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mardi 31 mai 2011

KETTLY MARS : Le prince noir de Lillian Russell


À New York, en 1891 Henri de Delva, un homme de quarante ans, quitte Haïti.
" Henri fait le point, évalue ses chances, pèse ses risques. Il va jouer serré dès qu'il aura posé le pied à New York. Il est investi d'une mission audacieuse, périlleuse, digne de lui." Il a pour mission d'organiser une expédition navale destinée à renverser le gouvernement dictatorial de Florvil Hyppolite d'Haïti. "Être nègre est un état d'humanité dangereux. Être nègre comporte le risque de se retrouver à tout moment pendant au bout de la corde d'une potence improvisée. Être nègre en cette fin de dix-neuvième siècle, c'est se savoir différent, dérangeant, marginal et en danger." Il se fait passer pour un prince et homme raffiné et instruit et il est accompagné de Thalès et tous deux sont installées dans un chic hôtel et ils mènent la grande vie. " Cette idée fait lentement son chemin à l'Hôtel Grillon, la Suite du Prince lui a été assignée. Il y a de ces coïncidences qui ne sont ni banales, innocentes. Même le tailleur italien a vu en moi un prince, dès le jour de mon arrivée... Alors, pourquoi pas ?" Henri va tomber immédiatement sous le charme de la sublime Lillian Russell, star du music-hall qui règne sur Broadway. Pour la séduire, il la couvre de fleurs et de somptueux cadeau, dont un diamant. " Un Nègre dans une loge de scène ! Cela ne s'était jamais vu auparavant." Henri de Delva est tellement sous le charme de Lillian Russell que l'argent destiné à a mission fond rapidement. Lillian Russell est connu pour ses relations avec les hommes. Il se fait passer pour un prince de pacotille.femme blanche et un noire, et en même tant pourquoi après tout ! Le style est assez classique il manque de relief à mon goût. Les personnages sont bien campés par contre en ce qui concerne les deux noires haïtien et Lillian Russell ont s'y attache. Les auteurs ont su soutenir en haleine le lecteur car l'on se pose les questions suivante est ce une histoire vrais ? Est ce que les événements historiques ont ils réellement existé ? Mais quand l'on arriver vers la fin cela se traîne et au final j'ai trouvé qu'il y avait de bon ingrédient pour faire une histoire intéressante et passionnante mais la mayonnaise ne prend pas. Ce livre est pour moi une déception je m'attendais à mieux.


dimanche 29 mai 2011

LES DISPARUS DE SAINT-AGIL


Film de Christian-Jacque accompagné de dialogues délicieux de Jacques Prévert qui selon moi fait tout le charme du film. Il date de 1938- Gros succès à sa sortie avec Michel Simon - Eric Von Stroheim et le tout jeune Mouloudji (pour les acteurs plus connus)

Chaque nuit, Baume, Sorgue et Macroy, pensionnaires du collège Saint-Agil, se retrouvent en salle de sciences. Ils ont créé une société secrète, « les Chiche-Capons », dont le rêve est de partir en Amérique. Un soir, Sorgue aperçoit un mystérieux individu qui semble sortir du mur. Le lendemain, en cours d’anglais chez M. Walter, il tente de persuader ses camarades qu’il a vu un homme invisible. Personne ne le croit. C’est le chahut. Convoqué chez le directeur, il disparaît à la sortie du bureau. Tout le monde pense à une fugue jusqu’au jour où une carte postale arrive de New York avec la signature « Chiche-Capon ». La vie continue au collège. C’est au tour de Macroy d’être convoqué chez le directeur. À peine sorti du bureau, il disparaît à son tour. La fête du collège est maintenue malgré l’angoisse. M. Lemel, éméché, bascule par-dessus la rampe d’escalier, après une violente dispute avec M. Walter. Accident ou assassinat ? Les soupçons montent, les enfants commencent à paniquer. Baume décide de disparaître pour mener l’enquête. Il découvre le repaire d’un gang de faux-monnayeurs dirigé par le directeur du collège, et où Sorgue est retenu prisonnier. Macroy, quant à lui, revient encadré par des gendarmes. Il a été arrêté comme passager clandestin sur le Normandie en partance pour New York

