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mardi 22 avril 2008

ANTONIO UNGAR : Les oreilles du loup

Traduit de l'espagnol par Robert Amutio - Colombie

Une lecture de ce livre avant la rencontre à la Maison de l'Amérique Latine, organisée par la maison d'édition Les Allusifs, le 17 avril le jour de la sortie du livre. Une rencontre très enrichissante et intéressante. L'écrivain colombien Santiago Gamboa ( le syndrome d'Ulysse rentrée 2007 - éd. Métaillé) a fait un très belle présentation du livre et de l'auteur. Présentation du livre par Anne Proenza une journaliste du Courrier international.
L'auteur très jeune né en 1974 à Bogota. Ses grand-parents juifs sont d'origine des pays de l'est (tchèque/hongrois) parlant allemand , ils ont immigré en Colombie. Ils étaient propriétaire d’une des principales librairies de Bogota qui appartient encore aujourd’hui à sa famille. Quand, Antonio allait rendre visite à ses grands parent il aimait se réfugier dans la librairie pour lire en partie des comics.
Il a été marqué par la lecture de Kafka " la métamorphose" et il s'intéresse à un auteur qui porte le même nom que lui Hermann Ungar un écrivain tchèque de langue allemande né en 1893 qui mourut à 36 ans et dont l’œuvre (romans, nouvelles, théâtre) sera publiée entre 1920 et 1929. Antonio Ungar vit actuellement en Palestine.
C'est le deuxième roman d'Antonio Ungar, le premier "Zanahoris voladoras"(les carottes volantes) 2004 n'a pas été traduit en français. Dans les oreilles du loup il a repris le personnage de l'enfance de son premier roman "les carottes volantes". Antonio Ungar a été très marqué par son enfance tragique et douloureuse. Ce livre très poétique car il y a de la beauté dans la tristesse est en parti autobiographie, à caractère intimiste, c'est un long monologue. Pas ou presque de dialogues, des phrases courtes, un style impressionniste par petites touches, les souvenirs sont flous : le rêve ou nets la réalité, elles concernent le quotidien. Le petit garçon ainsi que sa sœur et ses parents n'ont pas de prénoms. ce petit livre qui n'est pas vraiment un roman, mais un témoignage sur l'enfance.

Chaque chapitres de ce livre est une nouvelle ou un conte (l'auteur a lui même écrit deux recueils de contes), avec un lien entres elles.
La couverture du livre illustre bien l'histoire et son climat. Le petit garçon, les cheveux roux la culotte courte. L'image du tigre revient souvent.
" En moi-même, dans mon corps de de grand tigre, dans mon silence, dans la ville qui existe malgré moi très loin et vaste dans la savane." Le narrateur nous décrit la vision de ses parents (la famille) comment l'enfant les perçoit. Les parents sont séparés. Cette histoire personnelle propre à Antonio Ungar pourrait se passer n'importe où , c'est une histoire assez universelle la séparation des parents et la tristesse que cela entraine. Il existe des jours sombres et des jours clairs, c'est la structure du livre en deux parties. Ce roman repose sur la grammaire de la souffrance comme la soulignée à plusieurs reprise Santiago Gamoa lors de la présentation du livre. Le petit garçon va passé des jours sombres avec sa maman et sa sœur(qui a une tête de chat) dans la savane, l'errance. Le papa fantôme car absent est un personnage étrange, fou, et flou a t-il disparu peut-être le lecteur est libre de faire sa propre interprétation . Le petit garçon n'aime pas l'école, il préfère la campagne, Antonio Ungar a grandit à la campagne, il aime se réfugier dans les arbres. Il est d'un tempérament plutôt violent, sauvage comme un tigre "Je réussis à serrer entre mes bras la branche, je pose ma tête sur l'écorce et je ne suis plus un tigre, un grand et lourd tigre qui regarde le monde. Je suis un autre tigre, différent. Un tigre de papier. Il a une grande complicité avec sa sœur, ils sont "des petits chiens tristes et battus".
Le frère et la sœur leur maman s'en vont habiter avec leur grand-mère. La cohabitation n'est pas facile. Tous les trois, ils sont très soudés et unis. "Elle nous serre de toutes ses forces et nous restons comme ça , de nombreuses minutes, enlacé tous les trois, en silence, comme un rocher qui est en train de prendre feu à l'intérieur, comme un rocher chauffé à blanc qui tient bon contre les tempêtes du monde, un rocher sur le point de produire quelque chose de magique ou seulement sur le point de s'éteindre." La deuxième partie les jours clairs s'ouvrent sur un voyage tous les trois aux Llanos Orientales. Le garçon fait la connaissance de sa cousine Aldana, une jeune femme remplit de sensualité. Arrive l'homme gros dans sa voiture verte, il apporte le bonheur, un rayon de soleil dans la vie des enfants. L'enfant est épris de liberté " la liberté, qui m'étouffe de surprise, de joie, dépasse mon corps qui ne mesure pas plus d'un mètre mais sait déjà ce qu'est être un tigre et un tigre de papier et un pauvre petit chien , mon corps lui aussi demande à être un grand oiseau sur ces montagnes, un faucon ou un condor ou au moins un vautour noir qui tournoie au-dessus de ma tête, un vautour qu'accompagnent d'autres vautours." Le dernier chapitre donne le titre au livre les oreilles du loup." Mon masque est celui d'un grand loup, avec ses moustaches et se grandes oreilles. Je suis ça. Un tigre déguisé en loup."
Avec ce livre autour de l'enfance, je fais un rapprochement avec un livres d'un très grand auteur de littérature jeunesse qui est Grégoire Solotareff : masque.
Ce livre parle de l'identité,
de la quête de soi, car il me semble qu'il est question de cela dans le livre d'Antonio Ungar, se construire, grandir, se forger une identité. "Et je me rends compte que je suis plus un tigre. Ni un loup. Que je suis moi. Un enfant." LE MASQUE (édition école des Loisirs) est l'album qui se rapprocherait du roman d'Antonio Ungar. Amitié entre un frère et une sœur. Un loup très méchant et féroce habitait sur une colline, il aimait manger les enfants : un garçon Ulysse et une fille Lila. Mais ces deux enfants étaient avalés tout cru et ils purent sortirent du vendre du loup. Ulysse se fit un masque avec les oreilles du loup. Lila un manteau avec la peau du loup. Tous les deux ils jouent à faire peur, ils jouent au loup.
Lu par Lily aussi.

2 commentaires:

InColdBlog a dit…

Ah, si j'avais su que tu étais dans les rangs, toi aussi ;o)

lily a dit…

Comme je regrette de ne pas avoir pu être présente !!
Ah oui c'est un magnifique livre, j'espère qu'ils vont publier en français "Les carottes volantes" !!