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mardi 29 novembre 2011

JUDY BLUME : SUPERSHEILA

Traduit par Viviane de Dion

Encore un livre de Judy Blume, je m'en lasse pas encore un livre très bien vu sur l'enfance.
" Parfois j'ai vraiment l'impression d'être deux personnes. Je suis la seule qui connais Sheila Trubman. Tous les autres connaissent seulement SuperSheila."
L'enfant qui grandit, Sheila a dix ans. Elle a une sœur plus grande de treize ans Libby. Sheila n'est pas une enfant facile, assez odieuse parfois que l'on a envie de la secouer. Mais à côté de cela elle est intelligente, attachante. Elle est comme tous les enfants de son âge mal dans sa peau, elle se cherche elle a peur des chiens, des araignées, du noir, des fantômes etc ...  C'est les grande vacances, période idéal par exemple pour apprendre à nager, exploiter ses talents d'apprentis journaliste, en un mot faire le point pour permettre de grandir. Dans le cadre du centre aéré pendant les vacances, les enfants vont présenter Peter Pan. Libby rêve d'être Wendy  mais elle sera retenue pour jouer le capitaine Crochet et cela la met dans tous ses états. " Elle veut avoir le rôle de Wendy dans le spectacle de Peter  Pan organisé par le centre aéré."

samedi 26 novembre 2011

CLAUDE BOUJON : AUTEUR/ILLUSTRATEUR

UN INCONTOURNABLE de la LITTÉRATURE JEUNESSE

Verdurette et compagnie
un recueil de neuf contes en images édition école des Loisirs

Un incontournable de la littérature jeunesse et très étudié aussi bien en maternelle que en élémentaire (cycle 2).

Claude Boujon est mort brutalement le 13 septembre 1995 à 65 ans. Depuis 1972, son atelier était à Issy-les-Moulineaux, et dans cette ville une maternelle se nomme Claude Boujon ainsi qu'une crèche, qui se trouve en face de chez moi d'ailleurs. Bon appétit ! Monsieur Lapin : C'est sympa remplit d'humour. Une autre histoire de lapin : On a volé Jeannot Lapin. Un conte de Boujon terrifiant, la maman qui recherche son petit. Histoire ne manque pas d'humour !!!!!
Le crapaud perché : l'histoire d'une sorcière et d'un crapaud malicieux.
La brouille : l'histoire de deux lapins un gris et un autre marron. Ils sont pas amis du tout se bagarre sans cesse pour un rien puis passe un renard par là ...

La chaise bleue : l'histoire d' Escarbille et Chaboudo, ils découvrent une chaise bleue dans le désert ... ça alors ! Et, ils s'amusent comme des fous, ils ont besoin de peu pour s'amuser.
Bon appétit Monsieur Renard, un renard, une grenouille, deux livres espiègle d'une brouille
Un renard qui cherche a manger. Ce renard rencontre le corbeau de la fable de Lafontaine.
Une histoire qui fait écho à Bon appétit ! Monsieur Lapin, notre renard va essayer de manger un hippopotame, une baleine, un éléphant ... Il va voir du côté des poulaillers, un lion. La chute est extra.
L'intrus (le moins connu me semble t-il ?) : une famille de rat : les Ratinos se trouve nez à nez devant un éléphant. Très chouette l'amitié entre une famille de rat et un éléphant ! et le serpent qui arrive pour brouiller les pistes.
On a volé Jeannot Lapin Un renard vole un lapin, la maman de Jeannot est catastrophée, elle le cherche partout. Elle interroge, la souris, l'écureuil, le canard. Pendant que maman lapin cherche partout son petit garçon. Le renard explique à son fils pourquoi un renard aime le lapin. Le renard doit attraper le lapin, mais le renard n'arrive pas donc un jeu de cache cache va se réaliser entre les deux. Pour finir, le renard et le lapin deviennent ami et le papa renard n'en revient pas comment cela est possible ! Une histoire tendre et d'amitié !
Un bon petit ogre : C'est l'histoire d'un petit garçon qui n'arrête pas de manger. Un enfant qui a un gros appétit qui veut tout mangé, tout dévoré, tout ce qui était à sa porté. Sa mère lui fait peur et elle lui d'arrêter, qui l'aurait des ennuis. 
Un petit livre plein de bon sens ! 

Les illustrations de Claude Boujon sont simples, colorées, très agréable à l'œil.

HELLA S.HAASSE : Un long week-end dans les Ardennes

Traduit par : Annie Kroon

La grande pianiste Edith Waldschade aime les loups (comme ne pas penser à la pianiste française Hélène Grimaud) et elle en élève trois dans sa propriété des Ardennes belges, en dépit des légendes effrayantes que lui racontait son père quand elle était enfant. Erik Waldschade est un éminent spécialiste hollandais des rites et de la culture germanique. Elle habite le domaine de Breidablick, un vaste parc. son père l’avait acheté à la fin de la guerre car il se situait selon lui à la frontière des mondes germanique, celte et latin. Yon Altmann, un violoniste israélien, un ancien amoureux à qui elle écrit et lui explique l'odieuse situation qu'elle vit sa sœur Gerda et son beau-frère Egon Blanck, et leur fille Sif. Ils sont férus de folklore néo-nazi, malsain, ils ont pris l'initiative d'y organiser, en son absence, une fête autour de l'identité  qui a mal tourné. " A la demande de Matthias, elle (Stif) avait donné d'autres détails sur la fête des Originiens. Elle avait disait-elle , de ses yeux vu comme une bande d'individus, portant des masques d'animaux , avait surgi du bois, et, se ruant sur un groupe qui dansait tranquillement en rond, avait semé la panique par ses vociférations et ses bonds sauvages." Des fuites, dans la presse, font état de pratiques barbares et évoquent une résurgence du nazisme...
Un certain Erwin Waldschade  se fait passer pour être le demi-frère d'Edith arrive par hasard et s'infiltre dans la vie d'Edith, un personnage pour le moins étrange. Que veut-il ?
Matthias Crone, un jeune homme de vingt-trois ans qui s'intéresse de près aux loups. C'est par hasard en se documentant sur les loups et les coutumes populaires du Moyen Age qu'il tomba sur le nom du père d'Edith : Erik Waldschade. Avec son ami Rollo Bleys, une vieille connaissance à Matthias, et un soir en allant boire un verre il tombe sur Sif. Donc Rollo et Matthias partent en moto pour un long week-end dans les Ardennes.
Mon avis concernant ce roman intéressant et passionnant, intrigant, dérangeant, loin d'être inintéressant.
Les personnages ne sont pas attachant assez froid, l'ambiance du roman est tendue et sombre, assez étouffante. J'avais lu de Hella S.Haasse, "Le Seigneur des thés", un livre très différent de celui ci Un long week-end dans les Ardennes. C'est un roman étrange tant par son sujet que par sa forme, un roman qui ne laisse pas indifférent, qui interpelle.
Il y a peu Cécile a lu ce roman d'Hella S.Haasse aussi elle fait un rapprochement avec le film Festen (je n'ai pas vu ce film) voir même avec celui d'Agatha Christie. Concernant le rapprochement avec Agatha Christie cela n'est pas faux et assez juste en effet, voir bien vu ! Et sa perception du roman est assez juste d'ailleurs aussi pourquoi pas. Voir aussi le billet de Claudialucia