Christian Jacque joue avec les ombres pour donné un effet inquiétant et du mystère au film. C'est un film d'une grande fraîcheur qui tient en haleine le spectateur. La raison est toute simple les enfants sont mis en avant, ils sont flamboyant et les adultes sont en arrière plan, avec leur secret minable.
C'est un univers d'homme les femmes sont totalement absentes. C'est un délicieux film sur l'enfance et la solidarité entre enfants. Dans ce film l'on sent l'angoisse de la guerre

Personnellement je préfère le film au roman jeunesse de Pierre Véry que je trouve très daté. Pierre Véry était très souvent sur le tournage. Son film les disparus de Saint Agil n'est pas véritablement roman policier mais plutôt un roman mystère, avec le goût du merveilleux très présent.



Les disparus de Saint-Agil (III) par RioBravo

Cet extrait ce trouve être la fin du film, je trouve très beau et fort émouvant la complicité entre l'adulte et les enfants.

jeudi 26 mai 2011

AGATHA CHRISTIE : Cinq petits cochons

Traduit par Jean Michel Alamagny
Lu dans la collection Hachette Jeunesse

Hercule Poirot reçoit la visite de Carla Lemarchant. Elle est sur le point de se marier, veut connaître la vérité sur la mort de son père. Amyas Crale, peintre à succès, a été empoisonné seize ans auparavant. Lors d'un procès, Caroline, sa femme a affirmé être innocente, mais ne s'est guère défendue et avait un mobile évident (le couple se disputait souvent, et Amyas allait la quitter pour sa maîtresse). Avant de mourir, elle a transmis une lettre à Carla, sa fille dans laquelle elle réaffirme son innocence.
Poirot accepte de reprendre l'enquête, il se base sur les témoignages, puisque les indices matériels ont disparu. Une comptine (comme dans les dix petits nègres) lui trotte dans la tête.


"Premier petit cochon est allé au marché,
Deuxième petit cochon n'est pas sorti de chez lui,
Troisième petit cochon a mangé tout le pâté,
Quatrième petit cochon n'a rien eu pour lui,
Cinquième petit cochon a pleuré groui, groui, groui ..."

Cinq suspects, tous présents le jour du meurtre :
Philip Blake, ami d'enfance d'Amyas ;
Meredith Blake, frère de Philip, chimiste qui possédait la conicine ayant tué Amyas ;
Elsa Greer, maîtresse d'Amyas qui réalisait son portrait ;
Cecilia Williams, gouvernante ;
Angela Warren, aventurière archéologue, demi-sœur de Caroline, quinze ans au moment des faits. Lorsqu'elle avait cinq ans, elle a été défigurée par cette dernière.
Le détective belge rencontre séparément ces cinq personnes et leur demande de lui envoyer leurs récits. Au moyen de ces cinq points de vue, il découvre la vérité derrière les secrets et les oublis.
J'ai trouvé que ce n'est certainement pas le meilleur Agatha Christie. Cela reste une lecture très intéressante et agréable. Grâce au très bon hors-série de lire autour d'Agatha Christie l'on apprend que la propriété d'Amyas Grale est la copie conforme de Greenway House, l'immense propriété qu'Agatha possédait non loin de Torquay en Angleterre.

mardi 24 mai 2011

LEONARD MICHAELS : Sylvia

Traduit par Céline Leroy

La première fois que j'ai vu la couverture de ce roman quand il est sortie en version brochée chez Bourgois, j'ai cru qu'il s'agissait de Sylvia Plath et non d'une autre américaine. Comme quoi, l'importance d'un prénom est automatiquement lié à une personne fictive ou imaginaire. Là il s'agit de Sylvia Bloch la future femme de Leonard. Ce roman "Sylvia" est une plongé dans le New York des année 60 et en pleine guerre du Vietnam, dans le quartier artistique de New York Greenwich Village. Leonard désire écrire, c'est sa grande passion. Il rencontre Sylvia :"Sylvia était mince et bronzée. Ses cheveux lui descendaient à mi-dos. De longues mèches lui voilaient les yeux, donnant l'impression qu'elle était timide ou qu'elle se cachait modestement, mais aussi qu'elle était plus petite que la moyenne." Elle est orpheline de père et de mère, étudiante. Elle est une jeune femme fragile qui a fait une tentative de suicide en s'ouvrant les veines. Nombreuses sont les disputes au sein du couple. Leonard les décrit dans son journal intime. Cela n'empêche pas la passion au sein du couple l'amour fou à l'image de celui dans l'Eclipse d'Antonioni avec Monica Vitti et Alain Delon. C'est un univers en Noir & Blanc, comme la couverture, qui se dégage de ce court roman. Voilà, un roman qui nous colle à la peau comme un parfum capiteux. Sylvia est une personne étrange à la fois hystérique,jalouse, imprévisible, droguée et sombre dans la folie. Ce comportement étrange est dû en partie à cause de la drogue ou l'alcool qu'elle prend en grande partie. Pour revenir à mon introduction le rapprochement entre Sylvia Plath et Sylvia Bloch est curieusement assez similaire deux femmes fragiles, qui doivent faire face à leurs démons. Elles ont connu des rapports violents et passionnelles avec leurs maris une fois marié qui frisent la folie pour sombrer dans le suicide.

Tout ce court roman tourne autour de Sylvia. La bande son de ce roman est jazzy (Nina Simone, Thelonius Monk, Charlie Mingus, Miles Davies ...). C'est le second roman de Leonard Michaels et "Sylvia" est une biographie romancé. Je découvre cet auteur d'origine polonaise né à New York en 1933. Il a enseigné l'écriture, la critique littéraire et à la poésie romantique à Berkeley. Il est décédé à Berkeley en 2003. Une introduction a ce livre signé Diane Johnson qui la connu à Berkeley en Californie à la fin des année 60 en 1968. Sylvia sa femme s'est suicidée

lundi 23 mai 2011

MURIELLE MAGELLAN : Un refrain sur les murs


C'est une histoire de la vie de deux femmes celle d'Isabelle à la fin des années 80 et celle de Romane aujourd'hui en 2010.
Isabelle est divorcée, elle est professeur de physique, elle vit seule avec ses enfant. Elle passe le mois d'août seule à Paris. Ses enfants sont en vacances avec leur père. Isabelle fait une rencontre, elle tombe sous le charme d'un musicien de rue un joueur de hautbois nommé So What."Un refrain sur les murs "est un roman à deux voix. La voix de la mère est dans le secret, le réfléchit et celle de la fille Romane est plutôt vulgaire, les phrases sont courte. Romane est une femme en colère, elle est à vif.

Et bien je vais émettre une note discordante concernant ce roman très apprécié. Je m'y suis ennuyée, j'ai trouvé sans intérêt ou plutôt je trouve qu'il m'apporte rien d'intéressant. C'est même un livre qui me met mal à l'aise. Ce roman traite du rapport oh, combien complexe mère/fille. Isabelle devait durant son mois d'août s'occuper de sa mère fragile. Sa mère qui veut à tout pris que sa fille fasse de la poterie. Les rapports entre Isabelle et sa mère ne sont pas simples comme ceux qu'Isabelle entretien avec sa fille Romane. Ces dernier sont carrément des rapports de haine.
Bref, je déteste ce roman ! Je n'y trouve aucun intérêt.
Contrairement à ICB.

Je n'y crois pas un seul instant à cette histoire, à ces personnages. Car selon moi cela manque de profondeur et d'un travail d'écriture. Il est certain que cet avis de tiens qu'à moi, il faut dire qu'auparavant j'ai lu un livre remarquable " Double bonheur" (écriture originale dont le contenu est fouillée) et l'écriture de Béatrix Beck toute en finesse et en profondeur justement, donc à côté pour moi Murielle Magellan ne fait pas le poids. Son univers me fait penser à celui de Delphine de Vigan, que je n'avais pas aimé aussi, j'avais trouvé l'univers sans profondeur et épaisseur.

samedi 21 mai 2011

STÉPHANE FIÈRE : Double bonheur

Ce livre a reçu le Prix de l'Inaperçu le 12 mai 2011
C'est grâce à mon amie Anne Sophie que j'ai découvert ce livre hors norme.

" Écrire, dira notamment Laurent Prégisquet, c'est offrir à l'autre, le lecteur, le pouvoir de rêver, nous sommes les récipiendaires d'un mandat, d'un mandat de bonheur, je pèse mes mots, et la littérature, miroir de l'esprit, symbolise la liberté ultime de la condition humaine."

Francois Lizeaux est interprète officiel au consulat de France de Shanghai. Être traducteur s'est être invisible et disponible à tout moment, difficile pour lui d'obtenir un moment à soi, corvéable à merci, il découvre au fil de ses missions, l'univers sans gloire des expatriés. Mais, il est jeune, il a vingt-cinq ans, il ne peut pas faire le difficile Il a l'intention de se faire une place au sein de cette ville. " Je n'étais quand même pas venu ici uniquement pour le plaisir de travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre sept jours sur sept." Il tombe immédiatement amoureux de la très belle An Lili . Elle est rédactrice en chef adjointe Modes. Petit à petit, il se sent devenir un vrai Chinois et veut oublier sa vie d'avant. Il se sent entre d'eux mondes, deux cultures, deux langues François va surtout découvrir la société chinoise à travers ses rencontres consulaires en premier lieu.
" tu aime la Chine Li Fanshe, le pays de tes vraies racines, ta patrie de cœur et elle te le rend au centuple sans rien te demander en échange mais l'aimer cette patrie c'est aussi l'aider, lui rendre service, se dévouer pour elle, dès que possible, à la première occasion, pense don de soi, devoir moral, mission sacrée, tu comprends ?"
En Chine, aujourd'hui tout tourne autour de l'argent. La société chinoise, communiste, aime l'argent qui a le sens des affaires. C'est dans une Chine moderne que nous emmène Stéphane Fière. Il va se défaire de ses origines, pas plus qu'il n'est aisé de se fondre dans la culture de l'autre, au risque de se perdre. « Double bonheur » met en scène les rapports entre la France et la Chine à l’heure de la mondialisation. Une fois que l'on a refermé ce roman de nombreuses questions se posent :
Peut-on renier ses racines et sa culture ?
Adopter la culture de l’autre permet-il d’être accepté à part entière ?

Je trouve ces questions très intéressante car elles poussent à réfléchir sur nous et son rapport avec l'autre.
J'ai un gros coup de cœur pour ce roman très original, d'une grande richesse, en un mot un livre rare. Roman passionnant agréable a lire car il y a de l'humour, de la vie. Ce roman est tellement riche que je suis passée surement à côté de certaines subtilités qui m'ont échappées. J'aime l'ouverture vers l'autre, en particulier en direction du soleil levant c'est tellement rare et surtout quand c'est écrit en français et .... aussi en chinois, et oui !!!!!
Pour moi ce roman est un énorme coup de cœur c'est le plus beau livre lu en cette année 2011 !
D'autres ont apprécié ce roman Keisha et Choco (billet très intéressant et très complet)

Ps : clin d'œil à ICB Et je ne suis même pas sponsorisé par les éditions Métailié !

vendredi 20 mai 2011

BEATRIX BECK : L'Île dans une bassine d'eau


Les titres de ces contes ressemblent à une comptine sans queue ni tête mais que Béatrix Beck affectionne particulièrement :
Dog, Le costume enchanté, Troll et Girolle, L'Idiot et la fée, La laveuse de vaisselle, Naz l'épouvantail, Les oiseaux Cris-de-la-Princesse, Ilide et Irline, Le sortilège des oies, L'arbre creux, La petite fille de verre, La moindre des fées, L'enfant de la sorcière, La fée changé en femme, L'île dans une bassine d'eau.
Ces contes sont des histoires de fée, de sorcière, de féerie dans la pure tradition des contes, cela surprend par leur côté irréel. Le monde de Béatrix Beck, original, parfois déconcertant, parfois cruel par exemple faire don de la laideur dans "Naz l'épouvantail". Sa mère était irlandaise, son goût de la nature et du monde féerique vient d'elle. " Dansant et volant de joie, la fée se hâta vers le palais royal. Par la fenêtre ouverte, elle entra à tire- d'aile et s'approcha du lourd lit doré à baldaquin où reposait la souveraine et l'enfant."Pas facile quand on est fée de trouver un filleul voir "L'idiot et la fée". "Les oiseaux Cris-de-la-Princesse" est un conte poétique d'une grande tristesse. "Ilide et Irline" est un conte hommage à la nature qu'affectionne tant Béatrix Beck pour elle les arbres sont des humains. Elle a d'ailleurs intitulé une nouvelle "l'arbre creux" C'est un recueil de contes merveilleux, l'écriture de Béatrix Beck est vraiment sublime et subtile.
Comme dans les contes de Ch. Perrault et de Grimm nous retrouvons la symbolique des chiffres. Comme dans la mort irrégulière l'on retrouve ici le plaisir d'incorporer au texte des comptines. Beaucoup de poésie, Béatrix Beck aime les petites choses minuscules voir dans son conte "la moindre des fées" Mme Grosjean qui fait sa lessive avec une bulle de savon !
Je serai assez curieuse de savoir comment son perçu ses contes par les enfants. Le dernier conte, "L’île dans une bassine d’eau" évoque un petit prince Irli fragile couvé par sa mère Irline, une biche et un oiseau. " Enfin, ce jour arriva. À peine Irli fut-il éveillé dans son lit de verre filé, que deux pages entrèrent dans sa chambre en tenant une grande bassine pleine d' eau claire."
Le jeune Prince se conduit en tyran, il provoque naufrage, incendie, catastrophes, jusqu’à ce que la biche et l’oiseau sauvent le petit peuple et abandonnent le roitelet à sa solitude.L'univers des contes de Béatrix Beck sont féérie et la cruauté. Ils sont exigeant dans l'écriture. L'on ne retrouve pas cette qualité dans la littérature jeunesse contemporaine.

dimanche 15 mai 2011

Max Bolliger Renard & renard


illustration Klaus Ensikat
Traduction de Lilo Neis et Anne Salem-Marin

C'est l'histoire de deux renards qui vivent dans un terrier à la lisière de la forêt. L'un est courageux et l'autre est peureux. Le courageux avait très envie d'aller voir ailleurs en compagnie du renard peureux. Mais le peureux non il préférait rester chez lui. Le courageux n'a peur de rien et part à l'aventure, découvrir le monde. Son ami qui est resté chez lui dans son intérieur cosy à boire son thé, il se sentait seul tout d'un coup. Il trouve tout de même des occupations dont la chasse aux papillons. Son amie revient haletant retourne dans sa maison. Et à se moment là ils racontent chacun leurs expériences. C'est une des deux renardeaux et leur regard sur la vie. C'est un livre magnifique, plein de poésie les illustrations sont minutieuses et raffinées.
Max Bolliger et Klaus Einsika sont deux grands noms de la littérature de jeunesse européenne. Personnellement je découvre leur travail via cet album splendide. Les illustrations sont dans un esprit très anglo-saxon. Quand le renard courageux part à l'aventure il rencontre un lièvre il pourrait être tout droit sortie de l'univers d'Alice au pays des merveilles.

samedi 14 mai 2011

BÉATRIX BECK : Une mort irrégulière

Béatrix Beck est connu pour le Prix Goncourt en 1952 : Léon Morin prête.
C'est grâce à Cécile de Quoi de 9 que j'ai fait connaissance de ce roman.

Barny( le double de l'auteur) est jeune intellectuelle, elle a épousé, Vim est juif apatride et militant communiste. Elle en a une petite fille, France. Nous sommes en 1940.Vim est mobilisé dans l'armée française. Barny et sa fille vivent très pauvrement dans les Alpes. Barny donne des cours d'anglais à des femmes. Elle se sent seule et triste. Vim vient en permission, il se sent menacé, car il a découvert qu'il figure sur une " liste noire ", après un séjour de maladie. Barny n'a pas la nationalité Française, elle est belge. Il retourne à l'armée, et, bientôt, Barny apprend sa mort. Crime ou accident ? Barny saura-t-elle jamais la vérité ? On refuse la mention "mort pour la France", on refuse une pension, on refuse toute explication sur les conditions de la mort de son mari.

