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mardi 31 août 2010

ÉCRIVAINS FIN-DE-SIÈCLE : LES SYMBOLISTES

(suite) Mouvement Symboliste
Mouvement littéraire artistique apparu en France et en Belgique en 1870, en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. C'est autour de Mallarmé que le Symbolisme naissant va se cristalliser. On se précipite chez lui rue de Rome, chaque mardi. Jacques Rivière disait : le symbolisme est l'art de gens qui savent terriblement ce qu'ils pensent, ce qu'ils veulent, ce qu'ils font. Grand acteur du mouvement symboliste c'est Rémy de Gourmont.

Extrait de Sixitine dans le livre (Écrivains fin-de -siècle) : L'écrivain Entrague est malheureux, Sixitine sa femme est proche de l'imaginaire, elle l'inspire pour son roman L'Adorant.




Écrivain symboliste, à dix-sept ans il découvre l'œuvre Stevenson, elle a marqué sa jeunesse. Il a effectué des études de lettres. Il a de nombreux amis dans le milieux littéraires : Mallarmé, Jarry, Valéry, Colette, Catulle Mendès, Léautaud, Paul et Camille Claudel, Jules Renard ... Il s'intéresse à l'argot français qui est pour lui une langue spontanée et populaire. Il s'est brouillé avec Gide, car selon lui il a été plagié avec Les Nourritures terrestres.

Voir le billet d'Holly

Extrait : Les Vies imaginaires, Paolo Uccello, peintre, Paul les Oiseau.
" À chaque nouvelle combinaison de lignes il espérait avoir découvert le mode de créer."
Très joli et touchant portrait de ce grand peintre florentin. Il était contemporain de Donatello, Filippo Brunelleschi (le dôme de la cathédrale de Florence est signé par lui) et de Ghiberti .



Auteur belge à la fois connu et méconnu.
Connu surtout pour Pelléas et Méllisande, à la rigueur pour l' Oiseau bleu, et c'est tout ! L'on être fort surpris qu'il fut Prix Nobel de littérature en 1911.

Intèrieur (1894) pièce en un acte où l'étranger et le vieillard regardent du dehors une paisible scène familiale, sachant , comme le spectateur, que la fille de la maison s'est noyée, et se préparant à l'annonce de cette nouvelle sur laquelle s'achèvera la pièce (extrait de cette pièce dans Écrivains fin-de-siècle )
Le climat est lourd intense, le lecteur retient son souffle face à cette douleur ! Magnifique et triste.
Ce tableau de Sir John Everett Millais : Ophélia résume parfaitement l'ambiance de la pièce "Intérieur"de Maeterlink.
"Je m'approche et j'aperçois sa chevelure qui s'était élevée presque en cercle, au-dessus de sa tête, et qui tournoyait ainsi, selon le courant ... "


lundi 30 août 2010

ABDELLATIF LAÂBI : Le fond de la jarre

Abdellatif Laâbi est surtout connu comme étant un grand poète marocain.
Avec Le Fond de la jarre, récit autour de Namousss, sur les traces de son enfance au cœur de la ville de Fès. Namouss est un enfant de 7/8 ans plein de malice. " Ses camarades de jeux l'appellent Namouss ( Moustique) non qu'il soit plus menu que les enfants de son âge (les Fassis sont en général courts sur pattes), mais parce qu'il est , outre d'une constitution fragile, une espèce de feu follet qui ne tient pas en place."
Namouss est le fils de Ghita, sa mère, Driss, son père, il est issu d'une famille nombreuse dans le quartier " la source des chevaux" . En 1949, Namouss est entré à l'école franco-algérienne, c'est M. Benaïssa qui lui apprend à parler correctement le français. Il en est fier de son bon point ! Nous sommes dans un Maroc soumis au protectorat français, lutte pour l'indépendance. Ce délicieux récit d'enfance, vu à travers les yeux d'un enfant, où grouille un nombre incroyable de personnages extravagants. Certains sont de magnifiques personnages comme l'oncle conteur, Mikou personnage étrange qui n'est pas un homme "un enfant qui a grandi trop vite", Chiki Laqraâ une femme qui s'est s'imposer. " Moi je suis femme, fille d'une maîtresse femme. Ma tête est nue, et je n'ai rien à cacher." un personnage haut en couleur, courageuse dans ces propos me semble t-il pour l'époque ! Je suis souvent voir très comme étonnée de l'intelligence des femmes, de la finesse d'esprit, d'ouverture dans le magrheb et en Afrique. Très beau passage concernant l'errance de Nanouss en plein ramadan. Des souvenirs d'enfance remplit de fraîcheur, d'innocence, de vie. et de mystère, malgré effectivement quelques longueurs et malheureusement un style assez plat dommage tout de même que le style ne soit pas plus poétique que cela !
" L'été s'étire malgré des loisirs variés, Namouss est de nouveau envahi par la longueur. Quelque chose lui manque et il ne sait quoi au juste . L'école ? Patience, c'est pour bientôt. "
Voir chez Kenza

mercredi 18 août 2010

L'ARBRE de Julie Bertuccelli

En Australie, une famille heureuse avec leurs quatre enfants à l'ombre de leur gigantesque figuier. Lorsque le père Peter meurt brutalement, chacun, pour continuer à vivre, réagit à sa manière. Simone, la petite fille de huit ans, croit dure comme fer que son père vit à présent dans l'arbre.
Tout le film tourne autour de cet arbre géant. La métaphore de l'arbre fonctionne à merveille dans ce film.

