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samedi 29 janvier 2011

les éditions Harlin Quist -François Ruy-Vidal


Ont joué un rôle dans l'évolution de l'Histoire de la littérature jeunesse, avec un caractère avant gardiste. En 1963, c'est en Amérique que tout se passe, l'audace est présente, c'est lors de cette année que l'édition Harlin Quist voit le jour . En 1967, l’éditeur américain Harlin Quist s’associe avec François Ruy-Vidal (pour en savoir plus sur qui était François Ruy-Vidal)pour lancer une nouvelle collection d’albums pour enfants. Il apporte aux livres pour enfants une nouvelle esthétique visuelle, influencé par les surréalistes surprend et fait scandale et aussi inspirée des graphistes venus de la publicités. Contre l’autorité, ils prônent l’absence de tabous. Ils veulent que les enfants puissent se reconnaitre avec leurs joies, leurs hésitations, leurs contradictions, leurs angoisses dans leurs albums.


Marceline le monstre
Mary Lystad ; ill. de Victoria Chess

Marceline, six ans, désire tout simplement de devenir un monstre, de se révolté. Elle ne veut plus d'être une éternelle gentille enfant.
Alors dans un premier temps, elle désir qu'une chose c'est de manger son petit frère. Ensuite elle a une envie qui la démange de tuer le voisin en le pendant, étrangler sa voisine. En un mot et elle le dit à ses parents le plus naturellement du monde qu'elle veut du mal à tous les gens qui l'entoure. Cela fait bien rire la tante Elvire. En un mot Marceline n'est qu'une petite peste. Puis, elle décide de changer et de devenir la plus délicieuse des petites fille. Un petit livre tout simplement divin remplit d'humour noir assez féroce. En regardant le texte et les illustrations j'ai pensé à l'univers d'Edward Gorey mais en couleur.


Tout est bon dans le bébé

texte volé à La Bruyère ; ill. de Nicole Claveloux

Nicole Claveloux : Une grande dame de l'illustration dans le monde de la littérature jeunesse. Elle est née à Saint-Étienne le 23 juin 1940. Après des études aux Beaux-Arts, elle réalise, à partir de 1966, de nombreux travaux dans le domaine des arts graphiques. Elle a travaillé avec l’éditeur François Ruy-Vidal, et à partir de 1973. En 1976 elle travaille avec Christian Bruel pour les éditions du Sourire qui mord. Son site remarquable est à visiter voir ici
L'univers de ce livre " Tout est bon dans le bébé" me fait penser à un album de Claude Ponti "Mille secret de poussin" c'est exactement dans le même esprit.

Donc voilà deux livres au graphisme très différent, mais remarquable à tout point de vue. Quelle audace ! Que l'on ne retrouve plus tellement dans la littérature jeunesse, hélas de nos jours. Le côté féroce ou mordant qui grince ... et n'est pas forcément politiquement correcte.

Chut !

Texte et illustration Patrick Couratin

Il a été Directeur Artistique chez Harlin Quist à ses début. 

Un univers très surréaliste l'on pense à Magritte avec le rhinocéros, le canard, la main est présente aussi, la pomme, la vache des êtres hybrides, la queue est une main anonyme. 
Des textes poétiques en correspondance avec l'illustration. 
Un livre audacieux, impressionnant et original !


Voir ici concernant les éditions Harlin Quist

vendredi 28 janvier 2011

ENCARNACIO MARTORELL I GIL : Un regard innocent



Journal de la guerre civile en Espagne

Traduction de l’espagnol Maria Vila Casas
Au commencement de la guerre civile d’Espagne Encarnació a douze ans, vit avec sa famille à Barcelone et elle raconte comment la guerre lui a volé son enfance et son adolescence... La faim, la hausse du prix de la nourriture, les privations, la honte . La peur au quotidien et l'éternelle question quand s'arrêtera la guerre. Encarnació témoigne ce qu'elle ressent une enfant qui perd l’innocence, elle essaye de comprendre le monde qui l'entoure.
Personnellement j'avoue m'être ennuyée en lisant ce journal. Le sentiment d'être spectatrice de la vie d'Encarnació. Bien sûr ce journal est un magnifique témoignage sur une page importante de l'Histoire de l'Espagne tout simplement. En même tant, j'ai remarqué un point intéressant, de voir que l'instruction l'école est un lieu d'une importance vitale pour l'enfant. Cette remarque n'est pas forcément dû à cette guerre civile mais à tous les pays qui connaissent la guerre. Voir en complément un article ici plus complet.

jeudi 27 janvier 2011

PIERRE GRIPARI : auteur qui s'adresse à des CE2



1925/1990

Éducation athée. Pendant la deuxième guerre mondiale, il est orphelin, il a effectué de nombreux petits métiers. Il connaît très bien la culture des mythes et du folklore populaire et il apprécie le fantastique et la science fiction (voir pour en savoir plus la fiche Wikipédia)

Voilà comment le décrit Michel Tournier dans : "Les vertes lectures" " Le bonhomme sortait tout droit de Charles Perrault, des frères Grimm, d'Andersen avec de forts traits empruntés à Dickens. " C'est un monde remplit de fantaisie que Pierre Gripari nous décrit. Il est né en 1925 à Paris . Dans les Contes de la rue Broca, géants, sorcières, sirènes, surgis d'un patrimoine légendaire, s'animent à une vitalité nouvelle. Narquois, l'auteur s'amuse à bouleverser l'ordre du merveilleux. Il est décédé à Paris en 1990. La rue Broca n'est pas une rue comme les autres. Tout le monde se connait, ils sont pour la plupart d'origines très diverses. Et ces gens aiment les histoires ... et aussi les chansons car à chaque conte est associé une comptine, cela rend le conte léger.

" MADAME Vous qui êtes VIELLE et LAIDE Vous deviendrez JEUNE et JOLIE Et pour cela MANGEZ UNE PETITE FILLE à la sauce tomate !"
Un rêve de toutes les sorcière de devenir jeune et belle, c'est bien connu si l'on a l'habitude de lire les contes. Une la sorcière doit manger une petite fille dont le prénom commence par un N. Elle en connait une dans le quartier de la rue Broca c'est Nadia. Pas facile du tout d'attraper Nadia.
Le géant aux chaussettes rouges
Il voulait se marier avec Mireille. Mais le gros problème c'est qu'il est bien trop grand ou alors trop petit. Il n'a pas la bonne taille pour se marier avec Mireille .
Scoupidou la poupée qui sait tout
Bachir un petit garçon aune poupée magique nommé Scoubidou qui parle. Il a très envie d'un vélo, la poupée lui dit qu'il aura un vélo mais pas tout de suit dans un an ou deux. Voilà que Saïd a un petit vélo dans la tête chaque fois qu'il va faire ses courses il demande un vélo. C'est une obsession. Scoubidou doit partir.
Histoire de Lustucru : Le connaissez-vous ? Saviez-vous que c'était lui qui conquit la Gaule ? Ce conte nous raconte l'incroyable histoire d'un homme au nom grotesque. L'on survole l'Histoire de France en sa compagnie. " Le pauvre Lustucru avait bien deux mille ans, et malgré toutes ses actions d'éclat, son nom restait inconnu dans l'Histoire. Complètement découragé, il s'en alla trouver la grande sorcière de la rue Mouffetard." Notre dénommé Lustucru rencontre la mère Michel eh! Oui !!!! et son fameux chat et c'est une belle histoire qui se termine en chanson
La fée du robinet complicité avec le monde féerique , les fées sont des êtres maléfiques. C'est une version moderne et très jouissive des Fées de Charles Perrault. C'est délicieux c'est peut-être bien mon conte préféré de ce recueil de Gripari. J'aime beaucoup, tendresse pour la paire de chaussures, la gauche et la droite parle et elles s'aiment.
La sorcière aux balais : Elle se trouve dans un placard. Monsieur Pierre s'est fait avoir par une
bonnes affaires immobilières ! Sorcière, sorcière, Prends garde à ton derrière !
Ce conte est un classique car il est très souvent adapté au théâtre pour les enfants. Il a été aussi mis en musique.
D'une façon générale j'aime bien les débuts, cela démarre très fort mais par contre la chute tombe à plat je trouve. À part cela, c'est très plaisant !