L'écriture de Béatrix Beck est un univers assez particulier irréel et beaucoup de cruauté , tendu, tout est dit en quelques mots. Dans ce roman, elle a ajouté, incorporé des comptines cela rend un style bien à part. Une mort irrégulière est un petit livre d'une grande richesse dans l'écriture surtout. C'est une romancière à lire, à découvrir. Pour en savoir plus sur Béatrix Beck voir ici en complément.

jeudi 12 mai 2011

RASCAL : AMI-AMI & Comme mon père me l'a appris



Ce livre a obtenu le "Prix Sorcières 2003"
C'est l'histoire d'amitié entre un loup et un lapin.
Le lapin est adorable et le loup évidement très méchant. Ils habitent tous les deux à l'opposé. Tous les deux non pas d'amis. Ils vivent seul chacun de leur côté. Le petit lapin joue aux jeux de société tout seul. Puis, un jour ils se décident d'aller l'un vers l'autre. L'on peut aimer quelqu'un différent de soi.
Beaucoup de tendresse à envers l'autre. Une belle histoire d'amitié au final.
C'est une histoire toute simple. Mais personnellement je trouve qu'elle manque de force et d'envergure comparée aux albums de Grégoire Solotareff et je pense à " Toi grand moi petit".


Comme mon père me l'a appris

La phrase du titre de l'album revient sans cesse sur la page de gauche. Cette répétition du texte ressemble à une ritournelle, Rascal insiste sur l'importance du Père dans la vie d'un enfant. Le père transmet son savoir à l'enfant, mais pas uniquement. Il est comme un guide qui aide l'enfant à grandir, à s'épanouir ... Ici, l'auteur veut nous faire partager son intérêt pour l'art inuit, il nous fait par des codes et des valeurs propres à une société où la chasse à son importance.
Les illustrations sont signés de l'auteur, c'est une première car auparavant il a surtout collaboré avec d'autres illustrateurs. Ces illustrations sont inspirées de l'art inuit, on a l'impression qu'elles sont dessinées sur du bois. J'aime beaucoup les couleurs, le vert de la couverture, c'est doux et les yeux perçant de l'enfant ouvert sur le monde qui l'entoure.

mercredi 11 mai 2011

DAVID TOSCANA : Un train pour Tula


Traduit par François-Michel Durazzo

Voici le deuxième livre que je lis de David Toscana, j'avais lu de cet auteur auparavant El ultimo lector.
Là dans ce roman il est toujours question de livres ici dans "un train pour Tula", mais plus particulièrement d'écriture.
Car Froylan, licencié ancien ingénieur se retrouve dans la situation de devoir écrire la biographie ou roman de Juan Capistran qui se dit être son arrière grand père.Cette expérience lui permet de réaliser un rêve celui d'écrire. Cet histoire démarre à Tula, une petite ville mexicaine, devenue commerçante au moment de la construction de son chemin de fer. Fernanda tombe enceinte de Juan à cause d'un viol avec un américain. Elle a donné la vie à un enfant rejeté et maudit surtout, il est un bâtard. Fernanda décède en couche. Juan est élevé par Buenaventura, la bonne de la famille. « Chaque fois que l’enfant tombait malade, on parlait d’un châtiment de Dieu. Et quand il recouvrait la santé, il s’agissait d’un pacte avec le diable. (...) Quelqu’un raconta lui avoir vu des écailles sur le dos : plus tard quand on eut l’occasion de le voir torse nu, avec une peau ordinaire et sans défauts, loin d’étouffer la rumeur, cela la relança. On affirma que la Noire lui avait enlevé avec du papier de verre. »
La passion amoureuse est au centre du roman avec Carmen la femme idéale, la femme fantasmée, la femme inaccessible. Mais elle va transformer sa vie.
Un personnage secondaire qui m'a séduit c'est le musicien Everardo Fuentes, il a amené à Tula la musique et il a voulu transmettre son amour pour la musique aux habitants.
Ce roman de David Toscana est composé de trois voix : la voix de Froylán, le présent ; celle du passé la biographie romancée, qui nous emmènent à Tula ; et puis celle de Juan Capistrán qui évoque ses souvenirs. De ce point de vue, ce roman est original. C'est un roman sur l'identité, sur la mémoire. " Son nom. Il décida d e commencer par son nom, parce qu'il comprit que ces quatre lettres étaient bien trop lourdes à porter."" Domenico Capistran ? Non, Domienico tout seul." En tant que lecteur nous sommes transporté dans un monde picaresque aux allures de mauvais western, il y a un peu de cela pour situer ce roman. Il se veut être envoutant mais pour moi il ne l'a pas été j'ai peiné dans ma lecture.

