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jeudi 28 avril 2011

CONTES ÉCOSSAIS

J'ai déjà évoqué des contes écossais tirés de cet ouvrages en tout cas avec un conte celui du Le brownie du Vallon-aux-Fougères .
Conte écossais : Traduit par Françoise du Sorbier édité par l'école des loisirs
Tout droit sorti du même recueil de conte, je vous présente aujourd'hui :


Cendré et l'abominable monstre des mers
( Tiré The Scottish Fairy Book d'Elizabeth Grierson)

Dans une riche ferme vivait sept garçons et une fille. Le petit dernier se nomme Cendré, il est un peu le petit frère de Cendrillon. Un jour une belle princesse, Précieuse passe devant la ferme, elle demande les services de Cendré. Mais le père de ce petit garçon lui propose plutôt une de ses fille qui sera la suivante de la princesse.
Un jour, une horrible nouvelle survient concernant un monstre des mers : un Léviathan. Bien sûr il faut tuer, se débarrasser de ce dangereux monstre.
L'horrible belle-mère, la reine a comme grand ami un magicien, qui n'était guère apprécié. Mais il proposa une idée pour sauver le pays" Car il déclara que rien ne pourrait satisfaire le monstre ni le convaincre d'épargner le pays, à moins de lui donner en pâture chaque samedi sept jeunes filles, les plus belles qu'on pût trouver". Le courageux Cendré va trouver une solution pour se débarrasser du monstre.
Conall Griffe-Jaune
( tiré des Celtic Fairy Tales )

Un rude gaillard vassal du roi d'Érin. Un beau jour, les enfants de Conall et ceux du roi se battirent. Les garçon de Conall étant les plus fort ils tuèrent le fils aîné du roi. Ce dernier demanda à Conall une épreuve c'est à dire de ramener le cheval bai du roi de Lochlann. Cela n'ai pas une mince affaire, il partit avec ses trois fils, une fois chez le roi, ils essayent de capturé le fameux cheval bai. Il se fait repérer par le roi de Lochlann, ainsi que ses fils. Ces derniers seront pendus sauf si Conall Il se met à raconter trois histoires où il a été confronté à une rude épreuve. Ses trois histoires sont captivantes, il faut dire que Conall est un habile conteur.

mercredi 27 avril 2011

JOSEPH SHERIDAN LE FANU : Comment ma cousine a été assassinée

Ce petit livre m'a été offert par Cryssilda dans le cadre du swap celtique de la Saint Patrick 2010.
Traduction : Jean Pierre Krémer

Margaret a hérité d'une grosse fortune, à la mort de son père. Elle est orpheline, elle est sous la tutelle de son oncle, sir Arthur Tyrell . Il a été accusé de meurtre quelques années auparavant. À son arrivée chez son oncle, Margaret se lie avec sa cousine Emily, elles s'entendent bien et deviennent complice . Par contre elle éprouve une forte répulsion envers son cousin Edward, personnage détestable. Il la demande en mariage. Il est intéressé par son héritage.

Ce petit livre est bien ficelé et ce lit rapidement d'un traite son ambiance gothique et sombre nous tiennent en haleine.
Pour en savoir plus je vous invite à vous rendre ici chez Cryssilda, Lou .

"L'Irlande est un pays de légendes, de superstitions, et Joseph Sheridan Le Fanu s'en est fait le chantre tout au long de sa vie. Par lui, à travers ses histoires, se dessine le portrait d'un pays dans lequel toutes les contradictions passées et à vernir se font jour."

mardi 26 avril 2011

J.M. SYNGE : DRAMATURGE IRLANDAIS


John Millington Synge est né en 1871 près de Dublin . En 1887 il rentre à Trinity College. Mélomane, il part en 1893 en Allemagne pour étudier la musique justement. Mais il s'est rendu compte qu'il pourra jamais être un grand musicien donc il abandonne. Il part s'installer à Paris où il rencontre Yeats et sur ses conseils il va partir pour les îles d'Aran en 1898 pour apprendre la gaélique et vivre avec les paysans. Il vit comme un sauvage. Sa langue maternelle est l'anglais et non le gaélique. Il se sent étranger a vivre dans les îles d'Arran, il se sent en exil en quelque sorte lui qui est issu d'un milieu bourgeois protestant. Il se met à écrire pour différent journaux. Il découvre la Bretagne grâce à Anatole Le Braz. "Le théâtre de Synge est né d'une langue, et d'une langue donné pour élément de résistance pure au vide du monde, à son énorme solitude."Françoise Morvan traductrice de Synge chez Actes Sud Tout son théâtre est écrit de l'anglais pensé en gaélique.

Sa pièce la plus célèbre et la plus joué c'est Le Baladin du monde occidental

pièce qui a fait scandale à cause de sa langue qui n'est pas du pur anglais. Cette pièce a été jugée "diaboliquement immorale" à sa création à Dublin en 1907.
(le Beau Parleur des terres de l'Ouest)
Comédie en trois actes
Le titre originale est " The Playboy of the Western World)
J'ai lu cette pièce dans une traduction de Françoise Morvan, où elle explique tous les secrets pour arriver à traduire correctement ce dramaturge. " Traduire Synge, c'est donc traduire cette langue, telle est la première constatation qui s'impose. " "Les personnages de Synge vivent dans un air immense, l'air sans fin ni fond des îles, et il lui résistent par la parole, qui les porte parfois dans un élan jubilatoire, avant de les restituer à l'angoisse du vide. Traduire Synge, c'est d'abord traduire des scansions, des modulations d'air."
La pièce se situe sur la côte sauvage du comté de Mayo, dans un petit village perdu dans les collines d’Irlande. Un jeune homme, Christy Mahon, a tué son père d’un coup de bêche et il prend la fuite. Il est adulé par les jeunes filles du village, et il tombe amoureux de Pegeen, qu’il veut épouser, jusqu’à ce que réapparaisse son père. Mais le père n’est pas mort et il a l'intention de se venger. Nous sommes dans l’Irlande rurale, ténébreuse, violente. L'ambiance qui se dégage de cette pièce est brûlante. L'écriture de Synge est magnifique poétique et non dénudée d'humour et de sarcasme, étonnante par sa langue à la fois lyrique et populaire, riche en images proche de l’univers shakespearien.
Le baladin du monde occidental est une pièce qui sent la terre de l'Irlande : les landes la tourbe, c'est une très belle pièce écrite par l'un des plus grands dramaturge irlandais avec Samuel Beckett.
Une très belle pièce de théâtre vu, il y a quelques temps dans une mise en scène d'André Engel à l'Odéon en 1995.