Il est l'auteur d'une excellente pièce de théâtre :

L'Inspecteur Toutou

Détournement de contes : Blanche Neige, le Petit Poucet, la Belle au Bois Dormant, le Petit Chaperon Rouge.
L'inspecteur toutou, brave chien policier reçoit dans son bureau Prince charmant, la Bûcheronne, la Reine de Blanche Neige, un Loup ... Les répliques fusent, elles rendent le texte extrêmement vivant, les quiproquos sont nombreux.

Excellent pour des CE2, le texte est jouissif, plaisant.
Un texte qui donne du plaisir, qui créer une complicité avec l'enfant.
Voir ici pour avoir une idée concernant l'interprétation théâtral excellent !




Illustrations sont de Puig Rosado

Trente énigmes sous forme de devinettes pour se creuser les méninges tout en s'amusant et en observant. C'est drôle les enfants adorent ce livre. Vraiment chouette je le recommande vivement !!!

lundi 24 janvier 2011

ANTON TCHEKHOV : Une banale histoire

Fragments du journal d'un vieil homme
traduit par Édouard Parayre, revue par Lily Denis

Nicolaï Stépanovitch est un vieux professeur médecine d'université et voici sa description par lui même " Celui qui porte ce nom, c'est-à-dire moi, se présente comme un homme de soixante-deux ans, chauve, avec de fausses dents et un tic incurable. Autant mon nom est brillant et beau, autant je suis terne et laid. Ma tête et mes mains tremblent de faiblesse ; mon cou comme celui d'une héroïne de Tourgueniev, ressemble à un manche de contrebasse, j'ai la poitrine creuse, le dos étroit." Il vit dans ses pensées, il sait qu'il a plus que six mois à vivre, il est lucide sur sa vie et sur l'héritage qu'il va laisser. Il est marié à Varia, il a une fille Lisa et un fils. Elle souhaite se marier avec Alexandre Gnäcker, mais son père voit se futur mariage d'un mauvais œil, car c'est un homme qu'il déteste. Katia est la fille d'un de ses amis décédé, qu'il a recueilli enfant. "Il y a dix-huit ans est mort un de mes collègues, un ophtalmologiste, il est mort en laissant une fille d sept ans et une fortune de soi mille roubles. Dans son testament il m'avait désigné comme tuteur. Jusqu'à dix ans, Katia a vécu dans ma maison, puis elle est rentrée au pensionnat et n'est plus revenue chez moi que pendant l'été, à l'époque des vacances. " Ils sont très complice, ils partagent la même vision de la vie, de l’art, de la science et bien d’autres sujets . Elle est détesté par Varia et Lisa. " Ma femme déteste aussi Katia parce qu'elle a été actrice, pour son ingratitude, pour sa fierté, son excentricité, et pour les multiples défauts qu'une femme sait toujours trouver chez une autre femme. " Katia a une passion pour le théâtre. Il est question d'une réflexion sur le théâtre mais aussi sur le mariage. Déçu par la vie Katia a tenté de se suicider, il faut reconnaître qu'elle a perdu son enfant, elle ne sait pas quel sens donner à sa vie.

C'est une nouvelle qui ressemble à l'univers des pièces de théâtre de Tchekhov plus connus. Un univers mélancolique, où l'on se rencontre que l'on est passé à côté de la vie que l'on aurait du avoir. Katia représente la femme que Nicolaï aurait aimé avoir à ses côté durant sa vie. Nous sommes en plein dans les regrets et le désespoir. C'est une nouvelle très poignante, sombre et cruelle où le bonheur et l'amour semblent inaccessibles. C'est un auteur qui nous touche qui me touche car il sait à merveille évoquer les douleurs et les angoisses des hommes.

dimanche 23 janvier 2011

BORIS VIAN : L' écume des jours

Boris Vian un auteur que j'aimais bien lire quand j'étais adolescente.
Est ce lu celui là je ne sais plus ? En tout cas c'est l'un de ses plus connus. Ce roman fut rédigé au dos d'imprimés de l'AFNOR où Boris Vian travaillait.
" À l'endroit où les fleuves se jettent dans la mer, il se forme une barre difficile à franchir, et de grands remous écumeux où dansent les épaves. "
L'écume des jours est un roman d'amour jazzy très original.
Chick, Alise, Chloé et Colin passent leur temps à dire des choses banales, en jouant avec les mots , à écouter Duke Ellington et à patiner. Dans ce monde loufoque où les pianos sont des mélangeurs à cocktails. On se marie à l'église comme on va à la fête foraine.
Colin rencontre Chloé à l'anniversaire ou "naniversaire"de Dupont chez Isis. "Chloé avait les lèvres rouges, les cheveux bruns, l'air heureux et sa robe n'y était pour rien. " Le choix du prénom Chloé est un clin d'œil à Duke Ellington. Colin est amoureux de Chloé, ils se marient. Chloé est une jeune fille très fragile, elle a de gros problème avec ces poumons. Chick et Alise sont les ami de Colin. Il a rencontré Alise a une conférence de Jean-Sol Partre. Alise son père est un agrégé de mathématique, professeur au Collège de France elle a 18 ans.
Le ton est enlevé et remplit de jeux de mots, néologismes, décalages incongrus , c' est un délice verbal et un festin poétique. C'est une écriture innovante,vivante, très cinématographique. Le ton est très différent entre le début léger voir aérien et la fin plus grave.
Je vous invite à aller voir ici pour une analyse plus fouiller de ce célèbre roman de Boris Vian. Pour moi c'est aussi tout une époque que nous décrit Boris Vian. Celle de mes parents, pourquoi je ne sais pas , ou peut-être tout simplement c'est mon père qui m'a fait découvrir l'univers de Boris Vian.
Lu par Sylire . Pour ma part j'avais lu de lui il y a quelque temps l'Arrache-Cœur
L'univers de Duke Ellington est celui de l'écume des jours :

jeudi 20 janvier 2011

COMTESSE DE SÉGUR : Les deux nigauds


C'est avec un certain bonheur que de se replonger dans l'univers de la la Comtesse de Ségur et je ne pense pas avoir lu celui là par contre

Simplicie et Innocent se sont mis en tête de quitter leur Bretagne natale. M. et Mme Gargilier sont des bourgeois et pour leur donner une bonne leçon, ils leur accordent la permission d'aller à Paris. Est ce vraiment une leçon ? Je trouve que c'est une bonne idée pour les enfants s'émanciper de sortir du cocoon douillet qui est la famille et l'occasion de découvrir la vrais vie.