J'aime beaucoup l'arbre qui représente la Vie. Dans le film, l'Arbre est immense il représente la famille : l'arbre généalogique. Ces racines représente nos origines là où l'on vient. Dans le film, les racines de l'Arbre sont destructrice envahissante, nocif pour l'environnement. 'arbre devient envahissant : ses branches, ses racines, et même son peuple de grenouilles et de chauves-souris se lancent à l'assaut de la maison et menacent ses fondations ! Mais Simone tient à l'arbre car pour elle, il représente à ses yeux une valeur sentimental, affective
Il devient une cabane pour elle, elle aime dormir dans l'arbre, y lire se réfugier dans l'arbre la rassure. Elle apprécie cela la touche quand elle voit que sa mère apprivoise elle aussi l'arbre. Je pense en particulier à la scène où Dawn dans le tronc de l'arbre entrain de dormir. La mère de Simone comprend le secret, le lien très fort de l'arbre entre elle et sa fille. Elle sera toujours du côté de Simone et ne veut pas que l'on abatte l'arbre.
Ce film me touche car il évoque l'enfance, Simone n'a peur de rien elle est encore à l'âge où l'on ne perçoit pas le danger, elle a tendance à être un enfant casse cou. L'âge où l'on aime transmettre à une amie ses secrets et comme l'on sera plus grande comment l'on perçoit l'âge adulte. La réalisatrice Julie Bertuccelli montre très bien la solidarité qui règne dans cette famille. La photographie est sublime, c'est un film très tactile aussi.
En un mot c'est un très jolie film, qui porte un bel espoir de vie !

lundi 16 août 2010

NADJA : LA FORÊT DE L'OUBLI

Je ne suis pas voir pas du tout Bande Dessiné, mais Nadja possède un univers qui me touche beaucoup. Je suis une adepte absolue !

Tome 1 : Le chemin de Maison Haute

Un jour, la petite fille Linda découvre un vieux doudou par terre. En faite c'est un petit animal abandonné, donc elle le recueille et l'adopte. Il se met à lui parler pour lui demander de l’aide, elle est étonnée de voir qu'il parle ! Elle décide de le suivre dans un monde étrange et terrifiant. Ce monde est remplit d'aventure et les émotions sont très fortes. Enlevés par un insecte géant, les deux amis sont transportés jusqu’à Maison- Haute, la demeure d’une reine, pour devenir une de ses filles adoptives. La petite Linda doit traverser des épreuves pas forcément évidente. Entièrement réalisée dans un camaïeu de bruns et de gris.


Tome II : l'arbre de pierre

Voilà, alors Linda est une princesse et prisonnière au royaume de Maison-Haute. Mingo (son compagnon, petit ami fidèle dont elle ne se sépare pas)l’aide à s’enfuir et ils traversent ensemble des aventures étranges qui ont un lien certain des souvenirs.
Comme ils se pressent vers la Forêt de l’Oubli, la reine de Maison-Haute met tout en œuvre pour freiner leur quête…
Dans ce deuxième tome, une nouvelle couleur s'ajoute au marron c'est le vert tendre de l’herbe, souvenir du collier de sa mère quand elle était petite….


Tome III : La fille sauvage

Linda et Mingo sont en fuite vers la forêt… Les couleurs se font de plus en plus chatoyantes au fur et à mesure de leur progression vers la vérité que recherche Linda. Les forces obscures, elles, se tintent de pourpre et de sang… Linda va finalement rejoindre son double dans la forêt, silhouette entr’aperçue à travers les arbres… Elle se pose plein de question !
Linda me fait penser un peu à "Alice" de Lewis Carroll. Nadja joue avec les rêves (devenir une princesse entre autre). C'est remplit de mystère qui met le lecteur en haleine. La forêt de l'oubli est une aventure initiatique.

La peur l'effroi sont au rendez-vous, l'atmosphère inquiétante est au rendez-vous. Ambiance futuriste, fantastique et nous emporte dans un monde bien étrange et inquiétant !Le monde des cauchemars, je veux parler de certains cauchemars que l'on fait quand on est enfant.
Ce dernier tome est complètement hallucinant, il donne de sacrés frissons de peur d'angoisse. Il est vertigineux ! Je trouve qu'il y a une belle progression dans cette forêt de l'oubli à travers les trois épisodes. Le dernier tome est très fort au niveau de l'émotion et avec la forêt présente, référence aux contes et en particulier à la Belle au bois dormant. L'arbre dans "la forêt de l'oublie" joue un rôle capital pour Linda il lui permet de ce réfugier, de se retrouver. Elle est à la recherche de son identité.
Dans la forêt de l'oubli, l'on retrouve bien l'univers pictural entre autre si particulier de Nadja. Tout d'abord Linda s'est la grande sœur de Charlotte (Chien bleu). On retrouve aussi l'univers fantastique de Chien bleu, avec la forêt l'univers étrange. L'univers fantastique l'on retrouve dans un autre album que j'apprécie c'est La chanson d'amour. Nadja a repris les mêmes thématiques : rêve, du cauchemar,la peur, l'amitié. Le doudou de Linda, son attendrissant compagnon Mingo rappel un peu Momo. Nadja aime les créatures les plus étranges que les enfants aiment bien parce que cela fait peur et donne des sueurs froides.
Atmosphère graphique de ce triptyque est superbe, très personnel original aussi cela change de l'esthétique formaté de certains illustrateurs actuels. Esthétique à la peinture la palette dans le premier tome est dans les bruns uniquement assez osé, ensuite dans le deuxième un peu de vert. Dans le troisième le vert/bleu apporte une ouverture comme une respiration, il est l'opposé d'un brun, noir obscur qui est oppressant.