dimanche 24 avril 2011

JULIA MARGARET CAMERON : Photographe préraphaélite



Dans l'Angleterre de la seconde moitié du XIXe siècle (1848/1875), en pleine époque victorienne, l'esthétique des peintres préraphaélites trouve de nombreux échos chez les photographes comme Julia Margaret Cameron (1815-1879). Fille d'un haut fonctionnaire de la Compagnie des Indes orientales et d'une aristocrate française qui a fui la révolution. Elle grandit à Calcultta. Elle épouse en 1838 un avocat de l'administration coloniale de vingt ans son aîné, Charles Hay Cameron, rencontré en Afrique du Sud. Elle a habité à Freshwater (c'est aussi le titre d'une pièce de théâtre écrite par sa petite nièce la romancière Virginia Woolf) dans l'île de Whight. Julia était une femme excentrique avec l'obsession de partir en Inde. Elle avait pour voisin le grand poète Alfred Tennyson. Elle a illustré les poèmes de son célèbre voisin. Elle a commencé la photographie sur le tard vers cinquante ans. Elle fait parti des pionniers. Ces photos n'étaient pas toujours parfaites, flou, des défauts de mise au point et d'autres défauts. "Colin Ford (commissaire de l'exposition) disait ceci : Elle domine parfaitement son art, sait ce qu'elle veut et réalise autant de clichés qu'il est nécessaire pour parvenir à son but. Ses mise au point approximatives, loin d'être accidentelles, constituent une marque de fabrique." ( note tiré d'un article du journal Libération du 23 février 2003 à propos d'une exposition Julia Margaret Cameron, the first great woman photographer à la National Portrait Gallery") Mais ces photos sont et restent magiques pour nous. Elle fréquente les peintes préraphaélite John Everett Millais et le plus célèbre d'entre eux le dénommé Dante Rossetti. Elle était très douée pour le portrait, et savait saisir l'âme de ses modèles. Il y a un côté mystique dans ses photos." C'est à partir de 1866, elle crée des éclairages qui visent à conter des histoires, à traduire des émotions et des états d'âme : contrastés pour les portraits masculins, ils établissent une confrontation avec le spectateur; plus doux pour les autres, ils associent un idéal féminin à la sensualité et à la vulnérabilité. "
Le regard est fixe et pénétrant. Les hommes qu'elle photographie sont célèbres et les femmes sont belles et lascives.


Elle a de nombreuse fois photographier Alice Liddell.

Pour la rédaction de ce billet j'ai puisé dans :
- Le Folio plus consacré à la Symphonie pastorale de Gide
Lecture d'image par Ferrante Ferranti
- Promenades anglaises de Christine Jordis
- Dans un vieille article paru dans Libération citation dans le corps de mon billet

En complément de mon billet je vous invite à vous rendre ici chez Maggie.

Sa nièce Julia Jackson, mère de l'écrivain Virginia Woolf ( photographie jointe)

Ps : Voir ICI en complément

samedi 23 avril 2011

JANE AUSTEN : PERSUASION


Traduit par André Blamich (lu dans la version 10/18)
Mais j'adore cette couverture charmante qui se marie bien avec la vision que j'ai du dernier roman de Jane Austen
Persuasion est présenté comme étant le roman le plus sombre de Jane Austen.
"Il ne manquerait guère de sentir, pensait-elle, qu'un tempérament accessible à la persuasion pouvait être, parfois, aussi favorable au bonheur qu'un caractère très résolu."
Dès l'ouverture du roman, Jane Austen nous présente les personnages, en un mot elle plante le décor de la situation du roman. Je trouve qu'elle sait à merveille croquer ses personnages avec un talent tout à fait remarquable. Tout d'abord Sir Walter Eliott, baronnet, veuf, hautain est le père de trois filles, Elizabeth, Anne et Mary. Il est veuf et il mène un train de vie au dessus de ses moyen durant treize ans. Il doit quitter Kellynch, sa propriété. Sa fille aîné a pris la succession de sa mère. Elle et son père vont s'installer à Bath. La deuxième fille, Ann filleule de Lady Russell, est en quelques sorte le vilain petit canard de la famille. Sa marraine, Lady Russell est à la fois une fée et une formidable confidente pour Ann. Les nouveaux locataires de Kellynch sont l'amiral Croft, et le frère de sa femme n'est d'autre que Frederick Wentworth. Il y a huit ans, ce dernier avait déjà demandé la main d'Ann. Mais, il était alors sans fortune, Ann était jeune, elle avait seulement dix-ans. Son père n'approuvait pas du tout cette union. De son côté Frederick Wentworth en fut blessé et meurtri. À Uppercross, c'est là où habite Mary, la petite sœur d'Anne mariée à Charles Musgrove. Anne va vivre chez sa sœur. Elle retrouve la famille de son beau frère avec ses jeunes sœurs Louise et Henriette. Le capitaine Wentworth se joint à elle et à la belle famille de sa sœur Mary. Le capitaine est très gentleman avec Louise et Henriette. Anne en est un peu jalouse.
Avec qui Anne va se marier, est ce qu'elle va rencontrer l'homme de ses rêves ? Persuation est un conte comme le sont souvent les romans de Jane Austen, et celui ci ressemble à Cendrillon, est ce qu'Anne trouvera une chaussure à son pied ? J'aime beaucoup ce roman de Jane Austen, Anne est une personne touchante généreuse attentionnée à souhait. " Anne demanda des nouvelles du capitainte Benwick. Le visage de Mary s'assombrit aussitôt Charles se mit à rire." J'ai pris un énorme plaisir à lire ce dernier ouvrage de Jane Austen, car c'est à la fois un livre touchant et très attachant. Elle manie à merveille l'ironie en particulier dans ce roman me semble t-il. Billet sur ce roman de Jane Austen voir chez Wictoria