jeudi 24 novembre 2011

ANTHONY BROWNE : Une histoire à quatre voix

Traduit par Elisabeth Duval

La première fois que j'ai eu entre les mains cet album, je ne pourrai dire pourquoi je n'ai pas trop accroché.
Et je me suis dit que cela serait bien de le reprendre, c'est une chose faite.
C'est l'histoire de madame Smythe et de son fils Charles, ils sortent leur chien Victoria dans un parc. Au même instant, Monsieur Smith et sa fille Réglisse vont aussi au parc avec leur chien Albert. Les deux chiens jouent ensembles ainsi que le garçon Charles et la fille Réglisse. Puis, il est temps de rentrer. C'est une histoire assez simple qui est raconté à quatre voix comme l'indique le titre, quatre points de vue différents. Une voix appartient à une saison c'est à dire 4. Aussi pour chaque point de vue, Anthony Browne choisit une typographie  différente, un ton différent aussi pour chaque voix.

Un excellent album jeunesse, un classique !

mercredi 23 novembre 2011

JUDY BLUME : Dieu, tu es là ? C'est moi Margaret


Traduit par Michèle Poslaniec

Margaret quitte New-York où vit sa grand-mère pour s'installer dans le New Jersey. Là, elle va se faire de nouvelles amies et découvrir une nouvelle école.  Et puis, Margaret s'adresse très souvent à Dieu  pour un oui ou pour un non et là pour avoir les seins plus gros : 
 " Je viens de dire à ma mère sque je voulais un soutien-gorge. S'il te plaît, aide-moi à grossir mon Dieu. Tu sais d'où. Oh, s'il te plaît, mon Dieu, je veux être normale ..."
Son père est juif et sa mère est  chrétienne et comme ses parents ont décidé de la laisser choisir sa religion, si elle doit en choisir une, Margaret se sent perdue. Entre les garçons, les seins, l'instituteur et sa grand-mère, Margaret a bien des soucis, ceux de son âge, l'adolescence et ses questionnements. 
Voici encore un excellent roman pour adolescent de Judy Blume. Je trouve qu'elle sait parler de l'adolescence avec une telle justesse que cela est totalement époustouflant. En la lisant je retrouve tous les questionnements et les angoisses que je ressentais à cet âge qui sont les premières menstruations, la transpiration, le désir. Puis au centre du roman il y a la question de la religion et ce dernier point je le trouve particulièrement osé ! Un livre que je recommande chaudement que ce soit à l'attention des adolescentes que des parents. 


mardi 22 novembre 2011

GUY de MAUPASSANT : La Parure

James Tissot : Le Bal
C'est une courte nouvelle, assez simple mais qui marque le lecteur pendant longtemps.
Une nouvelle remarquablement écrite d'une grande rigueur, bien construite, la fin est tellement incroyable aussi qu'elle ne s'oublie pas contrairement à beaucoup de nouvelles que l'on peut lire. 
La Parure c'est l'histoire d'une femme de condition modeste, elle rêve de luxe et des intérieurs bourgeois. Son mari ravi,  rentre chez lui avec une invitation " Le Ministre de l'Instruction publique et Madame Georges Ramponneau prient Monsieur et Madame Loisel de leur faire l'honneur e venir passer la soirée à l'Hôtel du Ministère, le lundi 18 janvier." Il croit faire plaisir à sa femme Mathilde. Mais, sa femme se sent embarrassée car elle n'a rien à se mettre. Puis, en réfléchissant elle trouve que c'est une bonne idée et son mari l'aide pour l'achat de la toilette. Mais il se trouve qu'elle n'a pas de bijou qui met en valeur sa toilette. Heureusement en se rendant chez  son amie Madame Forestier, cette dernière trouve une solution en lui prêtant une parure. Lors de la soirée, Madame Loisel fait sensation et tout le monde l'admire.   " Elle dansait avec ivresse, avec emportement, grisée par le plaisir, ne pensant plus à rien, dans le triomphe de sa beauté, dans la gloire de son succès, dans une sorte de nuage de bonheur fait de tous ces hommages, de toutes ces admirations, de tous ces désirs éveillés, de cette victoire si complète et si douce au cœur des femmes."La scène décrite par Maupassant fait penser à un rêve. La soirée finit, Monsieur et Madame Loisel rentrent à pied chez eux, c'est la dure réalité. Et, là elle se rend compte qu'elle n'a pas plus sa parure. Mon dieu, c'est épouvantable ! C'est la panique !



lundi 21 novembre 2011

Mario RAMOS : Novembre au printemps

Le texte est de Rascal et les illustrations signés de Mario Ramos

Beaucoup de tendresse dans cet album jeunesse délicieux !
Déjà dans le titre car il ne s'agit pas du mois de novembre, mais du petit ours qui se nomme Novembre. Il en peut plus de cet hivers il n'a qu'une envie que le printemps pointe son nez ! Alors, il sort dans la forêt, il fait du bruit en faisant du bruit  sur son pot de miel. Pour faire réveiller la forêt, il rencontre Barabbas, l'oiseau, il le rejoint et se retrouve sur une branche d'arbre (voir la couverture).
Il décide de découvrir l'arbre, il se découvre à l'intérieur de l'arbre entrain de manger en se délectant de miel." J'aimerais que les beaux jours reviennent, Madame la Mémoire !"" La neige commence à fondre ... Il te reste un seul vœu, Novembre !" Puis, il pointe son nez dehors, il s'aperçoit que la neige fond, les animaux de la forêt revienent (hérisson, lapins ...)
Et avec un grand sourire c'est magnifique de retrouver ses parents et en plus que sont vœux soit exaucé.