Je vous invite à vous rendre ici, pour lire un billet différent du mien et plus précis.
Ce livre fait partie de la sélection du Prix de l'Inaperçu édition 2011.

dimanche 8 mai 2011

CARL NORAC : Monstre ne me mange pas

Illustration Carll Cneut

Alex est un petit garçon cochon gourmand, il a une passion pour les pommes. Alex veut manger des framboises, il faut dire qu'elles sont bien appétissante. Un monstre arrive, il est très attiré par ces framboises, mais aussi par Alex .... Mais heureusement que Maman est là pour éviter le pire !!!!
Voilà ce qui arrive quand l'on est trop gourmand.
Voir chez Vannessa
Les illustrations de Carll Cneut sont une petite merveilles, qui font penser à des collages. Ces pommes, ses framboises sont appétissantes. Le fond légèrement rosé de l'album, le choix des couleurs pastelles qu'il a su très bien utilisé dans l'album la Fée sorcière sont très doux et agréable à l'œil

samedi 7 mai 2011

ROSETTA LOY : La première mains


>Traduit par Françoise Brun

Un soir de février 2008, lors d'une séance de dédicace de Rosetta Loy, j'ai fait la connaissance de Lily.
j'avais lu et bien aimé La porte de l'eau, j'étais curieuse de la connaître un peu mieux, il en fut de même pour Lily se fut comme cela que nous nous sommes rencontrées, voilà trois ans déjà le temps file ....
"Il y en a trois, des mains. La première est la plus belle, elle a entrelacé ses doigts aux miens, chaude, forte. Une main à la Michel-Ange, aux ongles bien dessinés." Nous sommes en pleine monté du fascisme, le quatrième enfant est l'enfant de trop et en plus c'est une fille au grand désespoir de son père. Rosetta Loy sur le ton de la confidence, évoque son enfance. Elle est issue d'un milieu aristocrate. Rome, Paris, Venise sont les villes qui compte dans sa vie. À travers, sa vie personnelle, se dessine l'histoire d'un pays la monté du fascisme, la guerre.
" Le 10 juin de cette année-là l'Italie est entrée en guerre. Pour être à l'unisson de ce que Mussolini annonce au même moment du balcon de la piazza Venizia, le boucher fasciste d'Ostie a organisé une manifestation populaire."
C'est un livre qui tourne autour de la mémoire, du temps qui passe. Une écriture très subtile et tout en finesse, le passé se mêle au présent. Ce livre est tout de même une petite déception est ce pas ce que c'est un livre de commande par Colette Fellous directrice de la collection ? Une fois le livre refermé il m'en reste pas grand chose.

Livre lu par Mirontaine, lire ici un article intéressant concernant cet ouvrage ici.