j'ai vu cet adaptation avec Sally Hawkins et Rupert Penry-Jones réalisé par Adrian Shergold
Je suis d'accord avec Wictoria pour trouver l'acteur qui joue Frederick Wentworth assez séduisant. Par contre je ne trouve pas Sally Hawkins n'est pas très jolie dans le rôle d'Anne Elliot, mais en même tant Jane Austen nous la décrit comme une jeune fille fanée (limite vieille fille) à la recherche de sa place dans la société. À la fin une fois qu'elle sera sûr de son amour avec le capitaine. Elle est à ce moment là plus lumineuse et donc elle a plus d'éclat c'est aussi simple que cela me semble t-il !
Et, j'ai trouvé cette adaptation tout à fait réussi tout simplement honnête avec l'œuvre. Adrian Shergold n'est pas James Ivory, ni Jane Canpion. En lisant le billet d'Isil je suis assez d'accord avec elle concernant la course d'Anne dans les rues de Bath et la chute, cela est assez grossier dans sa réalisation et prête à rire même !
Mais, malgré ce léger bémol j'ai aimé retrouvé l'ambiance anglo saxonne du XIXième siècle sa campagne, ses costumes raffinés très agréable à regarder. Au final c'est tout de même une adaptation tout à fait honorable, qui se regarde sans déplaisir.
Voir le billet de Georges et voir aussi ici
Challenge organisé par Alice (Jane is my Wonderland

vendredi 22 avril 2011

KAREN JOY FOWLER : Le club de Jane Austen

Traduit par Sylvie Doizelet

Au début du XXIième siècle, en Californnie, un club composé de Bernadette, Jocelyn, Sylvi , Allegra, Prudie et de Grigg passionné de Jane Austen se rencontrent régulièrement pour parler de leur amour de la plume cette grande romancière anglaise. Bien évidement le club n'est que prétexte à s'évader de leur vie, à analyser leurs propres sentiments à travers ceux des héroïnes des romans de Jane Austen.
C'est une lecture agréable accompagnée d'une touche d'humour sympathique. Grigg m'amuse avec sa passion pour la SF.
Mais, je n'ai guère été intéressée par la sentimentales du petit club. Bien évidement, Karen Joy Fowler a cherché à établir un parallèle entre les œuvres d'Austen et la vie de ses propres personnages. Je ne trouve pas que ce parallèle soit bien pertinent cela dit. Qu'est ce qu'il y a en commun entre l'Angleterre de Janes Austen et le monde moderne de l'Amérique d'aujourd'hui ? à part les sentiments et encore c'est assez léger comme rapprochement.

jeudi 21 avril 2011

MARIE DESPLECHIN : VERTE & POME

J'ai déjà évoqué Verte, mais cette voici je désirai vous présenté la version audio dans la collection Chut ! de l'école des loisirs.
Un régal la voix de Sophie Ballul et d'Anne Montaron sont excellentes. Quatre narrations, quatre points de vue celle de la mère, la grand-mère, Verte et la voix du garçon Soufi. J'aime bien l'ambiance fantastique qui se dégage de cette édition audio, je la trouve très bien réussit.
Ursule a eux une fille avec Gérard nommé Verte. Mais, ils se sont vite séparés. Voilà, Ursulle élève seule sa fille Verte, elle veut en faire une sorcière. Anastabotte, la grand -mère est une véritable sorcière. Elle va enseigner la sorcellerie à sa petite fille. Cet univers loufoque plaît bien aux enfants de CM1/CM2. C'est certain que c'est un livre excellent aussi bien pour les petits que pour les grands.

"- Est-ce que tu veux être mon amie ? Elle m'a posé la question sans même me regarder, sans se retourner vers moi, comme si l'idée venait de lui traverser l'esprit. "
Marie Desplechin adore transformer le réel. Comme pour Verte elle reprend le même procédé à plusieurs voix celle de la grand mère géniale Anastabotte que nous connaissons déjà, nouveauté, la présence de Ray (Raymond, le grand-père, le père de Gérard, c 'est un ancien commissaire de police), de Pome (la nouvelle amie de Verte, de Gérard (le père entraîneur de foot) et de sa fille Verte et pour finir celle de Soufi (l'ami de Verte, c'est grâce à lui que Verte a retrouvé son père). Ce procédé rend le récit vivant et très enrichissant de connaître les différents point de vue des personnages. La plume est comme celle dans Verte elle est alerte et fluide, agréable cela glisse tout seul. Dans cette suite les hommes ont la parole c'est la différence avec Verte, cela n'empêche pas pour autant que les femmes les mères (celle de Verte et de Pome) et Anastabotte sont toujours là plus que jamais surtout sa grand-mère.
" D'un autre côté, des hommes, je n'en connais pas beaucoup. Pas de nouvelles de mes grands-parents depuis que ma mère s'est disputée avec eux. Pas de nouvelles de mon père non plus."
Puis, c'est un roman qui est plus centré sur l'amitié sur le rapport père-fille. La sorcellerie tient toujours sa place plus que jamais.
Un très bon roman jeunesse qui parle de la famille recomposée.

