Pages

mardi 17 juin 2008

JULIAN BARNES : LE PERROQUET DE FLAUBERT


Traduit par Jean Guiloineau
1986, prix Médicis étranger

Après la contre enquête d'Emma Bovary je ne quitte pas l'univers Flaubert avec ce livre de Julian Barnes. C'est ce livre qui a fait connaître cet auteur en France, je me rappel de sa sortie et je crois même si mes souvenirs son bon d'un passage à Apostrophe ou Bouillon Culture avec Julian Barnes comme invité.
Julian Barnes est le plus francophile des auteurs anglais (nombreux sont les expressions, les mots en français).
Ce livre est un peu, beaucoup un ovni car ce n'est pas vraiment un roman, je dirai que c'est un essai, biographie romancé autour de Flaubert, auteur que Julian Barnes admire. Un livre qu'il est difficile à résumer, c'est une biographie qui se répète exactement de la manière des perroquets qui répètent tout le temps la même chose, les mêmes mots. D'ailleurs sur la

quatrième de couverture , on peut lire : " Le perroquet de Flaubert est un roman éblouissant - mais est ce vraiment un roman ? - Il est question d'ours et de chemins de fer, de l'Angleterre et de la France, de Louise Colet, et aussi de Julie Herbert, l'amour secret de Flaubert" Geoffrey Braithwaite a été médecin comme le père de Flaubert, est un spécialiste de Flaubert, d'ailleurs ce livre de Julian Barnes est aussi une biographie un hommage à Geoffrey Braithwaite. Lors d'un séjour à Rouen, Geoffrey Braithwaite visite le musée Flaubert à l'Hôtel-Dieu de Rouen, il voit dans un recoin sur une étagère le perroquet qui a servi de modèle à Loulou dans Un cœur simple."Loulou était en excellente état, les plumes aussi frisées et l'œil aussi irritant qu'ils avaient dû l'être cent ans plus tôt ." Il va à Croisset, il voit un second perroquet empaillé, lequel est le vrais qui a servit à Gustave Flaubert pour Un cœur simple.
Caroline sa sœur morte en 1846 en même temps que son père . L'institutrice de Caroline la nièce de Flaubert est Juliet Herbert qui a été une des maîtresses de Flaubert.

Julian Barnes nous parle aussi de Madame Bovary , de façon plus subtil que Philippe Doumec.
Il évoque un passage qui avait retenu mon attention quand j'ai étudié Madame Bovary en classe de première. Il m'avait frappé, saisie, par la suggestion de la sensualité qui se dégagent.
" Les deux choses les plus mémorables sont la promenade adultère d'Emma dans le fiacre aux stores baissés (un passage que les bien-pensants trouvèrent particulièrement scandaleux)".Puis un passage rigolo concernant les yeux d'Emma Bovary.
Amitié avec Maxime Du Camp (photographe voyageur ) ils vont faire ensemble un long voyage en Orient (Égypte, Palestine, Asie Mineur, Constantinople et Athènes) . Une grande complicité entre Caroline sa nièce et Gustave. Caroline a beaucoup d'admiration pour son oncle surtout quand il revient d'Egypte.



La maison de Croisset - une propriété du XVIIIe siècle, longue et blanche sur la berge de la Seine - était parfaite pour Flaubert." Maison située près de Rouen. On apprend qu'il aimait pas les chemins de fer . Ils tenaient un rôle en ce qui concernent sa relation avec Louise Colet. Car elle vivait à Paris et lui au Croisset. Il ne voulait pas que Louise le rejoigne donc ils se voyaient à mis chemin à Mantes. Mais la malicieuse Louise l'a épié "J'ai pris le train (au-delà de Mantes, cette fois) pour Rouen. J'ai loué une barque jusqu'au Croisset ; dans mon âme l'espoir luttait contre la peur tandis que le vieux rameur luttait contre le courant. Nous avons vu une maison basse et blanche dans le style anglais, tout à fait charmante ; une maison riante. Je suis descendue à terre ; j'ai poussé la grille de fer ; on ne m'a pas laisser aller plus loin. Gustave m'a refusé l' entrée."
Elle nous brosse un portrait de son Flaubert qui est assez intéressant. Elle avait trente-cinq ans et Gustave Flaubert vingt-quatre ans.
Contrairement au livre de Philppe Doumenc, il y a une écriture remplit d'humour et de fantaisie. Un bel hommage à Gustave Flaubert. Beaucoup d'humour british c'est aussi, le regard de Barnes sur la littérature.

J'ai aimé cette lecture riche sur Flaubert qui donne envie de lire en ce qui me concerne sa correspondance, tout simplement de relire Flaubert et lire Julian Barnes dont j'aime le style.
De cet auteur j'ai lu Love etc ... j'ai beaucoup aimé, il y a un moment déjà donc je me souvient pas de ce livre dans ses détails. Mais ce qui m'a plu c'est le rythme et la narration que j'ai trouvé à l'époque originale et sortait de ce que l'on peut lire habituellement un ton nouveau pour moi.
Aller faire un tour sur le Pont des Arts dans la ville de Flaubert (Rouen) et en compagnie d'Emma Bovary

4 commentaires:

sylire a dit…

C'est une lecture qui me tente bien. Je n'ai jamais lu cet auteur mais je me souviens aussi l'avoir vu sur les plateaux télé.

rennette a dit…

J'ai en effet trouvé l'écriture de Barnes très belle et d'un vocabulaire riche.. presqu'une écriture un peu "démodée", par rapport au style actuel, plus rapide et plus "court", ce qui n'est en aucun cas un reproche, bien au contraire...
donc celui ci est noté sur ma liste !! merci

Lou a dit…

Aborder Flaubert avec le soutien psychologique d'un auteur anglo-saxon : je dis oui tout de suite ! Ton billet très complet est d'ailleurs très très tentant !
Il faut donc que je lise "England England" pour te le passer, au fait !

claudialucia ma librairie a dit…

Cette biographie a l'air passionnante. Par contre je n'ai pas été accrochée par la contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary.