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mardi 29 mars 2011

FRANCIS GARNUNG : La Pomme rouge


Un livre que j'ai acheté à Neverland librairie tenue par Mélanie.

Ce roman a été publié deux ans avant Lolita de Nabokov. Le chef-d'œuvre de Nabokov a fait de l'ombre à La Pomme rouge, ce fruit défendu. Personnellement je trouve le roman de Francis beaucoup plus subtil que celui de Nabokov et au final, je trouve que c'est deux livres sont très différents. La raison a mon sens est très différente le Nabokov est dans mes souvenirs lointains plus américain et sa structure est celle d'un véritable roman. Alors que la Pomme rouge est très européen et français, la structure (suite de lettres) en fait un texte plus poétique.

Ce roman parle d'un amour entre un homme de trente ans et une enfant de douze ans. Cela donne un roman complexe avec un sentiment d'admiration et répulsion. L'auteur Francis Garnung dit dans un article que l'on peut lire chez Lily ceci : " Je me suis rendu compte que j'étais attiré par les petites filles, à la façon d'un Lewis Carroll. J'aimais leur grâce, leur geste de femme naissante. J'ai eu peur de devenir pédophile. J'ai écrit "la Pomme rouge" pour me dégager de ça."
J' ai trouvé que la référence aux contes était originale et poétique. Vous pouvez entendre un passage superbe (joliment lu) ici. C'est un livre qui peut choquer et mettre très mal à l'aise le lecteur . Et, je pense qu'il faut faire un effort pour dépasser le dégout premier que l'on peut avoir si l'on prend cette lecture au premier degré. Aussi, il me semble que c'est le regard que l'on porte qui est malsain alors que quand dans la relation entre François et Guillemette n'est que pureté et ils sont sur un pied d'égalité. Personnellement, je rejoins tout à fait le ressenti de Lily concernant le temps, la barrière entre les âges. Il est au centre de ce roman, grandir vieillir moi aussi j'ai vu aussi que ce roman ne parlait que de cela, aspirer à la jeunesse éternelle. François est envieux de la jeunesse de Guillemette. " Restez à l'âge des poupées, et aimez- moi, comme un nounours : non pour tire , non pour pleurer, mais "pour de bon", avec tout le sérieux que savent prendre les petites personnes comme vous, dans un monde hélas d'où je suis banni."... " J'oublie trop vite ton âge quand je pense au mien."... Rester enfant, c'est un choix pour ne pas vieillir, la jeunesse éternelle " Oui, c'est promis,quand nous serons grands, nous vivrons enfants et nous aurons beaucoup de bonheur." Guillemette dit une chose très juste, oh ! combien exact : "Tu (Guillemette) m'écris aussi : Quand je serai vieille, que j'aurai quarante ans, tu en aimeras une autre de douze ans." Mais François lui dit qu'il n'est pas un satyre.
Un passage qui m'avait sourire car il illustre parfaitement l'idée développée par les publicitaires les jeunes filles qui désirent être des femmes, et les femmes de s'habiller en jeune fille."


" Ingénuité bien factice ! Quand toi tu aimes à te déguiser en femme (ne le nie pas, je t'ai vue de ma fenêtre ...), ta mère se déguise en minette, avec socquette, et minijupe. À quand des couettes avec des rubans roses ? S'imagine-t-elle que pour me séduire elle doive imiter sa fille, et sucer son pouce ?"

Mon véritable ressenti concernant ce livre ce trouve dans cet extrais :
" Allons, que cette clandestinité où nous sommes confinés malgré nous augment ce côté trouble du plaisir défendu et nous donne des audaces impensables au grand jour. Et cueillons, comme dirait un Ronsard approximatif, cueillons dès aujourd'hui les roses de demain."
Un livre curieux, délicat dut à sa structure. Ceux sont les lettres de François que nous lisons, ne nous ne connaissons pas les réponses de Guillemette. Pas facile de parler d'un tel livre dont Vanessa qui la fait connaître à Holly et Lily, a écrit un billet magnifique sur ce livre qui a été pour elle un véritable coup cœur.

À la lecture de ce livre, comme le souligne encore Lily , l'on pense à l'univers de Balthus. Peintre réputé pour ses tableaux de jeunes filles jouant sur l'idée de l'innocence perdue à l'adolescence. Voilà ce qu'il dit :
« Je vois les adolescentes comme un symbole. Je ne pourrai jamais peindre une femme. La beauté de l’adolescente est plus intéressante. L’adolescente incarne l’avenir, l’être avant qu’il ne se transforme en beauté parfaite. Une femme a déjà trouvé sa place dans le monde, une adolescente, non. Le corps d’une femme est déjà complet. Le mystère a disparu. »
Mais, aussi au cinéma, je pense à Rohmer , le cinéaste réputé pour être celui des jeunes filles en fleur.

dimanche 27 mars 2011

PIERRE DUBOIS : Comptines assassines

Je ne connaissais que vaguement de non "Pierre Dubois" pour sa passion des Encyclopédies des fées, des elfes et des lutins mais sans plus. Puis le titre ma séduit et surtout et avant tout il est question de détournement de conte et là j'aime beaucoup.
J'aime les comptines ces ritournelles enlevées qui riment.
La couverture est géniale car elle résume bien le contenu de l'ouvrage.
La petite fille déguisée en Petit Chaperon Rouge avec un pistolet pointé vers le lecteur. Douceur et noirceur sont réunis sur la photo.
Référence anglaise aux Nursery Rhythmes cela me plait bien aussi, donc voici la raison qui m'a poussé à lire ces comptine

Ce recueil de huit s'ouvre sur un Chat Beauté serial killer, puis, un Croquemitaine est présent, un certain Sherlock Holmes se trouve être à la retraite. L'auteur a pris le choix de revisiter Dracula, Barbe Bleue, et même Alice au pays des merveille pour clôturer le recueil.

Malheureusement, j'adhère pas trop voir j'ai eu un mal fou à m'accrocher à ce recueil de huit contes. J'ai fait une pause j'ai repris une, finalement je n'accroche pas du tout rien concernant le ressenti, l'intérêt ou plutôt à pénétrer dans l'univers de Pierre Dubois . Je ne suis pas arriver à choper le tempo de ses comptines assassines. Dommage, l'idée est bonne pour en plus j'adore les détournement de contes. Tout simplement, j'adhère pas trop au style, au côté loufoque. Mais je ne pense pas que cela soit la raison vient de là.
Le plus réussit à mon sens sont les comptines (les Nursery Rhythmes, proche des chansonnettes) justement car le ton est enlevé et jouissif. Un recueil peut-être à reprendre un jour !

" Demain c'est dimanche
À la maison blanche
Ma tante, elle balaie, elle trouve une orange
Elle l'épluche, elle la mange
Oh, la petite gourmande ! "


vendredi 25 mars 2011

GREG OLEAR : Totally Killer


Je tiens à remercier les éditions Gallmeister et B.O.B pour m'avoir permis cette rencontre avec l'auteur

Traduit par François Happe

En 1991 à New York, Taylor, fraîchement diplômée d'une université du Missouri, son partage son appartement avec Todd, c'est lui le narrateur, il espionne les journaux intime de Taylor. Donc il nous raconte son 'histoire, elle se déroule à New York en 1991, Taylor recherche un emploi ainsi que le grand amour. Todd est dans la même situation que Taylor .
" Car voyez-vous, c'est comme Taylor, j'ai moi aussi été client de l'agence de recrutement Quid Pro Quo. Moi aussi, j'ai rencontré Asher Krug et Lydia Murtomaki et je sais ce qui se passait dans ces bureaux austères lambrissés de chêne."
Jusqu'au jour, une agence Quid pro quo lui propose mystérieusement "le job pour lequel on tuerait". Elle va décroché un emploi qui correspond à ses aspiration celui d'éditrice. Elle s'occupera d'un livre écrit par Roger Gale et c'est l'anagramme de Greg Olear. Elle est ravie. Elle fait la connaissance d'Asher Krug, un homme étrange et légèrement pervers. À partir de ce moment là, le roman bascule dans un univers noir, où le prix à payer s'est devoir assassiner quelqu'un.
Greg Olear nous décrit une société touchée de plein fouet par la crise économique aux Etats-Unis(qui a bien sévit aussi France entre parenthèse à la même époque) . la recherche d'emploi pour Taylor se révèle être un véritable parcours du combattant. J'ai souris parfois concernant les références qui me parlent puisque Taylor est de la même génération que moi. Donc la fascination qu'elle a pour Duran-Duran je la comprends, une des coqueluches pour une génération de jeune fille dans les années 80.La bande son a sa grande place, Yoko Ono est présente, ainsi que tas d'autre référence musicale de ce début des années 90. Le narrateur, écrit son récit en 2009, s'est un looser, il a lui aussi connu cette période difficile de recherche d'emploi. Todd et Taylor sont des jeunes issues de la Génération X de Douglas Coupland.
Greg Olear ne se prive pas de souligner les différences comme les similitudes des deux époques, celle de 1991 et celle de 2009, à la différence qu'aujourd'hui les nouvelles technologies tiennent une grande place dans le quotidien. Il s'est amusé en écrivant sont thriller avec les cliché habituel du thriller, par exemple son personnage féminin Taylor est la parfaite blonde nymphette au soixante-dix huit amants ! Le point de départ de ce roman s'est la Firme de John Grisham , qu'il avait en tête mais il a voulu faire en mieux , puis aussi c'est l'idée d'écrire un scénario pour le cinéma. C'est amusant, car effectivement au début de ma lecture j'ai ressenti une écriture très cinématographique et cela s'est vérifié exact lors de la rencontre à laquelle j'ai pu assisté avec l'auteur.

C'est avec curiosité que j'ai accepté de ce livre , très éloigné de mes lectures d'une manière générale. Quand j'ai refermé le livre, j'ai apprécié ma lecture surtout pour ce quelle dégage une atmosphère urbaine très new-yorkaise et plus particulièrement celle de 1991. Dans la première partie où les références sont nombreuses ( mais elle ne freine absolument pas notre lecture) elles sont là uniquement pour bien préciser et situer que le roman se situe en 1991. Au final, c'est un très bon thriller américain, bien ficelé.
Je vous invite à vous rendre sur le site de ce roman ici, où l'on peut voir la couverture américaine du livre.

lundi 21 mars 2011

YOK- YOK

Avec l'arrivée du printemps voici une très jolie nouveauté à l'attention des petits à partir de trois ans.Yok-Yok le petit lutin qui sort de sa noix pointe son bout du nez !

Une noix : Elle tombe, dedans se trouve Yok-Yok, le petit lutin au grand chapeau rouge. Il se fait des amis Noire la Souris et Josée la chenille. Ils peuvent voyager en montant sur le dos du grand corbeau. Yok-Yok découvre la lune et le soleil. Personnellement je ne suis pas très convaincu par le texte, l'histoire par contre les illustrations sont une petite merveille.Elles font rêver, elle laisse une grande place à l'imaginaire.
Voilà c'est mon avis ! Pour tout savoir sur ce petit lutin au chapeau rouge rendez-vous ici.


Yok-Yok et les secrets des saisons


Là c'est un ouvrage plus ancien le texte est de Marie Agnès Gaudrat.
S'ouvre avec le printemps et ses secrets, les jours se rallongent et les fleurs pointent leur nez. La nature se réveille les bourgeons aux arbres. C'est aussi l'époque des délicieuses cerises. Ensuite, vient l'été les insectes sont les amis de Yok-Yok. Arrive l'automne la saison des noix . C'est d'une noix que notre ami le lutin a vu le jour.
Mais c'est aussi l'époque de la pluie, des champignons et des marrons et les feuilles tombes. L'hiver arrive accompagné de flocon, du froid, de la neige plaisir des glissades, la fabrication de bonhomme de neige.
Un petit livre poétique autour de la ronde des saisons, très sympa et l'on passe un moment agréable avec Yok-Yok.