Ils portent déjà des noms qui prêtent à rire : Innocent et Simplicie. Innocent veut aller en pension, surtout pour porter un uniforme, et Simplicie veut enfin connaître Paris. Il partent accompagnés de leur bonne Prudence. Ils se rendent chez Mme Bombeck, leur tante, une femme très originale, hors norme qui se trouve être du côté du petit peuple. Elle apprécie la compagnie des Polonais, car ils sont rieurs et musiciens, elle n'accepte pas que Simplicie ne soit pas respectueuse en vers Prudence sa bonne.
Innocent devient le souffre-douleur des adolescents de son âge au pensionnat. Ici, les Polonais ont leur place, ceux sont les immigres d'autrefois. Ils ont combattu les russes qui sont leurs ennemis. Comme à son habitude la Comtesse de Ségur sait à merveille nous décrire les différentes classes sociales.

Sous son aspect désuet, " Les deux nigauds" est un roman de la Comtesse de Ségur enlevé assez comique. Elle n'est pas très tendre avec les parisiens du second empire. C'est très intéressant de lire ces livres de la Comtesse de Ségur avec un regard adulte. Ici dans "Les deux nigauds", elle montre bien qu'elle n'a pas beaucoup de sympathie pour les pensionnats. Et déjà dans " Un bon petit diable" la terrible pension "Old Nick", s'était déjà quelque chose.

Dans ce roman , plus particulièrement celui là (de ceux que j'ai revisité) il est question de morale. L'importance de l’éducation est un facteur déterminant dans l’évolution de l’individu. Les mauvaises influences et un environnement répressif peuvent pousser les enfants à être méchants.

lundi 17 janvier 2011

PHILOSOPHER ? en compagnie de Michel Puech

Illustration Pascal Lemaître

Vous pouvez lire ici le projet de la collection autour de Philosopher ? c'est une collection qui s'adresse à des adolescents.
Michel Puech s'est fait connaître en participant à la création en 2000 aux " Goûters Philo" édition Milan Jeunesse qui s'adresse à des enfants à partir de 8 ans.
Est ce que tout peut disparaître ? Est ce que l'on doit tout jeter ?
" Tout cela disparaît sans retour dans le grand trou noir"
L'on jette les ordures dans une poubelle. Le cheminement de la poubelle de chez soi jusqu'à la déchetterie. Les ordures cela puent. Problème de la pollution. Le cycle par exemple " Avec de l'aluminium , on peut faire d'autres produits en aluminium, par un procédé industriel beaucoup moins polluant et beaucoup moins consommateur d'énergie que l'extraction primaire de l'aluminium." L'on peut recycler un objet, le but d'essayer de ne pas faire de notre planète une poubelle.
Faire disparaître, les ordures, mais cet ouvrage évoque le problème des gens qui font le ménages, qui sont discret " Parce qu'ils sont chargés de faire disparaître ce que nous ne voulons pas voir." Amusant et juste, l'exemple du bébé qui jette tout et que l'on ramasse l'objet pour lui donner. Pour l'enfant s'est un jeux magique. Autre exemple, un chagrin d'amour et l'envie de tout jeter rien garder ne pas s'encombrer de chose lourde pour se sentir léger. Ce petit livre aborde aussi le fait qu'un être humain n'est pas un être jetable. Dans les sociétés de consommation il y a énormément de gaspillage. Nous sommes hélas dans l'ère du tout jetable ! "La violence vient des comportements lorsqu'on se débarrasse d'un humain comme si c'était un objet".
Ce petit ouvrage aborde tous ces questions que l'on peut se poser autour du verbe jeter.
Les illustrations donne une dynamique, l'idée excellente de la peau de banane

jeudi 13 janvier 2011

La magie du livre en compagnie de Kveta Pacovska

Je me permets de répondre au deux commentaires que l'on trouve à la suite " Le petit roi des fleurs"
@ Bouma : Je veux bien le croire car il est certain c'est un univers bien particulier et assez onirique.
@ Vanessa : Ton petit lutin est peut- être un peu jeune, je vais ici présenté d'autres ouvrages et raconter comment je connais Kveta Pacovska.

Je connais depuis peu cette grande dame talentueuse, depuis quelques années. Il se trouve que dans l'école où je travaille, une institutrice de moyen et de grand a une grande admiration pour son travail en particulier ceux que je présente aujourd'hui " Corne Rouge", "Ponctuation" et " Jamais deux sans trois"et par " Le petit roi des fleurs". Je ne sais pas comment elle embarque ses élèves dans cet univers assez particulier mais les enfants aiment. Car quand ils viennent en bibliothèque quand ils sont en CP, ils aiment se pencher avec plaisir sur les ouvrages qui leur rappel un souvenirde dernière année de maternelle. J'ai le sentiment qu'ils sont marqués envie de s'y replonger en ouvrant grand les yeux. Kveta Pacovska ne songe pas aux enfants étrangement c'est son regard enfantin quel projète dans ses livres. Les enfants sont curieux et vont facilement vers ses livres.



Corne Rouge

C'est un livre pédagogique pour apprendre les couleurs, les jours de la semaine.
Un livre beau original mais déconcertant, il va de soi, car l'on a droit à une déclinaison de formes et de couleurs.
Un album joue avec les différentes matières gaufré, des découpes, avec des volumes qui se déplient mais aussi des papiers collés qui brillent pour nous faire découvrir toute une série de rhinocéros.
Agencement des formes et des couleurs. Les couleurs sont pour Kveta Pacovska vecteurs d'émotion.


Ponctuation

Un livre a très grand format, la couleur rouge domine.
Encore un livre pédagogique pour initier l'enfant à l'écriture conseillé avant la rentrée en CP c'est à dire cinq ans. Les signes de la ponctuation sont présentés comme des petits personnages
L'univers de Kveta Pacovska est assez déconcertant car il n'est pas du tout cartésien. Il me fait penser à Kandisky le chaos dans l'art abstrait.
Tout en apprenant les règles de la ponctuation l'on peut rêver quand l'on voit ces couleurs, ces formes ces matières, c'est trou pour le point.
Au final, l'enfant a accès à un livre d'art qu'il lui est destiné.
Je trouve cet ouvrage "Ponctuation" original et époustouflant dans sa conception
Voir ici sur le site livres au trèsor.