KAZUO ISHIGURO : Nocturnes

Traduit par Anne Rabinovitch
Cinq nouvelles de musique au crépuscule
La musique est présentée comme un moyen de rapprocher les êtres.
« Crooner », à Venise, l’auteur, Janek musicien polonais joue dans des cafés, pour les touristes. Il rencontre Tony Gardner devant son café . Ce dernier veut chanter pour sa femme, espérant ainsi que le spectacle qu’il a prévu sauvera son mariage du désastre.
« Advienne que pourra » Emily est une amie du narrateur Ray elle aime le jazz, ils se sont connus à l'université . Elle s'est marié avec Charlie le meilleur ami de Ray et ils habitent à Londres. Leur couple bat de l'aile. Charlie demande à Ray de l'aide pour recoller les morceaux avec Emily. J'ai trouvé curieux l'histoire de recréer l'odeur du chien ! J'ai trouvé cela de très mauvais goût.
Dans « La colline de Malvern », un musicien qui n’arrive pas à être sélectionné malgré le nombre d’auditions qu’il passe, alors il décide de se retirer dans les colline de Malvern , travaille en tant que serveur chez sa sœur. Il tombe sur des clients irascibles eux-mêmes musiciens. Je ne suis pas arrivée jusqu'au bout de cette nouvelle, je n'ai pas accroché du tout. La nouvelle qui donne le titre au recueil, « Nocturne », met en scène un saxophoniste qui se remet d’une opération de chirurgie esthétique. Sa copine est partie avec un autre homme. Il se retrouve alors avec Lindy Gardner( la femme du crooner Tony Gardner, pas aimable) avec laquelle il discutera une nuit entière. " La chanson - je m'en souvenais à peu près - s'appelait Back at Culver City, était une romance qui n'avait jamais eu beaucoup de succès et que personne ne joue plus guère. Tony Gardner chantait, et le saxo l'accompagnait, lui répondant à chaque vers."
Enfin, dans « Violoncelliste » nous voici à nouveau à Venise sur la piazza San Marco au milieu d’un groupe de musiciens où il est question de souvenirs. Souvenirs d’un certain Tobir, un violoncelliste hongrois abordée un jour par une violoncelliste du nom de Eloïse McCormack qui partira finalement avec un dénommé Peter.
J'ai trouvé ces nouvelles musicales profondément ennuyeuses, je n'ai pas accroché du tout. Le côté positif est de retrouvé les mêmes personnages dans d'autres nouvelles. Assez déçu ! Car je m'attendais vraiment à tout autre chose de la par de Kazuo Ishiguro, entre autre l'amour de la musique un style plus passionné qui sache m'emporter dans ma lecture. J'avais lu de lui auparavant Vestige du Jour.

dimanche 20 novembre 2011

TANIA SOLLOGOUB : Au pays des pierres de lune

Je dois ce beau moment de lecture grâce à Marie

Dans la région parisienne à Boulogne Billancourt, où de nombreux russes ont exilé là, comment ne pas penser à Nina Berberova. À treize ans la narratrice aime passer ses vacances scolaires chez sa grand mère russe Babou. L'ambiance est colorée et chaleureuse. " Chez Babou, au troisième étage, il y avait surtout des Chinois et des Russes."Et quand il neige l'on se croirait en Russie. Lors d'un séjour, elle va faire connaissance de Boris le petit fils d'Igor et Galia, son cousin. Mais Boris et la petite cousine se retrouvent chez Didia et Babouchka les arrière grands parents.La petite cousine est amoureuse de Boris. Ils vont plein de choses ensemble, ils visitent Paris ils vont à une boum ...
Un très jolie petit roman jeunesse, où en arrière plan l'on retrouve toute la culture russe, le sens du merveilleux.  La nostalgie du pays, cette fameuse nostalgie que tous les russes blancs ont en eux. Ils durent fuirent leur pays à cause de la Révolution d'Octobre. C'est vraiment ce que je retiendrai de ce roman en tant que lectrice adulte. " - Nous habitions à Saint Pétersbourg, commença-t-elle . Ma chambre donnait sur la Neva. J'avais une grande fenêtre double, cachée par de lourds rideaux de velours vert. Il faisait froid en hiver, très froid, mais très chaud en été."Peut-être qu'un jeune adolescent (13 ans) s'attachera plus à la naissance de l'amour entre Boris et sa cousine. De jolis passages touchants et attachants, un joli roman concernant la transmission, la fragilité de la vie avec ses joies et ses peines.

Son billet est ici !

JUDY BLUME : Tiens-toi droite !

Traduit par Christophe Romana

" Deenie c'est la beauté , Hélène l'intelligence"

voilà ce que dit la mère de ces deux filles. C'est terrifiant elle veut absolument que sa fille soit mannequin.  Sa mère est véritablement horripilante, et le père est plus compréhensif. Mais ce rêve va s'effondrer car elle a un problème avec son dos et elle va devoir porter un corset orthopédique pendant quatre ans. Son corps va être emprisonné pas facile à accepter.
Ce roman est passionnant sur l'adolescence et ses problèmes au sein de la famille. J'ai lu ce roman pratiquement d'une traite et j'avais l'impression de voir un film sous mes yeux ! Je l'ai trouvé excellent d'une grande justesse.

Une auteure à découvrir car passionnante !





samedi 19 novembre 2011

FRANZ KAFKA : Lettre au père

Traduit par Marthe Robert
Cette lettre fut écrite en 1919 mais ne fut jamais remise à son destinataire. Elle parut seulement en 1952. Kafka relate les problèmes relationnels entre son père Herman  un prospère commerçant et lui enfant. "Moi maigre, chétif, étroit ; toi, fort, grand ; large." " De ton fauteuil, tu gouvernais le monde."Tout au long de cette lettre, Kafka, s'adressant à son père, lui dit qu'il reconnaît l'entière responsabilité de leurs rapports; c'est totalement de sa faute à lui s'ils ne s'entendent pas. Kafka reproche à  son père  son éducation stricte et sévère.  "J'étais un enfant craintif, ce qui m'empêchait pas d'être têtu, comme le sont les enfants ; il est certain aussi que ma mère me gâtait, mais je ne puis pas croire que j'aie été un enfant particulièrement difficile à mener, je ne puis croire qu'on n'eût pu obtenir tout ce qu'on voulait de moi en me parlant sur un ton affectueux, en me prenant posément par la main, en me regardant avec bonté." Il y décrit l'attitude de cette figure paternelle qui l'effraie et qui le domine. Ils entretiennent une relation conflictuelle; en effet son père lui reproche un manque d'amour filial tandis que Kafka désapprouve son autorité. Puis, il évoque sa place au sein de la cellule familiale, des frères morts en bas âge, des sœurs plus jeunes que lui. L'importance de l'enfance est au centre de cette lettre que se soit celle de Franz que celle de son père. Il consacre aussi un passage important à son judaïsme. " Enfant, j'étais d'accord avec toi pour me reprocher de ne pas aller assez souvent à la synagogue, de ne pas jeûner, etc. Par là, ce n'était pas à moi, mais à toi que je croyait faire tort, et j'étais envahi par la conscience de ma faute qui, de toute façon, était toujours prête à surgir."Son père voyait d'un très mauvais œil son activité littéraire : " Exceptionnellement, la répugnance que tu ne manquas pas de montrer d'emblée, pour mon activité littéraire comme pour le reste, me fut agréable." 
Dans sa lettre, il explique à son père qu'il parle de lui dans tous ses romans, il y raconte tout ce qu'il ne peut pas lui dire en face. C'est un texte fort et poignant, en un mot magistral . Dans cette lettre de fiction, Franz Kafka éprouve à la fois une admiration à son père et une répulsion. Voir le billet de Yohan un très bon billet ici très juste concernant le regard que l'on peut porter sur nos parents, nos choix de vie.