jeudi 12 août 2010

ÉCRIVAINS FIN-DE-SIÈCLE & LES DÉCADENTS FRANÇAIS


de Marie-Claire Bancquart

Ce livre propose des extraits de romans ou de « proses » qui ont eu du succès et de l'influence durant la période qui va des années 1880 au début du XXe siècle. Les écrivains réunis ici partagent tous le besoin d'un « ailleurs ». Il est difficile de distinguer les "décadents" des "symbolistes". Verlaine dit : " Le symbolisme ? ... Comprends pas ... Ça doit-être un mot allemand ... "" Aujourd'hui c'est des assauts de pieds plats qui ont chacun leur bannière où il y a écrit réclame ! Décadent, au fond, ne voulait rien dire du tout. C'était plutôt un cri et un drapeau sans rien autour."
* Le mouvement décadent traversent le XIXème siècle où tout est noir.
* Symbolisme est apparue en France et en Belgique vers 1870 en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. Il est très difficile distinguer ces deux mouvements aux contours mal définis. Le mysticisme du temps en est la manifestation la plus évidente. Mais les « ailleurs » ne sont pas nécessairement à chercher dans l'interprétation ésotérique du monde : ne sont-ils pas aussi bien en nous, dans les innombrables possibilités de notre organisme nerveux et de notre imagination ? Sur des chemins parfois déviants, où la névrose et l'art coexistent souvent, se crée une étonnante littérature du fantastique intérieur. C'est la grande époque des revues : La Revue Chat noir est une revue qui a été créée par Raymond Salis le 14 janvier 1882. C'est une revue dirigée par Goudeau le cousin Léon Bloy, c'est une des revue les plus importante de l'époque. Maupassant fait ses débuts dans cette revue. Son existence va jusqu'en 1895. Léon Bloy fut marqué par sa rencontre avec Barbey d'Aurevilly et très lu par Claudel et Bernanos. Cette littérature fin-de-siècle joue un rôle de précurseur, lance des recherches et des interrogations, innove dans les techniques romanesques, de la mise en abyme au monologue intérieur. Elle n'est nullement la littérature expirante et passée de mode que l'on imagine parfois, mais au contraire une littérature de sursaut : elle inaugure le siècle nouveau. Ces écrivains auront un impact sur Proust, Gide entre autre pour leur début. Je me suis intéressée à cette littérature l'année dernière avec la biographie de Mireille Havet et de Rémy de Gourmont.

Cet ouvrage s'est l'opportunité de découvrir des auteurs complétement oubliés comme :
ÉLÉMIR BOURGES : Il Passion pour Wagner et Shakespeare, apprécié par Gide, ami de Mallarmé, Marcel Schwob et du peintre Armand Point. Écrivain exigeant, Sous la hache son premier roman en 1883. Ce livre fut bien accueilli ainsi que Le Crépuscule des dieux. Les oiseaux s'envolent et les fleurs tombent est un ouvrage orienté vers le mysticisme. Le Crépuscule des dieux en 1884, emprunte à Wagner. Roman de passion noire et de grand pessimisme qui retrace l'extinction d'une famille princière.
Octave Mirbeau : Journaliste, grand avocat des écrivains et des artistes méconnus. il a été "nègre" d'hommes politiques et de patrons de presse. Il remporte avec son premier roman Le calvaire un succès scandaleux. Son roman L'Abbé Jules, écrit sous l' influence des romanciers russes. Il collabore à l'Aurore et à L'Humanité. Ses œuvres les plus connus de nos jours sont "Le journal d'une femme", sa pièce "Les affaires sont les affaires".
Mécislas Goblerg : Né en 1869 en Pologne dans une famille juive bourgeoise, il se rend à Paris en 1891. Il est anarchiste, il est expulsé de France se réfugie à Londres, revient à Paris fait de la prison.Il meurt de la tuberculose à Fontainebleau en 1907.
J.H.ROSNY AÎNÉ : son vrais nom Joseph Henri Boex (1856/1940) né en Belgique et établi en France avec son frère Séraphin-Justin qui prit le pseudonyme Rosny. Tous les deux ils écrivent Les Xipéhuz. Joseph Henri va persévérer dans l'écriture et il reprend le pseudonyme de son frère Rosny et en rajoutant aîné car il est le frère aîné de Séraphin-Justin. Il est l'auteur de la Guerre du feu roman préhistorique qui fut célèbre grâce au cinéma avec le film de Jean Jacques Annaud. Il est considéré comme le père de la science-fiction, non seulement française, mais dans son ensemble.
JOSÉPHIN PÉLADAN : En 1884, son premier roman est Le Vice suprême, en 1888 il se donne le titre de "Sâr" (mage). Il s'habille d'une cape noire et sur une robe de velours bleu. Il fait revivre l'ordre occultiste des Rose-Croix, il fonde l'"Ordre de la Rose+Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal".
RACHILDE la seule femme de cet essai mais qu'elle femme ! Elle a joué un grand rôle dans cette époque édacadente.
Marie Maguerite Eymery de son vrais nom, elle est née en Dordogne en 1860. Son père un militaire aurait voulu que sa femme soit un homme. Sa mère est schizophrène. À quinze ans, elle lit Sade. À vingt ans elle monte à Paris, elle fréquente le monde littéraire Mendès, Bloy, Villiers, Verlaine. Elle s'habille en garçon, elle joue avec un grand plaisir sur l'ambiguïté sexuel. En 1889, elle se marie avec Alfred Vallette, fondateur du Mercure de France. De cette union elle aura une fille. Elle est l'amie de Jean Lorrain.
Elle écrit des roman qui sont excessifs, avide d'étrangeté sexuelle. Elle a tenu un salon fréquenté par Gourmont, Jules Renard, Gide, Mallarmé, Apollinaire. Elle fut responsable de la critique littéraire au Mercure de 1897 à 1925. Elle est décédé en 1953, et Vallette en 1931 Voir aussi ici concernant son portrait !
Monsieur Vénus publiée en 1884, (extrait dans le Folio Écrivains fin-de-siècle édition de Marie Claire Bancquart) Livre audacieux, il fera d'elle une femme décadente. Ce livre fut saisi et condamné par le parquet belge pour atteinte aux mœurs et pornographie. Raoule de Vénérande, femme virile habite avec une tante chanoinesse. Elle est sous le charme féminin, androgyne de Jacques Silver qui est fleuriste. Ils se marient, ils aiment jouer sur l'ambiguïté des sexes. Raoule s'habille en homme et Jacques en femme.