Jamais deux sans trois

Un autre livre pédagogique qui est là pour apprendre à compter tout en s'amusant. C'est un livre souriant poétique où l'on retrouve toute la poésie de Kveta Pacovska. C'est son premier livre édité en français.
Ouvre les fenêtres et tu découvriras les secrets colorés des chiffres !
Ces livres vont appelle au toucher et il me semble assez proche des livres de la série Balthazar (collection pédagogique chez Hatier avec les lettres à toucher)

Pour compléter mon billet je vous invite aller ici pour continuer le voyage poétique de cette grande dame talentueuse.
Et puis sur littérature jeunesse recontre

mercredi 12 janvier 2011

CLAUDE LANZMANN : Lièvre de Patagonie



© Tres de Mayo de Goya
Claude Lanzmann est un merveilleux conteur son écriture est très cinématographiques, normal cela dit pour un homme d'images. Ces mémoires sont à la fois chargées du flot de l'Histoire, elles sont époustouflantes car d'une richesse pas croyable . Je ne pense qu'une lecture de cet autobiographie de suffit pas. Car sa construction bouscule avec subtilité la chronologie pas respecté. La Vie de Claude Lanzmann est tellement incroyable avec un souffle romanesque. Il est fou de la vie, comme cet animal qu'il aime, le lièvre. C'est une référence au " lièvre qui parvenait à s'enfuir des camps de concentration en passant sous les barbelés". Il évoque ses parents et ses grands parents leurs origines juives. À Clermont-Ferrand, au lycée Blaise Pascal, il rentre dans la résistance, il est membre des Jeunesses Communistes. Il a comme compagne Hélène. " Hélène était pleinement consciente du risque encouru, elle était aussi inventive, audacieuse, d'un grand sang-froid."Son père est aussi résistant aux MUR (Mouvement unis de la Résistance) Après guerre il fait khagne à Louis Le grand, il fait la connaissance de Jean Cau. Rencontre Simone de Beauvoir le Castor, liaison avec elle, il avait 27 ans et elle 44 ans. J'aime beaucoup comment Claude Lanzmann dresse, nous présente Simone de Beauvoir, il la présente comme une personne extrêmement chaleureuse souriante plein de générosité et d'intelligence. Je trouve que la photo ci- contre reflète bien cette sensation que Simone de Beauvoir était une femme d'exception. Il a participé à la revue les Temps Modernes crée par Sartre et le Castor qu'il dirige actuellement, depuis 1986.
Sartre a connu une aventure amoureuse avec Evelyne Rey, la sœur de Claude comédienne. Très beau portrait de cette sœur malheureuse en amour et sa fin un véritable chagrin pour son frère. En 1947, sur les conseils de son autre ami Michel Tournier, il part étudier la philosophie à l'Université de Tübingen en Allemagne : il veut voir « les Allemands en civil ». À son retour en France, il entre dans le groupe de presse de Pierre Lazareff comme rédacteur. Il passera les vingt années suivantes dans ce groupe, contribuant par des dizaines d'articles au magazine Elle, créé et dirigé par Hélène Lazaref. En 1951, ayant proposé à France Soir un reportage sur la vie en Allemagne de l'Est. Il évoque bien sûr la grande aventure extraordinaire de sa vie c'est la réalisation de Shoah. Je n'ai pas vu ce film ni aucun autres et je pense que cela me fait défaut pour bien saisir ses propos sur Israël entre autre. " Mais enfin, monsieur, quelle est votre patrie ? Est ce la France ? Est ce Israël ?" Avec vivacité et sans prendre le temps d'aucune réflexion, je répondis, et cela éclaire peut-être le mystère dont je viens de parler : "Madame, ma patrie, c'est mon film." Comme quoi "Shoah" est un film qui a une importance viscérale pour Claude Lanzmann tout comme "Pourquoi Israël". Les récits de voyage sont de petites merveilles, un séjour en Corée et une idylle improbable avec une infirmière dans un pays totalement verrouillé, est une rencontre improbable comme irréelle. Il évoque des moments de sa vie en tant que journaliste assez cocasse concernant la liaison entre Yves Montand et Marilyn Monroe. Sa première femme est l'actrice Judith Magre, grâce à elle il est un mordu de théâtre. " Chaque représentation de la même pièce est différente d'un soir à l'autre, différence dont j'étais quasiment seul, avec les acteurs, à prendre conscience, mais à laquelle j'étais devenu tellement sensible que le plus infinitésimal écart dans un mouvement du corps, dans la hauteur d'un timbre prenait pour moi une importance démesurée, me changeant, tout à la fois à mon insu et au comble de la lucidité, en guetteur implacable et émerveillé. C'est l'addiction même. J'aimais acteurs et actrices, l'univers du théâtre qui m'était chaque jour offert."

La mort, elle est présente dés l'ouverture de son autobiographie , puisque le premier chapitre commence ainsi : "La guillotine - plus généralement la peine capitale et les différents modes d'administration de la mort - aura été la grande affaire de ma vie." Beaucoup d'humour dans cette autobiographie, pour ce voyageur infatigable qui a eut cent vies. Ce livre nous éclaire sur le monde et son Histoire c'est tout simplement passionnant.

Lire en complément un entretien ici, et aussi voir la page que Fabula a consacré à ce livre.

samedi 8 janvier 2011

KANDISKY : PEINTRE RUSSE



Il y a peu j'ai évoqué la peinture rouge chez deux grands peintres russes Nicolas de Staël et Mark Rothko.
Puis j'ai parlé de Chagall aussi grand peintre russe

KANDINSKY

J'ai vu la très grande exposition qu'il lui a été consacré à Beaubourg en 2009.
Il est considéré comme l'un des inventeurs de l'art abstrait. Il peignait comme l'on peut le voir sur la photo en complet veston.
Wassily Kandinsky est né en 1866 à Moscou, dans un milieu aisé. Il étudie la peinture à Munich. À ses débuts il peint de grands "dessins colorés" sur carton où il invoque la Russie fabuleuse de son enfance. En 1906, pendant un an il s'installe à Paris. Puis ensuite il retourne à Munich. À partir de 1910, il devient un peintre abstrait De 1915/1921 il rentre à Moscou durant cette période il ne peint presque pas. Après la révolution bolchevique, il reprend la peinture. Un tournant important dans son parcours de peintre.
En 1922/1933 il enseigne au Bauhauss à Weimar puis à Dessau et enfin à Berlin. Il se lie d'amitié avec Paul Klee.
En 1933, la monté du nazisme, l'école ferme, il est chassé et se réfugie à Paris.