mercredi 20 avril 2011

MARIE DESPLECHIN : Les yeux d'or

Un père, directeur de l'Observatoire de Paris, l’élève seul son fils Pierre. Sonia, raconte l'arrivée d'une jeune femme mystérieuse, opticienne chargée de la maintenance d'un précieux télescope. Edmée rôde le soir dans les bureaux, fouille les placards et les dossiers à la recherche de photos d'étoiles et de météores. Un soir , elle dépanne Jean Philippe le père de Pierre pour garder son garçon de dix ans. Alors une amitié entre deux est née, Pierre apprécie de la revoir de temps en temps. Edmée est spéciale, elle est bizarre, témoignent ses ex-collègues. Elle est solitaire, secrète, un peu magicienne
Edmée prend ses distances avec la réalité, interroge le regard, approche les frontières du fantastique.
Ce roman qui se veut fantastique et ancré dans la vie d'aujourd'hui. Pierre enfant de parent divorcé, il vit avec son père mais ce dernier n'a jamais le temps de s'occuper de lui. Sa mère est partie on ne sait où. Au final, il est livré à lui même, il se sent mal aimé d'où la raison de la fugue. Il s'entend bien avec Edmé car entre eux, il y a de la tendresse et de l'attention à l'autre. De ce point de vue ce roman est voir très réaliste hélas aujourd'hui nombreux sont les enfants qui ne trouvent pas leur place dans la société, leur raison de vivre en quelque sorte. Et de ce point de vue je trouve ce roman assez réussit. Dans ce roman, j'apprécie quand Pierre s'en va à Amiens (c'est là où sa mère est née), c'est un passage remplit de poésie.
" Je n'espérais pas vraiment qu'une femme, parmi toutes celles qui passaient dans les rues, allait se jeter sur moi, me prendre dans ses bras et me reconnaître pour son fils. J'étais habitué à vivre sans elle.
Qu'est ce que j'aurais fait d'une mère, moi qui avait vécu sans, presque toute ma vie ? "

J'aime beaucoup la description de la nature, je trouve que l'écriture de Marie Desplechin est plus apaisée et minutieuse. J'avais déjà remarqué son goût pour les plantes et les fleurs dans son joli roman l'Album Vert. Ce passage où Pierre joue les Robissons en quelque sorte à Amiens se trouve être de mon point de vue une histoire dans l'histoire. C'est une parenthèse dans la vie de Pierre, la relation avec le corbeau est une jolie idée, dans ce passage la télépathie joue son rôle. Edmé est là en pensée tout près pour le soigner.
"Moi, j'étais devenu si seul que , si j'avais voulu, j'aurais pu entendre les étoiles glisser dans l'espace."
C'est un roman qui a beaucoup de charme entre le réel et l'irréel.
Voir un autre regard sur ce livre ici

mardi 19 avril 2011

MARIE DESPLECHIN : ÉLIE ET SAM

C'est une histoire d'amitié, durant une année scolaire aux myrtilles,entre deux garçons de sept ans Élie Elifer et Sam Samarcor . " L'amitié précoce de Sam et d'Élie était donc une fierté pour leurs deux familles. Les bonnes relations des deux enfants, leur manière affectueuse de partager leurs activités et d'éviter les disputes constituaient l'essentiel des conversations entre leurs parents." L'amitié entre les enfants s'est sacrée. Ils habitent le même hameau. C'est quoi l'amitié ? C'est quoi être amoureux ? L'amitié est franche et honnête entre Sam et Eli. Si on n'a pas d'ami comme Aliazar Albquerque, c'est un problème, jalousie et de moquerie. C'est une année scolaire riche en péripéties. Les saisons tiennent une part très importantes dans le roman. Ce roman pose la question concernant la représentation masculine et féminine dans la vie des enfants. C'est quoi être un garçon ? C'est quoi être une fille ?
"Souvent, remarqua Élie, j'aimerai bien être une fille.- Moi aussi dit Sam les filles peuvent jouer avec des affaires de garçon, et en plus elles ont le droit de jouer avec des affaires de filles. " L'attention que les enfants porte aux animaux, et attachante.

Les dialogues traduisent la succession d'événements dans la vie de Sam et Élie avec un mélange de naïveté et de tendresse. C'est avec une grande justesse que Marie Desplechin pose les bonnes questions des enfants et elle sait à merveille saisir leurs préoccupations. Ce roman pour la jeunesse est remplit de tendresse et d'humour. C'est léger et frais. Marie Desplechin s'inspire des histoires du Petit Peuple (korrigans, elfes ou autres trolls) .

Les illustrations de Philippe Dumas sont reproduites dessinées à la plume, sont très poétique et douce.

lundi 18 avril 2011

MARIE DESPLECHIN : Auteur Jeunesse Incontournable


Voici les livres que j'ai lu d'elle :

1993 : Le Sac à dos d'Alphonse, L'école des loisirs
1995 : Une vague d'amour sur un lac d'amitié, L'école des loisirs
1996 : Verte, L'école des loisirs, L'école des loisirs
2002 : Ma collection d'amours, L'école des loisirs
2004 : Entre l'Elfe et la Fée, L'école des loisirs
2004 : Satin Grenadine, L'école des loisirs
2004 : Le Sac à main, illustration d'Eric Lambé, éditions L'Estuaire
2005 : La Photo, illustration d'Eric Lambé, éditions L'Estuaire
2006 : L'Album vert,


J'aime beaucoup son univers attachant, son humour. Elle peut écrire de très bon roman captivant comme "Verte", originale par son humour tendresse " Une vague d'amour sur un lac d'amitié", de touchant comme" l'album vert", ces trois livres sont mes préférés.
Je trouve que c'est un écrivain inégal dans ce qu'elle écrit, elle est parfois décevante ce fut le cas par "Satin Grenadine" par exemple. Elle réussit moins bien ses romans en littérature générale que ces romans jeunesses.
Car ce n'est pas la même voix qui écrit (en jeunesse s'est la voix enfant, et en littérature générale s'est la voix de l'adulte) en même tant c'est assez logique. Par exemple, je n'ai pas adhéré par son recueil de nouvelles.
Depuis j'ai lu Verte et Pome - Elie et Sam -Les Yeux d'or -


"Un pas de plus"
Recueil de nouvelles sur le quotidien, les petits rien de la vie.Marie Desplechin s'est écrire des dialogue très juste. Elle possède une plume attachante accompagné d'un brin d'humour léger.
La première nouvelle m'a touché j'aime bien comment elle décrit les sentiments à fleur de peau, nos regrets, nos chagrins. C'est juste pour moi en tout cas je m'y retrouve dans cette description :
" La peau grise est comme un voile, la chair violette est striée de nefs blancs, les os sont d'ivoire et le cœur rose est spongieux. Il est désagréable de devoir penser à toutes ces choses. Il est très désagréable de percer l'apparence et de voir à travers la peau."
"Les cochons d'inde" et " Garde à vue" sont deux nouvelles au ton juste, qui m'ont intéressés. Mais, j'avoue ne pas avoir saisie ou adhéré à toutes les nouvelles. Dans la nouvelle intitulée " Artiste Contemporain" elle évoque sa marque en tant écrivain c'est à dire de partir de la fiction pour aller vers le fantastique, l'irréel. Voir la très belle illustration avec Verte. " L'écriture était un conte dont j'étais la bonne fée, le hennin penché sur le berceau d' l'œuvre, la baguette magique pointée sur le marmot, murmurant : que ce texte ait la pureté du contrepoint, la carnation fragile d'un visage de jeune fille sur la plage, le vice réitéré d'un ruban retourné."