Henry Céard : Il connu Zola par l'intermédiaire de Huysmans. C'est un amoureux de Wagner. En 1898, il se retire à Quiberon, il a comme projet écrire un grand roman accompagné d'une structure wagnérienne. Catulle Mendès : Il lance la Revue fantaisiste qui accueille les Parnassiens. Il a vécu avec la musicienne Augusta Holmès dont il a deux fils et trois filles . Il est lui aussi fou de Wagner. Il collabore à la Revue wagnérienne. En 1881 il publie le roman Le Roi vierge du vivant de Wagner et de Louis II. Villiers de l'Isle-Adam : Un des grands auteurs de cette période, fin de siècle, d'origine bretonne. Il commence par écrire des poèmes, des articles, s'essaie au théâtre, fait connaissance de Baudelaire et de Catulle Mendès. Il est très ami avec ce dernier. Ils rendent visite à Wagner ensemble.
Georges Eekhoud : Orphelin, il est élevé par sa grand-mère et par son oncle riche. Il est originaire d'Anvers, il fait ses études en Suisse. Il démarre dans la vie comme correcteur et journaliste en Belgique. Il prend la défense des homosexuels. Escal Vigor qui est à la fois une anagramme d'"Oscar Wilde". Ce roman lui valut un procès pour pornographie devant la cour d'assises de Bruge qui fit grand bruit.
Pierre Louÿs : Lui aussi il est d'origine Belge né à Gand, comme Georges Eekhoud orphelin à neuf ans. Il fréquente les mardis de Mallarmé. Il passe rapidement du milieu parnassien au milieu "décadent" et symboliste. En1891, il fonde lui aussi une revue La Conque, très à la mode en cette fin de siècle, Valéry, Gide, Léon Blum, Camille Mauclair signent des articles dans cette revue. Lui aussi est un admirateur de Wagner, il se rend à Bayreuth. Il doit sa renommé à ses écrits érotiques et le plus connus est " La Femme et le Pantin.


mercredi 11 août 2010

TREMBLAY : La Diaspora des Desrosiers


Avec cette merveilleuse saga, Michel Tremblay a su merveilleusement rendre un hommage aux grands livres à mes yeux essentiels de la littérature jeunesse.
Mais en même temps cela n'a rien étonnant quand l'on est comme moi assidue, sous le charme de l'univers de Monsieur Michel Tremblay.
Dans chacune de ses traversées il rend hommage à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. la Traversée du continent,, La Traversée de la ville
la Traversée des sentiments
" Rhéauna se regarde dans une vitrine et trouve qu'elle ressemble en effet un peu à Alice dans sa robe à peu près du même rouge- sa mère lui a acheté la version en couleurs, beaucoup plus dispendieuse, où Alice apparaît dans une jolie robe rouge et en tablier blanc-, plus longue que celle de l'héroïne du roman, cependant , parce que les fillettes de Montréal, selon les lois de la très sévère Église catholique, doivent toujours se montrer décentes et porter des robes qui descendent au moins jusqu'à mi-mollet, alors que les petites Anglaises ont, du moins si l'on croit les illustrations d'Alice au pays des merveilles, le droit d'avoir l'air de vraies petites filles. En lisant le livre, elle a envié Alice avec sa robe courte et bouffante, sa grande maison, son jardin et sa chatte Dinah."