vendredi 18 novembre 2011

PAUL BERNA : Le cheval sans tête


 Un grand classique de la littérature jeunesse pour les 8/12 ans

L'ambiance de ce roman policier date de l'après guerre,
la bande à Gaby est  composée de dix enfants de moins de douze ans ( très important l'âge) entre autre de Fernand, Marion et de Gaby bien sûr. Elle passe son temps dans la rue à dévaler la pente à califourchon sur le cheval-sans-tête. " Le cheval dévalait toute la rue des Petits-Pauvres sur ses trois roues de fer en faisant un bruit terrible. C'était délicieux." Il avait été toujours sans tête. " Restait le corps, qui était celui d'un cheval gris pommelé au vernis écaillé, avec une petite selle marron peinte sur le dessus."Bien sûr il y a des jaloux, il intéresse des inconnus. Et pourtant sa seule valeur c'est d'émerveiller les enfants,c'est leur grand bonheur. Alors, ils se mobilisent voir l'inspecteur Sinet et lui signaler la perte du cheval. 
Ils finissent par attirer les voleurs et les démasquer avec l’aide de Marion « la petite fille de la nuit » et de ses chiens. " L'inspecteur Sinet regarda cette curieuse fille avec une attention particulière. Elle n'avait pas encore douze ans ; ce n'était qu'une pauvresse, mais son regard tranquille avec un éclat qui donnait à réfléchir."

Ce roman  entraîne les jeunes lecteurs sur la piste d’un roman de société où les héros sont des enfants comme dans La guerre des boutons. Ce classique de la littérature jeunesse a beaucoup de charme, un livre plaisant à lire mais j'ai trouvé le style l'ambiance un peu vieillotte, d'une grande qualité, avec beaucoup de fraîcheur.

lundi 14 novembre 2011

La Coupole & Entrée des fantômes de JJ. Schuhl


" Lieu mythique crée en 1927 dans un ancien dépôt de bois de charbon. La Coupole et ses trente-trois piliers est vite devenue la plus grande brasserie parisienne. Elle participa à créer la légende du quartier Montparnasse ; en effet, tout ce que la rive gauche compta d'artiste s'est à cette époque retrouvé dans cet espace majestueux à l'atmosphère élégante. Jean-Noël Picq se souvient des soirées passées à boire, et à parler surtout ... ou plutôt à écouter un Jean Eustache inépuisable. Il se souvient aussi de leur première rencontre : "À l'époque où j'ai rencontré Eustache, nous allions jamais les uns chez les autres, mais dans les cafés c'était en 1966. J'étais à la Coupole avec Schuhl, et je lui ai demandé qui était ce type aux yeux bleus qui ne disait pas un mot, il m'a répondu une chose aussi vague que : "c'est Jean Eustache ... un jeune cinéaste."

Evane Hanska dans Mes années Eustache et repris dans le dictionnaire Eustache sous la direction d'Antoine de Baecque


La Coupole est un lieu surperbe où l'on peut déguster d'excellent plateau de fruits de mer très frais et délicieux.

"Entrée des fantôme" vient de sortir en poche, Un très grand livre comme l'était Ingrid Caven (Goncourt de l'année 2000). Livre lu a sa sortie en janvier 2010. Une petite pépite d'une grande rareté dans la littérature française contemporaine. Le personnage romanesque s'est lui Jean Jacques Schuhl. C'est un ouvrage collage, comme il le définit lui même, dans la ligné des surréalistes, un livre miroir, un hommage aux disparus, à la littérature, au cinéma en un mot à l'art accompagné d'une plume très élégante. Une première partie intitulé Manequin, là il y a un début de roman futuriste à la David Lynch, un voyage mental, une jeune mannequin nommé Marge file en limousine vers une mystérieuse soirée. Marge est le sosie de Kate Moss, l'Alice de Lewis Carroll . Le stylo magique de la première partie sert à écrire la deuxième partie, il y a un lien évident entre les deux parties mais l'on s'en aperçoit qu'après avoir terminé le livre. Jean-Jacques Schuhl a une passion, une admiration pour le journaliste, il évoque l'interview qu'il avait faite avec Jim Jarmusch pour le journal Libération "j'étais photographié avec lui sur le pont de Bir-Hakeim désert, comme des fugitifs, c'est la nuit, juste quelques lueurs scintillantes au loin vers l'ouest, les armatures en ferraille du pont, on a l'air de deux créatures de science-fiction, lui avec sa silhouette toujours aux aguets." La définition du fantôme selon lui c'est le vide tout comme la figure du mannequin. " Un homme sans ombre est un homme sans âme." C'est une écriture très élégante, ciselé un travail d'orfèvre. C'est un livre qui n'est pas du tout mais absolument pas politiquement correcte, un livre osé concernant les malheurs du monde " Je montre bien souvent de l'indifférence aux malheurs des autres et j'éprouve, je l'avoue, un certain plaisirs esthétique à la vue, devant la télé, des grandes catastrophes : typhons, incendies, tremblements de terre, éruptions volcaniques et même, je le confesse, attentats et crashes". Et là note d'humour" Plutôt tordu, le mec !" 
 d' auto dérision du burlesque aussi et un ton dandy futuriste tout en ne l'étant pas réellement. Comme il n'est pas comédien mais un écrivain comédien c'est comme cela que je le définirai, devenir autre. Un livre qui se joue entre la réalité et la fiction, il nous décrit un monde entre deux. C'est lui Jean-Jacques Schulh l'oiseau de nuit, le personnage de ce livre. 
D'ailleurs il le dit bien "Je suis si romanesque": Entrée des fantômes, comme pour Ingrid Caven c'était elle le personnage du livre, un prétexte d'évoquer la femme admirée et aimée. Ce qui me plaît dans le personnage Jean Jacques Schuhl c'est l'être et le paraître. Puis aussi les nombreuses références à Lewis Carroll : Alice, le côté labyrinthe, référence à Shakespeare : Richard III, et bien d'autres encore ... Les fantômes qui hante ce court roman sont à la fois des fantômes de papier de bibliothèque et de véritable fantôme qui ont existé. Cette sortie en poche est aussi un signe d'hommage à un cinéaste disparu depuis peu Raoul Ruiz : " Je dînais seul un soir d'hiver dans un banal restaurant chinois presque désert lorsque le cinéaste Raoul Ruiz, que je connais depuis longtemps mais que je croise très rarement, est venu à ma table et a prononcé ces mots : " Je te propose de jouer le rôle du chirurgien dans Les Mains d'Orlac !" et il évoque d 'une manière élégante et très touchante son grand ami le réalisateur Jean Eustache. " Jean sa blondeur cheveux de blé le bleu de France Douce France un p'tit clocher dans le lointain Fleur Bleue Jean de France ... l'accent chantant de Narbonne ponctué par des "t'sais" ... "


C'est un court roman magistral en ce qui concerne sa construction en forme de labyrinthe et d'une grande richesse, nombreuses sont les réflexions autour de la littérature elles tombent parfaitement et sonnent juste. Jean Jacques Schuhl rend le lecteur intelligent, c'est un livre où le lecteur est actif, il a sa place pour lire entre les ligne, pour réfléchir, pour déposer sa propre réflexion sur ses fantômes.







dimanche 13 novembre 2011

BULBUL SHARMA : La colère des aubergines

Traduit par Dominique Vitalyos  et un recueil de 12 nouvelles épicées.

