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dimanche 2 mars 2008

IRÈNE NÉMIROVSKY - Les Mouches d'automne

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Suite française , bal

Après avoir lu ces deux très beaux romans . Durant l'été dernier j'ai écouté sur France culture un excellent portrait d'Irène Némirovsky par Anne Wiasemsky et ce fut magnifique.
Ce très beau court roman ou plutôt une longue nouvelle car on entre tout de suite dans l'histoire avec une chute glaciale qui donne un écho autre sur le livre que nous sommes entrain de lire.
Il est question de la fin d'un monde d'une époque.
Pour moi ce livre est un véritable chef-d'œuvre sublime. Un auteur a lire et à découvrir absolument pour son écriture et sa force.
En 1916, la révolution d'octobre en Russie , est là et les Karine vont être obligé de partir en direction d'Odossa. Tatiana Ivanovna, le personnage central la nounou, fidèle et par respect à ses maîtres est restée sur le domaine des Karine. Mais Youri, un des fils des Karine est tué d'une balle tirée par un de ses camarades d'enfance. L'exode pour Odessa elle rejoint les Karine avec les diamants et l'argenterie de la famille.
"La ville brûlait ; la neige tombait doucement, recouvrant les poutres calcinées des maisons détruites, les cadavres des hommes et ceux des chevaux dépecés. À d'autre moments, la ville changeait ; des provisions de viandes, de fruits, de caviar arrivaient ... Dieu seul savait comment ... La canonnade cessait, et la vie reprenait, précaire et enivrante." C'est tout ou rien la pauvreté la richesse l'excès dans les sentiments ou bien là dans la nourriture c'est très Russe : c'est ce que l'on nomme me semble t-il l'âme slave.
Et ensuite Paris, la fin de l'exil , elle continuera à les servir mais elle se fera vieille et cela sera la fin.
"l'appartement était petit, sombre, étouffant ; il sentait une odeur de poussière, de vieilles étoffes ; les plafonds bas semblaient peser sur les têtes ; des fenêtre on apercevait la cour, étroite et profonde, aux murs blanchis à la chaux, qui réverbéraient cruellement le soleil de juillet." " Ils allaient, venaient , d'un mur à l'autre, silencieusement, comme les mouches d'automne, quand la chaleur, la lumière et l'été ont passé, volent péniblement , lasses et irritées, aux vitres traînant leurs ailes mortes."
Dans ce petit roman Irène Némirovsky fait revivre dans le personnage de la nounou "Tatiana Ivanovna" sa chère nounou Zézelle française qui lui a fait découvrir son Paris . C'est elle qui lui a apprit la Marseillaise les contes, les dictons en un mot l'amour pour la langue française.
Référence à Tchekov mais cela n'est pas étonnant, elle a écrit une biographie : Tchekhov une vie .
J'aime beaucoup Tchekov et j'ai retrouvé l'ambiance russe de Nina Berberova. Un pur délice a lire et l'écriture est terriblement poignante. L'avis de Cuné ici .
Voir le très beau site sur Irène Némirovsky

4 commentaires:

Karine a dit…

J'aime beaucoup lire au sujet de cette période de l'histoire Russe... Je note donc tout de suite!

Florinette a dit…

J'ai beaucoup aimé ce petit livre et je pense qu'un jour, rien que pour le plaisir, j'en ferai un article !! :-)

Malice a dit…

@ Ah! oui note Karine c'est un petit chef d'œuvre c'est magnifique !!
@ Florinette cela ne m'étonne pas c'est une histoire tellement bouleversante !

Joelle a dit…

Voilà un titre de cette auteure que je n'avais pas encore noté ! Et pourtant, j'adore ce qu'elle fait !