Dans la Traversée du continent, là il rend un vibrant hommage à Peter Pan de James M. Barrie/ l'île aux trésors de Stevenson . p158 à la sauce canadienne cela ne manque pas de piquant et d'imagination !

"Elle ne connaissent des batailles navales que ce qu'elles ont glané dans les livres d'images - la Saskatchewan contient très peu de grands plans d'eau dans le Nord et les bateaux y sont plutôt rares - et s'imaginent volontiers en pirates des Caraïbes, surtout en Capitain Hook, le personnage de la littérature pour enfants qu'elles détestent le plus parce qu'il veut détruire Peter Pan et kidnapper la belle Wendy, ou en Long John Silver, le pirate le plus vicieux de tous les temps. Grand-maman Joséphine leur a lu L'île aux Trésors"

MICHEL TREMBLAY : La Traversée des sentiments

La Diaspora des Desrosiers :
Le Tome 1 : La Traversée du continent
Le Tome 2 : La Traversée de la ville

Avec cette suite nous retrouvons Réhauna (Nana) a Montréal chez sa mère Maria. Sa mère travail dans un cabaret la nuit. En ce début de roman, il est question de vacances à Duhamel dans les Laurentides pour une semaine. Nana en rêve, la possibilité de prendre l'air, d'aller à la montagne. Nana est comme dans le roman précédent une grande lectrice les livres elle les dévore, ils permettent de s'évader. Elle a très envie de se mettre à l'écriture et d'être lu dans tout le Canada. Nana heureuse passe une semaine de vacances d'août 1915, avec sa mère et ses tantes dans les Laurentides.
Cette traversée des sentiments est une étude des mœurs du début du XXème siècle. Teena a un petit garçon Ernest, il est venu au monde alors qu'elle n'est pas mariée, alors elle a laissé son petit chez sa cousine Rose à Duhamel, elle le voit de temps en temps mais elle culpabilise beaucoup. " J'ai qu'y finisse par pus me reconnaître , par refuser de m'appeler moman. Y aurait raison parce que chus pas sa vraie mère! Chus pas sa mère! Je l'ai laissé ici dans l'espoir qu'y serait heureux, pis j'ai peur qu'y le soit! J'aimerais ça qu'y me dise, une fois dans sa vie, qu'y s'est ennuyé de moi! Mais y peut pas s'ennuyer de moi, y me connaît pas! Chus juste la madame qui envoie de l'argent pour le nourrir ! Tu dois comprendre ça, toi, Maria t'as été obligée toi aussi, d'envoyer trois de tes enfants à l'autre bout du monde pour leur offrir une vie qui a du bon sens.. On en parle jamais, non plus, de tes deux filles qui sont restées dans l'Ouest, on se concentre toujours sur Nana pis sur Théo parce qu'y sont là, mais les deux autres , Maria, les deux autres, sens-tu que t'es leur mère ?"
L'on découvre là une Nana forte attachante, elle joue son rôle de deuxième mère pour son petit frère Théo.
Personnage attachant et mystérieux, le seul homme de cette "Traversée", Simon, l'amérindien, l'homme des bois qui sait rendre heureux Rose. Il est viril, beau et hélas porté sur la bouteille, Elle savoure son bonheur avec cet homme là, même si l'on a la regarde de travers et qu'elle accepte de vivre dans la misère.
Cette semaine de vacances est l'occasion des confidences et d'évoquer les secrets de famille, le cadre s’y prête: le lac, les bois, les couchers de soleil, les repas animés, et le soleil.

C'est un immense plaisir de lire l'écriture toute en rondeur de Michel Tremblay. L'ambiance est joyeuse, ses
femmes sont solidaires et terriblement attachantes. Mais, la gravité rôde comme toujours chez Tremblay, ainsi que les secrets de famille. C'est un roman remplit d'une palette des sentiments qui va du rire aux larmes.
Puis comment ne pas aimer ce tome car il fait encore référence à Alice au pays des merveilles "Elle pense aussitôt au sourire du Cheshire Cat, dans Alice au pays des merveilles. C'est vrai, que si on dessinait un chat autour du croissant de lune, ça lui ferait un beau sourire... Elle essaie d'imaginer le Cheshire Cat, sa tête ronde, ses rayures, son sourire ironique, y parvient presque." Ce passage se situe au début et vers la fin, l'on retrouve encore une référence à Alice. "Rhéauna est aussi curieuse qu'Alice, aussi imaginative, c'est bien ce qui fait peur à sa mère."
Cette lecture a été un régal absolue ! Dès que j'ai commencé ce roman je ne pouvais plus le lâché tellement l'écriture est prenante, agréable et les personnages surtout féminin diablement bien campés.