Les histoires racontées sont pleines d'odeurs de cuisine, puissamment évocatrices des rapports et des conflits entre les membres d'une maisonnée indienne, soulignent bien sûr le rôle déterminant qu'y jouent la nourriture et celles qui la préparent. Des femmes croquées sur le vif y livrent des instants de bonheur, des secrets de famille, d'amour, d'enfance qui ont parfois la violence du désir ou l'amertume de la jalousie. Le vrai sujet du recueil est celui de la condition féminine en Inde, les hommes se retrouvent au second plan et non pas forcément le beau rôle. Les  recettes sont  intégrées au récit.  " En sandwich !", nouvelle savoureuse et notre pauvre Vinod prit entre sa mère et sa femme, c'est quelque chose ! " Depuis son mariage avec Nirmala, Vinod était entraîné dans cette lutte dont son palais était l'enjeu, et il en était las. Chaque jour, les deux femmes essayaient de nouvelles stratégies."
Une autre nouvelle qui a retenu mon attention c'est "l'épreuve du train"  et en effet quelle épreuve pour Gopal entre sa femme Malati, sa fille Kajol et sa mère Sita. À travers ses nouvelles, j'ai pu découvrir la culture indienne.
"Le shradha de l'année précédente avait été perdu pour ma grand-mère parce que le prêtre n'avait rien voulu avaler."

Un recueil de nouvelles sympathique et agréable à lire, avec de belles notes d'humour.  Il m'a donné très envie de goûter à la cuisine indienne, les mets et leurs saveurs sont décrits avec sensualité. Ceux sont des nouvelles agréables à lire sur l'instant, tout ensuite le charme s'évapore. C'est un peu dommage !

AMAL et la lettre du Roi

Texte de Chitra Gajadin
Illustrations d'Helen Ong

Traduit par Paul Beyle

Amal est un petit garçon malade,  il ne doit pas sortir car le soleil et le vent sont un danger pour lui.
" Veillez à garder Amal à l'intérieur, évitez la chaleur du soleil et la fraîcheur du vent." C'est dur pour lui pauvre Amal ! Alors, il découvre la vie à travers la fenêtre. Il découvre le monde malgré tout en restant à l'intérieur. Amal de sa fenêtre peut parler avec un laitier, le veilleur, le chef du village, une petite fille Sudha, d'autres enfants jouent devant sa fenêtre et puis il y a le fakir qui le nourrit de rêves. Il se nourrit d'un monde imaginaire, merveilleux remplit de poésie, de chez lui il est au spectacle.  Il y a un côté conte, il est question du Roi, le souhait de pouvoir lui écrire. " J'aimerais être un oiseau ... " soupire Amal, il a envie de légèreté et de sortir de chez lui, de pouvoir voler de ses propres ailes.

Cette histoire est inspirée d’une pièce de théâtre de Rabindranath Tagore. Les sentiments exprimés sont forts, simples  et tout simplement magnifique. Les illustrations aux couleurs fauves sont chatoyantes. C'est une histoire à la fois douce et mélancolique, c'est un magnifique album plein d'espoir et d'ouverture vers l'autre.

jeudi 10 novembre 2011

MARINA TSVETAEVA : Le cahier Rouge

Traduit et annoté par Caroline Bérenger et Véronique Lossky

Marina Tsvetaïeva,est un des poètes les plus originaux de langue russe du xxe siècle, pour elle écrire c'est vivre. Le Cahier Rouge est un livre objet édité par les éditions des Syrtes magnifique.
C'est un simple cahier d’écolier sauvegardé par miracle qui accompagna Marina Tsvetaeva dans un moment décisif de sa vie à Paris, en 1932-1933.
Il aurait dû disparaître étant donné les circonstances mouvementées de son existence et de l’époque, mais elle le confia à un ami avant de quitter la France et de repartir en URSS en 1939. C'est son ami Maximilian a qui possède ce cahier d'écolier, avant son retour en 1939 en Russie. C'est un poète et peintre qui la initiée à la littérature française. En 1925, elle s'installe à Paris pour quatorze années. Un essais célébrant deux géants de la poésie russe, (j'avais déjà évoqué la poésie russe ici ) Pasternak et Maïakovski. Ils ont tous les deux le même âge, ils sont moscovites. Leur œuvre indissociable de l’histoire de la Russie, c'est un hommage enflammé qu'elle leurs rend. Maïakovski est venu à la poésie via la peinture et Pasternak par la musique. Marina Tsvetaïeva est un témoin direct de la Révolution russe. Son mari Serguei se bat du côté des Blancs contre les Rouges. Pasternak est devenu poète à part entière grâce à son recueil « Ma sœur, ma vie » en 1922. Marina Tsvetaïeva a beaucoup aimé ce recueil. Il sera l'intermédiaire entre entre Marina et Rilke voir la fameuse correspondance à trois. " Pasternak, lui filtre le monde (le colore) avec son œil."" Il est temps enfin de dire : il n'existe pas de nature poétique plus opposée que celles de Pasternak et de Maïakovski."
Dans une deuxième partie Marina voue son admiration pour Natalie Clifford-Barney " La lettre à Amazone". " J'ai lu Votre livre. Vous m'êtes proche comme toutes les femmes qui écrivent ." En 1932, elle écrit Mon frère féminin, recopié et corrigé en 1934. Ce texte est une réponse au livre de Natalie Clifford Barney. Marina Tsvetaeva reprend un de ses thèmes de prédilection, le saphisme. Elle évoque aussi son amour pour d'autres femme.
Le Gars : C'est un long poème inspirée d'un conte d'Alexandre Afanassief "Le Vampire", il est illustré par Natalia Gontcharova. Un conte qu'elle a traduit elle même en français et qu'elle a adapté à l'esprit français.
Pour elle "la poésie n'est pas une affaire de mots mais d'expérience du monde, et c'est celle-ci qui doit être approfondie et éclaircie si l'on veut que le poème atteigne son but."