BLEU DE CIEL : " Dans "Bleu de ciel" on en voit de toutes les couleurs. On en passe par toutes les formes. "Ce tableau date de 1940, il vit à Neuilly sur Seine pendant les années noires de la Seconde Guerre mondiale.
" Le bleu est la couleur typiquement céleste. Le bleu apaise et calme en s'approfondissant. En glissant vers le noir, il se colore d'une tristesse qui dépasse l'humain, semblable à celle où l'on est plongé dans certains états graves qui n'ont pas de fin et qui ne peuvent pas en avoir. Lorsqu'il s'éclaircit, ce qui ne lui convient guère, le bleu semble lointain et indifférent, tel le ciel haut et bleu clair. À mesure qu'il s'éclaircit le bleu perd de sa sonorité, jusqu'à n'être plus qu'un repos silencieux et devient blanc"
( Extrait de "Le Spirituel dans l'art"de Kandinsky)


KVETA PACOVSKA : Le Petit Roi des Fleurs

Traduction de Nora Garay

Un grand classique dans ma bibliothèque scolaire, très utilisé en classe de maternelle (Grande Section).
Kvĕta Pacovská est née en 1928 à Prague, qui consacre une partie importante de son travail au livre d'art destiné à la jeunesse. Elle a illustré de très nombreux titres, dont de grands classiques, mais aussi des créations personnelles, qu'elle considère comme de petits musées portables mis à la portée des enfants. La couleur rouge domine bien souvent dans ses albums. Mais aussi des couleurs vives et des mises en scène inimitables fait que l'on reconnait en un clin d'œil son travail pour la jeunesse. Elle est inspirée par des grands noms de l’art moderne comme Paul Klee, Kandinsky ou Miro, mais cela n'empêche pas d'avoir sa touche personnelle. En cela, elle a tout d'une grande qui a reçu le prestigieux Prix International Andersen (1992) considéré comme étant le "Nobel " de la littérature jeunesse.
"Il était une fois un roi, un petit roi qui habitait dans un tout petit château dans un minuscule royaume lointain" Sa vie durant, le roi idolâtre les fleurs mais un jour il se rend compte qu’il lui manque quelque chose. Une princesse peut être…

Les couleurs sont magnifiques chatoyantes et fraiches, regarder ce vert tendre, la couleur subtile choisit pour les tulipes. Ce livre est un régal tout simplement, plein de poésie.

Ce livre est l'un de ses plus heureux succès, il a été traduit en 17 langues.

vendredi 7 janvier 2011

LES POÈTES RUSSES DU XXième SIÈCLE

Présentation et choix de Jean-Baptiste Para

Je vous présente aujourd'hui un petit tour d'horizon de la poésie russe avec
Blok, Akhmatova, Mandelstam, Tsvétaïéva, Brodsky...
Ces cinq poètes représentent à eux seuls la moitié de la poésie russe du XXe siècle. Cet intitulé, emprunté à un vers d’Alexandre Blok 

« L’horizon est en feu »


Ce recueil, qui se présente comme un parcours foudroyant , capte en effet l’énergie désespérée, mais portée à sa plus haute intensité, de poètes jetés dans une tourmente historique d’une ampleur jusque-là inconnue. Cinq créateurs singuliers risquent ainsi leur parole et leur vie : la poésie n’étant pas ici un jeu formel, un ornement ou une coquetterie, mais un choix existentiel, à bien des égards cruel, voire fatal. La plume est pour ces poètes une arme de combat, le seul choix qui leur est proposé.

Alexandre Blok né à à Saint-Pétersbourg le 28 novembre 1880 et mort le 7 août 1921 dans la même ville. Il est issu d'un milieu très cultivé, il rédige ses premiers poèmes dès l’âge de 5 ans. En 1903, Blok épouse Lyuba Mendeleeva,au physique de gitane rousse.
Alexandre Blok d'Italie au printemps 1909, il dit de son pays : " Ma malheureuse et misérable Russie, avec son gouvernement grotesque, son intelligentsia puérile, comme je la mépriserai si je n'étais par russe .. Je ne cesse de penser avec angoisse à ce qui se passe en Russie que l'on voit à l'œil nu n'est pas la Russie. Derrière le spectacle de ce monde terrible " il entrevoir un autre visage de son pays. Il en rassemble les traits épars et se forge une image de sa terre natale comme "entité lyrique". Mais aussi, il pressent l'approche de la tempête et l'appelle de ses vœux."
La révolte est intérieur chez Blok, c'est un visionnaire. Mais face aux errances du pouvoir, il préfère s’écarter des nouveaux hommes forts de Russie. Ce dénigrement lui vaudra de ne jamais voir aboutir sa demande de passeport pour se rendre à l’étranger afin de se soigner. Blok meurt prématurément le 7 août 1921, terrassé par la maladie. Considéré par beaucoup comme l’égal de Pouchkine, il est le chef de file de l’école symboliste, il cherche à faire sentir l’invisible et l’abstrait accessible à travers l’intonation et le son des mots. L’Amour et l’Eternel féminin sont les deux thèmes majeurs qui dominent toute l’œuvre du poète avant que celui-ci n’offre à la révolution son plus beau poème : Les Douze.