Voir l'Ogresse qui a été déçu par ces nouvelles aussi, Virginie n'a pas été plus emballé que cela.

dimanche 17 avril 2011

Emma de Ducos :Fille de déporté de Catherine Régent

C'est ma chère amie Wictoria qui m'a fait connaître ce court roman. Et, c'est avec bonheur que je l'ai trouvé au Salon du Livre.
Ce petit livre a la couverture jaune me tendait les mains.

En 1871, Paris brûle à feu et à sang , Emma a onze ans elle habite Montmartre, tout comme son amie Jeanne. Son père est au service de la Commune, gouvernement constitué par les Parisiens "Insurgés", ainsi nommés avec mépris par Thiers. " Après sa journée de travail, Papa se rend à son club. Il y retrouve ses amis. C'est là-bas qu'ils discutent des choses sérieuses comme par exemple de l'avenir de notre société." Sa femme la maman d'Emma est à ses côtés elle adhère complètement à ses idées politiques. La vie à Paris est devenue difficile, l'hiver est rude ainsi que la vie. Une rumeur court que sont mangés chats, chiens, rats et bientôt les animaux du zoo du Jardin des Plantes, car la faim et la misère son présentes.
Le père d'Emma, coupable "d'agitation" est alors condamné à la déportation en enceinte fortifiée en Nouvelle-Calédonie. "C'est depuis ce temps que mon père ne rentre plus à la maison. Il offre son talent d'orateur à la cause de la Commune. Il est soutenu par Monsieur Victor Hugo, l'écrivain qui lui-même prête sa plume au nouveau gouvernement parisien." Cela n'empêche pas que son père est un héros, mais c'est un rebelle, il est que déporté et sa famille peut venir le rejoindre. Mais cela n'empêche pas que la nouvelle tombe comme un couperet pour Emma, mais il est tout de même vivant c'est l'essentiel. Sa mère, entreprendre les démarches nécessaires pour le rejoindre là-bas, au bout du monde. " Voilà bientôt deux ans que Papa est en Nouvelle-Calédonie. Les courriers sont si rares que nous ne savons pas grand chose de sa nouvelle vie." Le départ tant attendu a lieu, la tristesse de quitter Jeanne, sa meilleure amie, la mère et la fille embarquent sur la Virginie. Elles sont traités comme "des animaux de ménagerie". Mais elle fait une rencontre sur le bateau qui bouleverse, Louise Michel, une grande dame révolutionnaire qui part elle aussi en Nouvelle Calédonie. J'ai trouvé la rencontre très forte et poignante entre Louise Michel et Emma comme la décrit Catherine Régent. Il est certain après un très long voyage, la petite Emma est ravie de revoir son père à Ducos. Un livre passionnant pour sur l'aspect historique, c'est un livre très agréable à lire et très vivant.
Un livre qui donne envie d'en savoir plus sur Louise Michel.

Voir billet de Wictoria

samedi 16 avril 2011

ANDRÉ GIDE : La Symphonie Pastorale


Après la mort de sa nourrice, le pasteur va s'occuper d'une jeune orpheline sauvage. Il va la recueillir en lui donnant tout d'abord un prénom Gertrude mais aussi en l'éduquant et faisant d'elle une personne autonome à part entière,une très belle personne. Il va s'inspirer des travaux d'un docteur anglais. " Pour enseigner à Gertrude j'avais dû apprendre moi-même l'alphabet des aveugles ; mais bientôt elle devint beaucoup plus habile que moi à lire cette écriture où j'avais assez de peine à me reconnaître, et qu'au surplus, je suivais plus volontiers avec les yeux qu'avec les mains."
Elle va au concert avec le pasteur écouter " la symphonie pastorale" . Elle apprend à jouer du piano et de l'orgue.
Gide était très bon pianiste et il aimait beaucoup Chopin.
Le Pasteur agit envers Gertrude comme si il était son pygmalion ou un metteur en scène. Il la dirige comme bon lui semble il en est de même avec son fils Jacques ou sa femme Amélia.
Sa femme Amélia est jalouse de cette relation particulière entre Gertrude et son mari elle ne comprend pas son attitude .
Elle est courtisée par Jacques le fils aîné du pasteur. Elle sait que l'"on n'épouse pas une aveugle", une infirme. Le Pasteur aime Gertrude par bonté ,elle est une jeune fille, elle est encore qu'une enfant innocente. " - Gertrude est trop jeune, dis-je enfin. Songe qu'elle n'a pas encore communié. Tu sais que ce n'est pas une enfant comme les autres, hélas ! et que son développement a été beaucoup retardé. Elle ne serait sans doute que trop sensible, confiante comme elle est, aux premières paroles d'amour qu'elle entendrait ; c'est précisément pourquoi il importe de ne pas les lui dire. S'emparer de ce qui se défendre c'est une lâcheté ; je ne sais que tu n'es pas un lâche. "Il peut faire vivre son amour car il la comprend. en faite, c'est un homme tout simplement détestable, froid, odieux, il a fait de Gertrude une créature qu'il a désiré. Contrairement à Jacques, il est amoureux de Gertrude dès le premier regard, c'est son cœur qui parle. Il souhaite qu'une chose c'est de pouvoir se marier avec elle, et la rendre heureuse et qu'elle puisse goûter au bonheur. Il est jaloux de l'amour que son père porte à Gertrude un sentiment de jalousie naisse entre eux. C'est l'histoire d'un amour impossible où tout est mensonge car l'on ne dit pas la vérité à Gertrude. " Oh ! je l'ai senti tout de suite à votre voix, que vous ne me disiez pas la vérité ; je n'ai pas eu besoin de toucher vos joues, pour savoir que aviez pleuré. " Car le Pasteur homme d'église cache son véritable amour pour Gertrude en utilisant la parole de la Bible, pour se justifier.Le pauvre Jacques comme il ne peut pas envisager de se marier avec Gertrude, il rentre dans les ordres et se convertit au catholicisme. Le pasteur pense que Gertrude peut voir, l'opération est réussit. Une fois qu'elle est soignée quand elle voit Jacques elle croit que c'est le Pasteur, là l'on peut dire que l'amour rend aveugle cette expression prend tout son sens.