lundi 9 août 2010

L.FRANK BAUM : Le Magicien d'Oz



Traduit par Mona de Pracontal

Dorothée emportée par un cyclone avec son petit chien, les voilà propulsés dans un pays étrange . Elle rencontre un épouvantail qui veut un cerveau, un bûcheron de fer-blanc qui veut un cœur et d'un lion poltron peureux qui veut être courageux pour porter honorablement son titre de roi des animaux. Dorothée, accompagnée par son chien Toto, veut rentrer dans son Kansas natal et la voilà au pays d'Oz. Elle doit rencontré Oz, le grand magicien, à la Cité d'Émeraude. Lui seul a le pouvoir de l'aider à rentrer chez elle. Mais cela n'est pas si simple, et nous sommes dans un conte, et donc il y a des sorcières c'est incontournable. Dorothée a pris les souliers d'argent à la méchante sorcière de l'Est, elle a une marque sur le front grâce à la gentille à la sorcière du Nord. Pour que Dorothée puisse retourné chez elle, elle doit tuer la sorcière de l'Ouest. Donc Dorothée et ses amis doivent se rendre au pays des Ouistiz. L'aventure arrive ...
Dorothée arrive avec brio à tuer la terrible sorcière de l'ouest, elle a espoir de retourner au Kansas. Car elle croit très fort aux pouvoirs du Magicien d'Oz. Hélas, c'est un charlatant (il tient à la fois de l'homme politique et du médecin-colporteur) d'un pays de rêve certainement, mais il sera d'aucune aide. Tout n'est pas perdu heureusement, elle va se rendre au pays des Couacadiens voir la gentille sorcière , la belle Glinda. Et là, grâce à ses superbes chaussures au pouvoir magique tout va rentrer dans l'ordre !

Quelques notes concernant l'auteur Frank Baum (tiré du livre d'Alison Lurie Il était une fois ... et pour toujours (À propos de la littérature enfantine))
Frank Baum a voulu écrire un " conte de fées modernisé" duquel seraient éliminés "les stéréotypes désuets de génies, de nains et de fées." L'argent n'existe pas dans le Pays d'Oz. Le Pays d'Oz est dirigé par des femmes et des filles. Alison Lurie nous dit que dans les premières années du XXème siècle les héros de la plupart des romans d'aventures étaient des garçons. Les filles restaient à la maison et apprenaient à mieux s'entendre avec leur famille . S'il s'agissait d'enfants rejetés, telles Rebeca de Sunnybrook farm, ou d'orpheline comme Anne et la maison aux Pignons verts et Judy dans Papa-Longues-Jambes, elles trouvaient ou fondaient une nouvelle famille. À la fin de toutes ces histoires, ou de leurs suites, l'héroïne grandissait, tombait amoureuse et se mariait. Dorothée a beaucoup de point commun avec Alice de Lewis Carroll, mais elle est très américaine. Elles sont deux petites filles indépendante, courageuse et à l'esprit pratique. La différence c'est que Dorothée rencontre sur son chemin des compagnons sympathiques alors qu'Alice voyage seul et les créatures qu'elle rencontre son effrayantes. Le pays d'Oz est un pays plus plaisant que le pays des merveilles qui n'est que cauchemar absurde. Très intéressant la comparaison que fait Alison Lurie car elle démontre bien l'opposition entre un regard anglais victorien sur un monde absurde et un américain qui a une vision utopique d'un monde nouveau. Mais le point commun entre Dorothée et Alice s'est le voyage initiatique pour grandir.

J'aime beaucoup la fraîcheur qui se retrouve dans le beau texte de Frank Baum, que je découvre pour la première fois, mais avec un regard d'adulte ce classique pour la jeunesse est une remarquable critique de la société et du pouvoir . Par contre le film avec la délicieuse Judy Garland je l'ai vu plusieurs fois c'est un régal inoubliable. Excellent ! J'aime beaucoup les chaussures rouge magique de Dorothy portées par Judy Carland dans le film du Magicien d'Oz. Elle me font rêvée, c'est je pense un des fantasme de petites filles de posséder de tels chaussures !


Voir aussi le billet de Béné.

samedi 7 août 2010

STEFAN ZWEIG : Le Voyage dans le passé

Traduction de Baptiste Touverey

Retrouvailles entre un homme et une femme, une histoire d'amour impossible, la vie les a séparés. Cette nouvelle inachevée, par Stefan Zweig, retrouvé après sa mort.

"Dans le vieux par solitaire et glacé Deux spectres cherchent le passé"

Louis, pauvre et brillant, devient secrétaire au service du Conseiller G, directeur d'une usine de produits chimique. Il tombe amoureux de la femme de patron. Elle n'a pas de prénom, elle est comme une ombre. Cet un amour platonique et impossible, mais passionné en cachette. " Dès leur première rencontre, il l'avait aimée mais ce sentiment , qui le submergeait jusque dans ses rêves, avait beau être une passion absolue, il lui manquait néanmoins l'événement décisif qui viendrait l'ébranler, c'est-à-dire la claire prise de conscience que ce qu'il recouvrait, se dupant lui-même, du nom d'admiration, de respect et d'attachement, était déjà pleinement de l'amour, un amour fanatique, une passion effrénée, absolue." Il est envoyée au Mexique pour deux ans dans un premier temps. " Une telle mission exigeait un homme de confiance, qui fût en même temps jeune et énergique. " Quand il revient, Louis devenu riche et puissant, se marie et fonde une famille de deux enfants. Une fois rentrée en Europe, neuf ans plus tard, il retrouve sa maîtresse mais tout à changé entre eux. Entre temps la guerre de 14/18 a éclaté. Quand, ils prennent un train pour retrouver leur amour passé à Heidelberg . " C'est vers le passé, vers le passé , que voltigeaient ses pensées : un autre paysage, une autre époque se déployaient comme en rêve, aimantés par le rapide cliquetis cadencé des roues."Elle est veuve, son mari est mort au tout début de la guerre. Tout à changé et pas tout à fait ! " Tout est comme autrefois, sauf nous, sauf nous !"" Une fois de plus cette guerre qui venait de détruire toute sa vie ? Saisi d'un frisson inconnu il scruta ces jeunes visages, examina cette masse qui cheminait, noire, en rangs par quatre, cette pellicule cinématographique qui défilait, par segments, surgissant de l'étroit passage d'une boîte obscure, et chaque visage aperçu était figé dans cette même expression d'amertume résolue - une menace, une arme."