Anna Akhmatova : 23 juin 1889 – 5 mars 1966 est une des plus importantes poétesses russes du XXe siècle. Elle était née Anna Gorenko, son père a absolument voulu qu'elle prenne un pseudonyme, elle pris son nom de poète sur celui d'un ancêtre maternel, le dernier khan de la Horde d'or, descendant de Gengis Khan. Son œuvre se compose aussi bien de petits poèmes lyriques (limpide, légèreté, sa retenue), Requiem est son chef-d'œuvre sur la terreur stalinienne. Les thèmes récurrents de son œuvre sont le temps qui passe, les souvenirs, le destin de la femme créatrice et les difficultés pour vivre et pour écrire dans l'ombre du stalinisme. La poésie était pour elle une question de précision " Il faut, disait-elle, que dans le vers chaque mot soit à la place, comme comme s'il y était déjà depuis mille ans, mais que le lecteur l'entende pour la première fois. C'est très difficile, mais quand on y parvient, les gens disent : " C'est de moi, qu'il s'agit .C'est comme si c'était moi qui l'avais écrit."
Ossip Mandelstam est un poète et essayiste russe du XXe siècle (Varsovie, 15 janvier 1891 – Vladivostok, 27 décembre 1938).
Il est issu d'une famille de commerçants juifs.Il fait ses études dans le meilleurs établissement de Saint Pétersbourg. Il fait un séjour à Paris et à son retour ilest l'un des principaux représentants de l'acméisme. Pour lui la principale capacité d'émerveillement du est la principale vertu du poète. " La logique est le royaume de l'inattendu. Penser logiquement signifie s'étonner sans cesse.'" Sa poésie s'inscrit à la fois dans le temps et hors du temps. Il ne met pas seulement l'accent sur la matière sonore du poème, mais aussi sur son architecture et sur le sens qui est chez lui extraordinaire densité et dans lequel se superposent de multiples strates de la mémoire : mémoire personnelle , mais plus encore la mémoire de l'humanité. " Le grand thème de sa poésie est l'exil.
 Marina Tsvétaïéva née à Moscou le 26 septembre 1892 et morte à Ielabouga le 31 août 1941. Son œuvre ne fut pas appréciée par le régime soviétique. La poésie de Tsvetaïeva vient du plus profond de sa personnalité, de son excentricité, et de son usage très précis de la langue. Elle a eu une enfance troublée. Son père, Ivan Vladimirovitch Tsvetaïev, fonde le musée Alexandre III( Musée des beaux-arts Pouchkine). Sa mère est une pianiste qui a dû renoncer à une carrière de concertiste. Marina Tsvetaïeva rencontre Sergueï Efron, un élève officier à l'Académie militaire. Elle a 19 ans, et lui 18. L'amour de Marina Tsvetaïeva pour Efron ne l'empêche pas d'avoir des relations avec d'autres comme Ossip Mandelstam. Séparation de cinq ans pour Marina et Sergueï, elle le rejoint en exil à Prague puis en France dans la région parisienne cela pendant dix-sept ans.
" Existence précaire, on n'a pas non plus de quoi acheter de la viande, si ce n'est du cheval, et encore, seulement des bas morceaux, du cœur, du foie, des rognons." Ils ont deux enfants en tout cas Alia et Mour. Elle est distance en France avec les autres expatriés comme elle, elle se retrouve assez seul. " Ces émigrés dit-elle, vivent dans le passé ranci du samovar et de blinis, non pas un passé historique, mais le leur viscéral, gustatif, possessif, petit-bourgeois, dont je donnerai pas un sou..." Il vive de rien Sergueï essaye de gagner sa vie dans les studios de cinématographie comme figurant. Mais pour elle retourner en Russie c'est impossible ; " Tout me refoule vers la Russie, où je ne peux pas aller. Ici je suis inutile, là-bas, impossible." Elle a écrit un poésie ardente qui traverse la ligne de feu de son temps , tout en fixant du regard qui prend nom d'absolu.
En 1932, elle écrit Mon frère féminin, recopié et corrigé en 1934. Ce texte est une réponse au livre de Natalie Clifford Barney, Pensées d'une Amazone (1918). Elle y parle de l'amour des femmes entre elles et du désir d'avoir un enfant. Mon frère féminin se veut dit la quatrième de couverture comme l'un des plus beaux textes lesbiens à ce jour et elle a écrit directement en français. Mon ressenti après avoir refermé ce court texte. Est ce que j'ai tout saisi ou non de la substance de ce texte magnifique. "- Les amants n'ont pas d'enfants." Oui, mais ils meurent. Tous. Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, l'Amazone et Achille, Siegfried et Brunhild (ces amants en puissance, ces désunis-unis, dont la désunion amoureuse l'emporte sur l'union la plus complète ...). Et d'autres ... Et d'autres ... De tous chants, de tous temps, de tous lieux ...Ils n'ont pas le temps pour l'avenir qu'est l'enfant, ils n'ont pas d'enfant parce qu'ils n'ont pas d'avenir, ils n'ont que le présent qu'est leur amour et leur mort toujours présente."" L'amour de par lui-même est l'enfance. Les amants sont des enfants. Les enfants n'ont point d'enfants."
Joseph Brodsky est issu d'une famille juive russe démunie de Léningrad né en mai 1940. Il intègre les cercles littéraires d'Union des républiques socialistes soviétiques et fréquente entre autres Chostakovitch,et Anna Akhmatova. Impressionnée par la force de ses premiers textes, cette dernière le pousse à continuer dans cette voie. Bien que populaire, il est arrêté en 1964 et condamné pour « parasitisme social » à cinq ans de travaux forcés dans la région d'Arkhangelsk. Libéré un an plus tard, il est constamment surveillé, il est expulsé d'URSS en juin 1972. Après un bref séjour à Vienne où il est accueilli par W. H. Auden, il s'établit aux États-Unis. Dans son discours de réception du Nobel en 1987, l'auteur mentionne 4 noms comme influences déterminantes pour ses travaux : Akhmatova, Auden, Marina Tsvetaïeva.

"Brodsky n'a jamais voulu céder la moindre place à la nostalgie. Ce n'était pas seulement une question d'orgueil ou de force d'âme. C'était peut-être une question d'éducation, la leçon jamais oubliée du Nord et du froid : " Le froid m'a élevé, il a glissé la plume / entre mes doigts, pour que serrés ils se réchauffent." C'était aussi la conviction que de toute manière, " un grand poète vous fait toujours parler une autre langue
"...

Semaine Russe Organisée par Cryssilda et Emma

jeudi 6 janvier 2011

Mon Bilan de l'année 2010




C'est année j'ai envie de faire court et de citer que trois auteurs. Mon podium c'est 1 vivant et 2 fantômes : un auteur français et deux auteurs anglo-saxons.



Pour moi, " Entrée des fantômes" de Jean Jacques Schuhl
est le plus beau livre de l'année 2010.
Cela je l'ai ressenti immédiatement après avoir refermé le livre !



De B.S Johnson, j'ai lu fin 2009 début 2010, son roman hors norme "Les Malchanceux" et courant 2010 j'ai lu "R.A.S l'infirmière chef " livre tout aussi magistral.
J'ai assisté au début de l'année 2010, à une rencontre autour de cet auteur. Puisque Jonathan Coe est venu en France et il a signé une biographie de son écrivain préféré.


Le dernier fantôme de l'année 2010 : c'est le grand James Matthew Barrie. Pour lui l'année 2010 c'était l'année des 150 ans de sa naissance . J'ai lu durant l'année 2010 "le portrait de Margaret Ogilvy par son fils". J'ai fini l'année en compagnie de Peter Pan.



Concernant la littérature jeunesse, deux livres, plus particulièrement deux albums ont retenu mon attention, pour leur force c'est :
La visite de petite mort de Kitty Crowther
et Une autre histoire d'Anthony Brown
Ces deux albums m'ont époustouflé et su me saisir à la gorge tellement ils sont d'une grande force !

mercredi 5 janvier 2011

SOFIA TOLSTOÏ : À qui la faute ?


Traduit par Eveline Amoursky
À qui la faute ?