Etienne Delessert : Un très bel univers graphique surréaliste

samedi 19 mars 2011

JACQUES DOILLON : la drôlesse




Film de 1979, sur l'adolescence. Mado a onze ans, un pied encore dans l'enfance et un autre dans l'adolescence.
Elle vie chez sa mère et cela se passe pas bien, elle est malheureuse, elle se sent terriblement seule. Nous sommes dans un milieu rural prolétaire.
Mado a des boutons dans son dos cela la gratte. François un adolescent, est un simplet, il est en manque d'affection. C'est un grand solitaire lui aussi , il vend des cageots et des bouteilles vides lui permet de survivre. Le reste de la journée, il parcourt la campagne sur sa vieille mobylette. Il croise sur la route et il enlève Mado en lui promettant de la soigner. Françoit vit avec sa mère et son beau-père, ce dernier ressemble à un ogre. François est comme Mado, rejeté et vie sa vie dans un grenier de la ferme. Mado et François vont vivre coupé du monde dans le grenier. Tous les deux sont des enfants abandonnés, mal aimés alors ils ont décidé de former un couple. Une complicité va naître entre d'eux. Mado souhaiterai que François soit à la fois son père, son mari .
Elle se conduit plutôt en épouse. Ils sont à la recherche d'un paradis car la société les a brisés.
Le grenier représente plus comme un refuge coupé du monde qu'une prison .

Quelle jolie idée leur SECRET, la ficelle dans le petit trou pour rentrer et sortir du grenier.
Le point de départ du film est un fait divers, le réalisateur a voulu savoir pour quoi le garçon avait kidnappé la jeune fille. Qu'elle était sa motivation réelle. Les deux acteurs sont époustouflant. La petite Madeleine Desdevises, issu d'un milieu très précaire est décédé quelques temps après le film d'une leucémie. Claude Hébert, il a joué dans Moi Pierre Rivière de René Allio.
Écriture de ce film est entre la fiction et le documentaire, il n'y a pas de frontière. Cette histoire est intemporelle, elle pourrait très bien se situer aujourd'hui. Comme Pialat pour l'Enfance Nu, il a tourné avec non professionnel et son film est aussi un documentaire pas de frontière avec la fiction et la réalité, c'est souvent la marque des très grand film. Jacques Doillon construit ses films à partir d'un univers très écrit, ce film par certain côté est très littéraire.
La drôlesse est un film sauvage d'une grande tendresse et poétique à la fois. Pas de regard supérieur de l'adulte, Jacques Doillon nous montre le cocon, l'univers bien à ces adolescents qui veulent grandir dans une société juste où ils ont leur place. Ce film l'un des plus beau et des plus pur de Jacques Doillon un des plus grand réalisateur français. D'une façon générale les films de Doillon sont très attachant émouvant. C'est un réalisateur proche de l'enfance et de l'adolescence. Il comprend bien les failles et les chagrins des enfants.

jeudi 17 mars 2011

MAURICE PIALAT : L'Enfance Nue


C'est le premier long métrage de Maurice Pialat, il est sorti en 1968, l'année de ma naissance.

L'enfance nue est un film déchirant à plus d'un titre il évoque l'adoption. François dix ans, est abandonné temporairement par sa mère. Il a été confié à l'assistance publique. Il vit dans le Nord de la France, sa première famille d'accueil c'est les Joigny. Ils ont une fille Josette.
François est insupportable il fait de nombreux bêtises. Il martyrise entre autre un chat noir, il est vicieux et sournois. Il se sent à part et malheureux. Alors ses parents adoptifs demandent à ce qu'il soit placé dans une autre famille. C'est le cas, le voilà dans une famille de retraité "Pépère" et "Mémère". Ils ont déjà un fils adoptif Raoul et une petite fille. Les enfants adoptés font pipi au lit, ils ne travaillent pas bien à l'école, c'est des enfants durs. Car, ils ne connaissent pas leur identité, leur racine, ils sont dans le doute, une blessure, une faille est en eux. C'est pas possible d'appeler sa mère adoptive" Maman". Leur vrais mère leur écrit parfois, elle peut reprendre son enfant si elle le souhaite. Mais c'est pas toujours le cas, pour François, il est dans le doute et c'est pour cela qu'il fait des bêtises. Même si il est dans une famille très chaleureuse, il a bon cœur aussi, Mémé et Pépé Thierry l'aime, ils font tout pour que François soit bien.
Une scène très touchante du film est la suivante :
M. et Mme Thierry acteurs (non-professionnels) qui interprètent leur propre rôle.. Ils jouent leur propre rôle dans la vie, ils s'occupent de nombreux enfants. M.Thierry est un ancien mineur. C'est un couple d'une très grande générosité, ils font tout de leur mieux pour que des enfants dont l'affection est rompue de leur donner une dignité et de leur montrer le bon chemin de la vie. Ils sont en un mot extraordinaire de bonté, cela gréve l'écran. « Pialat prenant le café avec les époux Thierry, les écoutant parler de ce qu'a été leur vie, du temps de l'Occupation, de la Résistance, de leurs enfants, les vrais et les autres, puis disant doucement « maintenant on va tourner, madame Thierry si vous voulez bien vous asseoir sur les genoux de votre mari et dire encore ce que vous venez de me raconter…». »Pascal Mérigeau, Pialat, Editions Grasset & Fasquelle, Collection Biographie, Paris, 20002.


J'aime beaucoup aussi la complicité entre François et Mémé la vieille, c'est très touchant. Et d'ailleurs, pour François sa mort est comme si il avait reçu un poignard dans le ventre. " Quand il parle de sa Mémère la vieille il a tout dit." Pialat est un metteur en scène qui sait admirablement filmé la mort dans ses films toujours avec une très grande pudeur et en suggestion.C'est un film dur sur une enfance blessée, l'adoption et au fond trouver son identité et sa place dans le monde. L'enfance Nue est qui fend le cœur par son sujet, c'est un film qui marque qui ne laisse pas le spectateur indifférent. Ce film est une belle photographie de la France et de ses habitants d'une époque qui n'existe plus. À sa sortie le film fut mal accueillit et ce fut un échec pour tant j'ai trouvé dans ce film un écho avec les 400 coups de Truffaut.