C'est un texte d'une immense cruauté. C'est un texte assez froid et distant, il est à l'image de la religion protestante, où les relations sont uniquement dans le détachement et le dépouillement qui mène à la liberté. André Gide (Prix Nobel 1947), était de confession protestante, en écrivant ce texte c'est une façon pour lui de se détacher de son éducation religieuse et puritaine. C'est un texte superbe concernant la psychologie tout à fait remarquable concernant la palette des sentiments.
Adolescente je n'ai jamais lu cet ouvrage ni même vu le film me semble t-il. Mais, j'avais beaucoup aimé les Faux-Monnayeur et peut-être un autre texte de lui mais je ne m'en souviens pas.

Voir le merveilleux billet d'Anne Sophie qui m'a donné très envie de découvrir cet ouvrage. Voir le billet de Maggie aussi.
Le film est une adaptation libre du livre d'André Gide
Dans le livre c'est les mémoires du pasteur qui sont mit en avant alors que dans le film c'est Gertrude. Le film est une merveille et Michèle Morgan est une remarquable Gertrude très attachante et belle. Elle ressemble à une fée. D'ailleurs il règne une ambiance féerique dans ce film avec la neige.

vendredi 15 avril 2011

LEO LIONNI : Auteur/Illustrateur

Incontournables Auteurs/Illustrateurs


Un album jeunesse sublime les illustrations sont à tomber, des couleurs vivent plein les yeux.
Dessin me semble t-il au crayon sur un papier granuleux pour donner du relief, je ne sais pas trop mais en tout cas c'est très original. Superbe !

Un têtard et un poisson font connaissance dans un l'eau d'un étang. Le têtard n'est pas un poisson mais une grenouille. Il peut sortir de l'étang grâce à ses pâtes.
La grenouille et le poisson grandissent, ils deviennent amis. La grenouille a fait connaissance avec des oiseaux. Là, Leo Lionni est un magicien il dessine des grenouilles et des poissons avec des ailes (aperçut sur la couverture).
Humour concernant les vaches, les hommes comment le poisson les perçoit. Notre poisson est jaloux de la grenouille et il voudrait faire connaissance avec les hommes, les vaches lui aussi. Mais hélas cela n'est pas possible, il ne peut pas vivre hors de l'eau !
Un livre vraiment magnifique sur bien des plans que cela soit l'histoire que sur la science. Qu'est ce qu'un poisson ? Qu'est ce qu'une grenouille ?

Le rêve d'Albert

Leo Lionni - Traduit de l'américain par Isabelle Reinharez

Albert une petite souris qui veut voir le monde. Avec sa classe il va visiter un musée. Il est en admiration devant les tableaux très différent des uns et des autres. Il fait connaissance avec Nicolette, elle adore aussi les tableaux pays enchanteur et coloré.
Albert va faire un rêve en compagnie de Nicolette dans un tableau très coloré. Puis il se retrouve tout seul, drôle de sensation. Mais il a une révélation il annonce à ses parents qu'il veut être peintre.
Il retrouvera Nicolette qui deviendra sa femme. De la poésie en couleur. Les illustrations de Leo Lionni sont très originales de papiers collés, coupés ou déchirés.



jeudi 14 avril 2011

FRED UHLMAN : L'ami retrouvé


Traduit par Léo Lack

Livre lu adolescente. Puis il y a très peu, j'ai assisté à une conférence autour de l'amitié, et ce livre a été cité. La personne qui animait cette conférence a évoqué ce roman avec beaucoup d'émotion, cela ma permis de constater que mon souvenir de ce livre était très fort dans ma mémoire. J'en avais presque les larmes aux yeux. Et, au final j'ai eu très envie de rentrer à nouveau dans ce court roman.
" Jusqu'à son arrivée, j'avais été sans ami. Il n'y avait pas, dans ma classe, un seul garçon qui répondit à mon romanesque idéal de l'amitié, pas un seul que que j'admirais réellement, pour qui j'aurais volontiers donné ma vie et qui eût compris mon exigence d'une confiance, d'une abnégation et d'un loyalisme absolus."
L'histoire se passe en Allemagne dans les années 30, Hans rencontre Conrad. Ils vont devenir amis mais tous les séparent un grand contraste entre les deux garçons. Une grande admiration entre les deux jeunes adolescents est présente. Hans doute de son amitié avec Conrad c'est très bien montré de la par de Fred Ulhman, avec une grande finesse. J'ai apprécié toutes les questions concernant la monté du nazisme en Allemagne surtout en ce qui concerne Hans.
" Ainsi se passaient les jours et les mois sans que rien ne troublât notre amitié. Hors de notre cercle magique venaient des rumeurs de perturbations politiques, mais le foyer d'agitation en était éloigné : il se trouvait à Berlin, où, signalait-on, des conflits éclataient entre nazis et communistes."Il est juif et que va t-il se passer , comment va basculer son pays Allemagne dans l'horreur. C'est une histoire assez cruelle et poignante, sur l'amitié mais aussi sur la famille.
Mon émotion d'adolescente est bien intacte c'est vraiment un livre superbe. C'est plus un récit qu'un roman d'ailleurs comme le souligne bien Arthur Koestler, il a raison aussi de souligner le côté musical du roman.