Elle éclaire La Sonate à Kreutzer qui est une des romans les plus surprenants et les plus controversés de Léon Tolstoï. Sofia Tolstoï copie le manuscrit, éprouve, en le lisant, autant de fascination que d’horreur.
À qui la faute ? c'est l'histoire d'Anna une jeune fille intelligente , cultivée et sensible. Elle a vision du mariage une conception idéaliste et pure. Son mari est un vieil ami de la famille. Le Prince Prozorski est une caricature du Tolstoï, il est de quinze ans plus âgé qu'elle . Elle est amoureuse, elle idéalise, elle va vite déchanter.
Elle dit de lui à Natacha : " J'aime parler avec lui, mais quand le soir je lui tends la main et qu'il la serre de manière un peu particulière et que la sienne est moite, alors je ressens un si profond dégoût ! Mais lui comprend tout je pense, il est cultivé et intelligent, il a ses idéaux." Le Prince ne s’intéresse à elle que pour l’acte sexuel. Il admire sa beauté et il la considère comme un objet de plaisir mais refuse tout partage intellectuel ou spirituel. Il méprise son travail de peintre dans lequel elle met toute son âme. Il a peu de sentiments envers elle.
" Est-ce vraiment là notre unique vocation de femme, pensait Anna, que de passer de l'assistance au nourrisson par le corps à l'assistance au mari par le corps ? Et cela, en alternance - toujours ! Mais où est ma vie ? Où suis-je moi ? La vraie moi, qui aspirait autrefois à quelque chose d'élevé, au service de Dieu et à des idéaux ? Épuisée, tourmentée, je meurs à petit feu. Je n'ai de vie ni terrestre ni spirituelle. Alors que Dieu m'avait dotée de tout : santé, forces, capacités ... Et même bonheur. Pourquoi suis-je si malheureuse ? ..."
Puis, elle rencontre un homme Bekhmetev qui la regarde autrement. " La sollicitude et l'attention de Bekhmetev pour la vie d'Anna se manifestaient en toute chose. Elle aimait les fleurs - il remplissait sa maison des plus belles. Elle aimait la lecture à haute voix - il recherchait les articles et les livres les plus intéressants et lui faisait la lecture durant des soirées entières. Anna aimait son école - sous prétexte de faire plaisir à la charmante et naïve institutrice, il y envoyait des livres, des dessins et du matériel scolaire. " Il est peintre lui aussi, avec qui elle peut avoir un échange intellectuel et tendre. Il lui prouve que tous les hommes ne sont pas comme son mari. Cependant, elle met tout son honneur à rester fidèle à son mariage. " Il y avait quelque chose d'effroyable dans le désespoir du prince. C'était le désarroi d'un enfant perdu dans la forêt. Il donnait des coups dans le mur, criait, gémissait, se jetait sur les sofas et les fauteuils, demandant à tous qu'on le tuât, qu'ont le mît en prison , qu'on le fusillât. Il ne mangeait plus, ne buvait plus, ne dormait plus."
C'est un texte remplit de raffinement, l'amour pour l'art plus particulièrement la peinture la littérature et en particulier de la littérature française : Lamartine. J'ai beaucoup apprécié l'écriture de Sofia Tolstoï, elle est remarquable concernant l’analyse des sentiments féminins. Sofia Tolstoï était une femme cultivée, active, aux dons multiples (pianiste, appréciant la peinture et la photographie).
J'ai apprécié retrouver l'ambiance du remarquable documentaire vu sur Arte concernant les relations complexes entre Sofia et Léon Toltoï.

Semaine Russe Organisée par Cryssilda et Emma

mardi 4 janvier 2011

ANTON TCHEKHOV : Auteur de Théâtre

Depuis très jeune, seize/ dix-sept ans j'ai toujours aimé Tchékhov. Je me vois encore entrain de ses pièces de théâtre, les plus connus en tout cas : La Mouette, la Cerisaie, les Trois sœurs pièces que j'ai vu en suite au théâtre avec un immense bonheur.
(1860/1904) est un auteur dramatique à placer au même rang que William Shakespeare. Ses pièce sont des comédies sur la terrible dérision de l'existence. Les personnages de Tchekhov s'ennuient, il s'est mieux que personne décrire cette mélancolie existentielle. Ils sont des personnages extravagants, les espoirs brisés, les scènes cruelles, les sacrifices inutiles, la noblesse décadente, les familles dévastées, les amours impossibles. La crise d'une civilisation en pleine mutation. Durant toute sa vie, il a été fidèle à son engagement social de jeune médecin . " Je voudrais être un artiste livre, et c'est tout ... Je hais le mensonge et le violence sous toutes les formes." disait il
En 1882 : sa première pièce Platonov il a dix huit ans, cette pièce ne fut jamais joué de son vivant.
1887 : Ivanov : " Je suis une sorte d'Hamlet, un homme de trop."
1888 /1989 : L'Ours, Une demande ne mariage et en 1989 Le Sauvage ou l'Esprit des bois.
1890 : Oncle Vania : à sa création le rôle d'Éléna Andréevna est tenu par Olga Knipper qu'il épouse en 1901
J'ai vu cette pièce au théâtre Hébertot dans une mise en scène par Patrice Kerbrat. Oncle Vania était interprété par Gérard Desarthe
J'ai vu aussi aussi dans l'adaptation new-yorkaise que Louis Malle en a fait avec Vanya 42ème rue
1891 Duel
1895 l'année de sa célèbre pièce La Mouette : Comédie en trois actes. Présence de Shakespeare et de sa pièce Hamlet
Pièce vu à l'Odéon mise en scène de Konchlovsky en 1988
avec une distribution époustouflante
André Dussolier (Trigorine), Macha Meril (Arkadina), la toute jeune Juliette Binoche dans le rôle de Nina, Treplev : Jean Philippe Ecoffey, Dorn : Jean Bouise
La pièce la plus connu dans une mise en scène absolument magistrale et brillante, j'en garde un excellent souvenir, remplit de raffinement d'élégance. Dans le programme que j'ai gardé Andreï Konchalovsky dit : " Pour moi la Mouette a à faire avec ce sentiment de nostalgie d'un monde qui n'existe plus mais qui, pourtant, résonne encore dans notre mémoire comme une symphonie. Chaque personnage a un rêve qui ne se réalise jamais, mais sans le savoir non plus exactement quelle est la nature de ce rêve. Chacun aspire à quelque chose sans savoir à quoi."Ces propos résument bien la vision que j'ai de la vision du monde que porte Tchekhov sur ses personnages et sur la vie qu'il décrit.
1899 Les Trois Sœurs : J'ai deux représentations de cette pièce
Tout d'abord une à la colline en 2007 mise en scène par Stéphane Branschweig. J'avais trouvé cette mise scène très froide qui manquait terriblement de chaleur et de luminosité.
La deuxième fois fut il y a peut c'est à dire au moment de noël 2010 au Français dans une mise en scène d'Alain Françon un metteur en scène spécialiste de Tchékhov.
Là une très belle mise en scène une distribution brillante qui réunit les trois stars du Français chez les hommes surtout : Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Michel Vuillermoz.Là pièce s'ouvre sur le deuil du père, c'est un thème qui traverse toute la pièce c'est être en deuil de sa vie. C'est une pièce sur comment réaliser sa vie, ses choix. Anne-Françoise Benhamou dit dans le programme à propos de cette pièce " Et nous dans la salle qui les regardions les personnages nous appartenons aussi bien au clan des rêveurs en deuil de leur vraie vie ( sinon serions-nous au théâtre ?) qu'à l'autre clan - comme eux nous devront user d'égoïsme d'indifférence, de compromis, pour trouver habitable la vie qui nous est imparti."
Le grand rêve c'est d'aller à Moscou, de faire sa vie là dans cette grande ville, la ville natale pour les Trois Sœurs. Vont-elles pouvoir réaliser ce rêve ? C'est pas ma pièce favorite de Tchékhov, ma préféré va à la Mouette et à la Cerisaie peut-être !

1903 La Cérisaie (la dernière pièce)
J'ai vu la très belle adaptation mis en scène par Alain Françon à la Colline avec une très belle distribution.
Je cite les comédiens les plus connu :
Le très regretté Jean-Paul Roussillon dans le rôle de Firs, laquais de 87 ans. Didier Sandre : Gaev, Leonid Andreevitch, Dominique Valadié Ranevskaïa, Lioubov Andreevna
Dans cette pièce, il est question de changement, l'apparition d'une nouvelle classe en Russie. La Cerisaie, c'est le nom donné à une propriété. Un immense domaine dans le sud de la Russie. Gaev et sa soeur Lioubov, qui ont laissé les dettes s'accumuler, savent que la Cerisaie risque d'être vendue aux enchères. Mais lorsque Lopakhine, le fils d'un paysan qui s'est considérablement enrichi, leur propose de reprendre le domaine pour y construire des datchas, le projet leur semble aussi absurde que vulgaire. La Cerisaie sera-t-elle détruite ?