Le documentaire qui accompagne ce DVD " Choses vues autour de l'enfance nue" de Roger Stéphane.
Tout d'abord Maurice Pialat n'est pas un enfant de l'assistance public. C'est un sujet qui l'intéresse et le touche profondément c'est tout simplement cela, mais son enfance à lui fut malheureuse. Au départ ce film devait être un documentaire et non une œuvre de fiction. L'enfant abandonné souffre d'être différent de ne pas avoir de vrais parents.

mercredi 16 mars 2011

RENÉ CREVEL : La mort difficile


J'ai déjà évoqué cet auteur, il a été l'ami de Mireille Havet et de Marcelle Sauvageot. Il est partagé entre les surréaliste et le communiste. C'est un homme qui possède une sensibilité à fleur de peau.

La mère du jeune héros Pierre Dumont-Dufour et Mme Blok la mère de Diane sont toutes les deux issus d'un milieu bourgeois conservateur, très bavarde. Mme Dumont-Dufour a une haine envers son mari. Elle désire divorcer. Elle pense que son fils deviendra comme son mari le colonel, c'est à dire fou. " Ainsi Pierre, son fils , dont la nourrice était alcoolique (voilà pour la malchance ) a un caractère emporté. D'ailleurs, il a de qui tenir, son père (voilà pour l'hérédité) s'est toujours montré d'une telle violence. "M. Dumont est colonel, il écrit à la Marquise de Pompadour. Et M. Dimitri Block s'est suicidé, non loin de l'armoire à liqueur pendant qu'ils recevaient. Pierre Dumont, vingt ans homosexuel et toxicomane, aime Arthur Bruggle l'Américain, venu en Europe comme laveur de vaisselle, maintenant dandy capricieux et insolent. " À noter que cet Arthur Bruggle est un adolescent aux mains longues qui marche en dansant comme une panthère et a des yeux animal." Pierre est aussi aimé de Diane, « sa sœur d'ombre » tous les deux font de la peinture
Les rapports conflictuels avec sa mère et la décadence bourgeoise des pères est au cœur du roman. Surtout il y met en scène, de façon prémonitoire, sa propre mort "sa liberté", son propre suicide.

L'écriture est très agréable, beaucoup d'ironie surtout dans le premier chapitre j'ai bien aimé par contre par la suite je me suis assez ennuyée. Au final ce roman est une curiosité que j'ai lu grâce à l'essai de Klaus Man (aujourd'hui et demain éd. Phébus) "Dans la Mort difficile, c'est dans la disposition à l'égard des mères, dont on ne parle qu'avec une sévérité et une méchanceté redoutables, qu'elle est la plus manifeste, la plus marquée et la plus inquiétante" C'est le point que j'ai trouvé le plus intéressant le regard sur les mères bourgeoises d'une certaine époque, c'est très juste.

Pierre est dans le salon."Bonjour, madame Blok, bonjour aimable madame d'un fil dégénéré. - Bonjour, Pierre, bonjour, mon enfant.- Êtes-vous anormal, madame Blok ? -Pierre je t'en prie . -Êtes-vous dégénérée, ma mère ? - Mon enfant, qu'elle mouche t'a donc piqué ? "

Ce roman témoigne de l'obsession autobiographique et de la bisexualité de René Crevel et délivre un document essentiel sur une certaine jeunesse des années 1920. Son propre père s'est suicidé quand il était âgé de quatorze ans.

mardi 15 mars 2011

ROALD DAHL : en Folio Junior

Je suis une grande fan de Roald Dahl j'aime son univers pétillant . Une des bonne raison entre autre c'est qu'il est né comme moi un treize septembre ! Je l'ai lu enfant mais il ne m'avait pas tant marqué que cela. Il y a quelques années j'ai fait un stage chez Gallimard-Jeunesse c'est surtout à ce moment là que je me suis régalée vraiment ! James et la grosse pêche, Mathilda, Moi Boy, Sacrées sorcières ...
Voilà la première raison la deuxième c'est qu'il adore jouer avec les mots : les jeux mots cela j'aime énormément et dans le BGG il s'en donne à cœur joie ! Clin d'œil à Lewis Carroll en particulier pour "De l'autre côté du miroir", Raymond Quenau, Pef avec les mots tordus cela m'enchante, me réconforte aussi moi anciennement dyslexique.



Les deux gredins
Un petit chef-d'œuvre bien grinçant !

Traduit par Marie-Raymond Farré
Illustration Quentin Blake

Compère gredin ne se lave jamais sa barbe, qu'il a d'ailleurs fort longue et drue. " Alors, je me pose les questions suivantes combien de fois ces barbus se lavent-ils la barbe ?" Sa commère, cette vieille sorcière, a un œil de verre et un sale caractère. Ils se détestent, se chamaillent. Ils forment une "formidable" équipe de crapules. Entre eux, ils se jouent des tours pendables. Avec les autres, ils sont épouvantables.
La scène des spaghetti est extra et que dire de la "ratatinette".
Ah ! la tarte aux oiseaux que de cruauté, avec les enfants et avec les singes malicieux vont tout pour troubler la préparation de la tarte adorer de Compère Gredin

Attention ! Piège à glu ! Ne vous perchez pas dessus ! Ou vous finirez rôtis Dans la tarte du mercredi !
Les deux gredins me font penser aux fermiers bêtes et stupide de "Fantastique Maître Renard."
Roald Dahl brosse avec un humour noir décapant les portraits de deux abominables vieillards cent pour cent affreux. Extra l'on passe un excellent moment en leur compagnie.
Les illustration de Quentin Blake sont au poil aussi ! Il existe une très bonne version audio chez Gallimard Jeunesse.

