méconnus de nos jours l'œuvre de Ruysbroeck , Chennevière . Comme quoi quand on parle littérature le Temps est important, c'est lui qui à raison et qui fait le tri ! Cela reste un essai qui donne envie de revisiter nos classiques.

5 commentaires:

Hambreellie a dit…

Oui, ça c'est un livre intéressant !!! merci pour ce titre :) !!!

autourdupuits a dit…

C'est très amusant car il se trouve qu'hier j'étais au 12 rue de l'Odéon qui est maintenant une boutique de vêtements.Les propriétaires ont créé une association L'Odéonie et ont organisé en octobre Lire En Fête dans leur boutique,leur prochain projet est pour juin 2010 fermer la rue de l'odéon installer tables et chaises et servir le repas qui avait été servi pour la sortie de Ulysse.
Voici leur blog http://moicani.over-blog.com/

Malice a dit…

@ Hambreellie : Il s'agit de deux livres ! Un de Sylvia Beach : un livre de souvenir et l'autre est un essai de Laure Murat
@ autourdupuits : Merci pour cette nouvelle bien sympathique et fortement intéressante ;-)

Nanne a dit…

Merci Alice pour ce livre qui est essentiel pour la compréhension de cette période et du milieu artistique et intellectuel à Paris ...

Wictoria a dit…

de + en + envie de me remettre à l'Ulysse ;)