mercredi 4 mai 2011

ANA MARIA MATUTE : Paradis inhabité

Traduit par Marie-Odile Fortier-Masek

Dans les années vingt à Madrid, Adriana (Adri) a six ans au début du roman. elle est issu d'une famille bourgeoise madrilène. Elle est née sur le tard, après Cristina, Jerónimo et Fabián, des jumeaux. Ses parents ne s'aimaient déjà plus. Mais chez ces gens-là, on ne divorce pas. Tata María et Isabel, la cuisinière sont les seules à l'écouter, comprendre et l'aimer, cette enfant sensible, attachante et pleine d'imagination et de rêves. Adri observe le monde des adultes, ces « Géants ».
"La nuit était mon royaume, celui que je m'étais créé, celui où je vivais." Elle affectionne les contes d'Andersen " Au fil des contes d'Andersen, ce cher complice de mes premières années, j'avais appris que les fleurs avaient leur langage, leurs bals nocturnes où elles étaient reines, avant de s'étioler et de finir aux ordures. J'appris surtout l'existence d'un langage secret, un langage auquel j'avais accès."
Afin de lutter contre l’angoisse qui la saisit à voir ses parents se déchirer, elle renforce ses liens avec sa tante Eduarda, féminine, indépendante et amoureuse de Michel mon amour. Une complicité va naître entre elle. " Elle était très grande, plus que Maman qui pourtant n'était pas petite. Ses cheveux très blancs contrastaient avec sa peau dorée, toute lisse, au milieu de laquelle resplendissaient de grands yeux bleus de licorne."
Au moment de Noël, Adri passe un bon moment de complicité avec son père. Ce dernier a pris la résolution de quitter définitivement l’appartement familial pour vivre à Paris. Ses frères Jeromino et Fabian sont partis aussi pour rejoindre leur père. Elle tombe gravement malade et sa vie change, elle ne va plus à l’école. Elle se lie d'amitié avec Gravila, un petit voisin russe, dont la mère est ballerine .
Ana Maria Matute aborde aussi le problème de l'identité fille/garçon. Comment ne pas penser au très bel album L'histoire de Julie qui avait une ombre de garçon.
« Mieux vaut que les garçons soient avec les garçons et les filles avec les filles. »
"Et si Gavrila ne voulait pas jouer avec moi parce que j'étais une fille ? Adri pouvait aussi bien être un prénom de fille que de garçon : Adriana ou Adrian. Et en plus, j'avais les cheveux courts et une frange, comme beaucoup de garçon de l'époque, aussi aurait-on pu me prendre pour l'un d'eux."
Les livres ont un pouvoir sur l'imaginaire des enfants tout d'abord il y a les contes avec les fées et la licorne, la Belle au bois dormant, Cendrillon et il est question aussi de Peter Pan. " Je me souvins qu'à l'époque où il veillait sur les Enfants perdus dans la petite maison sous l'arbre, Peter Pan disait à Wendy : " Mes os craquent ...". Cette seule pensée réveilla en moi une douleur subtile, aiguë." Tout au long du livre, il est question du conte qui marque Adri et Gravila c'est le Roi Corbeau.
Adri a une passion pour le cinéma " je veux vivre au cinéma", son Papa lui répond " Tu es assez grande pour savoir qu'on ne peut pas vivre dans un cinéma. Les gens du cinéma ont eux aussi leurs maisons, leur famille. " Le point de vu d'Adri n'est pas le même que ceux des Géants, car le monde d'Adri est celui de l'imaginaire. Il rejoint assez l'univers de " L'esprit de la ruche" de Victor Erice. Car ce film traite de la réalité et de l'imaginaire via le film Frankenstein. Il est question du vrais du faux, du jeux. Ana huit ans est fasciné par les monstres, personnage terrifiant, elle s'invente un imaginaire exactement comme Adri dans ce roman "Paradis inhabité".
Ce roman est très riche et Ana Maria Matute s'est avec beaucoup de finesse et doigté évoque parle de l'enfance.
La raison est qu'elle évoque le ressenti de son enfance à elle. Adri est pour moi la petite cousine de Maisie d'Henry James.
J'aime beaucoup la couverture de ce roman espagnol qui résume très bien l'ambiance de ce roman. La petite fille qui met ses mains sur ses yeux. Elle porte une robe de fée. Elle est triste, elle se réfugie au fond d'une pièce. Elle ne veut pas voir la réalité en face, grandir, la fin de l'enfance. Cette fin est pour elle une grande blessure. Ce roman est un véritable coup de cœur pour moi une belle surprise. L'écriture d'Ana Maria Matute est très littéraire, d'un univers riche et dense plein de féerie que l'on ne trouve pas souvent dans la littérature contemporaine.
En complément à mon billet je vous invite à aller voir .

mardi 3 mai 2011

ANTON TCHEKHOV : La Dame au petit chien

Lu dans la version des Milles et une nuit
Traduit par Wladimir Berlowitch

À Yalta, Dmitri Dmitritch Gourov, quarante ans, fait connaissance du dame, plus jeune que lui. Elle promène un petit chien un loulou blanc. Elle se nomme Anna Sergueevna. Elle s'ennuie, elle est déçu par la vie : " Quand je me suis mariée j'avais vingt ans, j'étais dévorée par la curiosité, j'aspirais à quelque chose de mieux ; je me disais : il doit y avoir une autre vie. J'avais envie de vivre ! De vivre et c'est tout ..."
C'est une femme assez énigmatique Anna Sergueevna. Gourov aussi s'ennuie, il a le goût à rien. Tous les deux prennent conscience de la vie, elle leur semble ratée. Tchekhov s'est à merveille décrire la mélancolie existentielle, la sensation du vide, du goût pour rien. Cette toute petite nouvelle est un véritable bijoux, de subtilité dans sa simplicité." La grisaille du quotidien, la vie sociale qui oblige les femmes et les hommes à porter des masques leur est insupportable à l'un comme à l'autre : ils croient vivre dans un asile de fous ou une