Matilda
Plein d'humour
Traduit par Henri Robilloet
Illustration Quentin Blake

" M. et Mme Verdebois appartenaient à cette espèce. Ils avaient un fils appelé Michael et une fille du nom de Mathilda, et considéraient cette dernière à peu près comme une croûte sur un plaie." Charmant !, pauvre Matilda ! Pour ses parents, une petite fille ne doit pas être intelligente mais seulement belle pour être vue.
Il se trouve qu'elle est une petite fille très intelligente. Son frère Michael n'est qu'une tête à claque. Son père est un concessionnaire de voitures d’occasions, mais il passe sont temps à arnaquer ses clients. Sa mère est constamment absorbée par son loto et ses feuilletons télévisés. Quant à son frère, il est destiné à prendre place dans l’entreprise de son père. Elle apprend à lire toute seule à l'âge de trois ans, et elle adore ça. Cela n'est malheureusement pas du goût de ses parents, deux abrutis qui préféreraient que leur fille regarde, comme eux, des émissions stupides à la télé. "Au cours des six mois suivants, sous l'oeil ému et attentif de Mme Folyot, Matilda lut les livres suivants :
* Nicholas Nickelby, de Charles Dickens

* Oliver Twist, de Charles Dickens
* Jane Eyre, de Charlotte Brontë
* Orgueil et Préjugés, de Jane Austen
* Tess d'Uberville, de Thomas Hardy
* Kim, de Rudyard Kipling
* L'Homme invisible, de H.G. Wells
* Le Vieil Homme et la Mer, d'Ernest Hemingway
* Le Bruit et la Fureur, de William Faulkner
* Les Raisins de la colère, de John Steinbeck
* Le poney rouge
* Les bons compagnons, de J.B. Pristley
* Le rocher de Brighton, de Graham Greeene
* La ferme des animaux, de George Orwell.
J'aime beaucoup les petits tours que Mathilda fait à ses parents :)))
" Matilda aurait sincèrement voulu que ses parents fussent bons, affectueux, compréhensifs, honnêtes et intelligents."
À l'école, la petite Matilda n'est pas au bout de ses peines, puisque la directrice de l'établissement déteste les enfants et leur inflige les pires cruautés. Heureusement, il y a aussi une gentille institutrice au nom doux et tendre Melle Candy est là . Et puis, Matilda a des talents vraiment exceptionnels...C'est une femme-enfant comme la nomme Melle Candy terriblement attachante d'intelligence, avec un petit brin espiègle.
Deux livres très attachant "Les deux gredins" est"Malthida" est plein d'humour.

Le Bon Gros Géant

traduit par Camille Fabien
Les dessins sont signés de son complice, fidèle Quentin Blake

Sophie ne rêve pas, cette nuit-là, quand elle aperçoit de la fenêtre de l'orphelinat une silhouette immense vêtue d'une longue cape noire et munie d'une curieuse trompette. Une main énorme s'approche et la saisit. Et Sophie est emmenée au pays des géants. Terrifiée, elle se demande de quelle façon elle va être dévorée. Mais la petite fille est tombée entre les mains d'un géant peu ordinaire : c'est le B.G.G., le Bon Gros Géant,qui se nourrit de légumes et souffle des rêves dans les chambres des enfants. (quatrième de couverture)
Une grande amitié va se nouer entre le B.G.G et Sophie.
C'est un livre magnifique de générosité, de tendresse un régal c'est intelligent fin . En un mot c'est un livre qui pétille !



Il est question de ce conte dans le roman de Roald Dahl :
"- Jack est le seul homme de terre que les géant redoutent, explique le BGG, ils sont tous terrifiés par Jack, ils ont tous entendu dire que Jack est un célèbre tueur de géants. - Oh, sauvez-moi ! cria l'Avaleur de chair fraîche, Jack, aie pitié d'un pauvre petit géant ! Oh ! La tige de haricot ! Il vient vers moi avec sa terrible tige de haricot qui pique et larde !"


Jacques et le haricot magique

Traduit par raconté par Richard Walker traduit par Estelle Chapron
très joliment illustré par Niam Sharkey - édition du Père Castor Flammarion
Conte traditionnel d'origine britannique il est très populaire mais l'on ne connait pas exactement le nom de l'auteur.
"L'édition la plus ancienne du récit date de 1807 lorsque paraît The History of Jack and the Bean-Stalk, imprimé par Benjamin Tabart, mais l'histoire est plus ancienne puisque une parodie intitulée The Story of Jack Spriggins and the Enchanted Bean (L'Histoire de Jack Spriggins et du haricot magique) fait partie de la seconde édition de Round About Our Coal-Fire paru en 1734."
source Wikipédia

C'est l'histoire d'un petit garçon, il vivait avec sa mère, ils étaient très pauvre.
Un jour, il va au marché vendre sa vache car il n'avait plus rien à manger. Et sur son chemin il rencontre un homme qui lui propose de changer sa vache contre six haricots magiques. En rentrant chez lui, Daisy sa mère est furieuse et jette les haricots. Et là par magie une longue tige géante se pencha sur la maison elle l'amène jusqu'à un château qui est la demeure d'un géant qui mangera Jacques si il le voit. Un autre phénomène magique arrive au son de la harpe, une pluie de pièces d'or tombe, que Jacques s'empresse de prendre en les mettant dans un sac et de rentrer chez lui immédiatement. Il retournera chez l'ogre pour emmener la harpe et l'oie.