Un très grand livre assez court qui se lire très facilement mais qu'elle force. Un livre renversant ! Il se rapproche de " l'inconnu à cette adresse" de Kressman Taylor

© L'enfant au gilet rouge de Cézane
reproduction de ce tableaux dans la chambre de Hans.

mercredi 13 avril 2011

ANNE FINE : Mon amitié avec Tulipe

Traduit par Dominique Kugler

Personne ne veut être l'amie de Tulipe.
Elle est trop étrange, trop insolente et elle raconte sans cesse des mensonges invraisemblables.
Nathalie habite avec ses parents dans un Palace. Elle rencontre Tulipe par hasard, puis elles deviennent amie. Tulipe, il faut reconnaître qu'entre un père qui la bat et une mère effacée, c'est difficile de s'épanouir et ne pas être agressive.
" Son père se jetait brusquement sur elle et ne la lâchait plus jusqu'à ce que sa mère, pourtant si timide, ne puisse plus faire comme si elle n'avait pas remarqué ce qui se passait."
Elle a un côté sorcière diabolique qui invente des jeux toujours plus étonnants, comme Silence de mort, Impasse des squelettes, Rats dans l'incendie... Leur histoire d'amitié aurait pu être touchante. Mais non, Tulipe est réellement dangereuse. Cela fait froid dans le dos. C'est un livre étonnant vraiment, voir époustouflant , je ne sais pas comment des adolescents réagissent à cette lecture. En tout cas même si ce roman est une fiction tout sonne juste, elle ressemble à un fait divers de nos jours. C'est une histoire dérangeante, mon ressenti est le suivant entre fascination et un certain dégoût voir malaise.
La plume d'Anne Fine est pour beaucoup dans ce ressenti, au final c'est un roman très brûlant par la maîtrise du sujet.

vendredi 8 avril 2011

MALIKA FERDJOUKH : AGGIE change de vie

L'histoire se déroule à Boston, à la fin du XIX siècle, Aggie Barrie est la reine de la débrouille. Elle a été élevé par les Hume un couple d'aubergiste :

"- Ils m'ont gardée à ma naissance. Ma mère, Ginnie Barrie, était servant chez eux. Ils la faisaient bosser dur. C'est Poodlespring, le laitier qui m'a raconté. Même enceinte, elle devait laver la maison de haut en bas, les escaliers, la cour, porter les seaux ... À l'accouchement , c'est elle qui était lessivée ! L'avait plus de forces. C'est ce qu'il m'a raconté Poodlespring. Alors, elle est morte juste quand moi j'suis née, elle avait plus de souffle..."

Elle est orpheline, elle vit dans les rues en compagnie de son chien Mister Bones et son ami Orin. Ceux sont des enfants des rues et leur langage est châtier. Ils ont mis au point un numéro pour voler les riches passants qu'ils rencontrent sur leur chemin. Grâce à Pemberton Rushworth détective privée, Aggie fait la rencontre qui va complètement changer sa vie. Elle s'appellera dorénavant Margaret Selwyn, a devenir une élégante jeune fille. À la lecture comment ne pas penser à My fair Lady. Aggie fait penser à Eliza Doolittle enfant.


J'ai trouvé ce petit livre sympathique, c'est une agréable lecture. Les clins d'œil en direction d'autres livres de Dickens, Hugo, James Matthew Barrie font de ce court roman un peu court mais attachant tout de même.
La couverture est très réussie, elle résume très bien le contenu de ce petit roman.

CHRISTIAN VOLTZ : Son Univers

J'aime beaucoup son univers. Il est très simple et fait de bout de ficelle. Le site de l'auteur se trouve .

Comme chaque matin

Un album tout simple du quotidien. Un petit bonhomme, c'est Monsieur Léon, chez lui dans sa chambre, il dort, son réveille sonne. Comme c'est dur de se lever. De se laver, de s'habiller de partir travailler. Ceux sont les gestes répétitifs du quotidien, Sans oublier le problème des embouteillages pour se rendre au travail.
Univers est charmant rien n'est oublié dans les moindre détails. C'est un album attachant de douceur de poésie.

Voir ici

Il est Où ?

La question est continuellement répétée !
Et tout se trouve sur la page de droite en bas et qu'est ce qui se cache sous le gros caillou que l'on voit sur la couverture. Puis Rien. Et le gros cailloux se trouve sur la page de gauche.
C'est une histoire tout de bête mais l'enfant lecteur est attiré par le bas de la page de droite. Il fixe son attention là. Pendant que sur la page de gauche se forme un petit bonhomme. Puis à la fin, une fois que le petit bonhomme est constitué, il passe dans la page de droite. Puis patatras, tout s'effondre et on reviens au point de départ.

Une pointe d'humour se dessine dans cet album destiné aux tous petits.




Sacré Sandwich !

Un petit bonhomme (comme c'est si bien les inventer Christian Voltz) a une envie de sandwich mais pas n'importe lesquels ceux de Mc Killian.
En arrière plan se trame une histoire de loup ! et notre petit bonhomme n'en prend pas conscience que le danger rode. Tout d'un coup survient le loup féroce?

Encore un album vraiment bien !!!!

FLORENCE HIRSH : Je cherche les clés du paradis





Illustration de Philippe Dumas


"Maman dit qu'il y a deux sortes de gens dans la vie. Ceux qui ont un paradis perdu et ceux qui n'en n'ont pas."
Je les aimes beaucoup pour sa touche surannée ! et elles sont une importance au premier plan.
" Mon paradis à moi, c'était ma maison", une maison s'est très important dans la vie d'un enfant. Je me souviens moi étant enfant je dessinais très souvent des maisons. Mais la maison dont nous parle Florence Hirsh, était une maison joyeuse et plein de vie avec ses cachettes secrètes. Une grande fierté cette maison qui ressemble à un château ! Mais, un jour surviennent des inconnus. On parle de déménagement, donc partir, et tourner une page, cela n'est pas triste car un bonheur, un paradis perdus est enfoui dans leur mémoire. La richesse d'un paradis perdu à travers les âges.