Meurt en 1904 lors d'un voyage en Allemagne et il est enterré à Moscou le 9 juillet.
Chez Tchekhov pas de héros, il nous montre la vie telle qu'elle est. Dans chacune de ces pièces, il reconstitue la vie , il y a tous les âges des jeunes des vieux, par contre l'enfant est absent. Pas tout à fait, car ils sont morts, malade abandonnés par leur mère. L'exception se trouve dans les trois sœurs, où l'enfant est heureux. Le monde Tchékhovien est un monde dont les frontières sont floues

"Ces gens peuvent disparaître comme les visages sur une vieille photographie, mais à travers leurs rêves, leurs aspirations, leurs illusions et leurs prétentions, nous retrouvons tous nos propres sentiments. On a la sensation de voir l'image floue d'une photographie dans un album de famille, une image prise avec grand sérieux par un amateur. "
Toutes les mises en scène que j'ai vu de Tcheckhov son traduite d'André Markowicz et Françoise Morvan (une amoureuse de la langue de Tcheckhov. André Markowicz traduit Dostoievski, Gogol, Lermontov, Ostrovski chez Actes Stud. J'attire votre attention sur ce lien fort intéressant où justement André Markowicz parle de la traduction. C'est propos sont très juste car corresponde tout à fait à vision d'un texte traduit : ""Toutes les traductions sont des approximations. Plus le texte original est beau, plus la traduction ne peut être qu’approximative. On ne peut en aucun cas prétendre à la vérité absolue. Une traduction, c’est une interprétation. Comme pour un interprète d’une sonate de Beethoven. En plus, l’idée qu’on a d’un auteur peut changer, pas seulement à cause des traductions, mais à cause du mouvement des idées qui sont portées par ces traductions..."

 Constantin Stanislavski
Il a été le maître veneré du théâtre soviétique et partout dans le monde, surtout pour sa pédagogie de la formation de l'acteur. La méthode Stanilavski s'est construite à partir de la dramaturgie de Tchekhov qui occupe une place fondamentale dans la naissance et l'histoire du théâtre russe. L'apprentissage peut durer toute une vie

J 'ai vu durant l'année 2010 une très belle mise en scène 100 % Russe adapté d'une courte pièce de Tchekhov : La Noce, j'en parle ici et cela me permet de répondre ici même aux commentaires de Claudia et de Lou avec beaucoup de retard
@ Claudia : Cette mise en scène était magnifique, très originale car à la fois très moderne et très enlevée.
Une mise en scène très russe car très excessive comme son les russes. Elle n'a rien à voir avec la vision que nous français nous nous faisons de l'esprit Russe qui est plus classique. Le rapprochement avec Bretch est loin d'être faux car oui dans l'esprit c'était assez proche de l'état d'esprit de Bretch. Je pense à l'Opéra de quatre sous vu, il y a un moment.
@ Lou : Oui je me suis régalée, car cela sort des sentiers battus !



lundi 3 janvier 2011

L'OISEAU DE FEU & LES BALLETS RUSSES

En ce début d'année la Russie est à l'honneur,
Durant l'année 2010, j'ai consacré plusieurs billets concernant la Russie en littérature jeunesse dans les contes plus particulièrement.
,j'évoque une version de l'oiseau de feu et de Baba Yaga.
Ici encore des contes, voir encore deux très beaux livres CD.

L'oiseau de feu

Ballet de I. Stravinsky, illustrations de Elene Usdin

A partir des quelques lignes de l’argument du ballet, retrouvé à la bibliothèque de l’opéra Garnier, j’ai raconté l’histoire de l’Oiseau de feu, telle qu’elle se déroule sur la scène , une histoire différente de celle du conte publié chez plusieurs éditeurs, d’après les travaux du folkloriste Afanasiev. Nous dit Sophie Humann ici

Direction artistique du disque: Louis Dunoyer de Segonzac.

Ivan Tsarévitch chasse dans la forêt, il se trouve nez à nez dans un jardin, devant des arbres qui avaient des pommes en or.
Un oiseau superbe jaillit d'un des arbres, l'oiseau de feu. Il l'attrape grâce à son arbalète. L'oiseau veut garder sa liberté . Il a pu avoir une plume de l'oiseau. Au fond du jardin, douze filles vêtus avec élégance et simplicité ramassent les pommes d'or. Ivan se présente et il se propose pour les aider. Il est sur les terres de Katcheï l'Immortel. Ivan est fasciné par la belle Tsarévna. Tout à coup le climat merveilleux devient épouvantable voir cauchemardesque. Heureusement, il a la plume en talisman. Et tout ce termine bien grâce à l'oiseau de feu. Un conte sublime !

Igor Stravinski et

les Ballets Russes

Il est né en Russie en 1882. Serge Diaghilev organise à Paris des ballets venus de Russie. L'oiseau de feu est un ballet populaire. C'est Tamara Karsavina qui incarne L'Oiseau de feu avec Vaslav Nijinski . Ce ballet "l'oiseau de feu" est un triomphe

Plus tard par la suite Stravinski écrit en 1912 la musique d'un autre ballet : Petrouchka et le Sacre du printemps. Il est enterré à Venise à côté de Serge Diaghilev.





NIJINSKY

(Jean Cocteau dans la Difficulté d'être)

" Nijinsky était d'une taille au-dessous de la moyenne. D'âme et de corps il n'était que déformation professionnelle. Sa figure, du type mongol, était reliée au corps par un cou très haut et très large. Les muscles de ses cuisses et ceux de ses mollets tendaient l'étoffe du pantalon et lui donnaient l'air d'avoir des jambes arquées en arrière. Ses doigts étaient courts comme tranchés aux phalanges. Bref on n'aurait jamais pu croire que ce petit singe aux cheveux rare, vêtu d'un pardessus à jupe, coiffé d'un chapeau en équilibre au sommet du crâne, c'était l'idole du public ..."




Concernant de Diaghilev, Jean Cocteau dit ceci : "Sa figure était d'un dogue, son sourire d'un très jeune crocodile, une dent mise au bord. Mâcher cette denture était chez lui signe du plaisir, de la crainte, de la colère. Il mâchait sa bouche surmontée d'une petite moustache, dans le fond des loges où il surveillait ses artistes auxquels il ne passait rien. Et son œil humide incliné vers le bas avait la courbe de l'huître portugaise. Cet homme promenait à travers le monde une troupe de danse, aussi confuse, aussi bariolée que la foire Nijni-Novgorod. Son seul luxe était de découvrir une étoile."

L'on peut voir sa tombe ici (aller vers la fin du billet) à Venise

Semaine Russe Organisée par Cryssilda et Emma