dimanche 13 mars 2011

HENRY JAMES : Ce que savait Maisie

Traduit par Marguerite Yourcenar

" Elle était prise pour confidente par des passions sur lesquelles elle fixait le même regard ébahi qu'elle aurait pu avoir pour des image se poursuivant sur un mur à travers une lanterne magique."
Au divorce de ses parents, Maisie Farange a trois ans. Elle est partagée de six mois entre son père et sa mère. Ils sont issus de la bonne société anglaise. Maisie est l'objet d'un jugement de Salomon (Pour régler le désaccord, Salomon réclama une épée et ordonna : « Partagez l'enfant vivant en deux et donnez une moitié à la première et l'autre moitié à la seconde ». L'une des femmes déclara qu'elle préférait renoncer à l'enfant plutôt que de le voir sacrifié. En elle, Salomon reconnut la vraie mère, et il lui fit remettre le nourrisson. Alors « tout Israël apprit le jugement qu'avait rendu le roi, et ils vénérèrent le roi car ils virent qu'il y avait en lui une sagesse divine pour rendre la justice ». Ce célèbre épisode de la vie du Roi Salomon a donné lieu à l'expression « jugement de Salomon ». Il peut signifier soit que face à l'impossibilité d'établir la vérité dans un litige, on partage les torts entre deux parties, soit on met ces mêmes parties devant une situation qui oblige l'une d'elles au moins à changer sa stratégie. ). Le déclenchement du divorce vient du père de Maisie, il a une liaison avec la jeune et belle Miss Overmore, la gouvernante de Maisie. Une haine féroce est déclarée entre les deux parents qui entraine un tiraillement. Maisie vie d'abord chez son père, Beale Farange c'est lui qui a obtenu la garde de sa fille, Miss Overmore se nommera Mrs Beale quand celle se remarie son père. Mrs Wix est la nouvelle gouvernante de Maisie, elle est mal fagotée et pauvre. " La plus importante avait été tout de suite mentionnée par Mrs Wix elle-même : cette dame avait eu une petite fille à elle, et cette petite fille avait été tué dans un accident."Mrs Wix avait déjà été mère, d'une petite fille Clara Matilda. Elle a été engagé par la mère de Maisie. Sir Claude un bel homme aux traits réguliers, ces yeux tendres. Il s'occupe beaucoup de Maisie. "Sir Claude semblait reconnaître qu'il avait adopté l'enfant, et fait d'elle comme il disait, sa petite favorite ; il avouait ainsi qu'il était un affreux imposteur, un bon à rien, un sombre idiot. " ... " Maisie comprenait que Sir Claude pouvait aimer beaucoup sa belle-fille , sans avoir envie qu'on la lui jetât en plein visage de cette façon, et que son départ était une claire protestation contre ce procédé. Ce fut pendant cette absence que notre jeune personne découvrit que l'événement qui venait de se produire, c'est que sa mère n'était plus amoureuse de Sir Claude." Les beaux parents vont par la suite devenir des amants. Sa mère, Ida est une femme à la fois généreuse mais aussi égoïste. Maisie adore sa mère, mais aucun amour maternelle de sa part.

Maisie est utilisé pour un élément de chantage, plaisir égoïste. Elle observe les adultes, elle se retrouve tiraillée entre ses parents, ses gouvernantes, ses beaux-parents. Son innocence contraste avec l'amour du pouvoir et de l'argent de ses parents, qui préfèrent livrer une existence volage et sans soucis ménagers plutôt que d'avoir à s'occuper d'elle.
Exemple d'un passage que j'aime beaucoup, qui illustre bien l'existence volage des parents. La promenade dans les jardins de Kensington, Maisie est chez son père et elle est en promenade avec Sir Claude. Elle rencontre sa mère en compagnie d'un homme qui n'est pas Mr Perriam, ni Lord Eric mais le capitaine. Pour Maisie, c'est étrange de voir sa mère avec un autre homme. Alors qu'elle est avec son beau père. La même scène se reproduira mais Maisie est en compagnie de sa belle mère et elle va apercevoir son père en compagnie d'une femme qu'elle ne connait pas.
" Elle était à l'âge où toutes les histoires sont vraies, et où toutes les idées sont des histoires. L'actuel était absolu, le présent seul existait."...
" L'enfant avait vécu dans bien des romans, (tous ceux de Mrs Wix et tous les siens, sans parler des plus beaux de tous, ceux de Lisette, la poupée française) mais c'était la première fois qu'elle se trouvait introduite de plain-pied dans un roman comme celui-là, et quand Beale l'eut aidé à descendre du fiacre qui bientôt s'éloigna, et qu'elle entendit dans la serrure le petit cliquetis de la clef de son père, elle se sentit enveloppée par l'atmosphère des Mille et Une Nuits."

Maisie est une enfant très touchante, elle m'émeus beaucoup envie de l'aimer de la serrer dans ses bras tellement elle est tiraillée par ses adultes comme si elle était une poupée de chiffon.
Ce roman " Ce que savait Maisie" n'est pas un roman d'Henry James facile à lire, plutôt complexe. Dans un premier temps j'ai eu beaucoup de mal à le lire, à entrer dans le livre. La raison, l'ambiance est étouffante, c'est un roman où la psychologie joue beaucoup tout est vue du regard innocent de Maisie. Une fois plongée dans l'univers de ce roman, la lecture devient passionnante, c'est un régal pour le lecteur. La maîtrise de l'écriture par Henry James est époustouflante. Henry James arrive souvent à nous perdre entre les différentes positions des pièces sur l'échiquier des tractations, tensions, tiraillements.C'est un roman très cruel sur l'enfance. Au final c'est une lecture forte et formidable qui fait que c'est un grand livre : Un chef d'œuvre tout simplement !
Après avoir lu ce roman, l'on peut se poser la question comment a été accueillit ce roman d'Henry James à sa sortie (1897), surtout concernant la morale. Et puis aussi, c'est tout de même un roman très moderne aussi bien pour son contenu concernant la haine entre couples divorcés ou séparés et de l'adoption.