Je trouve le style superbe. Cette nouvelle remplit de tristesse j'ai trouvé qu'elle manque d'un brun d'émotion dans le texte tout de même. Même si, une fois lu j'ai eu la gorge nouée, une fois le livre fermé. Zweig parle du passé mais aussi j'ai trouvé que le futur est présent l'angoisse la monté du nazisme, le changement dans son pays. La peur est là !

Voir d'autre billet sur B.O.B

mercredi 4 août 2010

IRÈNE NÉMIROVSKY : DAVID GOLDER

C'est son premier roman qui parait chez Grasset en 1929. Il est salué à juste raison par la critique comme étant un chef d'œuvre et c'est ce roman qui va la lancer ! Adapté au théâtre et au cinéma avec Harry Baurr . Le film de Duvivier remarquable, le jeu des acteurs est brillant sublime ! Un grand film méconnu !

Durant les années folles, David Golder est un riche homme d'affaire redoutable juif polonais . Il se sent usé par la vie. "C'était un homme âgé de plus de soixante ans, énorme, les membres gras et mous, les yeux couleur d'eau, vifs et pâles ; d'épais cheveux blancs entouraient le visage ravagé, dur, comme pétri par une rude et lourde main." Son associé Marcus a besoin d'argent, Golder ne veut pas lui en donner, c'est chacun pour soi. Il se suicide. "Hier Marcus en face de lui qui criait, qui vivait, et maintenant ... On ne l'appelait même plus par son nom."
David Golder part chez lui à Biarritz, en train de nuit. Il arrive épuisée sa fille Joyce lui demande de l'argent pour s'acheter une voiture, c'est une jeune fille frivole et superficiel. Sa femme Victoria mène un grand train de vie, elle aussi n'est qu'intéressée par son argent. Elle en a besoin pour entretenir ses amants. David Golder n'arrive pas à suivre, il étouffe à se rendre malade, une crise d'angine de poitrine. Alors qu'il a besoin d'être ménagé et du repos." Et, au même moment, le grand corps bascula d'une manière étrange et effrayant ; il leva les deux bras en l'air laboura le vide, puis s'écroula avec ce bruit sourd et profond, comme un gémissement, qui semble monter des racines vivantes d'un arbre abattu, jusqu'à son cœur."
Un passage poignant, voir magistral aussi bien dans le livre que dans le film c'est quand Gloria furieuse car son mari ne lui donne rien comme argent, elle le harcèle. Une haine s'installe entre eux. Il est question bien évidement des affaires mais aussi de la mort de David Golder. Ce passage évoque les origines de l'un et de l'autre juive bien sûr : " Mais rappelle-toi Nicolas Lévy, Porjès, tant d'autres qui remuaient des fortunes immenses, et quand ils étaient morts, qu'est-ce qui restait à leurs veuves ? Un découvert en banques. Et bien, moi, je ne veux pas que ça m'arrive, tu entends bien ? Arrange-toi. Pour commencer, mets cette maison à mon nom.".... " Brute ! ...Brute! Chien ! ... Tu n'as pas changé !... Va !...Tu es bien resté le même !... Le petit Juif,qui vendait des chiffons et de la ferraille, à New York, avec ton sac sur le dos. Tu te rappelles ? Tu te rappelles ? - Et, toi, tu te rappelles Kichinief, et la boutique de ton père, l'usurier, dans la rue Juive ? ... Tu ne t'appelais pas Gloria dans ce temps là ? Hein ... Havké ! ...Havké ! ..."..." Ça, ma ville, ça vaut un million ! ... Et émeraudes ? Tes colliers. Tes bracelets ? Tes bagues ? ...Tout ce que tu as, tout ce que je ne t'ai pas assuré une fortune ! ... Regarde-toi donc, couverte de bijoux, crevant d'argent que tu m'as extorqué, volé ! ... Toi, Havké ! ... Mais quand je t'ai prise, tu étais une pauvre, une misérable fille rappelle-toi, rappelle-toi !" La mère Gloria est jalouse de la jeunesse de sa fille Joyce, cette rivalité mère fille était remarquablement traité dans le Bal.

La force de ce roman ne se trouve pas dans son contenu la déchéance, la solitude d'un homme, le pouvoir de l'argent, mais plutôt pour son écriture. Elle est époustouflante, elle sonne juste comme il faut. Roman cruel et brulant de vérité !
C'est une écriture très visuelle cela aide pour une adaptation au cinéma entre parenthèse. Son écriture ma vraiment encore une fois éblouie en tant que lectrice.

