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samedi 23 mai 2009

FADÉLA HEBBADJ : L'ARBRE D'ÉBÈNE

Un premier roman africain (tout le laisse à croire la couverture, la couverture, le nom de l'auteur accompagné d'une magnifique couverture) francophone si l'on préfère. Voilà le livre lumineux de la sélection, il a été un coup de cœur pour Laurence pour moi, non je n'irai pas jusque là , mais une belle découverte accompagnée d'une belle plume.
" J'avais besoin de personne, l'arbre d'ébène me tenait compagnie. "
Nasser un enfant de dix ans malien, c'est lui le narrateur (la voix de l'enfant ne m'a pas gêné du tout) débarque en France avec sa Maman (Mama). À Paris, Mama sera très malade, la peur au ventre, ils sont sans papier, la débrouille pour survivre. Mais le rêve d'un monde meilleurs et là et c'est beau malgré une grande naïveté :

"- Quand je serai grand, je te construirai une maison au bord de la mer ... Et nous aurons une voiture, la plus belle de toute la ville, de tout Paris, de toute la France . Et tes yeux, Mama, brilleront même dans la nuit. "

Et de ce faite, j'ai trouvé ce livre attachant comme souvent les bons livres africains, j'ai trouvé des rapprochements avec la littérature africaine à ma lecture, je ne sais pas si l'auteur à des origines africaine ou alors si elle connait très bien la littérature africaine, mais c'est une vision très personnelle. Il en est de même qu'au cour de ma lecture, j'ai ressenti quelques maladresses, très peu, parce que quelques jours après ma lecture, elles se sont estompées laisser la place à un récit très attachant.Une des grandes qualités du texte vient du merveilleux, la naïveté du peuple africain qui contraste avec la violence du quotidien accompagné de sa noirceur. Le soleil d'Afrique s'oppose à la grisaille de la France et plus particulièrement de Paris.L'hospitalité Africaine s'oppose à la froideur de la France.
Ce livre fait parti des livres qui nous ouvre les yeux sur le monde qui nous entoure sur l'autre. D'ailleurs, j'ai aimé l'évocation des livres dans ce roman la transmission des livres qui ouvrent les yeux sur le monde, un regard sur la vie, des livres qui font grandir." Mes mots sentaient l'odeur d'une vie qui n'existait pas , et c'est bien normal, parce qu'une vie qui n'existe pas , ça ne veut rien dire. Pour écrire de vrais mots, il faut trouver un lieu où les accueillir et un peu de repos pour les mettre en ordre. "Les visages sont des livres souvent fermés. Ils s'ouvrent, parfois, sur une page qui nous fait rêver ou qui nous fait pleurer." 

J'aime beaucoup le personnage de la Mama, c'est un splendide portrait de femme que l'on retrouve souvent dans la littérature africaine justement . Les femmes sont grandies magnifiée, face à la bassesse de l'homme. J'aime aussi les valeurs qu'elle veut transmettre à son fils qui son essentiel concernant le don de vie et de la mort. Un livre qui donne, qui me donne envie de relire le délicieux "La vie devant soi" .

Un passage qui a retenu mon attention p96/97 car il est très fort, voir violent, tellement juste celui d'une femme (touriste) qui voulait prendre à tout pris Mama en photo dans le désert. Mama ne voulait absolument pas que l'on lui vole son âme, elle a refusé malgré l'insistance de la femme. " Elle m'avait prise sans mon accord, me voilant ma présence dans le désert. Je n'ai pas bougé jusqu'à leur départ. C'était si simple pour elle de prendre ce qui ne lui appartenait pas." Voilà, le manque de respect de l'étranger, du touriste assez flagrant malheureusement.


2 commentaires:

Antigone a dit…

Je rejoins ton avis sur beaucoup de points... J'ai tiqué sur quelques petits détails aussi, je ne sais pas si ce sont les mêmes (?!), des petits trucs que je ne retrouve pas aujourd'hui mais qui m'ont paru invraisemblables sur le moment, à la lecture. Au final, pourtant, j'ai l'impression d'avoir lu un livre lumineux et fort, un livre qui peut changer le regard...

Karine:) a dit…

J'aime beaucoup la couverture, en tout cas! Je l'avais d'ailleurs repérée il y a un moment (je sais, c'est un commentaire d'un intérêt fou!!)