© George Dunlop Leslie

vendredi 11 mars 2011

IMRE KERTÉSZ : KADDISH POUR L'ENFANT QUI NE NAÎTRA PAS


à Budapest en 1929, dans une famille juive modeste. Il se sent de trop. Il a une enfance malheureuse en Hongrie. La judéité il la considère comme une faute même des années après la Shoah. Il est déporté à Auschwitz en 1944 à l'âge de quatorze ans et demi, cette expérience douloureuse le marque profondément et nourrit toute son œuvre.Il est rescapé d’Auschwitz. À la libération en 1945 , il travaille comme journaliste à Budapest jusqu'en 1951. Il va s'engager dans l'armé pendant deux ans, il se consacre à l'écriture tout en étant traducteur de l'allemand comme Canetti, Roth, Schnitzler, Nietzche, Freud, Wittegenstein.
Il écrira des comédie musicale cela peut étonné car son univers en tant romancier n'est pas forcément très gaie. En plus il trouve notre existence sur terre intolérable. Il faut dire qu'il a eut une vie difficile après les camps il a connu la dictature de son pays, il a beaucoup souffert.
Prix Nobel de littérature en 2002.
« Pour une œuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire ».
KADDISH POUR L'ENFANT QUI NE NAÎTRA PAS

Traduit par Natalia Zarembe-Huzsvai et Charles Zaremba

Ce long monologue s'ouvre sur un cri « Non ! » qui revient tout au long du récit, comme une litanie, pour ouvrir chaque nouveau paragraphe, pour rythmer le livre par l’exclamation et le refus d’avoir un enfant.
Le Kaddish est une prière juive, non des morts, comme la tradition juive le voudrait, mais de celui qui n’a pas été.
Il se trouve confronté à la génération des juifs qui n'ont pas vécu la Shoah, dont l'identité juive leur pèse, elle est un fardeau.
Il rencontre une femme juive, sa future épouse
Imre Kertész s'adresse à l'enfant qui n'a pas eu. Il analyse son enfance les raisons d'un refus de paternité. Mais, cet enfant il le devine, l'imagine, il est dans son imaginaire.
" Auschwitz ne s'explique pas " répété plusieurs fois
Le choix de ne pas avoir un enfant et écrire c'est pas compatible, l'écriture est plus important pour lui. Il a été très marqué par Austchwitz. Sa femme juive, son enfance et son adolescence, est née après Auschwitz. " Ses parents avaient été à Auschwitz, je connaissais même son père, un homme grand, chauve qui gardait un visage prudemment aigre en présence d'étrangers mais donnait libre cours à son amertume avec ses proches amis ou sa famille, quand à sa mère, elle l'avait perdue très jeune."
Les parents d'Irme Kertész ont divorcé, c'est le père qui avait la garde de son fils. Il a mis dans un internat.
" Les matins de pluie, les lundis matin pluvieux, lorsque mon père me ramenait à l'internat pour la semaine." Ce texte pose la question Qu'est ce être père ? surtout pour le jeune Imre qui n'a pas reçu d'affection de la part de son père.
C'est un long monologue intérieur concernant la complexité de la vie. C'est écrit d'un bloc, les phrases sont longues, peu de respiration. Un livre pas facile à lire et assez complexe, c'est une plongée en apnée dans une vision de la vie assez lourde et sombre marqué par l'horreur d'Auschwitz, sous un aspect très complexe.
Je ne sais si j'ai tout compris de ce texte admirable et puissant, en tout cas j'ai eu le sentiment d'avoir reçu une claque littéraire tout simplement.

samedi 5 mars 2011

ARTO PAASILINNA : Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen

Traduit par Anne du Colin du Terrail

À l' approche de la cinquantaine, le pasteur Oskar Huuskonen traverse une mauvaise passe. Son mariage bat de l'aile, sa foie vacille, ses prêches peu conformes aux canons de l'Église lui attirent les foudres de ses supérieurs et ses paroissiens le désolent. " Ce dernier était marié et avait avec la pastoresse deux enfants adultes, des filles, qui avaient depuis longtemps quitté le foyer pour se marier à leur tour." Pour son anniversaire un cadeau empoisonné : un ourson qui vient de perdre sa mère, spectaculairement morte par électrocution au sommet d'un pylône à haute tension du village. Sa femme Saara, professeur de suédois, n'apprécie pas du tout ce cadeau.
" Personne n'ajouta tout haut qu'un ours vivant était un cadeau particulièrement bien choisi pour l'intransigeant ministre du culte : il aurait là de quoi méditer." Il le nomme Belzéb.Vivre avec un ours n'a rien de commun, c'est certain, surtout quand il grandit. " Il avait tant mangé qu'il était gros et gras et n'arrêtait pas de bâiller. Huuskonen ne savait plus que faire de son animal, il n'avait pas de tanière, et encore moins de mère ourse pour le bercer." Donc, il va être obliger d'investir dans un énorme ours en peluche de taille adulte, passage ultra cocasse. Une grande complicité se noue entre le pasteur et l'ours . Pour l'hiver, il lui construit une tanière, le rejoindre, une charmante biologiste Sonia Sammalisto. Elle est venue étudier les mœurs de la bête " Sonia n'était finalement qu'une oie sans cervelle : seule une idiote peut tomber en religion alors que le monde à mieux à offrir." La vie d'Oskar Huuskonen bascule, la pastoresse demande le divorce, la biologiste s'en va et pour couronné le tout l'évêque, lassé des bizarreries du pasteur, le met d'office en congé. Huuskonen décide de partir à l'aventure avec son ours. " Le pasteur Huuskonen demanda s'il ne pourrait pas par hasard lui aussi embarquer sur le navire comme artiste. "
Un long périple qui les mènera de la mer Blanche à Odessa, Haïfa, Malte ou Southampton, en quête d'un sens à leur existence.

J'ai aimé ce voyage en Finlande et cet humour loufoque complètement barge, un livre qui fait du bien selon moi. Un message à la fois humaniste et écologiste, il tourne en dérision les religions, et se moque de leurs représentants et de leurs rituels. J'ai lu de lui mais il y a longtemps petit meurtre entre amis. Mais il est certain qu'arrivée vers la troisième partie ce roman perd de son souffle et commence à être lassant. Malgré tout ce roman fut une bouffée d'air frais agréable, c'est déjà pas si mal !