Pour ma part ce Cahier Rouge est un magnifique document sur la littérature Russe vu par une immense poétesse.C' est un ouvrage chargé d'émotion sur la poésie Russe contemporaine de l'époque de Maria Tsvetaeva, l'on trouve de nombreux documents iconographiques passionnants, émouvant manuscrit autographe. J'ai trouvé ce cahier déroutant car dense et touffu, j'ai ressenti un sentiment de noyade au pays des mots. Donc difficile à lire pour ce faire une idée, j'avoue avoir peiné pour rentrer dans cet univers. Tout de même ce Cahier Rouge est un document précieux, j'y reviendrai pour le relire ici et là .










mardi 8 novembre 2011

G.Brisac & A. Desarthe : La double vie de Virginia Woolf

Virginia Wolf est issu d'un milieu sociable, très cultivé, très porté à la correspondance, aux visites, à s'exprimer, à la fin du XIXième siècle.
Sa mère  Julia  Prinsep Jackson Stephen est l'incarnation de la femme victorienne.
Geneviève Brisac la rapproche à Mrs Darling dans Peter Pan. " C'était une dame gracieuse, à l'âme romanesque avec, à la bouche, un pli doucement moqueur. Cette âme romanesque ressemblait à ces petites boîtes gigognes qui nous viennent de l'Orient mystérieux - vous avez beau les ouvrir l'une après l'autre, il y en a encore une plus petite à l'intérieur."
Son père  sir Leslie Stephen  est un homme écrasant pour Virginia . 

© National Portrait Gallery, London
Thoby
" Mon père était spartiate, ascète, puritain. Et aussi froid, et sarcastique, redoutable. Il n'avait aucune sensibilité à la peinture, aucun sens de la musique des mots. Il tenait beaucoup du prophète hébreu. "Il est l'auteur du Dictionnaire biographique de l'Angleterre ami d'Henry James. 
Ces  demi- frères et demi sœurs George, Gerald, Stella sont les enfants de Julia  et Laura est la  fille de Leslie. Sa sœur Vanessa et ses frère Thoby (le frère adoré l'aîné de deux ans) et Adrian.
Thoby a fait ses études à Cambridge c'est grâce à lui qu'elle font connaissance de Lytton Strachey, Clive Bell, Leonard Woof, Morgan Forster et Maynard Keynes. C'est lui qui fut à l'origiene du cercle de Bloomsbury. 
Wirginia Woolf se marie avec Leonard en 1912 et leur union dura pendant trente ans. Pour son trente-troisième anniversaire, ils vont se procurer une presse, et la Hogarth Press est né.
Le premier roman que Virgina Woolf publié par la Hogarth Press est " La chambre de Jacob". Car elle veut écrire ce qu'elle a envie et non ce que les éditeurs lui imposent. Sa sœur Vanessa se charge des couverture. Mais le premier roman qu'ils publient est celui de Dora  Carrington. Livres lus qui ont été publié par  la Hogarth Press :
Autoportrait Roger Fry

Vita Sackville-West la romancière rencontrée chez Clive Bell devient sont amie et sa maîtresse. Lytton Strachey fait partie de ses fréquentations sa compagne Dora Carrington. Virginia Woolf est très proche de sa sœur Vanessa. En 1910, Roger Fry , un peintre, fait son entrer dans le groupe de Bloomsbury.  Virginia est entourée de peintre, elle va défiguré le roman à la manière d'un peintre. " Arrêter la figuration, faire comme les peintres, utiliser des blocs, des rapports de masse, redéfinir la perspective, tordre les angles."" Écrire comme un peintre. L'art, et le sport. On songe souvent aux toiles de Nicolas de Staël en lisant les romans de Virginia Woolf."
Elle dit aussi : " Se débarrasser des conventions de la littérature victorienne, mais garder ma langue, retrouver sa pureté,"Elle fut les premières à lire Ulysse de James Joyce. Il fut question qu'elle l'édite mais cela ne fut pas possible car la maison d'édition était à ses débuts, mais elle n'est pas tout à fait convaincu mais elle sait que c'est une œuvre importante. Il est question du féministe qui tient une place importante dans son œuvre littéraire et dans la société " Les femmes sont dures envers les femmes. Les femmes... mais n'êtes-vous pas lasses jusqu'à l'écœurement  de ce mot ? Je puis vous le garantir que je le suis, moi." 
C'est un joli essai écrit à quatre mains très originale dans la forme. J'apprécie le ton affectueux de Geneviève Brisac et Agnès Desarthe pour évoquer le travail de Virginia Woolf. De jolis passages sur de réflexions sur l'humain, sur la sincérité de l'amitié. Nombreux sont les passages intéressants concernant la lecture et l'écriture. " Lire Virginia Woolf prend du temps. Son œuvre est longue, variée, touffue, et sa manière d'écrire si peu conventionnelle que l'on doit faire attention, être vigilant, avancer à petits pas pour ne rien perdre pour ne pas s'y perdre."C'est un très bel essai qui s'adresse à tous les amoureux de Virginia Woolf et aussi à ceux qui ont envie de découvrir son univers. Un essai très agréable à lire l'écriture est fluide et délicieusement attachante.

Je me reconnais dans cette citation : " Quelle bénédiction ce serait de ne jamais se marier, de ne jamais vieillir et de passer sa vie dans une indifférente innocence parmi les arbres et les rivières qui seules conservent à l'être sa fraîcheur et sa nature d'enfant au milieu d'un monde troublé!"



dimanche 6 novembre 2011

L'ours que personne n'aimait & PELUCHON

Traduit par Marie Farré

C'est l'histoire d'un ours en peluche, de sa naissance en usine. " Ces ours tout neufs savaient certaines choses, non seulement qu'ils étaient des "ours" provenant d'une "usine" mais ils possédaient aussi des mots tels que "boutique" et "cadeau", "enfant", "aller dormir" et "appartenir. "Les ours qui ont un défaut c'est la poubelle, ils sont refusés. Madame Balai travaille à l'usine et elle prend un ours dans la poubelle pour ses enfants. Les enfants de Madame Balai vont le maltraiter et le rendre malheureux. Il sera bon pour les chiffonnier et ensuite il va atterrir chez Mr Hardy qui le maltraite. Heureusement que sa femme à eux la bonne idée de l'en mener à la clinique des jouets. Là il va connaître et savourer une seconde vie ! Un très jolie roman jeunesse, il nous montre que la vie d'un ours en peluche c'est pas facile tous les jours.