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dimanche 1 août 2010

GEORGE DU MAURIER : PETER IBBETSON


C'est le grand père de Daphné du Maurier.
Né le 6 mars 1834 à Paris - 8 octobre 1896 à Hampstead) est un écrivain et illustrateur britannique, né français du côté de sa mère. Il étudie les beaux-arts à Paris avant de partir pour la Belgique, où il perd l'usage de son œil gauche, il renoncer à être peintre. Il va collaborer en tant que dessinateur humoristique Punch. Sa vue se détériore, George du Maurier est contraint de quitter Punch en 1891. Il s'installe à Hampstead, où, encouragé notamment par Henry James, il se met à écrire. On sent à la lecture de ce roman l'influence du grand romancier américain.

Peter Ibbetson
avec une introduction par sa cousine Lady X ( Madge Plunket)
Traduction Raymond Queneau

La première partie évoque l'enfance idyllique de Jojo (futur Peter) à Paris , la complicité avec Minsey, une petite voisine de son âge, la fille de Mme Seraskier. Sa mère était anglaise et son père français, un passionné de chant d'opéra un vrais rossignol. Il a douze ans, il est orphelin de père et de mère, il doit quitter Paris. Un parent de sa mère le colonel Ibbetson le récupère et c'est lui qui le nommera Peter Ibbetson. "Ainsi Pierre Pasquier de la Marière alias M. Jojo, devint master Peter Ibbetson et alla à l'orphelinat des Bluefriars, où il passa six ans - une grosse tranche de la vie d'un homme surtout à cet âge-là." Son oncle fera de lui un gentleman. Sa famille d'adoption en quelque sorte M. et Mme Lintot . C'est grâce à M Lintot qu'il devient architecte et géomètre, il ne se plaît pas trop dans cette profession, car il est trop sensible et il est plus attiré par les arts. Grâce à M. Lintot il rencontre lord Gray et sa femme. Et chez eux dans le Hertfordshire, chez lady Gray, il fait la connaissance de la duchesse de Towers au court d'un concert. Puis, par nostalgie il retourne à Paris, sur les lieux de sont enfance avec sa complice Mimsey Seraskier. " J'avais de nouveau économisé assez d'argent pour mette à exécution le projet depuis longtemps caressé d'un voyage à Paris."" Lorsque j'arrivai au coin de la rue de la Tour et de la rue de la Pompe et qu'en regardant l'épicerie du coin je reconnus la belle épicière moustachue, (dont douze heureuses années avaient fait grisonner la moustache), je m'évanouis presque d'émotion . Est-ce que cette figure avait jamais ému un jeune homme !"Et à Paris, c'est avec une grande émotion qu'il retrouve le commandant Duquesnois .

L'art en particulier la musique est au centre de ce roman. Le père de Peter aimait chanté sa mère jouait de la harpe. Au grand regret de Peter, ses parents ne lui ont pas enseigné la musique. Le grand thème de ce roman, qui en fait toute sa beauté tourne autour du rêve et de la réalité. Peter est comme hanté par son passé, la jeunesse perdue, et il la retrouvera via le rêve. Il vit avec ses fantômes du passé. Mais ce rêve deviendra réalité puisqu'il retrouvera Mimsey Seraskier sous les traits de la Duchesse de Towers, son amour d'enfance. Il va tuer son oncle Ibbetson et se retrouve en prison. Grâce à la magie des rêves ils se retrouvent unis et ils revivent les lieux, le bonheur de leur enfance ensemble, c'est merveilleux cela jusqu'à leur mort.

J'aime beaucoup l'interprétation ou plutôt la perception de la religion par George du Maurier car elle rejoint tout à fait la mienne. " Et pourtant, malgré toute mon incroyance, la Bible était mon livre favori, et les paumes faisaient mon admiration, et je peux affirmer en toute sincérité que mon attitude mentale a toujours été celle du respect et de l'humilité."

Ce livre est un ouvrage qui tourne autour de l'amour fou entre "le prince Charmant" et la "fée Tarapatapoum". L'écriture est un véritable délice légèrement suranné, il est remplit de féerie ! Un très jolie livre acheté à Neverland (la librairie de Mélanie) et en l'achetant j'ai pensé très fort à Holly G !

Peter Ibbetson

est aussi un film de Henry Hataway de 1935,
avec Gary Cooper et Ann Harding

En Angleterre au XIXe siècle, Peter Ibbetson est nostalgique de son enfance parisienne . Il vécut des moments de partage et de jeux avec Mimsey, la petite voisine dont il était fortement épris. Dans le Yorkshire , il se rend pour la construction des écuries à la demande du duc et de la duchesse de Towers. Il devient rapidement amoureux de la duchesse. Ils font tous les deux un rêve commun, Peter réalise qu'il a retrouvé son amour d'enfance. Le duc découvre la romance entre sa femme et Peter, il pointe son pistolet sur Peter son rival, qui en se défendant, accidentellement il le tue. Peter va se retrouver en prison, il revit son amour avec Marie dans les rêves qu'il partage . Les années passent, la mort leur offre l'éternité, pour s'aimer.

Dans ce film Gary Cooper est magnifique et il est très humain, attachant, superbe. Ann Harding est une vrais fée de contes qui ont enchantés notre enfance. Le N&B de ce film est une pure merveille.

Conclusion j'ai adoré le début du livre et trouvé réussit la fin du film surtout, la partie concernant le rêve qui a tant plus au surréaliste. Le tout le livre de George du Maurier se complète très bien avec le film de Henry Hathaway.