Lu dans le cadre de la semaine Nordique qui se prolonge jusqu'au Salon du livre.

mercredi 2 mars 2011

JEAN-LOUIS EZINE : Les taiseux

C'est pas un roman mais un récit, "Les taiseux", aller à la recherche du père. Enfant, Jean-Louis, souffre terriblement de vivre avec beau-père Ezine dont il porte le nom. Jean Louis a du mal à lui adresser la parole. " Pas un mot ne fut échangé entre mon beau-père et moi pendant dix-sept ans, rien n'est plus exact." Il buvait et cognait sec. Sa mère Il est né Jean-Louis Bunel, c'est le nom de sa mère, un jour d’octobre 1948 à Cabourg, il a été élevé à Lisieux. " Car mon destin était écrit : je redeviendrais un jour Jean-Louis Bunel et la seule manière de m'unir à lui, c'était de retrouver mon père." Sa mère, bien que malade, cultive à la fois le secret et la complicité avec l'enfant en semant des indices. Cela n'empêche pas qu'elle aime la poésie et que son fils lui récite des poèmes. Son père est un dénommé Robert Demaine, pour le petit Jean Louis " le loupiot" ce n'est qu'un fantôme." Le nom prodigieux a valsé dans ma tête. il dansait, il sautait, il courait dans tous les sens. Robert Demaine ! Robert Demaine ! Bizarrement, j'ai eu tout de suite peur de l'oublier. " Le sport est pour Jean Louis une opportunité pour lui d’attirer l’attention de son père. Ce père mystérieux avait des vies parallèles, des enfants éparpillés à gauche et à droite d'une femme différente. Un drôle de personnage en un mot ! " Robert Demaine était un mercenaire de la classe des séducteurs. Pour ne retenir que celles qu'il a élues au passage de son char, et élevées au rang suprême auquel les prédestinait sa haine de la solitude, il a eu sept femmes Comme Barbe-Bleue en somme, mais pas à la suite."
Le choc quand il a apprit sa mort un soir de Noël en plus. Dans la troisième partie, Jean-Louis Ezine remonte dans son arbre généalogique pour savoir qui est son grand père du côté paternel. En faisant des recherche il découvre : "Ainsi, bien qu'il ait vécu sous ce nom de Demaine, Robert lui non plus n'était pas le fils de l'homme qui le lui avait donné ." Cette coïncidence le touche et lui permet de mieux comprendre d'où il vient. J'ai le sentiment d'être complètement "off" dans ma lecture. J'ai du mal à rentrer, à pénétrer dans l'écriture et l'univers du livre, pour moi une déception. Je ne rejette pas cet ouvrage, il a des qualités certainement mais aux quelles je ne suis pas sensible tout simplement. J'aurai aimé adhéré à ce récit aller à la recherche de ses origines est un beau thème touchant. Car il est bon de savoir d'où l'on vient.

mardi 1 mars 2011

AHMADOU KOUROUMA : Allah n'est pas obligé


Le club de lecture le blogoclub (organisé par Sylire et Lisa) a eut la bonne idée de mettre en valeur le très grand livre d'Ahmadou Kourouma " Allah n'est pas obligé".
Un roman qui a reçu de nombreuses distinctions :
-Prix Renaudot 2000
-Prix Goncourt des lycéens 2000
- Prix Amerigo-Vespucci 2000

" M'appelle Birahima. J'aurais pu être un gosse comme les autres (dix ou douze ans, ça dépend). Un sale gosse ni meilleur ni pire que tous les sales gosses du monde si j'étais né ailleurs que dans un foutu pays d'Afrique. "
Cet enfant, orphelin, livré à lui même, part à la recherche de sa tante Mahan qui doit s'occuper de lui. Il est accompagné de Yacouba un féticheur, ils ont traversé le Liberia et la Sierra Leone en pleine guerre tribale. Birahima devient un enfant-soldat " J'ai tué pas mal de gens avec mon kalachnikov." Il part en quête de sa tante. Il se retrouve enrôlé dans les conflits qui sévissent en Sierra Léone et au Libéria. Birahima vit et subit toutes les horreurs de la guerre, rien ne lui sera épargné et du haut de ses dix ou douze ans. "Quand on n'a plus personne sur terre, ni père ni mère ni frère ni sœur, et qu'on est petit, un petit mignon dans un pays foutu et barbare où tout le monde s'égorge."
La mort il la côtoie, quand il ne la provoque pas lui -même en jouant avec une kalachnikov. Il tue sans étant d'âme.Avec l'aide de ses quatre dictionnaires, il entreprend de conter sa vie son "blablabla". Avec ses mots, il nous fait sourire parfois . Bien sûr ce roman est violent, elle est au premier plan mais l'écriture inventive est forte, originale. Elle a le mérite d'adoucir cette violence qui hélas n'est pas gratuite. Elle est même réelle à la une tous les jours, bien malheureusement. "Les enfants-soldats étaient bien traités chez les ULIMO. On mangeait bien et on pouvait avoir de l'argent, du dollar, en faisant le garde du corps des orpailleurs. J'ai voulu faire des économies. Je n'ai pas voulu foutre dans la drogue tout ce que je gagnais comme le faisaient les autres enfants-soldats."
Ce roman d'Amadou Kourouma est une satire des dictatures africaines, un livre lucide concernant l'Afrique contemporaine. Et il dit une chose criante de vérité : " Aujourd'hui, ce 25 septembre 199...j'en ai marre. Marre de raconter ma vie, marre de compiler les dictionnaires, marre de tout. Allez vous faire foutre. Je me tais, je dis plus rien aujourd'hui ... A gnamokodé(putain de ma mère ) ! A faforo (sexe de mon père)!" l'on pourrait dire la même chose aujourd'hui avec ce qui se passe en Afrique en ce début du XXI ième siècle ! Hélas !!!! Marre des guerres, des conflits qui se perpétuent continuellement.
Il y a quelques années j'avais vu une pièce hallucinante et remarquable à couper le souffle d'après ce roman.