PELUCHON

Irina Korschunow et illustration de Reinhard Michl
Traduit par Bernard Friot

Peluchon est l'ami de Benjamin. Mais, un beau jour, il sauve de la noyade un ours blanc. Benjamin désir garder cet Ours Blanc dans sa chambre tout comme lui. Peluchon se sent rejeté. Pourtant il doit apprendre à partager. Mais non, alors il s'en va dans la forêt ... et tout se termine bien malgré de grosse frayeur.
Beaucoup de douceur, de tendresse dans ce petit livre jeunesse et les illustrations sont douces et tendre.

Deux très beaux livres a dénicher en bibliothèque ou d'occasion !

Le journal d'un enfant en Inde

Raconté par Patrice Favaro
illustré par Charlotte Gastaut et Florent Silloray

Mandita est de Pondichéry, elle a douze ans. Elle tient un journal intime.Et à travers ce journal nous découvrons son quotidien et sa famille. Son père est un chauffeur routier. Sa mère se nomme Lakshmi comme la déesse de la fortune. Elle a un petit frère de cinq ans. L'Inde a été colonisé par les britannique. Ils ont importé le cricket, les uniforme, l'anglais est la langue de la presse écrite, la conduite à gauche. 80% des Indiens sont hindou comme Mandita. Les trois dieux principaux de l'hindouisme sont : Brahma (il crée), Vishnou (il préserve), Shiva (il régénère). Aller au cinéma pour Mandita est une fête, un véritable spectacle populaire très vivant proche des comédies musicales. L'Inde est le premier producteur au monde. On parle de " Bollywood" car la majorité des films est tournée à Bombay. En Inde, il y a la mousson d'hiver et la mousson d'été, pluie très forte, en Inde il y a aussi des cyclones. Dans la rue, des gens très pauvres vont souvent de porte en porte pour demander la charité. Le 14 janvier : Pongal , on célèbre le riz nouveau, les vaches et leurs veaux, les bœufs et les buffles, tous sont traités comme des personnes importantes. On leur peint les cornes, on leur fait des dessins sur le flancs, un puttu (marque que les hindous se font au milieu du front), on leur met des colliers de feuilles de manguier autour du cou. Pondichéry a été une colonie française en 1956.
Vasanti est sa cousine, elle a dix huit ans. Elle a disparu, à cause d'un mariage arrangé par la grand mère qui fait la pluie et le beau temps dans la famille. En Inde on se marie dans sa caste, ou dans son strict milieu social et religieux. La culture du riz rythme la vie des campagnes.
Les castes ont été abolies en Indes mais certaines personnes rejetées, sont impures. L'Inde est un pays en pleine mutation et se modernise. Mandita a pris son premier cours de Bharata Natyam une des danses classiques de l'Inde du Sud. L'Inde est la plus grande démocratie du monde, les libertés politiques sont assez bien respectées. Mandita a plein de rêve en tête est rien n'est impossible en Inde donc !

Un très jolie documentaire sur la vie en Inde vu à travers les yeux d'un enfant. C'est une réussite !

samedi 5 novembre 2011

ÉLISABETH MOTSCH : La princesse aux grands pieds

Illustration Kimiko

C'est la princesse Harmonie, à sa naissance elle fait le bonheur de la reine Mizar et du roi Ferdinand 1er. La sorcière, la femme à barbe offre pour Harmonie des pantoufles de verre comme celle de Cendrillon. Elle grandit, et l'on s'aperçoit qu'elle a de grands pieds.
Cela la contrarie, elle en a un complexe. " Désormais on n'avait plus le droit de déclarer : "J'ai mal aux pieds", ni : " Tu me casse les pieds."Il ne fallait pas dire : "Ce n'est pas loin, à pied", mais : "Ce n'est pas loin, au bas de la jambe."Cela créa confusion."Ses pieds immenses allaient devenir pour elle une obsession, un cauchemar. Elle découvre les pantoufles de verre offert à sa naissance, mais ces chaussures sont bien trop petites et ne lui vont pas du tout ! Elle possède le complexe du pied.
Mais la femme à la barbe en bataille savait aussi que le jour venu, elle seule pourrait venir en aide à la princesse.

Un hommage au conte de fée qui berce notre enfance. Cette histoire montre qu'il faut accepter notre différence et en faire un atout. Une jolie histoire bien menée et agréable à lire.

Les Histoires de Princesses


Même les princesses doivent
 aller à l'école

Oui, c'est le cas de la princesse Alyestère, autrefois elle vivait dans un château, ses parents le roi et la reine n'arrêtais pas de lui dire
" N'oublie pas que tu es une princesse !".
" Elle ne connaissait le mot "ami" dans aucune langue - elle n'en avait jamais eu. "Sports", "jeux" et "rires" étaient aussi du vocabulaire inconnu, et bien qu'i y eût une télé au château, ça faisait longtemps qu'elle était en panne, peut-être bien avant la naissance de la princesse. "Puis cette famille royale est obligé de déménager et de s'installer dans un appartement moderne. Là, notre princesse découvre l'école c'est tout nouveau pour elle c'est exaltant. Pas évident avec une robe longue et des escarpins pour jouer au foot par exemple. Le ton est enlevé et agréable !

Susie Morgenstern - Illustrations de Serge Bloch sont malicieuse à souhait.


Prune princesse de Monaco Créteil

Prune adore lire les magazines, son grand rêve est d'être une vraie princesse. Mais, elle n'a pas de chance ses parents ne sont ni roi, ni reine. Alors cela la met en colère, elle explose littéralement. Son père s'engage d'établir un programme en cinq points. Beaucoup de fantaisie !

C'est une première lecture de Boris Moissard charmante, les dessins d'Anaïs Vaugelade sont épatants, elle a su à merveille donner vie à Prune. 


vendredi 4 novembre 2011

BRIGITTE SMADJA : J'ai décidé de m'appeler Dominique

Illustration Serge Bloch collent très bien avec l'univers de ce petit roman.
Du haut de ses sept ans, Emilie a décidé de s'appeler Dominique. Il faut dire qu'Emilie va être perturbée par un heureux événement. Sa maman est enceinte. Une envie de changer de prénom, pour que sa famille s'intéresse à elle. " Mamie ne dit pas formidable comme tout le monde mais comme si c'était un mot qu'elle avait inventé et elle détache chaque syllabe : "For-mi-da-ble !" parce que tout le monde est tourné vers le futur enfant qui va naître. 
C'est pas simple, car notre prénom s'est notre identité, c'est un choix que nos parents ont  fait à notre naissance. Donc pour les parents d'Emilie pas facile d'accepter le choix de leur  fille.
Surtout que Dominique s'est aussi un prénom masculin."Dominique, c'est unique, c'est magique", pense Émilie . C'est un nom qui a tout changé."
Une petite lecture agréable, la chute est extra c'est bien vu ! Le ton est frais et surtout très proche du réel.

