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jeudi 13 décembre 2007

FABIENNE VERDIER : Passagère du Silence

© Magnifique litho de Fabienne Verdier

Ce livre est magnifique, c'est un récit de vie et d'aventures que Fabienne verdier nous raconte ainsi que de son apprentissage de la calligraphie en Chine.

Fabienne Verdier a réussit à obtenir une bourse pour aller à Chongqing dans les années 80. Dans cette Chine communiste, elle vivra dans une université régie par le Parti de façon spartiate. Elle apprendra la langue, la promiscuité, la saleté, le système du Partie archaïque de l'administration, elle sera pas épargnée par la maladie non plus. Elle désire apprendre la calligraphie chinoise dévasté par la Révolution culturelle du temps de Mao Tsé Toung. Elle rencontrera les grands maîtres, oubliés, méprisés. Le maître Huang Yan va énormément compté dans son apprentissage de la calligraphie. Il est en révolte car "Même mes propres enfants ne sont pas fichus de comprendre mon travail ! Mon fils étudie ici, mais il préfère aller vendre des jeans sur le marché pour partir aux États-Unis . Ma femme passe ses nuits à jouer au ma-jong pour gagner trois sous en essayant d'oublier notre modeste existence. Moi, je parle avec mon oiseau. Ce que vous proposez est impossible. Vous savez, rares sont les femmes qui ont été calligraphes; et, en plus, vous êtes étrangère". Ces grands maîtres vont l'initié aux secrets et aux codes de la culture ancienne et de la splendeur de la Chine oubliée. Avec beaucoup de patience elle apprendra la maîtrise du pinceau et à fabriquer l'encre de chine. Elle sera sous le charme de ce pays qui va l'apprivoiser. Elle est remplie d'admiration pour la Chine ancienne et traditionnelle.

Puis, dans la dernière partie de ce livre elle nous parle de son expérience comme attachée d'ambassade de France à Pékin. Elle accepte ce poste pour gagner sa vie surtout mais pour venir en aide à des artistes qu'elle a vu dans la misère. Un livre magnifique, style est poétique. Nous, lecteur nous parcourons un très beau voyage.
Un passage que j'aime beaucoup, voilà ce que lui dit maître Huang Yan à propos de la création : "Méfie-toi des connaissances tuent la création ; on ne sait plus où donner de la tête ; on est assommé par leur diversité. Quand tu prépares un plat, tu n'utilise que les ingrédients nécessaires ; tu n'iras pas acheter des oignons si tu n'en as que faire. Même chose en art : ne t'intéresse qu'aux connaissances dont tu as besoin pour faire ton omelette. Laisse aux universitaires cette course éperdue vers les connaissances qu'ils ne savent même plus digérer , encore moins régurgiter. Apprends les techniques mais dépasse-les. Il faut que tes traits sur le papier soient empreints de vie, naissent d'eux même, surtout sans labeur ni relents livresques."
Ce passage sur la création et la cuisine ma rappeler : La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier (le passage quand Griet rencontre pour la première fois Vermeer dans la cuisine. Griet est entrain de préparer la soupe, elle coupe les légumes).
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