mardi 5 avril 2011

FRANCES H. BURNETT : Le jardin secret


Traduit par Antoine Lermuzeaux

Mary Amère est bien marrie Un petit rien la contrarie Trop de soleil sur son persil Trop de pluie sur ses salsifis Dans son jardin tout dépérit Sauf les misères et les soucis ...
À la mort de ses parents, elle se trouve être la seule survivante d’une épidémie de choléra dans un village aux Indes.
Mary quitte l'Inde où elle est née pour aller vivre en Angleterre chez son oncle dans un immense manoir isolé. Elle est accueillit froidement par Mme Medlock l'intendante. Son oncle est toujours absent, c' est un homme étrange. Sa tante est décédée en mettant au monde un petit garçon.
Mary est une petite fille de dix ans, mal dans sa peau car mal aimé. Dans cette demeure emplie de mystères, Mary va de surprise en surprise et découvre l’existence d’un jardin secret, fermé depuis la mort de sa tante… " Elle regarda longuement la clef. Elle la tournait, la retournait.... Si cette clef était bien celle du jardin secret , et si Mary réussissait à trouver la porte, si elle l'ouvrait, elle pourrait enfin voir ce que cachait le mur couvert de lierre. Elle saurait ce qu'étaient devenus les vieux rosiers." Le grand air lui fait un bien fou " Le vent vivifiant de la lande, en aiguisant son appétit et en fortifiant son corps malingre, y avait contribué." En arrivant et en faisant connaissance avec la campagne anglaise, Mary va nouer un premier lien d'amitié avec un rouge-gorge. Puis elle fait la connaissance avec un petit garçon Dickon (il fait penser à Peter Pan du Petit Oiseau Blanc plus particulièrement) dans le jardin. C'est unde la nature et des animaux. " Elle découvrit alors un spectacle si surprenant qu'elle écarquilla de grands yeux et retint son souffle. Assis par terre, adossé à un arbre, un garçon d'une douzaine d'année jouait d'un pipeau qu'il avait dû tailler lui-même dans un morceau de bois." Une belle amitié va se nouer entre eux, et le lien secret sera le jardin et le but de redonner vie à ce jardin abandonné. Le manoir où elle loge est immense, mystérieux, elle entend des pleurs parfois. Alors elle décide un soir d'explorer le manoir et là elle tombe nez à nez avec Colin dans sa chambre. Elle est étonnée de voir ce garçon. Il a dix ans, il a perdu sa mère a sa naissance. Il est très malade d'après des médecins. Ils vont devenir amis mais leur amitié est différente de celle que Mary entretien avec Dickon. Dans ce roman le thème de l'amitié est traité, mais il est question de grandir , de renaître plus exactement c'est le cas aussi bien pour Mary que pour Colin. Un grand désir de vivre : "- Non, mais il préférerait qu'il ne soit pas venu au monde. Ma mère dit qu'il n'y a rien de pire pour un enfant. Un enfant qui n'est pas désiré, c'est bien rare qu'il pousse comme il faut. M. Craven est prêt à acheter tout ce qu'il peut trouver sur la terre ! Et tout cela parce qu'il a peur de voir un jour son fils devenir bossu comme lui."
Le jardin secret par magie va jouer un rôle très important chez Colin dans son ouverture vers les autres. Et, par miracle sa vision de la vie va changer et il va devenir un garçon robuste et en bonne santé quoiqu'en dise les médecins. C'est magique ! C'est roman plein de fraîcheur, j'ai une affection particulière pour Dickon. Je comprends très bien que ce roman est marqué de nombreux enfants. Car c'est une très bonne idée de prendre la nature pour s'épanouir et s'ouvrir à la vie. Le comportement de Mary et Colin change au contact de la nature et des plantes. L'amitié forte entre eux et magique renforce leur ouverture vers l'autre et les rend bon. Car l'un comme l'autre n'ont pas connu l'affection de leurs parents. " - Tu sais, pour qu'elles poussent bien, expliquait Dickon à sa mère, il faut les aimer. C'est comme pour les animaux, il faut leur donner à manger quand elles ont faim, et leur donner à boire quand elles ont soif ! Les fleurs, elles sont comme nous, elles ne demandent qu'à vivre."
La nature est très présente dans ce roman de Frances H. Burnett, elle est au premier plan. Elle est traité comme étant un personnage en soi. C'est un roman qui sent bon le printemps ! Je découvre ce roman à l'âge adulte je ne l'ai pas lu étant enfant.
J'ai lu ce roman dans une édition Folio Junior dont je n'aime pas trop la couverture alors j'ai été voir sur le net et j'ai trouvé une couverture anglaise qui je trouve traduit bien la fraîcheur que dégage ce livre.
C'est sur le blog de Casa Nova que j'ai repris cette jolie couverture " Le jardin secret" et il se trouve aussi que je suis entièrement d'accord avec elle concernant son bémol.

© Alice Théaudière

samedi 2 avril 2011

ANNIE ERNAUX : La Place


Prix Renaudot en 1984

J'avais lu d'elle l'année dernière les Années et je n'avais pas trop accroché peut-être tout simplement que c'était pas du tout une bonne idée de commencer par ce livre pour découvrir sa plume.

Car cette voici, j'avoue avoir été fort séduite par ce court roman autobiographique "La place. " Le thème central est celui de la relation entre une fille et son père. Et, la mère est présente mais en retrait. Il est aussi question de la place, le milieu social dont on est issue. Les parents de la petite fille (Annie) sont des gens simples, au langage relâché au goût populaire mi-commerçant, mi ouvrier.
Ce court roman s'ouvre sur une réussite professionnelle de la narratrice qui vient de décrocher le CAPES. Ce diplôme lui permet de gravir les échelons dans la société d'accéder à la bourgeoisie.
Elle vient de perdre son père. Son décès est décrit avec beaucoup de minutie et d'émotion. Cette scène aurait été très bien filmé par Pialat, il savait très bien filmé le deuil avec un regard très respectueux. " Mon père est mort deux mois après, jour pour jour. Il avait soixante-sept ans et tenait avec ma mère un café-alimentation dans un quartier tranquille non loin de la gare, à Y... (Seine-Maritime)."
Annie Ernaux via son écriture si particulière exprime très cette sensation concernant le changement de classe sociale.
L'écriture est concise tout est dit avec beaucoup d'économie de mots, avec pudeur et finesse. Ce texte d'Annie Ernaux et je l'ai trouvé remarquable, même si il ne me touche pas intiment. C'est très fort de partir de sa propre histoire et de savoir toucher les autres . Je trouve son écriture généreuse, superbe !
Lu par Liliba qui n'a pas adhéré, autres avis chez B.O.B