jeudi 3 novembre 2011

VIRGINIA WOOLF : Nuit et Jour

Traduit par Catherine Naveau

  " C'était un dimanche après-midi d'octobre et, tout comme nombre de jeunes filles de sa condition, Katherine Hilbery servait le thé. "Voici la première phrase qui ouvre le roman, elle plante le décor très british. Katherine Hilbery, jeune fille issue de l'aristocratie londonienne. Elle désire écrire une biographie sur son grand-père, le poète Richard Alardyce, enfin surtout elle aide sa mère, sans grand enthousiasme. Elle désire être en rupture avec sa famille plus conservatrice. Elle est plus scientifique que littéraire curieux pour une jeune fille de son milieux, car cela n'est pas très féminin, mais c'est son jardin secret. Elle représente la nuit, dû à sa passion pour l'astronomie. Quand Ralph Denham, se rend chez les Hilbery, à l'heure du thé. C'est un homme d'origine modeste, il est voué à une carrière d'avocat mais il aspire à d'autres activités plus littéraires. Mary Datchet, travaille dans une association militante pour l'obtention du droit de vote pour les femmes, elle rencontre régulièrement d'autres jeunes gens éclairés visant à changer le monde ou à parler art et littérature, c'est un personnage plus solaire, elle représente le jour la modernité. Elle a une affection pour Ralph, ce dernier est amoureux transi de Katherine. Mais, elle est fiancée à William Rodney, qui souhaite l'épouser. Ce quatuor est entraîné dans une valse des sentiments qui corresponde pas à leur époque. La cousine de Katherine, Cassandra est la troisième femme, elle va semer la panique dans ce quatuor de sentiment. Maggie Hilbery, la mère de Katherine vit dans sa bulle lunaire , elle a été marqué dès l'enfance par Shakespeare . " - Mais, ma chérie, je ne parle pas de ton William à toi, bien que ce soit une raison supplémentaire de l'aimer. Je parle et je rêve de mon William à moi - William Shakespeare."et le souhait de sa mère est simples de faire connaître Shakespeare à des ouvriers car comment peut-on vivre sans connaître son œuvre pour elle cela est impossible. C'est une femme fantasque, exentrique mais tellement attachante ! Le roman s'ouvre sur l'automne, la grisaille et le trouble en ce qui concerne les sentiments, l'arrivée des beaux jours l'espoir est là, tout est permis. " Les premiers signes du printemps, vers la mi-février ne se reconnaissent pas seulement aux petites fleurs blanches et mauves qui poussent dans les coins les plus abrités des bois et des jardins ; ils font naître aussi dans le cœur des hommes et des femmes des désirs comparables à ces pétales dont les parfums et les couleurs sont si subtils." Dans ce roman de Wirginia Woolf il est question de mariage, de l'amour (" L'amour, ce n'est qu'une histoire que l'on se raconte, tout en sachant qu'elle est fausse.") et de l'importance de la classe sociale. C'est son second roman, un roman sur la condition féminine au début du XX ième siècle, un thème très cher à Virginia Woolf. Les femmes ont un beau rôle, ceux sont elles qui mènent les hommes par le bout du nez. J'aime l'atmosphère cosy qui règne dans ce roman anglais de facture classique. C'est une agréable lecture avec une touche d'humour. Ce roman est un hommage à la littérature anglo-saxone plus particulièrement à la poésie. J'ai eu un grand plaisir à lire ce roman,  j'ai trouvé que ce roman par son ambiance et son époque est plus près d'un E.M Forster que de celui de Jane Austen. Ce roman est un véritable délice, une très belle lecture accompagnée de l'incontournable tasse de thé !

Pour finir un joli passage c'est Mrs Hilbery qui parle :
" Le soleil s'était couché et la lune montait au firmament. De ravissants reflets argentés jouaient sur les vagues et trois lumières vertes striaient le steamer au milieu de la baie. "

 Voir le joli billet magnifiquement illustré de Dominique, Cléanthe aussi sous le charme ainsi que Lou

mardi 1 novembre 2011

PUNCH : Magazine satirique anglais






Quand l'on apprécie la littérature anglo-saxone, il n'est pas rare que "Punch" soit évoqué.

* Punch est fondé le 17 juillet 1841 par Henry Mayhew et par le graveur Ebenezer Landells, le journal est d'abord sous-titré The London Charivari en référence au journal Le Charivari.
George Du Maurier a collaboré en 1865, il collabore en tant que caricaturiste. Sa plus célèbre caricature, intitulée True Humility (« La vraie humilité »), est à l'origine d'une expression devenue proverbiale en anglais, It's like the curate's egg (« C'est comme l'œuf de vicaire »), qui peut se traduire par « Il y a du bon et du mauvais. » C'est l'histoire d'un vicaire invité à prendre son petit déjeuner chez l'évêque, lequel s'écrie soudain : « Oh, mais on vous a donné un œuf pourri ! » Ce à quoi le vicaire répond : « Mais pas du tout ! Certaines parties sont très bonnes. »
Il est beaucoup question de Punch dans Auteur ! Auteur ! David Lodge, la raison est la suivante George Du Maurier était un grand ami d'Henry James. 
True Humility de George du Maurier.
Dessin paru dans Punch en novembre 1895.
John Tenniel n'est pas que l'illustré Alice de Lewis Carroll lui aussi a travaillé pour Punch à la fin du XIXième comme Du Maurier comme caricaturiste.



William Makepeace Thackeray, l'auteur de Barry Lyndon et du Livre des Snobs, fut un collaborateur de Punch. Il est responsable d'une chronique intitulée « The Snobs of England.
Willie Wilde : Le frère aîné d'Oscar Wilde est critique de théâtre

© Lewis Carroll : Tom Taylor 1863
Tom Taylor dramaturge et rédacteur de Punch
Participa à Punch comme dessinateur Charle Keene tout comme  John Leech. Auteur ! Auteur ! David Lodge : " Ce pauvre Leech était à peine refroidi lorsque le comité de Punch m'a proposé (George Du Maurier) sa place  ; il leur fallait quelqu'un de toute urgence pour le nouvel Almanac, voyez-vous."
Richard Doyle (« Dickie »), est un illustrateur britannique spécialisé dans la féerie.  Il a créé la couverture du premier numéro, et conçu la couverture du magazine, un design qui a été utilisé pendant plus d'un siècle. Il est l'oncle du célèbre créateur de Sherlock Homes.
Extraits :
* Nuit et Jour de Virginia Woolf : "Il y a un dessin très amusant cette semaine dans Punch. C'est une suffragette avec un ouvrier agricole. Avez vous vu le Punch de cette semaine Miss Datchet."
* Panique à Freshwater : À  peine deux semaines plus tôt, Punch avait inséré une honteuse parodie d'In Memoriam, dont la parution avait si bien pris Emily à l'improviste qu'elle n'avait pu que déchiré la page en plein milieu du petit déjeuner, puis, prise de panique et ne sachant qu'en faire, se la fourrer dans la bouche, la mâcher  et l'avaler.